C'est la fin de l'été,
dans une petite ville des États-Unis. L'action se déroule à Maple
Street, rue centrale et passante de cette cité plutôt tranquille où
tout le monde se connaît, tout le monde s'apprécie et où va se
dérouler un curieux phénomène vu par une partie de la population.
À très exactement dix-huit heures et quarante-trois minutes,
précédé d'un intense flash lumineux, un bruit sourd se fait
entendre. Les habitants de Maple Street sortent de chez eux, vont
dans la rue, s’interrogent et se réunissent sans pour autant
comprendre ce qui vient de se produire dans le quartier, au dessus de
leur tête. Toutes activités cessantes, hommes et femmes commencent
à produire des hypothèses quant à cet étrange phénomène.
D'autant plus que depuis qu'il s'est produit, l'électricité a été
coupée, le téléphone ne fonctionne plus et les voitures ne veulent
plus démarrer. Toutes sauf celle de Les Goodman qui étrangement
démarre toute seule. Alors que l'un des adolescents de Maple Street
indique que le phénomène qui s'est produit quelques dizaines de
minutes auparavant est probablement lié à une invasion prochaine
des extraterrestres, celui-ci précise en outre que les envahisseurs
ont pour habitude de couper le courant par l'entremise d'éclaireurs
installés parmi la population afin d'isoler les habitants du monde
extérieur... Certains d'entre eux ne vont pas tarder à alimenter la
psychose, persuadés que seule la voiture de Les Goodman et que son
habitude régulière de regarder le ciel lorsque se couche le soleil
font de lui et de sa famille des extraterrestres venus observer
l'espèce humaine avant l'invasion... Écrit comme très souvent par
Rod Serling et réalisé par Ronald Winston, The Monsters Are
Due on Maple Street
s'installe dans un contexte de guerre froide où l'Amérique
s'effraie d'une hypothétique invasion de l'URSS dans l'Europe
Occidentale et de la progression du communisme à l'échelle
mondiale. Dans cet épisode de The Twilight Zone
(La
quatrième dimension)
datant de 1960 et diffusé pour la première fois aux États-Unis le
4 mars de la même année, scénariste et réalisateur ne font pas
mystère de cette crainte tout en invoquant non plus la Peur
des Rouges,
période durant laquelle les américains soupçonnaient que l'Armée,
les universités, le Gouvernements et d'autres institutions étaient
probablement infiltrés par des espions communistes, mais bien une
invasion venue de l'espace...
Un
sentiment cultivé par ce jeune garçon qui à travers son récit va
déclencher une véritable épidémie de folie paranoïaque parmi la
population. Chacun cherchant sa réponse aux événements qui se
produisent. Première victime évidente, Les Goodman. Un homme qui se
lie plutôt rarement avec ses voisins dans une Amérique bien connue
pour cultiver notamment chez les habitants de certains lotissements,
des habitudes dites de ''Bon
voisinage''.
Entretien de la pelouse (la hauteur de l'herbe étant l'une des
conditions sine qua non d'une bonne entente entre voisins), respect
des horaires de couvre-feu, tranquillité et discrétion, barbecues
entre voisins, etc... Rapidement, deux clans s'affrontent. Ceux qui
préfèrent attendre d'avoir davantage d'informations sur ce qui
s'est produit plus tôt dans la journée et ceux qui vont rapidement
se focaliser sur Les Goodman et ses proches. Dans un esprit très
''science-fiction paranoïaque'', The Monsters
Are Due on Maple Street
montre les dérives de l'humanité lorsqu'elle est confronté à un
événement qu'elle ne connaît, ne maîtrise et ne comprend pas !
Le spectateur est pris ici à témoin d'un chaos à l'échelle d'un
petit quartier où certains tentent de raisonner avec modération
quand toute rationalité à quitté l'esprit d'autres habitants.
Cachant leur peur et leur incompréhension derrière une violence
verbale et physique encore bien réelle de nos jours. Face à ce
constat affligeant d'une humanité ayant opté pour une attitude peu
réfléchie et ancrée dans une certaine forme de régression
intellectuelle, de décivilisation et d'ensauvagement, Rod Serling
et Ronald Winston apportent une réponse cinglante produite
effectivement à travers des observateurs qui de loin constatent
qu'en ''Mettant en
panne le courant, en coupant le téléphone et en les plongeant
quelques heures dans le noir, les humains réagissent immédiatement
selon les mêmes critères. Il leur faut un suspect sur lequel ils
vont pouvoir s'acharner. Il suffit alors de patienter...''


