Dans ce huitième épisode de la première saison de The
Twilight Zone (La
quatrième dimension)
réalisé cette fois-ci par John Brahm et écrit par Rod Serling et
Lyn Venable, le récit met en scène Henry Bemis, un petit employé
de banque qui a tendance à énerver son entourage. Qu'il s'agisse
des clients de l'établissement où il travaille en tant que
guichetier, en passant par le directeur (Vaughn Taylor dans le rôle
de Carsville) qui le menace de le renvoyer s'il ne se concentre pas
davantage sur sa tâche, et jusqu'à son épouse Helen (l'actrice
Jacqueline
deWit) qui refuse catégoriquement de le laisser s'affaler sur le
canapé lorsque de retour chez eux, Henry choisit de vivre sa
passion, la littérature. En effet, féru de lecture et capable de
passer du roman à la presse papier en passant par les vignettes des
bouteilles de lait, l'homme ne peut pas s'empêcher de lire, quitte à
s'attirer les foudres de tous ceux qui l'entourent et qui se
demandent s'il n'est pas un peu fou. Totalement myope et ayant besoin
de calme pour laisser libre cours à sa fascination pour les grands
écrivains, c'est muni d'une épaisse paire de lunettes sans laquelle
il ne voit absolument rien que le vieil homme se réfugie à chaque
pause déjeuner dans le coffre-fort de la banque. Tombant sur un
article qui décrit les conséquences désastreuses que pourrait
avoir une bombe atomique si celle-ci devait s'écraser sur Terre,
Henry en fait immédiatement l'expérience. Tandis qu'un bruit
terrifiant se fait entendre à l'extérieur et que les murs de la
banque tremblent, l'homme s'évanouit... À son réveil, celui-ci
découvre que dehors le monde a radicalement changé. Un décor
apocalyptique où tout est détruit. Pas un seul batiment, pas une
seule maison ni aucun arbre ne tient encore debout. Pire, en dehors
du banquier, il n'y a aucun survivant. Se déplaçant à travers les
décombres, Henry Bemis se demande alors ce qu'il va bien pouvoir
faire de tout ce temps qu'il lui reste à vivre maintenant qu'il est
seul au monde... Time
Enough at Last
est là pour répondre à cette épineuse question où le temps
semble s'être figé, où le ciel est couvert d'une chape de
poussière qui en retombant recouvre tout ce qui se trouve à la
surface de la Terre...
Le
plus dur dans cette situation décrite dans le script de Rod Serling
et Lyn Venable est d'évaluer le taux d'intérêt qui peut résider
pour un homme qui tout sa vie à cherché le moyen de pouvoir
s'isoler afin de vivre pleinement sa passion pour la littérature.
Déprimé et sans doute effrayé à l'idée de vivre désormais seul,
notre homme met la main sur un pistolet puis, après s'être excusé
auprès du Seigneur pour ce qu'il s'apprête à commettre, tombe du
coin de l'oeil sur un véritable trésor: la bibliothèque publique.
Un établissement soufflé par l'explosion de la bombe atomique
prophétisée plus tôt lors du récit et qui a libéré des
quantités d'oeuvres littéraires. On comprend alors l'intérêt et
le sens de cet épisode qui contre toute attente et malgré la
catastrophe d'ampleur internationale qui s'est produite va lui offrir
une revanche. Après avoir vécu toute sa vie moqué, brimé, méprisé
par son entourage, Henry Bemis n'a plus de compte à rendre à
personne. Rideau...... Enfin, presque. Car dans ce décor désolé
(on louera d'ailleurs l'exploit des artisans qui eurent la charge de
retransmettre à l'écran les conséquences de l'explosion d'une
bombe atomique), où aucune âme ne vit en dehors de notre petit
guichetier, où pas un seul son ne se fait entendre à des lieues à
la ronde, nos deux scénaristes ainsi que le réalisateur nous ont
concocté une conclusion dont la perversité n'a d'égal que les
crispations que pouvait au départ générer l'attitude du héros.
Brillamment incarné par l'acteur américain Burgess Meredith, Time
Enough at Last
est sa première des quatre apparitions qu'il fera tout au long de
cette série de science-fiction qui s'étalera entre 1959 et 1964.
Interprète de très nombreux longs-métrages cinématographiques et
de séries télévisées, dans le domaine de l'horreur, il apparu
dans la première partie du film culte de Dan Curtis Burnt
Offerings
en 1976, dans The Sentinel
de
Michael Winner en 1977, dans The
Manitou de
William Girdler en 1978 ou encore dans Magic
de Richard Attenborough la même année. L'acteur aura tout joué
mais sera surtout resté célèbre pour son rôle de Mickey dans la
saga Rocky.
Quant à Time Enough at
Last,
il demeure l'un des plus célèbres épisodes de La
quatrième dimension...






.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)

