Dire que je fondais tous
mes espoirs sur cette première aventure cinématographique du
personnage créé par Jim Wheat, Ken Wheat et David Twohy serait très
exagéré. Car si même l'évocation du Hunter Gratzer (ce
vaisseau de transport passager et de commerce voguant dans l'espace
en pilotage automatique qui me fit immédiatement et furieusement
penser au cargo de transport de minerai Nostromo
du chef-d’œuvre de Ridley Scott Alien, le huitième
passager)
me donna l'envie de me plonger dans l'univers de son personnage
principal, Riddick, j'allais employer un maximum de précautions.
Méfiant comme un pou face à la présence de Vin Diesel, acteur pour
lequel je me découvris très vite une réelle aversion alors même
que de mémoire je ne me souviens pas avoir jamais vu un seul de ses
films. Vin Diesel, oui... Acteur branché ''action'', à la
sensibilité de défourailleur d'antagonistes en tous genres qui dans
le cas de ces Chroniques de Riddick : Pitch Black
de David Twohy ne font évidemment pas le poids face à un mythe qui
plus de vingt ans en arrière fit entrer dans la légende des icônes
du cinéma d'épouvante, le magnifique xénomorphe du plasticien
suisse Hans Ruedi Giger et sa principale adversaire, Ellen Louise
Ripley plus connue sous le diminutif de Ripley... On a beau dire, et
même parmi ceux qui détestent, n'importe quoi, mais personne n'a
depuis Ridley Scott jamais fait mieux... à part, peut-être, James
Cameron pour ceux qui privilégient l'action au suspens... Mais ça,
c'est une autre histoire. Ici, David Twohy nous plonge pour les
premières aventures de son héros Riddick à la surface d'une
planète hostile, au climat sec et désertique, éclairé par trois
soleils et sur laquelle vient justement s'écraser le Hunter
Gratzer.
Un ''atterrissage'' difficile qui cause plusieurs morts tandis que
les survivants vont rapidement se mettre en route pour trouver de
l'eau avant de mourir de déshydratation. Mais tout comme les
spectateurs, la pilote Carolyn Fry (Radha Mitchell) ainsi que Johns
(Cole Hauser), Imam (Lewis Fitz-Gerald) et plusieurs autres
survivants dont deux gosses vont devoir affronter bien plus dangereux
que le soleil brûlant et le manque d'eau et de nourriture. En effet,
cette planète, située dans le système apparemment tout à fait
imaginaire du nom de M-344/G,
abrite des créatures qui patientent depuis plus de vingt ans qu'une
nouvelle éclipse la plonge dans une obscurité totale pour sortir de
leur terrier. Lorsque Johns se rend compte du danger, il libère
Riddick qui jusque là était fait prisonnier. En effet, s'il s'agit
d'un très dangereux criminel, l'homme possède cependant un atout
qui va s'avérer primordial : il est capable de voir dans le
noir...
Je
ne sais pas s'il faut considérer Vin Diesel comme l'assurance de
passer un spectacle sinon vertigineux, du moins agréable mais avec
cette conscience qui je trouve reflète chez son personnage celle
d'un outil industriel autonome fabriquant des aliments pour animaux
domestiques dans une usine de conserves, il est évident que le mot
''finesse'' et ''profondeur'' d'âmes ne sont pas des termes qui à
proprement parler lui collent à la peau. Star de Fast
and Furious,
cette autre franchise, cette fois-ci interminable, Vin Diesel murmure
plus qu'il n'en impose d'une éventuelle voix grave qui aurait collé
à sa physionomie de porteurs de poids lourds. Face à lui, l'actrice
Radha Mitchell que l'on a pu notamment découvrir en héroïne dans
l'excellent Silent Hill
de Christophe Gans en 2006 joue sans trop de force sur ses atouts
féminins. Une bête et une belle affrontant ensemble des hordes de
créatures... comment dire.... ''xénomorphiques'' (?) du plus
détestable effet. Et dire que je lisais quelque part qu'elles
étaient comparables à l'alien de Ridley Scott ! Une blague !
Pour qui aime ce genre de délire brutal entre action,
science-fiction et horreur, c'est la panacée. Pour ceux qui aiment
pouvoir se complaire devant une œuvre qui repose davantage sur
l'émotion ressentie devant un bon film d'épouvante, c'est la
désillusion. Doté d'une direction artistique unique mais qui
déplaira sans doute à une partie des spectateurs malgré des choix
esthétiques qui méritent d'être mentionnés (bravo au directeur de
la photographie David Eggby), l'âge et le budget moyen des Chroniques
de Riddick : Pitch Black posent
un véritable problème depuis que le long-métrage à dépassé le
quart de siècle : les effets-spéciaux sont souvent à la
ramasse et ne parviennent pas à cacher leurs origines numériques.
Mais au fond, quelle importance ? Car au delà de cette faille
visuelle qui aura pour conséquence de sortir le spectateur du récit,
Les Chroniques de Riddick : Pitch Black
n'a en réalité pas grand chose d'innovant à nous proposer. Pas
même en cette année 2000 où le film sort sur les écrans. Bourrins
et exécuté sans finesse aucune, l’œuvre de David Twohy est
objectivement plus proche de la série Z que du classique de la
science-fiction. Ceci étant du moins mon point de vue...
.png)
.png)
.png)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire