Dix ans se sont écoulés
entre la sortie de Quatermass 2
et celle de Quatermass and the Pit.
Confié au réalisateur britannique Roy Ward Baker, ce troisième
chapitre des aventures de Bernard Quatermass a connu beaucoup de
changements par rapports aux deux précédents volets puisque après
le départ de Val Guest qui s'en est allé durant ces dix années qui
séparent les opus deux et trois tourner une quinzaine de
longs-métrages dont le film de science-fiction The
Day the Earth Caught Fire
en 1961, a donc laissé sa place à son prolifique compatriote.
Accompagnant son changement de réalisateur, Quatermass
and the Pit
a également fait l'objet d'une refonte totale concernant son casting
puisque les interprètes d'origine des deux premiers volets ont
disparu. Et notamment l'acteur Brian Donlevy qui en 1955 et 1957
incarna le rôle principal cette fois-ci confié à l'écossais
Andrew Keir. L'absence de Brian Donlevy s'explique par le choix du
scénariste d'origine Nigel Kneale qui veut alors adoucir les traits
du personnage qu'il considérait jusque là un peu trop brutal et
autoritaire. De nouveau aux commandes du script, Nigel Kneale impose
un personnage beaucoup plus humain, coordonnant chacune de ses
actions avec réflexion. C'est donc sans le moindre doute quant à
l'acceptation par le public d'un nouvel interprète dans le rôle clé
de ce troisième volet que le scénariste caste un nouvel acteur et
jette son dévolu sur Andrew Keir malgré la défiance de la Hammer
Fim Productions
qui
avait tout d'abord logiquement et naturellement imaginé l'acteur
d'origine dans le rôle de Bernard Quatermass. Ensuite, se pose la
question de la misogynie s'agissant de Val Guest qui comme le
démontrent les deux premiers films faisait peu de cas des rôles
féminins qu'il cantonnait à des tâches globalement subalternes.
Des interprètes très secondaires et souvent dans l'ombre de leurs
partenaires masculins. Là encore l'on peut noter une nette
différence entre les deux premiers longs-métrages et celui de Roy
Ward Baker qui implique cette fois-ci de manière beaucoup plus
soutenue le personnage de Barbara Judd interprété à l'écran par
l'actrice Barbara Shelley. Enfin, et cela est notable, contrairement
à The Quatermass Xperiment
et Quatermass 2,
Quatermass and the Pit
sera filmé en couleur et non plus en noir et blanc.
Dans
cette nouvelle aventure où la critique envers le Gouvernement
demeure toujours aussi féroce, le professeur Bernard
Quatermass et son ami le docteur Mathew Roney devront composer avec
l'Armée après que de très anciens ossements ainsi qu'une très
étrange structure tout d'abord confondue avec un missile allemand de
la Seconde Guerre Mondiale aient été déterrés lors de travaux de
rénovation effectués dans le quartier de Hobbs Lane à
Knightsbridge. Si quelques lignes de dialogues se réfèrent
directement au projet avorté de Quatermass dans le précédent
volet, Quatermass and the Pit
n'entretient en réalité pas grand chose en commun avec les œuvres
passées même s'il est encore question ici d'une race extraterrestre
enfermée dans ce qui semble donc être un vaisseau spatiale. Une
très grande partie du récit se déroule dans le métro londonien, à
la station Hobbs
Lane. Dans Quatermass and the Pit
est tout d'abord évoquée l'hypothèse de restes de très vieux
ancêtres de l'homme qui pourraient avoir des origines
extraterrestres. Puis vient ensuite l'évocation d'un mythe lié à
la sorcellerie à travers la terminologie d'origine du mot Hobs
(avec
un seul B). Provenant du folklore britannique et désignant notamment
ainsi des esprits domestiques ou des gobelins. Si le scénario semble
un temps se mélanger les pinceaux entre diverses hypothèses, le
film s'ancre pourtant parfaitement dans la mythologie de la saga même
si le côté ''Body-Snatching'' n'est désormais plus que résiduel.
Bien que dix ans soient passés et que Quatermass
and the Pit
évoque moins les blessures liées au souvenir de la Seconde Guerre
Mondiale, Nigel Kneale y fait pourtant directement référence lors
de la découverte de l'objet enfoui sous terre. Un objet qui est au
centre de toutes les attentions, des personnages jusqu'aux
spectateurs qui se demandent alors ce que peut bien renfermer cette
''fusée'' dont le revêtement est totalement inaltérable !
Bien que l'on avait pris l'habitude de voir Brian Donlevy dans le
rôle de Bernard Quatermass, son remplacement par Andrew Keir se fait
en douceur. D'autant plus qu'effectivement, le personnage est
beaucoup plus plaisant qu'il ne l'était par le passé. Ajoutons à
cela la collaboration de la charmante Barbara Shelley qui honore tel
qu'il se doit la Femme de sa présence à l'écran...
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