lundi 17 août 2026

The Shadow Men (Ennemis Non-Identifiés) de Timothy Bond - ★★★★★☆☆☆☆☆


Diffusé en France à la télévision sous le titre Ennemis Non-Identifiés et parfois opportunément renommé sous celui de Men in Black après la sortie en salle quelques mois auparavant du long-métrage éponyme de Barry Sonnenfeld avec Will Smith, Tommy Lee Jones et Linda Fiorentino, le téléfilm américain The Shadow Men de Timothy Bond met en scène la famille Wilson composée du père Bob (Eric Roberts), de son épouse Dez (Sherilyn Fenn) et de leur jeune fils Andy (Brendon Ryan Barrett). Tandis qu'ils ont choisi de ne pas tenir compte de l'avertissement d'un pompiste qui leur conseillait de ne surtout pas se rendre dans une région montagneuse pourtant réputée dangereuse, c'est après avoir assisté à un joli coucher de soleil qu'il entreprennent de prendre la route du retour qu'ils sont attaqués par un étrange objet volant lumineux. Alors que leur véhicule se retrouve dans un fossé, quelques minutes plus tard, leur voiture se retrouve inexplicablement au beau milieu de la route. Perturbés par ce qui leur est arrivé, Bod et Dez décident alors de contacter l'armée de l'air américaine. Viennent par conséquent frapper à leur porte d'étranges hommes en noir dotés de lunettes opaques qu'ils croient appartenir au Gouvernement et qui dès lors ne vont avoir de cesse que de récupérer l'enregistrement qu'effectua lors de l'événement leur fils Andy. Depuis, le couple ne cesse de faire des cauchemars que le père identifie davantage comme étant plutôt des souvenirs. Il décide alors de faire appel à Stan Mills (Dean Stockwell), un ancien militaire devenu écrivain et qui depuis s'est reconverti dans l'étude des ovnis. Lorsque les Wilson lui prouvent la véracité du phénomène qu'ils ont vécu quelques jours auparavant, l'homme décide de leur venir en aide... À une époque où la télévision américaine s'empare du sujet des ovnis et des extraterrestres à travers des séries telles que Dark Skies, First Wave, Earth: Final Conflict et bien évidemment la plus célèbres d'entre toutes The X-Files, il est difficile de se démarquer de la concurrence et ça n'est très certainement pas le téléfilm Ennemis Non-Identifiés qui pu y parvenir même si les ambitions du réalisateur et des scénaristes Justin Stanley et Eric Miller sont pourtant bien visibles à l'écran. La faute pour commencer à des effets-spéciaux rares et surtout rudimentaires qui paraissent lors de l'apparition de l'ovni, bien dérisoire en comparaison de ce que la technologie permet déjà d'accomplir sur ordinateur en cette année 1997...


Le budget du téléfilm équivalent à peu près à celui d'un épisode de chacune des séries citées ci-dessus, il est plus simple d'imaginer que le problème vient probablement davantage d'un manque de talent de la part du concepteur des effets-spéciaux David Waine et des concepteurs des effets visuels que d'un manque de moyens financiers. Ces derniers étant surtout regroupés lors de l'apparition de l'ovni ou lorsque apparaissent les hommes en noir qui très vite vont se montrer hostiles envers les Wilson et Stan Mills. La différence principale entre les Men in Black tels qu'ils sont généralement décrits et notamment dans la trilogie d'origine de Barry Sonnenfeld (poursuivie en 2019 par un quatrième volet intitulé Men in Black: International et réalisé par F. Gary Gray) et ceux du téléfilm est qu'ici, il ne s'agit pas simplement d'agents du Gouvernement ou de personnages mystérieux appartenant à une organisation secrète mais bien des extraterrestres venus récupérer les preuves vidéos et éliminer les témoins de leur présence sur notre planète. Des créatures qui montrent là encore la faiblesse technique des effets-spéciaux de maquillage puisqu'ils ont surtout l'air de ressembler à des acteurs cachés sous des masques ressemblant grossièrement à l'image que l'on se fait des petits gris. Un visage ovoïde, blafard, dévoré par deux yeux immenses et noirs ! L'un des atouts du téléfilm reste pourtant tout d'abord la présence à l'écran de Dean Stockwell, surtout connu chez nous pour avoir incarné l'hologramme Albert Calavicci dans la série Code Quantum, de Sherilyn Fenn qui dans la série culte de David Lynch Twin Peaks interpréta le rôle d'Audrey Horn ou celle d'Eric Roberts, acteur à l'impressionnante carrière au cinéma et à la télévision avec plus de huit-cent cinquante rôles en plus de cinquante ans de carrière (sans compter les nombreux projets qui attendent d'être finalisés). Chez nous, en France, Ennemis Non-Identifiés souffre d'abord et avant tout d'un catastrophique doublage. Quant au téléfilm lui-même, en dehors de scènes d'action multiples qui évitent au spectateur de s'ennuyer, l'un des plus gros problèmes provient finalement moins des effets-spéciaux ultra-chap que de la caractérisation et l'attitude parfois absurde des hommes en noir. Au final, si l'on parvient à se remettre dans le contexte de l'époque, une décennie qui reste sans doute celle qui a le plus souffert à la télévision d'effets-spéciaux numériques qui ont subit les outrages du temps, le téléfilm de Timothy Bond reste tout à fait regardable..





jeudi 13 août 2026

The End of Oak Street de David Robert Mitchell (2026) - ★★★★★★★☆☆☆


Si l'on met de côté sa comédie romantique The Myth of the American Sleepover sortie aux États-Unis en 2010 mais pas chez nous en France en dehors de sa présentation au Festival de cannes la même année, beaucoup s'accorderont pour dire que David Robert Mitchell a démontré tout son talent dans les domaines de l'épouvante et du fantastique en signant deux œuvres indissociables l'une de l'autre s'agissant de leurs qualités et de leur originalité. It Follows en 2014 et Under the Silver Lake quatre ans plus tard. Tandis que la suite du premier intitulée They Follows est semble-t-il prévue pour l'année prochaine, David Robert Mitchell nous revient cette année avec l'inattendu The End of Oak Street. Un retour du réalisateur sur le devant de la scène autant espéré par ses fans que redouté par ces mêmes ''supporters'' du cinéaste américain au vu d'un synopsis qui peut tout autant se défendre chez un artiste aux concepts souvent très originaux qu'inquiéter de part la vacuité évidente du propos. Alors, original The End of Oak Street ? Si la question mérite d'être posée, c'est sans doute parce que voyage dans le temps et dinosaures sont des concepts qui eux-mêmes ont déjà fait les beaux jours des petits et grands écrans. En 1974, la série Land of the Lost projetait une famille dans un monde peuplé de dinosaures. En 2007, la série Nick Cutter et les Portes du temps permettait notamment à son héros de croiser la route là encore de créatures préhistoriques. On citera bien évidemment la double franchise Jurassic Park/Jurassic World, ainsi que les séries Dinotopia en 2002, le miteux The Dinosaur Project en 2012 ou encore bien évidemment la série Terra Nova qui elle, justement, mêlait directement voyage dans le temps et rencontre avec des dinosaures... Toujours est-il que ça n'est pas tant le script qu'il a lui-même écrit pour son nouveau projet que son retour huit ans après Under the Silver Lake qui donne des ailes aux aficionados de David Robert Mitchell. Et donc...


Il faut savoir qu'avant de concevoir le projet autour de The End of Oak Street, le réalisateur avait imaginé mettre en scène un film de super-héros afin de s'éloigner de son image de cinéaste indépendant. Cependant, le Covid ayant fait son œuvre entre-temps, David Robert Mitchell est passé à autre chose. En déambulant devant un garage et une ruelle, il imagine alors voir apparaître un dinosaure ! L'un des points essentiels reste surtout pour lui d'approfondir les rapports et les interactions entre chaque personnage qu'il juge généralement délaissés dans ce genre de grosses productions. C'est ainsi qu'entre Denise Platt (Anne Hathaway) et son époux Greg (Ewan McGregor) les rapports sont tendus. Le père de famille a récemment découvert à la lecture du roman qu'a écrit sa femme que celle-ci avait l'intention de ''changer d'air''. Allant même jusqu'à laisser derrière elle non seulement son mari mais aussi leurs deux enfants Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery). Mais alors que la petite famille s'endort un soir dans sa charmante petite maison d'un lotissement typique des États-Unis, le fils est réveillé en pleine nuit par une lumière aveuglante. Le lendemain, leur voisin Mel Jacobs (P. J. Byrne) vient frapper à leur porte et les accuse d'avoir déposé une montagne d'excréments dans son jardin. Mais la vérité est ailleurs. En effet, on ne sait par quel miracle (ou par quel malheur) tout le quartier s'est retrouvé projeté dans le passé, au temps des dinosaures. Il va désormais s'agir pour Greg et les siens de ressouder les liens afin de survivre aux nombreuses péripéties qu'ils vont rencontrer...


La première des particularités est ici d'avoir non seulement envoyé dans le passé tous les habitants d'un lotissement se faire traquer et dévorer par une multitude de créatures gigantesques, rampantes, galopantes et volantes mais également le quartier lui-même. Pires que leur très hargneux voisin qui ne cessait jusque là que de se plaindre des aboiements de leur chien, Greg, Denise, Audrey et Brian vont donc être confrontés à de très belliqueuses créatures. Au menu, les classiques vélociraptors, Tricératops, et Tyrannosaures mais aussi d'immondes bestioles beaucoup moins communes comme cet immense ''serpent'' blanc et visqueux qui va donner du fil à retordre aux Platt. S'il est difficile d'expliquer la présence d'un trou de ver qui va envoyer toute une population se faire attaquer par des créatures issues du Mésozoïque, le généralement très minutieux David Robert Mitchell conçoit comme on le devine un retour final vers le présent (du moins, celui des Pratt et de leur voisin qui s'inscrit en 1982) après que la mère et ses deux enfants aient trouvé un moyen de revenir chez eux (le père ayant été dévoré par un tyrannosaure). Une fin un peu légère pour ceux qui ont appris à être exigeants envers l'auteur du parfois très complexe Under the Silver Lake. Si l'intention de David Robert Mitchell était effectivement de se sortir de son image, le pari est réussi. Il signe en effet avec The End of Oak Street un blockbuster très poli, très lisse et souvent avare en scènes gores. Ici, pas question de se prendre la tête en réfléchissant sur le pourquoi du comment puisque seul le cinéaste possède véritablement la clé de l'énigme. Usant de ficelles parfois grossières pour justifier et expliquer l'aventure et le retour au présent de ses personnages, on est malheureusement ici bien loin du génie de ses deux précédents longs-métrages. Un bon gros divertissement des familles, sans plus...


dimanche 9 août 2026

Le dernier refuge de Louis Leterrier (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Attention : cet article contient un certain nombre de spoilers !

 

Mais quel est donc ce film qui voit fleurir un peu partout sur les réseaux des critiques élogieuses quand d'autres y vont de leur petit commentaire assassin depuis qu'il a été mis en ligne sur la plateforme de streaming Netflix voilà deux jours ? Il faut tout d'abord savoir que son auteur ne nous vient pas d'outre-atlantique mais de France. Et oui, cocorico, Louis Leterrier est français, originaire du huitième arrondissement de Paris et passe allégrement d'un continent à l'autre pour tourner des œuvres qui semblent tout d'abord et majoritairement faites pour un public adolescent nourri au cinéma d'action (Le transporter 1 & 2, Danny the Dog, Insaisissables), à la comédie grasse et vulgaire (Grimsby : Agent trop spécial), au blockbuster survitaminé et bêtifiant (L'incroyable Hulk, Le Choc des Titans, Fast and Furious 10) et à la comédie française avec Loin du périph, la suite de De l'autre côté du périph de David Charhon avec Laurent Lafitte... Cette fois-ci, le dernier long-métrage de Louis Leterrier vient rejoindre la longue cohorte de longs-métrages qui mettent un peu trop rapidement en scène des créatures dont on ne connaîtra malheureusement pas les origines. Des ''Poulpes Humanoïdes'' relativement ridicules qui soit viennent d'une autre planète, ce qui en soit paraît fort peu probable car alors comment expliquer qu'avec leurs tentacules ils aient pu piloter leur vaisseau spatial, soit viennent des profondeurs marines de notre planète comme l'évoquera l'un des quatre personnages centraux du récit... Le dernier refuge (ou The Last House à l'internationale) peut tout d'abord être décrit comme une sorte de conte moral et social à la manière d'un ouvrage écrit par le romancier américain Stephen King avant d'être adapté sur grand écran ou comme ici, pour une plateforme de streaming. Pourtant, ici, rien à voir avec l'auteur de Christine, de Carrie, du Fléau, de Stand by Me ou de Ça puisque l'on doit le scénario à Matthew Robinson, scénariste qui pour l'instant n'a pas fait d'autres étincelles que l'écriture d'un peu plus d'une dizaine de scripts parmi lesquels celui de son unique long-métrage réalisé en 2009 et intitulé The Invention of Lying !


Celui de ce Dernier Refuge dont le titre fleure bon la science-fiction apocalyptique évoque l'étrange aventure que vont connaître les membres d'une famille constituée du père Jason (Wagner Moura), de la mère Riley (Greta Lee), du fils Graham (incarné par Noah Alexander Sosnowski et Gabriel Barbosa) et de la fille Ruth (interprétée quant à elle par Riley Chung puis par Emma Ho). Dans le cas du Dernier Refuge, il est question d'une famille qui du jour au lendemain se retrouve retranchée dans sa demeure sans possibilité d'en sortir. La question se pose alors de savoir s'il s'agit d'un piège qui pourrait éventuellement donner l'impression d'être une confortable prison dorée ou si les lieux finiront par devenir la future tombe de ses quatre occupants. Se pose ensuite la question qui restera elle aussi peu ou prou sans réponse de savoir qui ou quoi les condamne à rester cloîtrés chez eux. Le Gouvernement ? Ou bien ces créatures qui régulièrement viennent rôder dans les parages à la recherche d'hypothétiques victimes ? Le film de Louis Leterrier est en fait surtout l'occasion pour le cinéaste de développer une intrigue autour de la cellule familiale, de son évolution à travers les jours, les semaines, les mois et même les années. Des protagonistes coupés du monde extérieur puisque Internet ne fonctionne plus mais surtout, confrontés à des ressources alimentaires qui s'épuisent. La mère tente bien de faire pousser des légumes mais l'eau devenant une denrée rare, le fruit de son labeur se traduit tout d'abord par la culture de tomates grosses comme la première phalange de l'auriculaire ! Le script de Matthew Robinson traduit alors l'inquiétude et la terreur de ses habitants à travers des changements de comportement. Fort heureusement, le père, en véritable Mac Gyver 2.0 est capable de fabriquer des pièges à partir d'objets démontés puis remontés trouvés dans le garage familial. Nous noterons en outre la présence d'une voiture construite par ses soins, symbole de tout un tas d'incohérences qui vont venir gripper le récit pour quiconque est attaché à un certain nombre de détails.


Tout commence lorsque Ruth ''visite'' le conduit d'évacuation d'une cheminée qui servira en outre à faire passer vers l'extérieur de petits pièges censés chasser des animaux s'approchant d'un peu trop près de la maison. Comment donc la famille est-elle parvenue à faire passer une corde de l'intérieur de la demeure vers l'extérieur ? Une question que le spectateur se posera invariablement chaque fois que Jason enverra le piège qui, de plus, tombera à chaque fois miraculeusement du bon côté de la maison. Soit, du côté de la grande baie vitrée. Pour en revenir à la voiture parquée dans le garage depuis maintenant plus de cinq années, l'on sera surpris de constater que la batterie fonctionne parfaitement alors que du propre aveu du père de famille, il n'y a plus d'électricité dans la maison. Et il ne faut pas être un expert en mécanique pour savoir qu'au fil du temps, une batterie finit par se décharger naturellement. Ensuite, comment expliquer que les pneus, complètement à plat aient retrouvé leur forme d'origine lorsque enfin Jason daigne au bout de cinq ans, tenter de défoncer la porte du garage à l'aide de son bolide ? On pourrait ainsi lister tout ce qui ne va pas en terme de scénario. De la jeune Ruth qui semble vouloir au bout de cinq ans exclure toute nourriture provenant d'un animal sans que son esprit n'ait jamais été perverti par le moindre message pro-végan ou antispéciste (rappelons que la famille est entièrement coupée du monde). Quant à la personnalité changeante de Graham, celle-ci tenterait à prouver que l'interaction d'un individu avec la société n'a en réalité aucune collusion dans le fait qu'il puisse développer son propre caractère... La lenteur du récit et la pauvreté des dialogues qui démontrent s'il le fallait que l'on est très loin de la force évocatrice de certains ouvrages de Stephen King ne sont pas les seuls éléments à mettre en cause lorsqu'il s'agit d'expliquer que Le dernier refuge est une déception.


Les créatures surgissent bien trop rapidement même si certains reprochent au contraire au film d'être tout d'abord trop lent. Leur apparence est en outre plutôt ridicule et renvoie directement aux Craignos Monsters chères au regretté Jean-Pierre Putters. Après une très longue période consacrée à la survie des quatre membres de la famille, l'action s'intensifie et dote le long-métrage de quelques sympathiques séquences qui malheureusement souffrent de la comparaison avec d'autres œuvres qui exploraient avant lui le concept de structures enfouies sous les eaux. Car aussi intéressant visuellement le film de Louis Leterrier puisse-t-il être lorsque de manière incompréhensible la baraque est submergée par les flots, Le dernier refuge prend des allures de redite en s'installant confortablement dans l'usage d'un concept largement exploité avant lui par Alexandre Bustillo et Julien Maury cinq ans en arrière avec leur décevant The Deep House. Il n'est d'ailleurs pas interdit de penser que le cinéaste français s'est largement inspiré d'un plan tourné par un autre compatriote près de trente ans plus tôt puisque résonne à l'esprit des amateurs de science-fiction et de la saga Alien la fameuse séquence des cuisines immergées du sous-estimé Alien, la résurrection que réalisa Jean-Pierre Jeunet en 1997. Ceux qui ne connaissent ni l'un ni l'autre pourront éventuellement se laisser séduire par une dernière partie techniquement très réussie tandis que les autres seront peut-être fort déçus devant une idée de départ séduisante mais qui au final est assez mal exploitée. Bref, encore un film d'horreur et de ''science-fiction'' que l'on oubliera très rapidement...

 

vendredi 7 août 2026

Underwater de William Eubank (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 

 

N'ayant pas encore eu la ''chance'' de découvrir son premier long-métrage de science-fiction Space Time : L'Ultime Odyssée, de William Eubank je ne connaissais jusque là que le piètre Paranormal Activity : Next of Kin et l'assez moyen The Signal. À priori, Underwater avait tout pour me plaire. Un univers en vase-clos avec en outre de quoi développer mon aversion pour tout ce qui touche aux fonds marins causant parfois de manière irraisonnée des crises d'ablutophobie. À la simple lecture du synopsis, un titre un seul me vint à l'esprit. Celui de Sanctum d'Alister Grierson qui malgré des critiques plus que mitigées lors de sa sortie en salle restait une sympathique expérience claustrophobe où la hantise de manquer d'oxygène en pleine plongée sous-marine demeurait tout de même remarquablement efficace... En fouillant un peu plus en profondeur dans le script d'Adam Cozad et Brian Duffield, on constate que les deux hommes puisèrent dans une foule de références dont quelques-uns des grands classiques de la science-fiction de la seconde moitié du vingtième-siècle puisqu'en effet, l'un et l'autre ne semblent pas avoir lésiné au moment de ''piller'' tout un tas d'idées parmi les meilleurs d'au moins trois opus de la saga Alien. C'est ainsi que l'héroïne de Underwater emprunte ici le look d'Ellen Louise Ripley plus connue sous le nom de Ripley qui dans ALIEN³ évoluait tout comme ici Kristen Stewart dans le rôle de l'ingénieure mécanique Norah Price, le crâne rasé. S'agissant de l'environnement visuel et sonore, l'on est par contre ensuite plus proche du premier Alien réalisé par Ridley Scott. Mais si l'on veut être tout à fait honnête, il faut rendre à César ce qui est à César puisque le plus gros emprunt semble avoir été effectué auprès de l'univers de James Cameron, Underwater paraissant parfois hésiter entre Aliens : le retour et le formidable Abyss. Pourtant, contrairement à ce dernier, pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent que de très belliqueuses créatures sous-marines. Avec ses bestioles dont l'apparence générale contraste surtout avec le noir épiderme des fameux xénomorphes de la franchise de science-fiction et d'épouvante, l'on a droit à une version drastiquement réduite de l'immense Kaijū qui dévasta la ville de New York dans l'excellent Cloverfield douze ans avant la sortie de Underwater...


Après, il reste toujours très simple de comparer ce dernier avec ses ancêtres auxquels on pourrait rajouter l'assez flippant The Descent de Neil Marshall sorti en salle en 2005. Chaque film étant nourri d'inspirations diverses et variées, Undewater poursuit le chemin tout tracé d'une science-fiction extrêmement sombre, barbare, bruitiste et dont le dénominateur commun est une certaine appétence pour tout ce qui touche au blockbuster bien bourrin. Genre, The Chronicles of Riddick de David Twohy ou l'inattaquable (du moins, selon certains) Event Horizon - Le Vaisseau de l'au-delà de Paul W. S. Anderson. Univers perpétuellement plongé dans l'obscurité, Jumpscares (du pauvre) permanents, musique électronique assourdissante signée de Marco Beltrami et Brandon Roberts, caractérisation réduite au minimum, premier degré assumé, Underwater est aussi un film à la gloire de son héroïne incarnée par Kristen Stewart. Un panégyrique vantant les mérites de cette femme très courageuse qui se sacrifie lors d'un final au visuel qui ferait presque regretter que toute l’œuvre ou presque fut plongée dans une obscurité quasi totale. N'aidant pas à la pleine compréhension de ce qui se déroule à l'écran et n'aidant certainement pas mieux à la pleine lisibilité des environnements qui entourent nos protagonistes, le montage parfois épileptique de Brian Berdan et Todd E. Miller se célèbre ici comme une inhalation mal dosée de trichloréthylène ! Très prise de tête, donc... Underwater n'est pas très original, manque (ironiquement) de profondeur, les personnages sont peu ou pas développés quant à l'esthétique générale, elle plonge les héros dans un gloubiboulga de décors enchevêtrés conçus par Ravi Bansal, Kelly Curley, Erik Osusky, Scott Plauche et Loic Zimmermann qui rendent parfois difficile la compréhension de l'environnement dans lequel les protagonistes évoluent. Au final, Underwater n'est pas un mauvais film. Simplement, il conviendra davantage aux amateurs de blockbusters bourrins qu'aux fans de Hard science-fiction ou de space opera beaucoup plus fins et spirituels, telles quelques-unes des plus belles séries issues de l'univers de Star Trek...

 


samedi 1 août 2026

Débris de J. H. Wyman (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Je sais qu'en général il est peu convenu de faire la critique d'un film ou d'une série sans s'être tout d'abord assuré d'avoir regardé l'un ou l'autre dans sa globalité mais concernant Débris de J. H. Wyman, il ne m'aura pas fallut plus de trois épisodes pour me convaincre de l'inintérêt de cette série de science-fiction qui aurait pu ou dû susciter chez moi et chez ma compagne, un véritable engouement. Après l'équivalent d'un peu plus de cent-vingt minutes et surtout, après avoir naïvement espéré retrouver le charme de la mythique série X-Files, le constat est sans appel. Malgré un concept on ne peut plus fascinant, malgré un premier épisode réalisé par Brad Anderson (l'auteur, en outre, des formidables Happy Accidents en 2000, Session 9 en 2001, The Machinist en 2004, d'une quinzaine d'autres longs-métrages et d'un certains nombres d'épisodes de séries disséminés au sein d'une trentaines de séries) et malgré des séquences d'ouverture mettant en appétit, Débris cultive un sens de l'angélisme qui prête, au mieux, à (sous)rire et au pire, crispe le doux rêveur, attentif aux mystères de l'univers. Comme ici, s'agissant d'un immense vaisseau spatial découvert voguant dans l'espace deux ans auparavant et qui depuis six mois rejette sur la surface de notre planète des centaines de débris aux propriétés aussi extraordinaires que diverses depuis son inexplicable explosion... Constitué de treize épisodes, donc, Débris met en scène Riann Steele et Jonathan Tucker dans les rôles respectifs de l'agente du MI6 Finola Jones et l'agent de la CIA Bryan Beneventi. Deux personnalités bien différentes mais qui se complètent puisque la première est une scientifique idéaliste tandis que le second s'avère relativement matérialiste tout en conservant une certaine part de mystère... Tout comme les agents du FBI Dana Scully et Fox Mulder de la série créée par Chris Carter en 1993, nos deux agents sont chargés d'enquêter sur d'étranges phénomènes liés au débris du titre qui en toute vraisemblances possèdent des facultés diverses et variées...


Mais alors que l'on pouvait se prêter à rêver à une série qui contrairement à X-Files se contenterait cette fois-ci d'aborder la science-fiction (voire le fantastique) sous l'angle exclusif des phénomènes extraterrestres, si tel est le cas et si certains éléments propres à ces dits phénomènes s'avèrent originaux, le développement de chaque intrigue (du moins concernant ces trois premiers épisodes) tombe comme une poignée de cheveux dans la soupe ! Entre un Bryan Beneventi tellement monolithique qu'il en devient caricatural et antipathique et une Finola Jones qui semble dotée d'un sens un peu trop aigu de l'observation, Débris manque surtout le coche niveau écriture. Et même s'ils s'y sont mis à neuf pour concevoir le script des différents épisodes, les trois premiers ne laissent rien présager de bon pour la suite. L'issue de chaque intrigue et de chaque mystère (chaque épisodes étant ''indépendant'' des autres même si tous sont reliés entre eux à partir du sujet des divers débris tombés sur Terre et autour du conspirationnisme), s'avère un peu trop complaisante s'agissant de leur résolution. Alors que Scully et Mulder apportaient leur expertise personnelle, profonde, réfléchie, parfaitement construite et souvent conflictuelle, l'originalité des phénomènes reste ici le seul élément véritablement attractif de la série tant ''l'omniscience'' profondément agaçante de Finola résout malheureusement à elle seule la complexité des diverses et merveilleuses ''épopées'' du duo. Nous n'évoquerons pas les invraisemblances, nombreuses, qui émaillent déjà ces trois premiers épisodes, déjà synonymes de flemmardise ou d'incompétence de la part de scénaristes incapables de développer un concept de base fascinant. Le public semble d'ailleurs avoir été pris d'allergie puisque la seconde saison prévue à l'origine a finalement été annulée pour cause d'audimat insuffisant ! Bref, si le reboot de X-Files en développement depuis le printemps dernier vous donne par avance des sueurs froides, il est alors encore plus inenvisageable pour vous de jeter un œil à ces Débris qui n'ont ni la saveur, ni le génie de la série de Chris Carter...

 

jeudi 23 juillet 2026

Star City de Ben Nedivi, Matt Wolpert et Ronald D. Moore (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Tandis que la formidable série de science-fiction uchronique américaine For all Mankind en est à sa cinquième saison, ses créateurs, Ben Nedivi, Matt Wolpert et Ronald D. Moore, ont pris la décision début 2024 de produire une série dérivée intitulée Star City qui cette fois-ci ne se concentre plus sur le point de vue américain s'agissant de la conquête spatiale mais explore désormais le concept sous l'angle de l'Union Soviétique. Un spin-off qui plonge donc forcément ses protagonistes dans un contexte beaucoup plus complotiste et paranoïaque où l’État, dirigé par le Parti Communiste, est au cœur d'un système soviétique prônant la surveillance de ses citoyens à travers des services de sécurité. À l'image du KGB, lequel était donc chargé de surveiller la population afin de détecter les dissidents, les opposants au régime et les éventuels espions travaillant pour le compte de nations étrangères... Si la première saison de Star City nous présente effectivement quelques personnages que nous retrouverons plus tard dans For all Mankind et qui désormais sont incarnés par des interprètes différents (Josef Davies prenant la place de Piotr Adamczyk dans le rôle de Sergei Nikulov et Agnes O'Casey prenant celle de Svetlana Efremova dans celui d'Irina Morozova), le spin-off nous présente dans sa grande majorité des personnages qui n'ont pas cours dans la série originelle. Il est d'ailleurs étonnant de constater que ces mêmes personnages sont désormais non plus incarnés par des acteurs originaires des pays de l'Est (Piotr Adamczyk est polonais tandis que Svetlana Efremova est originaire de l'ex-URSS) mais par des interprètes d'origine britannique ! Ce retour aux sources reste l'un des principaux intérêts de Star City, qui nous permet ici de retrouver quelques iconiques protagonistes aux origines de leur intégration au sein de la Cité des étoiles. Si For all Mankind projetait l'idée d'une Union Soviétique prête à explorer Vénus avant que la course vers Mars ne devienne le principal objectif de la nation ainsi que celui des américains, ici, l'on note une très nette différence avec la série d'origine puisque Vénus devient la cible principale (mais non officielle) de l'ingénieur en chef Sergueï Korolev (personnage ayant réellement existé et interprété ici par l'acteur et chanteur britannique Rhys Ifans) et d'une équipe réduite et travaillant dans l'ombre du projet officiel de construction d'une base lunaire. Un ingénieur en chef souvent mis en opposition avec la cheffe du département de surveillance du KGB Lyudmilla Raskova qu'incarne l'époustouflante Anna Mexwell Martin...


Un personnage dur, inflexible, capable de prononcer la mort d'un ou plusieurs protagonistes pour le bien de la Nation. Car c'est bien là le cœur de Star City. Confronter le programme spatial dirigé par les autorité soviétiques à certains ingénieurs qui parmi eux ont des ambitions qui les éloignent des projets officiels. La série évoque également le sacrifice de certains protagonistes qui pour le bien de la Nation sont contraints de choisir entre leur vie personnelle et leur loyauté envers le régime autoritaire. Mise sur écoute, contrôle de l’État, espionnage et trahison, les scénaristes de Star City ne se contentent pas uniquement de critiquer l'URSS pour sa position antidémocratique, sa répression politique, la surveillance ou la censure mais attachent en outre une très grande importance vis à vis de ses personnages. Entre ambition et valeurs morales, on trouve de tout et parmi les protagonistes, il en est dans un cas comme dans l'autre qui très rapidement ne vont pas simplement se contenter d'arborer le visage froid et inflexible de l'autoritarisme mais agir en véritables héros. Afin de coller au climat qui règne à l'époque, la direction artistique de Donatas Pirstelis, Ramūnas Rastauskas et Vytautas Narušis s'appuie sur un visuel sombre, aux teintes dénaturées, désaturées, les décors de Paul Spriggs s'inspirent de l'architecture soviétique des années 1960. D'immenses édifices aux angles bruts, entre immeubles d'habitation standardisés et vastes complexes scientifiques à l'architecture fonctionnelle. Quant à la photographie de Brendan Kuroki Uegama et Cort Fey, les deux hommes prônent ici un style visuel qui fait appel à une palette de couleurs ternes et froides et de codes esthétiques propres à l'image que renvoie l'époque. Bref, pas de quoi considérer le contexte comme le plus joyeux qui soit. Mais en définitive, malgré des choix artistiques qui ne transpirent pas la joie et le bonheur, Star City n'en est pas moins une excellente série qui vaut très largement For all Mankind. Angoissante, fascinante, addictive, impeccablement interprétée et dont on espère que la seconde saison nous parviendra très rapidement...

 

lundi 13 juillet 2026

V : The Second Generation de Kenneth Johnson (20??)

 


 

Qui ne se souvient pas de la série de science-fiction culte V de Kenneth Johnson datant de 1983 et constituée d'une première mini-série en deux parties simplement intitulée V, suivie un an plus tard par une autre cette fois-ci titrée V : La Bataille finale en trois parties et enfin d'une saison de dix-neuf épisodes intitulée V : La série ? Une série à succès qui donnera naissance bien plus tard en 2009 à un remake en deux saisons intitulé V. Mais qui sait que le créateur de la série originale eut d'autres projets s'agissant de l'invasion de notre planète par une espèce extraterrestre reptilienne ? Tandis qu'il annonçait dès 2010 lors d'une interview donnée à une équipe de journalistes américains ayant précédemment couvert le Comic-Con de San Diego une adaptation cinématographique de la série, Kenneth Johnson fut rejoint chez lui par la dite équipe afin de causer de son bébé et du projet à venir. Ne détenant aucun droit sur la série produite en 2009 mais étant tout de même crédité en tant que créateur, Kenneth Johnson reste malgré tout propriétaire des droits d'adaptation au cinéma. Il faut tout d'abord savoir que le point de départ de son projet cinématographique ne repose pas sur l'entièreté des séries produites dans les années quatre-vingt puisque de l'aveu de Kenneth Johnson lui-même, V : La série n'a jamais constitué une suite réelle aux deux mini-séries qu'il avait créé auparavant. Le récit devrait donc logiquement prendre place vingt ans après non pas cette dernière mais après : La Bataille finale... Tout commence en réalité en 2008 lorsque paraît dans les librairies américaines le roman V: The Second Generation. Et contrairement à ce que pouvait laisser supposer la fin du troisième épisode de la seconde mini-série, l'humanité n'est pas sortie victorieuse de son combat contre les envahisseurs et ces derniers dominent toujours notre planète. On se souvient ensuite qu'à l'époque de la première vague d'épisodes était évoquée l'existence d'une autre espèce extraterrestre hostile aux lézards sur laquelle la Résistance portait tous ses espoirs. Une idée qui fut pourtant rapidement évacuée mais qui devait donc ressurgir au sein du récit de l'adaptation cinématographique. En effet, les Zedti devaient collaborer avec notre espèce tout en conservant chez eux une certaine ambiguïté quant à leur intentions réelles vis à vis de l'espèce humaine et de notre planète...


De cette proposition littéraire plutôt intéressante l'on connaît sa réception auprès des producteurs qui restèrent de marbre et préférèrent finalement produire la série de 2009 telle que nous la connaissons. Neuf ans plus tard, en 2018, Kenneth Johnson annonce vouloir carrément travailler sur une trilogie de longs-métrages en collaboration avec la société de production de télévision américaine Desilu Productions. L'intrigue devant se dérouler près de trente-cinq ans plus tard et s'agissant de l'évolution des technologies actuelles, Kenneth Johnson avait non seulement pour projet de réaliser le premier volet mais aussi et surtout de recréer son univers afin de l'intégrer à notre époque tout en revenant aux origines du récit tel qu'il l'avait lui-même imaginé en 1983. Malheureusement, aussi excitante que pouvait être cette annonce, le projet semble être tombé dans les affres du ''Development Hell'' puisqu'il semble être depuis bloqué au stade préliminaire. En effet, à ce jour, on ne connaît rien de l'éventuel casting, du ou des distributeurs ou du calendrier de tournage. On n'est même pas certains que Kenneth Johnson aurait lui-même réalisé le premier volet !V: The Second Generation (le film) fait donc depuis figure d'arlésienne. C'est d'autant plus dommage que si vraiment le roman avait été adapté, l'on aurait eu l'immense plaisir de retrouver quelques-uns des personnages iconiques de la série d'origine. À l'image de Diana, de Julie Parish, de Mike Donovan ou de Robin Maxwell. Kenneth Johnson désirait en outre approfondir le personnage d'Elizabeth, l'enfant-hybride en traitant le sujet sous un angle beaucoup plus sérieux et donc moins fantaisiste. On ne sait pas si le projet verra le jour dans un futur plus ou moins lointain mais toujours est-il que des fans, de l'autre côté de l'Atlantique, se battent pour que Kenneth Johnson parvienne à ses fins. Il serait d'ailleurs temps que des producteurs s'intéressent réellement au projet puisque le créateur de la série accuse tout de même aujourd'hui les quatre-vingt trois printemps...

 

mercredi 8 juillet 2026

Black Box (Flight 298) de Steven Quale (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tandis que Allociné s’emmêle les pinceaux en proposant deux fiches confondant le Black Box du réalisateur suisse Tim Fehlbaum qui devrait voir le jour sur Netflix en 2027 avec le film éponyme de Steven Quale dont le plus célèbre long-métrage reste sans doute à ce jour le cinquième volet de la franchise Destination Finale sorti en 2011, c'est bien de ce dernier dont nous allons parler ici. Rien à voir donc avec le remake de l'excellent thriller du français Yann Gozlan avec Pierre Niney, Lou de Laâge et André Dussollier puisqu'il s'agit d'aborder d'étranges phénomènes se déroulant à bord d'un avion de ligne. Afin de bien différencier les deux longs-métrages, celui s'intitule en réalité dans sa version originale, Black Box (Flight 298). Du nom du vol de la compagnie Vero Airlines prévoyant de transporter ses passagers de la Nouvelle-Orléans jusqu'à Seattle. Parmi eux, Jeremy est de retour dans sa ville d'origine avec à bord le cercueil de son épouse placé dans la soute à bagages. Le script de Stephen Susco (scénariste entre autres des versions américaines de The Grudge 1 & 2 de Takashi Shimizu, de Texas Chainsaw 3D de John Luessenhop et de Unfriended: Dark Web qu'il réalisa lui-même en 2018) ne fait pas longtemps mystère des curieux événements qui se produisent lors du vol puisque le récit débute à travers toute une série de petites vidéos sous forme de flashback lors desquels l'on fait connaissance avec les principaux protagonistes avant leur montée dans l'avion et bien après que les étranges phénomènes aient déjà fait leur première apparition. Dans un premier temps, le scénario laisse entendre qu'une épidémie pourrait s'être propagée à l'intérieur de la cabine. Un vieil homme souffreteux passe en effet son temps à tousser avant de mourir de ce qui semble être une hémorragie. Bientôt, d'autres voyageurs éprouvent des maux de têtes et sont victimes de saignements. Pourtant, au fil de l'intrigue, le problème paraît provenir d'événements qui se produisent à l'extérieur même de l'avion. Alors qu'une tempête fait rage, Jeremy aperçoit d'étranges lumières au cœur même des nuages. Tandis que les passagers s'inquiètent, notre héros, soutenu par l'hôtesse de l'air Emma (Holly White), l'agente de sécurité Lauren (Boadicea Ricketts) mais aussi par la très jeune Chloe (Molly Belle Wright), va devoir temporiser le comportement des autres voyageurs...


Car comme dans tout bon ou mauvais film catastrophiste, Black Box (Flight 298) implique son comptant de personnages antipathiques. À l'image de ces adolescents férus de réseaux sociaux qui passent leur temps à filmer tout ce qui peut leur amener de nouveaux followers ou de cet homme d'affaire parfaitement imbuvable qui parce qu'il a réservé un siège en première classe tente d'imposer ses propres règles au détriments des autres voyageurs ! Le long-métrage de Steven Quale condense ainsi toutes les réactions qui peuvent découler de phénomènes on ne peut plus inquiétants. Entre ceux qui aident, ceux qui agissent de façon égoïste, ceux qui sont paralysés par la peur et ceux qui demeurent stoïques. Pour se faire une idée plus ou moins précise du contenu du film sans en déflorer la totalité du scénario, Black Box (Flight 298) mixe film catastrophe, science-fiction et épouvante. Et pour être encore plus précis, il s'agit là de l'adaptation du court-métrage The Vessel que signèrent les créateurs de la série Stranger Things, Matt Duffer et Ross Duffer. Passant ainsi de quatorze minutes à un peu moins d'une heure-trente, Stephen Susco a donc drastiquement élargit le concept en travaillant plus en profondeur la psychologie de certains personnages en ajoutant en outre des péripéties qui n'apparaissaient pas dans le court-métrage d'origine... Plusieurs séquences du long-métrage semblent de plus vouloir faire référence à la nouvelle de l'écrivain américain Richard Matheson qui en 1961 écrivit Nightmare at 20,000 Feet, laquelle fut adaptée en 1963 pour la série The Twilight Zone (La quatrième dimension) et fut notamment diffusée en France sous le titre Cauchemar à 20,000 pieds. Sans être un grand film d'horreur ou l'une des nouvelles références en matière de science-fiction, Black Box (Flight 298) reste une honnête proposition de cinéma horrifique et claustrophobe. Des événements en pagaille dont une ''invasion'' en mode ''Body Snatchers'' qui laissera ses personnages face à une perspective relativement glaçante...

 

mercredi 1 juillet 2026

The Last Starfighter de Nick Castle (1984) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Étudiant à l'université de la Southern California School of Cinematic Arts de Los Angeles aux côtés de son ami John Carpenter avant d'intégrer à ses côtés le groupe de rock The Coupe de Villes (rien à voir avec celui formé Francis Ford Coppola et plusieurs membres de sa famille), Nick Castle a part la suite participé aux tournages de Dark Star (il y tient le rôle de l'alien), deHalloween (dans lequel il incarne le rôle de Michael Myers) et de New-York 1997 dont il écrivit le scénario conjointement avec le cinéaste américain. Il signe en 1982 son premier long-métrage, le thriller Tag: The Assassination Game avant de réaliser l'un de ses deux films les plus connus (avec Dennis the Menace en 1993), le bien nommé The Last Starfighter. Réduit en France au simple titre de Starfighter, le film met en scène Alex Rogan (Lance Guest). Un jeune adulte vivant auprès de sa mère et de son petit frère dans un caravaning. Une petite communauté de quelques dizaines d'habitants qui comptent souvent sur lui pour remettre l'électricité, déboucher les éviers et autres petits tracas de la vie quotidienne. Tandis que sa petite amie Maggie (Catherine Mary Stewart) passe du bon temps avec leurs camarades, Alex, lui, espère obtenir une bourse d'étude afin d'intégrer une grande école. En attendant, il s'adonne quotidiennement au jeu vidéo Starfighter dont il espère battre le record. Un Shoot'en up, genre très en vogue dans les bornes d'arcades à l'époque. Lorsque vient le jour où Alex atteint le meilleur score, une voiture débarque au caravaning avec à son bord un drôle d'individu prénommé Centauri (Robert Preston) qui se prétend être le concepteur du jeu vidéo. Alerté par le fait qu'Alex a battu tous les records, Centauri l'invite à s'asseoir à ses côtés dans le véhicule qui s'avère en réalité être un vaisseau spatial. Contre toute attente et alors que les deux passagers font route sur un chemin de campagne, la ''voiture'' s'envole et prend la direction de Rylos, une planète lointaine située aux abords de la Frontière de la Ligue Stellaire que menace de détruire Xur (Norman Snow), un traître originaire lui-même de Rylos, ainsi que l'empire de Ko-Dan avec lequel celui-ci collabore...


Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l'on comprend rapidement que le jeu Starfighter n'était en fait qu'un simulateur de vol créé afin de trouver sur Terre celui qui irait rejoindre le groupe de Starfighters interplanétaires prévu pour combattre l'ennemi. Sortant des contingences coutumières qui veulent que les héros évoluent généralement dans de petites villes américaines fort sympathiques, en attendant mieux, notre héros vit donc auprès des siens dans un caravaning. Et si la situation semble relativement précaire, ses habitants n'en sont pas moins heureux... Passé ce constat, l'action se déroule sur deux plans. Car si l'absence d'Alex risque de se faire rapidement remarquer, le scénario de Jonathan R. Betuel résout le problème en intégrant au récit un bêtadroïde. Réplique parfaite et donc androïdale d'Alex qui va remplacer le jeune homme sur Terre. Dynamisant ainsi le récit, Starfighter situe donc son action non seulement dans l'espace mais également sur notre planète, où l'attitude du Alex bêtadroïde va notamment étonner sa petite amie Maggie qui n'est pas au courant du subterfuge. Le script s'amuse d'ailleurs rapidement de principes proprement ''humains'' comme celui des sentiments amoureux. Incapable de comprendre le concept, le rapprochement entre la jeune femme et l'androïde donnera lieu à quelques séquences savoureusement drôles. Et tandis que ce dernier tentera de faire illusion sur Terre, dans l'espace, Alex devra prendre son courage à deux mains et se servir de ses compétences acquises en jouant sur la borne d'arcade pour combattre et vaincre l'ennemi, aux côtés du très attachant Grig (Dan O'Herlihy), une créature appartenant à une espèce reptilienne. Alors que les séquences de batailles spatiales ont toutes été conçues par la société d'animation assistée par ordinateur Digital Productions (laquelle sera rachetée quatre ans après sa création par Omnibus Computer Graphics) qui la même année produira les effets-spéciaux visuels de 2010 : L'Année du premier contact de Peter Hyams, les quelques rares créatures extraterrestres que l'on aperçoit durant le récit ont notamment été créées par William Tuttle, lequel travailla auparavant sur La Machine à explorer le temps de George Pal et sur La Planète des singes de Franklin J. Schaffner. Si certains effets-spéciaux ont plus ou moins bien vieilli, l'humour, lui, reste au contraire très efficace. L'on regrettera surtout une bataille spatiale réduite à sa portion congrue. Bien loin des fameuses ''Guerres de l’Étoile'' célébrées dans la franchise Star Wars ou chez les concurrents de Star Trek. Mais au final, Starfighter reste un vrai plaisir de cinéphage...

 

samedi 27 juin 2026

Explorers de Joe Dante (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Parmi les cinéastes qui dans les années quatre-vingt ont beaucoup compté dans le domaine de la comédie ou du fantastique familial, Joe Dante reste l'un des plus importants. Et ce n'est pas faire outrage à la concurrence que d'affirmer qu'il demeure peut-être sans doute celui dont la filmographie recèle le plus de pépites. Sans parler de ses premiers longs-métrages qui ne sont pas les plus remarquables ni même des deux classiques de l'épouvante que sont Piranhas en 1978 et Hurlements en 198, le cinéaste originaire de Morristown dans le New Jersey a signé coup sur coup l'un des segments de l'adaptation cinématographique de La quatrième dimension en 1983, Gremlins en 1984, Explorers en 1985, L'aventure intérieure en 1987, Cheeseburger Film Sandwich la même année, Les banlieusards en 1989 et Gremlins 2 : la nouvelle génération en 1990 ! Pour en revenir à Explorers, la compétition est rude en cette année 1985 puisque sort dans les salles de cinéma Retour vers le futur de Robert Zemeckis, autre cinéaste œuvrant dans les domaines de l'humour et du fantastique grands publics. Ron Howard sort son Cocoon, Wolfgang Petersen son Enemy Mine, Simon Wincer son D.A.R.Y.L. Et John Hughes son Weird Science. Sans parler du Lifeforce de Tobe Hooper et du Brazil de Terry Gilliam qui s'inscrivent davantage dans une science-fiction plus horrifique et plus sombre et donc plus adulte ou des quelques petites productions méconnues d'un public plus large comme Creature de William Malone ou My Science Project de Jonathan R. Betuel... Écrite par le scénariste Eric Luke dont la carrière se résume à une dizaines de scripts majoritairement conçus pour la télévision américaine, l'histoire de Explorers se concentre autour de trois jeunes héros habitant une petite bourgade américaine comme cela est généralement le cas à l'époque dans ce genre de long-métrage...


À la croisée des chemins entre certains romans de Stephen King et l'imaginaire débridé de cinéastes enclins à faire de jeunes adolescents les héros d'aventures extraordinaires, le film de Joe Dante met donc en scène Ethan Hawke, River Phoenix et Jason Presson alors tout jeunes dans les rôles de Ben Crandall, Wolfgang Müller et Darren Woods. Comme très souvent dans ce genre de production cinématographique américaine à la portée de toutes et tous, l'on a droit à une vision de l'Amérique presque idyllique si ce n'est que Ben, passionné de science-fiction et d'aventures spatiales, est harcelé par l'un de ses camarades d'école et que Darren, orphelin de mère, vit avec un père violent. Reste Wolfgang, l'un des nombreux enfants d'une famille dont les parents son excentriques. Petit génie de l'informatique, il parvient à créer un circuit imprimé directement issu des rêves de son ami Ben et réussit à produire un champ de force. Une sphère d'énergie électromagnétique débarrassée de toute inertie et permettant de se déplacer à des vitesses inouïes tout en protégeant ceux qui se trouvent à l'intérieur. Aidés par leur nouvel ami Darren qui plus tôt a aidé Ben à se sortir d'une impasse, les trois garçons construisent un vaisseau fait de bric et de broc afin de partir dans l'espace. Après quelques essais relativement concluants, les trois amis se lancent dans une aventure spatiale qui va leur permettre de rencontrer deux sympathiques extraterrestres... Si jusqu'au moment où Ben, Wolfgang et Darren rencontrent Wak (Robert Picardo) et Neek (Leslie Rockert) tout semble à peu près ''normal'' voire même ''crédible'', Explorers se transforme en Show totalement délirant, la science-fiction virant presque à la comédie musicale avec ses deux extraterrestres extravertis, nés de l'imagination fertile du maquilleur de génie Rob Bottin qui dans un cadre déjà nettement plus effrayant créa les différentes et monstrueuses formes que pris l'extraterrestre de The Thing de John Carpenter trois ans auparavant...


Notons que les effets visuels concernant les déplacements du vaisseau ou les vues de l'espace furent l’œuvre du studio d'effets visuels, d'animation et de technologies cinématographiques Industrial Light & Magic créé en 1975 par George Lucas. Pressé par la Paramount à réaliser le projet dans des délais relativement serrés, Joe Dante est contraint d'élaguer le récit et d'éluder certaines séquences qui à l'origine devaient être incluses au sein du récit. Si Explorers est une sympathique comédie de science-fiction familiale, les contraintes imposées par la production au réalisateur opèrent des changements aux conséquences importantes. Le résultat final n'est donc pas celui escompté par son auteur. Finie l'épopée spatiale tant rêvée par les amateurs de Space Opera. Car si même la rencontre entre nos trois jeunes héros et nos deux charmants extraterrestres est plutôt réjouissante, Explorers se conclut de manière fort étonnante alors même que l'aventure semblait devoir précipiter ses personnages au cœur de péripéties spatiales enchanteresses. Si Explorers semble parfois bâclé, surtout dans sa seconde partie, cela n'est dont pas du fait du réalisateur mais d'une production qui lui mis des bâtons dans les roues. On se prend alors à rêver de ce à quoi aurait ressemblé le long-métrage de Joe Dante si seulement la Paramount lui avait laissé le champ libre... Bien que Explorers ait connu l'insuccès en salle, ce petit film reste une assez bonne surprise tout en étant profondément ancré dans son époque...

 

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