mardi 29 septembre 2026

Redux Redux de Kevin & Matthiew McManus (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis leurs débuts, les frères MacManus n'ont cessé de collaborer ensemble sur les six projets qu'ils ont mis en scène. De leurs débuts en 2006 et jusqu'en 2009, période durant laquelle ils réalisèrent trois courts-métrages, puis dès 2012, avec leur premier long format, la comédie dramatique Funeral Kings, suivie en 2020 du thriller horrifique et de science-fiction The Block Insland Soundpuis en 2026 de Redux Redux qui lui-même investi ce même mélange des genres. Deux frères, deux cinéastes qui prennent leur temps entre chaque film et qui signent cette année 2026 une œuvre pas du tout inintéressante puisqu'elle explore la tragédie d'une femme dont la fille a été kidnappée et assassinée par un tueur en série. Un prédateur dont les deux réalisateurs, producteurs et scénaristes ne font pas longtemps mystère puisque l'on découvre rapidement qu'il s'agit d'un certain Neville (Jeremy Holm). Un employé de cafétéria qui enlève donc des adolescentes pour les assassiner dans sa demeure avant de faire disparaître les corps en dehors de la ville. Un sujet somme toute plutôt conventionnel pour un traitement qui par contre sort des sentiers battus. Un thriller, un drame, mais tout comme pour le précédent long-métrage de Kevin et Matthew McManus, mâtiné de science-fiction. Car incapable de faire son deuil, Irene Kelly (incarnée par Michaela McManus, la sœur des deux réalisateurs) voyage non pas à travers le temps dans ce qui pourrait sembler être une boucle temporelle la renvoyant au même endroit au même moment mais bien dans des univers parallèles. Ce que l'on a coutume d'appeler de nos jours des multivers. En effet, à bord d'un appareil en forme de cercueil dont les frères McManus semblent se désintéresser des origines, la jeune femme poursuit celui qui dans d'autres mondes n'est pas différent de celui qu'elle a déjà assassiné dans le sien. Quel que soit le Neville qu'elle a rencontré parmi les dizaines, les centaines ou les milliers d'univers qu'elle a déjà croisé, tous sont les mêmes et tous sont de monstrueux prédateurs. Et à chaque fois, c'est la même chose, Irene repère et assassine systématiquement le meurtrier de sa fille Anna (Grace Van Dien) qui à chaque fois fait partie des victimes du monstre. Sauf que lors d'un saut dans l'un des univers parallèles, la mère de famille tombe sur la jeune fugueuse Mia (Stella Marcus) en s'introduisant dans le repère du tueur. Nouvelle victime de Neville, elle décide de lui venir en aide...


Redux Reduxtourne donc principalement autour de ces trois personnages. Si la première partie se concentre sur le procédé employé par Irene pour voyager dans le multivers, la seconde est surtout consacrée à la relation qu'elle et Mia vont entretenir. Deux fortes personnalités qui désirent chacune se venger de Neville. Quant à la troisième, nettement plus sombre et poisseuse, elle s'inscrira dans le thriller glauque, changeant drastiquement le visage du long-métrage même si durant tout le récit, une certaine noirceur colle aux personnages. Si le côté science-fiction se réduit ici généralement au concept de voyage dans le multivers à bord d'un engin dont malheureusement les deux frères laissent de côté les origines de sa conception, un personnage secondaire en la personne de la contrebandière Billie (Taylor Misiak) laisse durant un temps espérer que le spectateur soit éclairé au sujet de cette machine dont on ne sait qui la construite. Toujours est-il qu'au vu de celle-ci, le script donne l'impression qu'elle a été fabriquée de manière artisanale et non officielle. Une invention faite de bric et de broc. Conçue par le directeur artistique Stephen Dudro et par Kevin McManus, la machine ne fait appel à aucune espèce d'effet-spécial autre que quelques étincelles et de la fumée. Pas d'effets numériques, donc, mais une explosion signifiant qu'elle est sa (ses) passagère viennent d'effectuer un voyage dans un monde parallèle. Par delà cet élément qui fait l'originalité du long-métrage, Redux Redux creuse deux sujets directement liés à la perte d'un enfant. L'impossibilité pour l'une des deux héroïnes de faire le deuil de sa fille et la maternité de substitution lorsque Mia entre dans la vie d'Irene et que celle-ci la protège comme s'il s'était s'agit de sa propre enfant. Entre classicisme et innovation, Redux Redux tangue entre la bonne surprise et le thriller convenu. La première partie, divertissante lorsque nous est montrée la vengeance d'Irene sous différentes méthodes, est plutôt sympathique. Comme la rencontre avec Mia, jeune femme survoltée dont la relation avec l'héroïne principale est plutôt intéressante. La suite s'apparentant parfois au road movie fait de rencontres plus ou moins hasardeuses est un peu plus problématique puisque brisant le rythme du récit. Par contre, la fin, elle, est vraiment convaincante. Surtout lorsque les deux femmes se retrouvent piégées dans le repaire du tueur. Le film virant à l'horreur pure, dans des décors nocturnes particulièrement sordides. Bref, Redux Redux est d'une manière générale plutôt réussi...


 

samedi 26 septembre 2026

The Dog Stars de Ridley Scott (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Âgé de quatre-vingt huit ans, Ridley Scott ne lâche décidément pas l'affaire et continue de tourner, encore et encore. Tandis que huit longs-métrages sont en préproduction et qu'il a signalé vouloir mettre un terme à la saga Alien en réalisant le dernier opus, suite et fin de Prometheus et Alien Covenant, il a réalisé cette année The Dog Stars d'après le roman La Constellation du chien de l'écrivain américain Peter Heller. Si la légitimité du cinéaste n'est plus à faire malgré les remous qui tournent autour de sa personne vis à vis de certains de ses propos concernant plusieurs volets de la franchises Alien ou concernant certains de ses choix artistiques, apprendre son retour sur grand écran est toujours (ou presque) une bonne nouvelle. Alors, lorsqu'il décide d'adapter le roman d'anticipation de Peter Heller dont le récit semble pour celui qui ne l'a pas lu se résumer à une énième histoire de pandémie et d'effondrement de la société, on peut se demander quel est l'intérêt de mettre en scène des personnages plongés dans un univers déshumanisé, où les ressources se font rares et ou se battre pour survivre est devenu essentiel... Pourtant, à la différence de certaines œuvres reposant sur le même concept, Ridley Scott s'attache à nous décrire le personnage de Hig (Jacob Elordi), veuf de sa défunte épouse morte de la maladie voilà plusieurs années qui contrairement à son seul ami Bangley (Josh Brolin) croit en l'humanité ou en tout cas en ce qu'il en reste puisque la quasi totalité de la population américaine a été décimée par une pandémie de grippe particulièrement virulente. Vivant dans une zone dégagée dont les limites sont surveillées de très près par Bangley, Hig est en outre accompagné de son chien Jasper qui l'accompagne en avion partout où il se rend. Et notamment une petite communauté mennonite conduite par son chef Aaron (Benedict Wong) ou encore dans une zone commerciale déserte où il a caché des vivres et des médicaments en cas de besoin. Car bien entendu, comme dans tout univers post-apocalyptico-dystopique, le monde The Dog Stars n'est pas à l'abri d'éventuels assauts menés par des bandes meurtrières plus ou moins organisées. Mais le véritable rêve de Hig est de se rendre en avion jusqu'à la petite ville de Grand Junction depuis qu'il a capté grâce à son poste de radio un message provenant de cette cité où il pense trouver d'autres humains auprès desquels reconstruire l'humanité. Bien décidé à s'y rendre après la mort de Jasper lors d'une attaque menée par un groupe de personnes extrêmement agressives, il rencontrera en chemin Cima (Margaret Qualley) et son père Pops (Guy Pearce) qui vivent seuls et isolés en pleine campagne...


The Dog Stars, mieux vaut se le mettre en tête, est le genre de long-métrage qui demande un peu de patience et de persévérance. Notamment durant les trente ou quarante premières minutes, plutôt lentes et servant de préambule à la suite des événements. Une manière de faire surtout connaissance avec Hig et Bangley dont les points de vue sont totalement opposés, de comprendre le contexte de l'histoire, ses dangers et les motivations qui animent les deux hommes. Le film décolle, est c'est un euphémisme, lorsque Hig monte à bord de son petit avion de tourisme et se retrouve dans la campagne, contraint d’atterrir dans une région déserte où ne vivent que Cima et son père. L'occasion de découvrir deux nouveaux personnages dont la présence sera fondamentale pour la suite des événements. L'un des plus grands attraits du nouveau film de Ridley Scott n'est pas tant l'univers décrit qui, par rapport à d'autres œuvres, ne déploie pas d'artifices spécialement grandioses en terme d'univers post-apocalyptique que la caractérisation des divers personnages principaux. Qu'il s'agisse de Hig, de Bengley ou du couple père/fille, l'écriture et la description de chacun d'entre eux les rend formidablement attachants. On conseillera d'ailleurs à celles et ceux qui viennent de découvrir le ''film-jumeau'' Heart of the Beast de David Ayer qui auraient apprécié l'aventure de Brad Pitt et du chien Uber de filer tout droit dans une salle projetant The Dog Stars. Ridley Scott a beau approcher les quatre-vingt dix printemps, le cinéaste n'a pas perdu de sa superbe en matière de réalisation et propose une œuvre profondément humaine même si nos héros seront parfois confrontés à des bandes de dégénérés tout droit sortis de Mad Max 2 : le défi du réalisateur et scénariste australien George Miller. Deux ou trois scènes particulièrement violentes et typiques de ce genre de contexte où la survie passe pour certains par le meurtre et le pillage. Une œuvre pourtant naturaliste qui s'écarte volontairement des blockbusters américains habituels, ne propose ni zombies, ni infectés mais une réflexion sur la solitude, sur la mort sur l'homme et sur l'espoir. Bref, une très bonne surprise...

 

lundi 21 septembre 2026

Alienator de Fred Olen Ray (1990) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans un futur indéterminé et à bord d'un vaisseau-prison (un cadre que le réalisateur avait déjà utilisé en 1986 avec Prison Ship), le révolutionnaire Kol (Ross Hagen) s'apprête à être exécuté sur les ordres du commandant incarné à l'écran par Jan-Michael Vincent dont le plus célèbre fait d'arme fut son interprétation de Springfellow Hawke dans la série américaine Supercopter entre 1984 et 1986. Quatre ans après la diffusion du dernier épisode sur CBS, le voici donc embrigadé dans l'une des très nombreuses séries Z réalisées par le réalisateur, scénariste et producteur Fred Olen Ray. Sans être le personnage principal, Jan-Michael Vincent se voit malgré tout offrir l'opportunité d'interpréter un protagoniste en tous points détestable. Un type immonde qui n'a semble-t-il que peu de valeur pour la vie d'autrui. C'est donc sous ses ordres qu'est mené à la chaise électrique Kol qui durant l'exécution de l'un de ses compagnons parvient à déjouer la surveillance des gardes et ainsi s'enfuir à bord d'un vaisseau qui finit par venir s'écraser à la surface de notre planète. Furieux, le directeur de la prison envoie immédiatement à la poursuite du fugitif, l'Alienator. Une créature de sexe féminin tout droit sortie des pires plagiats post-apocalyptiques italiens des années quatre-vingt ! Une fois échoué sur Terre, Kol manque d'être écrasé par un camping-car conduit par un jeune touriste accompagné de ses trois amis. Intervient alors le shérif Ward Armstrong (John Philip Law) qui jusqu'à maintenant se contentait généralement de traquer les braconniers et qui désormais va devoir se lier aux jeunes gens afin de combattre l'Alienator qui plus que de se contenter d'éliminer le fugitif assassine toutes celles et ceux qui ont le malheur de croiser son chemin. Quatre jeunes gens au tempérament différent puisque d'un côté nous avons Rick (Richard Wiley), celui-là même qui conduisait le camping-car et qui depuis se montre relativement désagréable, surtout vis à vis de la gente féminine devant laquelle il se comporte en véritable macho. Sa petite amie Caroline (Dawn Wildsmith) reste parmi cette petite bande d'amis sans doute la protagoniste la plus insignifiante. Le scénariste Paul Garson lui prête une attitude de jeune femme écervelée sans presque aucun dialogue et qui hurle au moindre événement !


Face à ce couple où le masculin l'emporte sur le féminin, le récit peut heureusement compter sur un second duo nettement plus intéressant d'un point de vue moral. Benny (Jesse Dabson) est l'intellectuel du groupe. Et aux côtés de Tara (P.J.Soles) il met un point d'honneur à venir en aide à Kol qui depuis l'atterrissage du vaisseau et le choc reçu au contact du camping-car s'avère mal en point. Outre quelques personnages secondaires qui ne feront pas long-feu face à l'implacable détermination de l'Alienator et la puissance de feu de son fusil à laser désintégrant tout ce qu'il touche et parmi lesquels l'on trouve un médecin et deux braconniers, Alienator se concentre sur notre petit groupe désormais agrandi par la présence de Kol, du shérif Armstrong et plus tard du colonel Coburn (Leo Gordon que l'on pu notamment découvrir dans l'épisode Le roi est mort de la série culte La petite maison dans la prairie en 1980). Notons la présence dans le tout petit rôle d'un technicien de la prison de l'acteur Joseph Pilato que les fans du réalisateur George Romero connaissent bien pour l'avoir découvert en 1985 dans Le jour des morts-vivants dans lequel il incarnait l'infâme capitaine Rhodes ! S'agissant de Alienator, contrairement à ce que pourrait laisser croire l'évidente contraction entre le Alien de Ridley Scott et le Terminator de James Cameron, le film de Fred Olen Ray s'inspire en fait davantage du Predator de John McTiernan. Toute proportions gardées, bien évidemment. Le résultat s'avère décevant, même pour du Fred Olen Ray. Le script de Paul Garson tourne à vide et cause une quantité de séquences dont la répétitivité finit d'achever la patience du spectateur. Reste alors une bonne petite série Z pour inconditionnels de nanars. Des effets-spéciaux à la ramasse mais typiques de ce genre de production et une interprétation plus que moyenne même si dans le genre on a vu bien pire. Ah, j'allais oublier. L'Alienator est incarné par la culturiste et écrivaine (!?!) Teagan Clive que l'on a pu notamment voir un an plus tôt dans Interzone de Deran Sarafian. Autre grand moment de nanardise...

 

lundi 14 septembre 2026

Star Slammer : la prison des étoiles (Prison Ship) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Inconsciemment mais visiblement réfractaire à l'idée du bonheur en cette journée ensoleillée où je reste enfermé tandis que d'autres osent une sortie sous l'interminable mistral méditerranéen, voilà que se présenta tout juste sous mes yeux l'un de ces films cultes signés de Fred Olen Ray dont fit notamment les beaux jours le magazine Mad Movies dans le courant des années quatre-vingt. Avec des titres tels que Evil Spawn en 1987, Hollywood Chainsaw Massacre en 1988, Beverly Hills Vamp en 1989 ou Scream Queen Hot Tub Party et Bad Girls From Mars en 1991, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain Fred Olen Ray s'est forgé l'une de ces indestructibles réputations d'artisan du Bis, voire même du cinéma Z comme le démontre Star Slammer : la prison des étoiles également connu sous le titre Prison Ship ! L'une des caractéristiques du cinéaste est très souvent de mettre en avant la gente féminine. Il n'y a qu'à voir combien d'actrices sont présentes ici au générique tandis que les hommes sont relégués au second plan. Une certaine idée du féminisme pourrait alors transpirer de cette indéniable fascination pour celles que l'on avait dans le passé le toupet de décrire comme le Sexe Faible mais qui démontre dans le cas de cette ''chose'' qui se prétend être un mélange entre W.I.P et science-fiction spatiale qu'elle sert avant tout d'objet de fantasme. L'histoire démarre à la surface de la planète Arous où Taura (Sandy Brooke) exploite une mine pour son compte personnel lorsque débarque le capitaine Bantor (Ross Hagen) qui exige de la jeune femme qu'elle lui remette les cristaux qu'elle a extrait. Devant son refus s'engage une bagarre que remporte Bantor. Taura est alors faite prisonnière et transportée à bord du vaisseau-prison Vehemence que dirige la tyrannique Warden Exene (Marya Gant)...


De cette tendance à accorder au film sa propension au féminisme il ne reste en réalité pas grand chose. En effet, en dehors de notre héroïne incarnée par Sandy Brooke, la quasi totalité des femmes qui la côtoient sont décrites sous un jours qui ne les met absolument pas en valeur. Et comme dans tout bon ou mauvais W.I.P (Women In Prison), les prises de becs sont légion. Courtement vétues, les jeunes femmes profitent ainsi de la moindre occasion pour se crêper le chignon jusqu'à ce que l'idée de se liguer contre l'autorité fasse enfin son petit bout de chemin à travers leur très court réseau de cellules grises ! Si Fred Olen Ray nous a habitué à des œuvres dont on peut généralement revendiquer une part de ''Médiocrité'', ce Cancer qui ronge toutes sortes de long-métrages dotés de budgets insignifiants et d'artisans mal avisés en terme de talent d'écriture, de mise en scène ou d'interprétation semble s'être ici carrément généralisé. Visuellement, Star Slammer : la prison des étoiles attaque la rétine aussi scrupuleusement que l'acide du xénomorphe du Alien de Ridley Scott s'en prenait à la moquette du Nostromo. Le travail des chefs décorateurs Michael Novotny et Wayne Springfield s'en ressent et tout sonne faux. Des couloirs vides, nus et qui donnent l'impression qu'un simple petit coup de poing permettrait de traverser n'importe quelle cloison. Quand aux costumes créés par Jill Conners, ils ont majoritairement l'allure des tenues que portent les fans de telle ou telle franchise lors des conventions annuelles qui leur sont consacrées. Ne parlons même pas de l'interprétation toujours aussi piteuse dans le cinéma de Fred Olen Ray mais qui dans le cas de Star Slammer : la prison des étoiles atteint véritablement des sommets...


La science-fiction n'est ici en réalité qu'un prétexte pour plonger les protagonistes dans un milieu carcéral dont il est malheureusement difficile de définir les contours très précis. Pas de barreaux, une cantine qui ne se définit qu'à travers la purée verdâtre que l'on sert aux prisonnières et des geôliers qui font du sadisme un sacerdoce. Le long-métrage est l'occasion d'opposer Taura à l'autorité et a pour but d'échapper au contrôle mental et à la violence avec comme finalité, le retour à la surface d'Arous. Comme dans de très nombreuses œuvres dites Z, Star Slammer : la prison des étoiles souffre de décors affreux qui rendent caduque toute approche réaliste du sujet. Le film étant proche de la Sexploitation à travers ses nombreux personnages féminins courtement vêtus. Écrit sur le bord d'une table, le scénario est simpliste et recycle un bon nombre d'idées déjà évoquées dans des styles aussi différents que ceux mentionnés ci-dessus. Bref, une toute petite production fauchée comme les blés typique du cinéma de Fred Olen Ray. À réserver aux fans du cinéaste et aux amateurs exclusifs de séries Z...

 

samedi 12 septembre 2026

Le gardien du temps de Brian Hannant (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 4039 et le monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra, interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction Star Wars est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051 années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le gardien du temps joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter. C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...


D'une qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des classiques que sont notamment New-York 1997 de John Carpenter ou Mad Max de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au Terminator de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale Film Corporation fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et John Baxter, Le Gardien du temps est parfois à ce point similaire à Terminator que l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore comme dans Terminator finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe entre l'une et l'autre puisque Le gardien du temps ne fait absolument pas le poids face à Terminator. Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment les huit millions de budget qui à l'époque était une somme importante pour ce genre de projet australien. Notons également l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star Wars est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de James Cameron...

 

mardi 8 septembre 2026

Blind Date (Onde de choc) de Nico Mastorakis (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Passons à quelque chose d'un peu plus sérieux mais qui au final ne sera peut-être pas plus remarquable que le Omega Syndrome de Joseph Manduke tout récemment évoqué. Nous quittons le merveilleux monde du Nanar pour nous transporter dans l'univers du Techno-Thriller. Derrière ce terme relativement barbare se cache un sous-genre du thriller, donc, auquel sont liés des aspects relatifs à la technologie. On pense alors à l'intelligence artificielle (2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick), à l'informatique (Wargames de John Badham), aux machines (Terminator de James Cameron) ou comme ici, aux médecines expérimentales puisque le sujet de Blind Date (Onde de choc) de l'ancien journaliste à sensation et cinéaste grec Nico Mastorakis met en scène l'acteur américain Joseph Bottom, interprète principal en 1974 de La Grande Traversée de Charles Jarrott et acteur de télévision notamment présent dans le soap opera Santa Barbara, et qui ici incarne le rôle de Jonathan Ratcliff, le héros d'un récit on ne peut plus ambitieux écrit par le réalisateur, scénariste, producteur, compositeur et acteur grec en collaboration avec Fred Perry. Le film met en effet en scène un homme qui après un accident lui ayant ôté la vue va se voir proposer l'opportunité d''être le cobaye du docteur Steiger (Keir Dullea) qui lui propose alors d'intégrer dans son cerveau des capteurs directement raccordés à une interface informatique implantée dans un boitier à l'apparence d'un baladeur (encore très en vogue à l'époque puisque le film date du milieu des années quatre-vingt). Un système qui lui permettra très rapidement de recouvrer la vue. Enfin, d'une certaine manière puisque Jonathan sera doté d'une vision très limitée. En bref, le monde s'ouvrira à lui de manière très sombre et développé à travers le contour des objets qui leur apparaîtront donc de manière très superficielle. Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre un semblant d'existence normale et ainsi user de ses nouvelles facultés afin de traquer le tueur qui endeuille la ville d'Athènes depuis maintenant un certain temps !


Nico Mastorakis semble avoir été particulièrement marqué par le cinéma de Brian De Palma. Une évidence qui saute au yeux dès lors que l'on compare Blind Dates à certaines des œuvres de cet immense cinéaste qui donna notamment naissance un an auparavant au formidable Body Double puisque tout comme dans ce classique du thriller américain, son personnage évolue dans un univers tout d'abord voyeuriste. Observant une femme de loin, dans son intimité. Une inconnue qu'il semble connaître puisqu'elle s'avérera être Rachel (Lana Clarkson), une ancienne compagne qu'il n'a pas su aider lorsqu'elle fut agressée et violée par quatre malfaiteurs. La première partie demeurant ainsi un ''hommage'' à peine voilé du long-métrage de Brian De palma avant que l'intrigue ne vire au techno-thriller à proprement parler. Cette fois-ci, Nico Mastorakis s'inspire davantage d'un autre classique de l'auteur de Carrie au bal du Diable, de The Phantom of the Paradise ou de Scareface. Effectivement, désormais doté de nouvelles facultés lui permettant de se lancer sur les traces du tueur en série, Jonathan va réécouter les enregistrements qu'il effectua plus tôt lors de sa poursuite de l'assassin. Le boitier lui permettant ainsi de noter des détails importants concernant ce dernier. Cette seconde partie fait alors référence à un autre classique de Brian De Palma, un peu plus ancien puisque datant de 1981. Vous sentez venir la référence..... ? Et oui, l'on parle bien ici de Blow Out, ce thriller mêlé de drame romantique bouleversant notamment interprété à l'époque par John Travolta et Nancy Allen. Dans un cas comme dans l'autre des films cités ci-dessus, Blind Dates fait en comparaison, pâle figure. Le cinéaste grec nous servant un petit thriller n'atteignant jamais vraiment ses ambitions. Car bien que sous certains aspects, la bande musicale de Richard Harvey provoque parfois un certain trouble, sa musique n'atteint jamais celle de Body Double composée par Pino Donaggio. Quant à la mise en scène et la direction d'acteurs, elles s'avèrent l'une et l'autre de piètre qualité. Pour terminer, notons la présence de deux actrices qui durant leur carrière passèrent par la case Star Trek puisque Kirstie Alley qui incarne ici la petite amie du héros interpréta la vulcaine Saavik dans Star Trek 2 ; La colère de Khan de Nicholas Meyer en 1982 tandis que Marina Sirtis qui apparaît ici sous les traits d'une talonneuse, elle fut l'une des plus iconiques interprète de la série télévisée Star Trek : La nouvelle génération dans laquelle elle joua le rôle de la bétazoïde Deanna Troi...

dimanche 6 septembre 2026

Silo - saison 3 de Graham Yost (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Avant d'évoquer la troisième saison de l'excellente série de science-fiction américaine Silo, il serait peut-être intéressant de revenir sur la seconde dont la diffusion eu lieu il y a maintenant plus d'un an. L'intrigue se déroulant toujours principalement dans le silo numéro 17 après que l'on ait appris à l'issue de la première saison de la série l'existence de nombre d'entre eux, Juliette Nichols demeure toujours l'héroïne du récit. Après avoir été envoyée ''nettoyer'' à l'extérieur de son abri, la jeune femme avait réussi à atteindre le silo numéro 18 dans lequel elle parvint à communiquer avec les quelques survivants qui y végétaient. Pendant ce temps là, une révolution était notamment menée par les mécaniciens du silo 17 à la tête de laquelle l'on retrouvait Knox et sa compagne Shirley. À l'issue de la seconde saison, Bernard, le dirigeant de l'IT du silo 17 finissait par saisir l'idée selon laquelle tout ou partie des règles qu'il avait mises en place l'était en réalité par une entité mystérieuse se cachant derrière le nom de ''Voix''. Le plus proche collaborateur de Bernard, Sims, devint son ombre tandis que son épouse, Camille, demeurait encore à ce jour un personnage relativement secondaire. Si le père de Juliette perdait la vie dans un élan sacrificiel assez remarquable, la jeune femme allait par contre découvrir que vivre à l'extérieur des silos n'était peut-être pas une hérésie. Une fois de retour au silo 18 et après avoir fait la promesse aux survivants du silo 17 de revenir les sauver, elle et Bernard se retrouvèrent tout deux enfermés dans le sas donnant vers l'extérieur au moment même ou le système d'incinération allait se déclencher... La saison trois de Silo démarre alors que nous ne connaissions pas le sort accordé à Juliette ainsi qu'à l'infâme chef de l'IT du silo numéro 18. Si la jeune femme est bien vivant, tout laisse supposer le décès de Bernard. Si une question s'est toujours imposée quant aux causes ayant contraint une partie de l'humanité à se retrancher sous terre dans l'un des cinquante silos présents sur place, la réponse nous parvient en partie lors de cette saison. Rien de véritablement spectaculaire ou du moins, de réellement original !


Cette saison est également l'occasion d'un retour en arrière de plusieurs siècles remontant aux origines des silos. Lors de nombreux flash-back l'on fait la connaissance de nouveaux personnages dont Daniel Keene (Ashley Zukerman), un jeune député, Helen Drew (Jessica Henwick), une journaliste d'investigation, Charlotte (Jessica Brown Findlay), la sœur de Daniel, la sénatrice Thurman (Laura Innes) ou encore le richissime homme d'affaire Per Stensen (Colin Hanks) qui fut à l'origine du projet des silos. Mais aussi et surtout Victor Crnkovich (Matt Craven), un scientifique et technicien ayant participé au projet de survie de l'humanité. Cette troisième saison élargie donc drastiquement l'intrigue de la série et apporte des réponses aux questions majeures. Apportant ainsi une signification importante s'agissant des nombreux cadavres présents à l'extérieur des silos ou expliquant de manière claire et concise les raisons du protocole ''Dernier Recours''. Certains personnages prennent une considérable importance. À l'image de Camille, l'épouse de Robert Sims, et qui dans cette troisième saison est directement liée à l'IT, suivant ainsi les ordres de la ''Voix'', pour le bien, pense-t-elle, de la communauté mais aussi et surtout pour celui de ses proches et avant tout celui de son fils. L'intrigue se base en outre sur la contamination de l'eau, permettant ainsi aux habitants du silo numéro 1 où vivent les nantis de se préserver de toute attaque en effaçant la mémoire des habitants du silo 17 tout en permettant à Victor et Daniel de garder le contrôle. D'un point de vue scénaristique, cette saison est beaucoup plus ample que les deux précédentes. Les divers passages se situant dans le passé permettant à la série d'être encore plus dynamique qu'elle ne l'était jusque là. Le scénario transformant radicalement certains personnages. Des protagonistes se muant en antagonistes et vice-versa ! Si cette saison apporte son comptant de réponses, d'autres, sans doute, seront apportées lors de la quatrième et dernière qui fut diectement tournée à la suite de la troisième entre août 2025 et mars 2026. Tandis qu'elle est actuellement dans sa phase de post-production, le début de sa diffusion est prévue sur Apple TV+ pour le 9 juillet 2027. Autant dire qu'il va falloir prendre son mal en patience pour connaître enfin l'issue de cette excellente série de science-fiction dystopique...

 

jeudi 3 septembre 2026

The Outer Threat de William Woods (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

N'ayant pas bénéficié d'une sortie sur grand écran, le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur canadien William Woods The Outer Threat met en scène les astrophysiciens Michelle (Constance Wu) et Daniel (Mark O'Brien) et leurs deux enfants Maddy (Callista Crowe) et François (Isaac Smelcer-Zhang) dans l'une des dernières productions de science-fiction s'intéressant à l'éventualité d'une présence extraterrestre lointaine et beaucoup plus avancée technologiquement que ne l'est l'espèce humaine. Enfermé dans un bunker aménagé afin d'étudier l'espace, le père de famille découvre l'hypothétique présence d'une sphère de Dyson entourant une étoile afin d'en extraire toutes les ressources énergiques. Bien que Daniel tente d'en réferer à l'organisation qui l'emploie, son collègue Teddy (Murray Furrow) lui conseille fortement d'abandonner cette idée s'il veut que sa famille et lui soient à l'abri du besoin pour les années à venir. Financé par la NSA, il parle de sa découverte à Michelle et décide un soir contre le consentement de celle-ci d'envoyer le résultat de ses recherches par mail à son agence. Une coupure d'électricité survient immédiatement et dès le lendemain, plusieurs drônes survolent les alentours de la demeure familiale. Pressentant un danger imminent, Michelle, Daniel et leurs deux enfants décident de prendre la route à bord de leur voiture et de rejoindre le père de la jeune femme avec lequel celle-ci a coupé les ponts depuis plusieurs années. Après leur départ, un bombardier survole leur propriété et fait exploser leur abri... Lui-même ancien astrophysicien à la retraite, le couple compte sur l'aide de Ming (Oscar Hsu) afin d'étudier la possibilité de contrer la série d'événements qui semblent mettre à l'arrêt le pays (plus d'électricité, plus de réseaux et plus aucun moyen de communiquer) et que Michelle et Daniel mettent sur le dos du Gouvernement... Dans un univers qui ressemble aux balbutiements d'une fin du monde annoncée et notamment décrite à travers le comportement et les reflexes de survie d'un certain Sam (William Fichtner) vivant reclus dans son restaurant avec ses enfants et que les ''fugitifs'' vont avoir l'occasion de croiser en chemin, The Outer Threat semble n'avoir bénéficié que d'un budget limité. Ce qui à l'image est retranscrit à travers un récit et des effets minimalistes. Ici, pas de CGIs, pas d'extraterrestres, pas du vue sur une planète lointaine dont la technologie est sans commune mesure avec celle de la Terre, pas d'invasion non plus mais l'espoir pour les cinq membres d'une même famille de retourner à une vie normale après qu'un événement les ait, eux et d'autres habitans, isolé du monde extérieur...


Le long-métrage de William Woods est surtout l'occasion pour lui de se pencher sur notre dépendance aux technologies. Et notamment à l'intelligence artificielle qui semble ici avoir beaucoup plus d'importance qu'elle n'en a l'air. L'ennemi est ici, parfaitement invisible. Et lorsque Michelle, Daniel, Maddy et François sont poursuivis, ce ne sont pas des hommes ou des femmes qui les contraignent à prendre la fuite mais des drônes, des ballons-sondes ou des véhicules télécommandés à distance... Le film est également l'occasion de régler les problèmes internes liés aux différents membres de la famille. Et notamment l'attitude de Daniel que lui reproche Michelle et qu'il semnble calquer sur celui de son beau-père lorsque celui-ci préférait se plonger dans ses recherches plutôt que de s'occuper de son épouse malade et depuis disparue... William Woods tente également de développer toute une série d'idées mais les faibles moyens financiers et techniques et la courte durée du long-métrage neon comme conséquence qu'un survol de chacun des concepts alors que le cinéaste aurait probablement dû se concentrer sur une, voire, deux idées et pas davantage. Pourtant, The Outer Threat reste une œuvre plutôt intéressante, entre paranoïa, peur de l'inconnu à travers l'existence supposée d'une espèce beaucoup plus évoluée que la notre mais que les protagonistes hésitent tout de même à contacter afin qu'elle vienne en aide à l'espèce humaine. Aussi minimaliste que puisse être la narration, avec ses questionnements, ses conflits intérieurs et extérieurs ou son positionnement vis à vis des technologies (en effet, il est davantage question d'intelligence artificielle que de complot gouvernemental) ou d'une prétendue existence extraterrestre, le long-métrage n'est pas avare en événements même si les amateurs de blockbusters trouveront à redire s'agissant du rythme parfois lymphatique du récit. Tout comme dans leur globalité, les spectateurs trouveront invraisemblable qu'n gamin d'à peine quinze ans soit capable de régler le problème d'un simple clic de souris là où le Gouvernement semble avoir échoué jusque là. Mais en dehors de ces quelques faiblesses,' The Outer Threat reste une sympathique petite production davantage pensée comme une œuvre de science-fiction philosophique que comme une œuvre bourrine exclusivement axée sur l'action...

 

lundi 31 août 2026

Alien : Covenant 2 de Ridley Scott (202?)

 


 

En intervenant parfois sous certains articles ça et là, consacrés à de grandes (et beaucoup trop longues) franchises cinématographiques, il m'arrive parfois de m'agacer devant des commentaires agressifs de la part de fan(atique)s qui ne souffrent d'aucune remarque négative. Comme si ces derniers détenaient les clés d'un univers spécifiques auquel n'est convié aucun supposé néophyte (dans le meilleur des cas) ou ignare (dans le pire) en matière d'idéologie, de mythologie ou d'historique... Pourtant, avec l'arrivée très prochaine, je l'espère, du derniers acte ''xénomorphique'' signé de Ridley Scott, je me suis vite rendu compte que j'étais probablement fait du même bois que ces gens là ! Car alors, comment expliquer mon agacement devant ces hordes de prétendus fans du premier Alien sorti à la toute fin des années soixante-dix, s'énervant, agressant une partie de l'auditoire s'émerveillant à l'idée de pouvoir prochainement découvrir la tardive conclusion d'une saga qui s'était, il est vrai, quelque peu égarée ? Si l'on ne tient pas compte des deux crossovers consécutivement signés d'un côté par Paul W.S. Anderson en 2004 (Alien vs. Predator) et de l'autre par Colin Strause et Greg Strause trois ans plus tard (Alien vs. Predator : Requiem), la saga est constituée de sept longs-métrages. Les quatre premiers, qui sont donc chronologiquement ''incarnés'' par Alien, le huitième passager en 1979, Aliens, le retour de James Cameron en 1986, Alien 3 de David Fincher en 1992 et Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet en 1997 s'inscrivent dans une chronologie à peu près stable et les seules remarques que nous pourrions faire s'agissant de certains d'entre eux concernent probablement l'angle pris par chacun de leur auteur. Vinrent ensuite Prometheus et Alien : Covenant de Ridley Scott. Juste retour des choses pour celui qui depuis l'œuvre séminale vit son bébé grandir entre les bras d'autres artistes il est vrai, plutôt talentueux. Si l'on évacue le plus récent de tous, le Alien : Romulus de Fede Alvarez qui en 2024 se complaisait dans un jeunisme totalement absurde, sans parler non plus de cette infâme série télévisée créée par Noah Hawley intitulée Alien : Earth et qui en une saison de huit épisodes fit plus de tort à la mythologie qu'elle ne lui apporta de bienfaits, le retour de Ridley Scott sur grand écran dans le rôle du Grand Maître d'œuvre devrait plutôt faire sourire les fans d'origine que de les pousser à considérer le peu d'intérêt d'un nouvel opus dans cette flamboyante saga de science-fiction horrifique. Qui, par exemple, pour critiquer l'approche de James Cameron qui remplaça l'incroyable ambiance et la tension inhumaine de Alien premier du nom par une aventure guerrière ? Personne ! Ou en tout cas, pas grand monde...


Si les qualités de Aliens, le retour sont indéniables et même plutôt nombreuses, on aurait pu lui reprocher d'avoir un tant soit peu éludé la question du suspens sous haute tension du long-métrage de Ridley Scott. Si je me souviens qu'à l'époque de Prometheus ma compagne et moi avions été quelque peu déçus par l'absence de réelle ambition de la part des scénaristes Damon Lindelof et Jon Spaihts qui avec leur script nous promettaient une aventure plongeant ses héros aux sources de l'Humanité, à la revoyure (qui fut depuis, multiple) le film est objectivement une très grande réussite. Empruntant en outre à l'univers de Alien certains codes puisqu'il semblait apparemment s'agir surtout d'une préquelle comme le démontrait notamment la présence des Ingénieurs et de leur immense vaisseau. Puis vint Alien : Covenant, dont la densité visuelle et sonore abattait là encore en toute objectivité, toute tentative de concurrence en matière de science-fiction horrifique. Impossible ou presque de citer un seul exemple comparatif en dehors du génialissime The Thing de John Carpenter, du tout aussi indispensable Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman ou dans un genre beaucoup plus proche du thème qui nous intéresse ici avec le plutôt sympathique Life : origine inconnue de Daniel Espinosa qui sembla ouvertement être inspiré de l'œuvre de Ridley Scott et de ses consorts. Probablement qu'entre ceux qui suivent en toute subjectivité le mouvement de la ''détestation'' généralisée du second opus de ce qui bientôt deviendra une trilogie et ceux qui critiquent très sincèrement le film de Ridley Scott pour n'avoir pas toujours de logique chronologique ou mythologique, s'inscrivent celles et ceux qui apprécièrent ET Prometheus ET Alien : Covenant pour ce qu'ils sont : Deux ''putains'' de films de s-f horrifiques à gros budgets ! Parfois épiques, angoissants, gores, aventureux, jamais débilitants et dotés de l'inimitable patte artistique de leur auteur ! C'est d'autant plus fébrile que j'attends donc l'arrivée prochaine du dernier volet de la ''trilogie de préquelles'' initiée par Prometheus et poursuivie par Alien : Covenant. Évitons donc de cracher sur un produit dont on ne connait pour l'instant pas grand chose, si ce n'est même rien du tout. Tout ce que l'on peut dire c'est que face à un Alien : Romulus que Ridley Scott ne semble pas particulièrement porter dans son cœur, l'auteur de trois des opus de cette longue saga vieille de presque quarante ans va enfin pouvoir en reprendre les rênes...

 

lundi 17 août 2026

The Shadow Men (Ennemis Non-Identifiés) de Timothy Bond - ★★★★★☆☆☆☆☆


Diffusé en France à la télévision sous le titre Ennemis Non-Identifiés et parfois opportunément renommé sous celui de Men in Black après la sortie en salle quelques mois auparavant du long-métrage éponyme de Barry Sonnenfeld avec Will Smith, Tommy Lee Jones et Linda Fiorentino, le téléfilm américain The Shadow Men de Timothy Bond met en scène la famille Wilson composée du père Bob (Eric Roberts), de son épouse Dez (Sherilyn Fenn) et de leur jeune fils Andy (Brendon Ryan Barrett). Tandis qu'ils ont choisi de ne pas tenir compte de l'avertissement d'un pompiste qui leur conseillait de ne surtout pas se rendre dans une région montagneuse pourtant réputée dangereuse, c'est après avoir assisté à un joli coucher de soleil qu'il entreprennent de prendre la route du retour qu'ils sont attaqués par un étrange objet volant lumineux. Alors que leur véhicule se retrouve dans un fossé, quelques minutes plus tard, leur voiture se retrouve inexplicablement au beau milieu de la route. Perturbés par ce qui leur est arrivé, Bod et Dez décident alors de contacter l'armée de l'air américaine. Viennent par conséquent frapper à leur porte d'étranges hommes en noir dotés de lunettes opaques qu'ils croient appartenir au Gouvernement et qui dès lors ne vont avoir de cesse que de récupérer l'enregistrement qu'effectua lors de l'événement leur fils Andy. Depuis, le couple ne cesse de faire des cauchemars que le père identifie davantage comme étant plutôt des souvenirs. Il décide alors de faire appel à Stan Mills (Dean Stockwell), un ancien militaire devenu écrivain et qui depuis s'est reconverti dans l'étude des ovnis. Lorsque les Wilson lui prouvent la véracité du phénomène qu'ils ont vécu quelques jours auparavant, l'homme décide de leur venir en aide... À une époque où la télévision américaine s'empare du sujet des ovnis et des extraterrestres à travers des séries telles que Dark Skies, First Wave, Earth: Final Conflict et bien évidemment la plus célèbres d'entre toutes The X-Files, il est difficile de se démarquer de la concurrence et ça n'est très certainement pas le téléfilm Ennemis Non-Identifiés qui pu y parvenir même si les ambitions du réalisateur et des scénaristes Justin Stanley et Eric Miller sont pourtant bien visibles à l'écran. La faute pour commencer à des effets-spéciaux rares et surtout rudimentaires qui paraissent lors de l'apparition de l'ovni, bien dérisoire en comparaison de ce que la technologie permet déjà d'accomplir sur ordinateur en cette année 1997...


Le budget du téléfilm équivalent à peu près à celui d'un épisode de chacune des séries citées ci-dessus, il est plus simple d'imaginer que le problème vient probablement davantage d'un manque de talent de la part du concepteur des effets-spéciaux David Waine et des concepteurs des effets visuels que d'un manque de moyens financiers. Ces derniers étant surtout regroupés lors de l'apparition de l'ovni ou lorsque apparaissent les hommes en noir qui très vite vont se montrer hostiles envers les Wilson et Stan Mills. La différence principale entre les Men in Black tels qu'ils sont généralement décrits et notamment dans la trilogie d'origine de Barry Sonnenfeld (poursuivie en 2019 par un quatrième volet intitulé Men in Black: International et réalisé par F. Gary Gray) et ceux du téléfilm est qu'ici, il ne s'agit pas simplement d'agents du Gouvernement ou de personnages mystérieux appartenant à une organisation secrète mais bien des extraterrestres venus récupérer les preuves vidéos et éliminer les témoins de leur présence sur notre planète. Des créatures qui montrent là encore la faiblesse technique des effets-spéciaux de maquillage puisqu'ils ont surtout l'air de ressembler à des acteurs cachés sous des masques ressemblant grossièrement à l'image que l'on se fait des petits gris. Un visage ovoïde, blafard, dévoré par deux yeux immenses et noirs ! L'un des atouts du téléfilm reste pourtant tout d'abord la présence à l'écran de Dean Stockwell, surtout connu chez nous pour avoir incarné l'hologramme Albert Calavicci dans la série Code Quantum, de Sherilyn Fenn qui dans la série culte de David Lynch Twin Peaks interpréta le rôle d'Audrey Horn ou celle d'Eric Roberts, acteur à l'impressionnante carrière au cinéma et à la télévision avec plus de huit-cent cinquante rôles en plus de cinquante ans de carrière (sans compter les nombreux projets qui attendent d'être finalisés). Chez nous, en France, Ennemis Non-Identifiés souffre d'abord et avant tout d'un catastrophique doublage. Quant au téléfilm lui-même, en dehors de scènes d'action multiples qui évitent au spectateur de s'ennuyer, l'un des plus gros problèmes provient finalement moins des effets-spéciaux ultra-chap que de la caractérisation et l'attitude parfois absurde des hommes en noir. Au final, si l'on parvient à se remettre dans le contexte de l'époque, une décennie qui reste sans doute celle qui a le plus souffert à la télévision d'effets-spéciaux numériques qui ont subit les outrages du temps, le téléfilm de Timothy Bond reste tout à fait regardable..





jeudi 13 août 2026

The End of Oak Street de David Robert Mitchell (2026) - ★★★★★★★☆☆☆


Si l'on met de côté sa comédie romantique The Myth of the American Sleepover sortie aux États-Unis en 2010 mais pas chez nous en France en dehors de sa présentation au Festival de cannes la même année, beaucoup s'accorderont pour dire que David Robert Mitchell a démontré tout son talent dans les domaines de l'épouvante et du fantastique en signant deux œuvres indissociables l'une de l'autre s'agissant de leurs qualités et de leur originalité. It Follows en 2014 et Under the Silver Lake quatre ans plus tard. Tandis que la suite du premier intitulée They Follows est semble-t-il prévue pour l'année prochaine, David Robert Mitchell nous revient cette année avec l'inattendu The End of Oak Street. Un retour du réalisateur sur le devant de la scène autant espéré par ses fans que redouté par ces mêmes ''supporters'' du cinéaste américain au vu d'un synopsis qui peut tout autant se défendre chez un artiste aux concepts souvent très originaux qu'inquiéter de part la vacuité évidente du propos. Alors, original The End of Oak Street ? Si la question mérite d'être posée, c'est sans doute parce que voyage dans le temps et dinosaures sont des concepts qui eux-mêmes ont déjà fait les beaux jours des petits et grands écrans. En 1974, la série Land of the Lost projetait une famille dans un monde peuplé de dinosaures. En 2007, la série Nick Cutter et les Portes du temps permettait notamment à son héros de croiser la route là encore de créatures préhistoriques. On citera bien évidemment la double franchise Jurassic Park/Jurassic World, ainsi que les séries Dinotopia en 2002, le miteux The Dinosaur Project en 2012 ou encore bien évidemment la série Terra Nova qui elle, justement, mêlait directement voyage dans le temps et rencontre avec des dinosaures... Toujours est-il que ça n'est pas tant le script qu'il a lui-même écrit pour son nouveau projet que son retour huit ans après Under the Silver Lake qui donne des ailes aux aficionados de David Robert Mitchell. Et donc...


Il faut savoir qu'avant de concevoir le projet autour de The End of Oak Street, le réalisateur avait imaginé mettre en scène un film de super-héros afin de s'éloigner de son image de cinéaste indépendant. Cependant, le Covid ayant fait son œuvre entre-temps, David Robert Mitchell est passé à autre chose. En déambulant devant un garage et une ruelle, il imagine alors voir apparaître un dinosaure ! L'un des points essentiels reste surtout pour lui d'approfondir les rapports et les interactions entre chaque personnage qu'il juge généralement délaissés dans ce genre de grosses productions. C'est ainsi qu'entre Denise Platt (Anne Hathaway) et son époux Greg (Ewan McGregor) les rapports sont tendus. Le père de famille a récemment découvert à la lecture du roman qu'a écrit sa femme que celle-ci avait l'intention de ''changer d'air''. Allant même jusqu'à laisser derrière elle non seulement son mari mais aussi leurs deux enfants Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery). Mais alors que la petite famille s'endort un soir dans sa charmante petite maison d'un lotissement typique des États-Unis, le fils est réveillé en pleine nuit par une lumière aveuglante. Le lendemain, leur voisin Mel Jacobs (P. J. Byrne) vient frapper à leur porte et les accuse d'avoir déposé une montagne d'excréments dans son jardin. Mais la vérité est ailleurs. En effet, on ne sait par quel miracle (ou par quel malheur) tout le quartier s'est retrouvé projeté dans le passé, au temps des dinosaures. Il va désormais s'agir pour Greg et les siens de ressouder les liens afin de survivre aux nombreuses péripéties qu'ils vont rencontrer...


La première des particularités est ici d'avoir non seulement envoyé dans le passé tous les habitants d'un lotissement se faire traquer et dévorer par une multitude de créatures gigantesques, rampantes, galopantes et volantes mais également le quartier lui-même. Pires que leur très hargneux voisin qui ne cessait jusque là que de se plaindre des aboiements de leur chien, Greg, Denise, Audrey et Brian vont donc être confrontés à de très belliqueuses créatures. Au menu, les classiques vélociraptors, Tricératops, et Tyrannosaures mais aussi d'immondes bestioles beaucoup moins communes comme cet immense ''serpent'' blanc et visqueux qui va donner du fil à retordre aux Platt. S'il est difficile d'expliquer la présence d'un trou de ver qui va envoyer toute une population se faire attaquer par des créatures issues du Mésozoïque, le généralement très minutieux David Robert Mitchell conçoit comme on le devine un retour final vers le présent (du moins, celui des Pratt et de leur voisin qui s'inscrit en 1982) après que la mère et ses deux enfants aient trouvé un moyen de revenir chez eux (le père ayant été dévoré par un tyrannosaure). Une fin un peu légère pour ceux qui ont appris à être exigeants envers l'auteur du parfois très complexe Under the Silver Lake. Si l'intention de David Robert Mitchell était effectivement de se sortir de son image, le pari est réussi. Il signe en effet avec The End of Oak Street un blockbuster très poli, très lisse et souvent avare en scènes gores. Ici, pas question de se prendre la tête en réfléchissant sur le pourquoi du comment puisque seul le cinéaste possède véritablement la clé de l'énigme. Usant de ficelles parfois grossières pour justifier et expliquer l'aventure et le retour au présent de ses personnages, on est malheureusement ici bien loin du génie de ses deux précédents longs-métrages. Un bon gros divertissement des familles, sans plus...


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