vendredi 15 mai 2026

Quatermass 2 de Val Guest (1957) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Deux ans après avoir réalisé et écrit en compagnie de Richard H. Landau The Quatermass Experiment sur la base d'un scénario imaginé par l'écrivain anglais Nigel Kneale, le cinéaste britannique Val Guest remet en avant le personnage du professeur Bernard Quatermass dans un récit qui emprunte moins la voie de l'épouvante pour s'inscrire dans un contexte de pure science-fiction. Toujours produit par la Hammer Film Productions et notamment distribué sur le territoire américain par la société de distribution et de production américaine United Artists, Quatermass 2 (sorti chez nous sous le titre La marque) implique différentes thématiques propres au genre. Dix ans avant que les extraterrestres ne viennent envahir notre planète à travers la série culte The Invaders dans laquelle le héros David Vincent tentait souvent vainement de convaincre ses concitoyens de la présence sur Terre d'extraterrestres théoriquement intégrés à notre société, à des milliers de kilomètres de distance, dans la campagne anglaise, Bernard Quatermass allait bien avant lui tenter de persuader les habitants d'un petit village ainsi que son ancien ''partenaire'', l'inspecteur Lomax (désormais incarné en lieu et place de Jack Warner par John Longdon), de la présence dans un complexe flambant neuf situé tout proche de la petite localité de Winnerden Flats, d'individus qui malgré leur apparence, ne sont probablement pas ce qu'ils prétendent être. Tout commence ou presque alors que notre fameux physicien apprend qu'une série de météorites se sont écrasées à Winnerden Flats. Se rendant sur place avec son ami Marsh (Bryan Forbes), les deux hommes découvrent un champ de ruines. La ville ayant été apparemment détruite récemment. Au sol, Marsh ramasse ce qui semble être l'une de ces météorites lorsque celle-ci s'ouvre et laisse s'échapper un gaz très dangereux. L'homme tombe alors au sol. Des militaires lourdement armés débarquent sur place et s'emparent de la victime tout en conseillant à Quatermass de quitter les lieux sur le champ... Curieux de savoir où ces étranges individus ont emmené son ami, le physicien décide d'en parler à l'inspecteur Lomax. Quant au Gouvernement, inutile pour les deux hommes d'espérer le moindre soutien de sa part. C'est donc seuls qu'ils se rendent à Winnerden Flats afin d'enquêter...



Si Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel demeure sans doute l'un des plus célèbres films de science-fiction abordant le thème de la duplication, de la possession ou du remplacement des corps à travers le sujet du ''Body-Snatching'' en 1956, il ne fut pas le seul en ces années cinquante du siècle dernière à s'être aventuré dans cette voie puisque dès l'année suivante, Quatermass 2 s'en est ostensiblement approché. Ici, contrairement aux envahisseurs que traquera David Vincent dix ans plus tard, les extraterrestres sont conformes à l'idée que l'on se fait d'une espèce venue du fin fond de l'espace qui pour se cacher parmi la population prend possession de corps humains. Un fait d'ailleurs explicitement détaillé lors du récit et que va tenter de faire admettre par une population convaincue jusqu'à maintenant du bien-fondé du complexe situé à quelques kilomètres de distance et officiellement chargé de produire des aliments synthétiques. Lors de leur enquête Bernard Quatermass et l'inspecteur Lomax mettront à jour une organisation d'ampleur beaucoup plus effrayante que lors de leurs premières aventures en commun qui évoquait la seule présence sur le sol terrien d'un homme se transformant en une créature indicible dans le premier volet de la saga Quatermass ! Nettement plus ambitieux que son prédécesseur, Quatermass 2 bénéficie de décors réels et beaucoup plus vastes puisque les séquences situées dans le complexe chimique où se trouvent notamment enfermées de gigantesques créatures conçues par divers artisans spécialisés dans les effets-spéciaux de maquillage ont été tournée dans l'authentique raffinerie Shell Haven de Stanford-le-Hope située dans l’Essex. Quant à la cité fictive où sont concentrés les ouvriers qui vivent de l'installation dont ils ne se doutent pas des véritables enjeux, celle-ci prend place à Hemel Hempstead, petite ville du district de Dacorum, dans le Hertfordshire, en Angleterre... Beaucoup plus ouvert vers l'extérieur que le premier opus, cette séquelle peut-être donc vue par essence comme l'ancêtre européen des Envahisseurs, l'aspect paranoïaque en moins. Une œuvre de science-fiction très réussie pour une série de longs-métrages qui connaîtra une interruption de dix années puisque Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker ne verra le jour qu'en 1967...


 

jeudi 14 mai 2026

The Quatermass Experiment de Val Guest (1955) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Originaire de Londres, le réalisateur et scénariste britannique Val Guest est surtout connu et reconnu pour avoir participé à l'élaboration d'un certain nombre de films d'horreur en Angleterre sous la houlette de la société de production Hammer Film Productions pour laquelle il signera durant sa carrière, une quinzaine de longs-métrages. Et parmi ceux-ci, les deux premiers volets de la saga constituée de cinq films The Quatermass Xperiment, dont la sortie des divers opus s'étalonna entre 1955 et 2005. Poursuivi avec Quatermass 2 en 1957, Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker en 1967, The Quatermass Conclusion de Piers Haggard en 1979 et le reboot téléfilmique de l'original sobrement intitulé The Quatermass Experiment et réalisé en 2005 par Trevor Hampton et Sam Miller, le premier long-métrage de cette série mêlant opportunément science-fiction et épouvante s'inscrit dans un courant de qualité supérieur lorsque de l'autre côté de l'Atlantique, le cinéma américain a vu ces années là, nombre de productions de très faible qualité. Pour ne pas dire d'authentiques navets, une description à laquelle échappe fort heureusement The Quatermass Experiment version 1955. Si la science-fiction et l'épouvante sont deux genres qui cultivent depuis très longtemps un rapport ténu, il faudra probablement attendre le début des années cinquante pour voir émerger un nouveau concept, entremêlant créatures venues de l'espace et ambiance anxiogène. L'un des premiers du genre à avoir vu le jour demeurant The Thing from Another World de Christian Nyby en 1951. Quatre ans plus tard sort donc sur les écrans The Quatermass Experiment de Val Guest pour la Hammer Film Productions après une première apparition du personnage central dans une mini-série éponyme sortie deux ans plus tôt. Dans ce premier long-métrage cinématographique sorti chez nous sous le titre Le monstre, une fusée conçue et envoyée dans l'espace par le British-American Rocket Group du physicien Bernard Quatermass (ici incarné par Brian Donlevy) est de retour vers la Terre mais s'écrase dans la campagne anglaise avec à son bord trois astronautes.


La population du coin afflue, tandis que les pompiers s'apprêtent à ouvrir les vannes des tuyaux d'incendie sur ordre de Quatermass. Lorsque la porte de la fusée est ouverte à distance, un homme en sort, visiblement atteint physiquement par son retour sur notre planète. Secouru par une équipe de médecins, l'homme est transporté, toujours sur ordre de Quatermass, non pas à l’hôpital mais dans le laboratoire du docteur Gordon Briscoe (David King-Wood), un collaborateur du scientifique, permettant ce dernier d'avoir un œil sur le survivant. Alors que les deux autres astronautes ont mystérieusement disparu en laissant derrière eux des combinaisons pourtant attachées à leur siège, Briscoe n'a pas de bonnes nouvelles à annoncer à Quatermass ni à l'épouse de l'astronaute ayant survécu, Victor Carroon (Richard Wordsworth). En effet, l'homme semble être victime d'une maladie qui touche en priorité sa structure osseuse ainsi que son épiderme... Si pour beaucoup l'un des premiers grands classiques à avoir touché à la science-fiction typée ''aventure spatiale'' ou ''présence extraterrestre'' ainsi qu'à l'épouvante reste le mythique Alien, le huitième passager de Ridley Scott en 1979, The Quatermass Experiment n'en est pas moins l'un de ses plus remarquables ancêtres même si ces deux aspects ne sont suggérés qu'à travers le retour de trois astronautes après leur voyage dans l'espace et la lente mutation qui va faire du seul survivant, la victime d'un mal horrible mais aussi très dangereux pour ceux qui croiseront son chemin... Intégralement filmé en noir et blanc, le long-métrage de Val Guest oppose ensuite deux protagonistes. D'un côté Bernard Quatermass, qui voit ici l'occasion de faire des recherches scientifiques et de l'autre, l'inspecteur Lomax (Jack Warner), lequel enquête tout d'abord sur la disparition des deux autres astronautes avant que l'un et l'autre des deux personnages centraux ne viennent à collaborer afin de mettre la main sur un Victor Carroon qui depuis son passage du laboratoire de Briscoe à l’hôpital a finit par s'échapper.


Autre concept que l'on peut évoquer à travers ce classique de la science-fiction et de l'épouvante, le Body-Horror. Car si même dans sa version moderne le genre a surtout été développé par le canadien David Cronenberg dès le début des années soixante-dix, dans sa version beaucoup moins contemporaine, on peut remonter jusqu'aux années 30 à travers l'excellent Frankenstein de James Whale. Et pourtant, dès 1955 et avec The Quatermass Experiment, c'est bien la vision de Val Guest qui se rapproche le plus du concept tel qu'il est développé maintenant depuis plus de cinquante ans. Des chairs en mutation, une transformation globale du corps ainsi qu'une perte de la conscience humaine pour une approche beaucoup plus ''animale'', voire ''bestiale''. En ce sens, The Quatermass Experiment peut être envisagé comme l'un des premiers témoignages d'un courant qui aujourd'hui fait florès sur grand écran. Une œuvre accompagnée d'une bande musicale parfois très innovante pour l'époque et signée du compositeur britannique James Bernard. Notons que si les maquillages prosthétiques appliqués sur le visage de Richard Wordsworth restent encore pour l'époque relativement sobre, le regard halluciné de l'acteur demeure parfois troublant, voire même très inquiétant. Notons enfin qu'au lieu d'avoir appris de ses erreurs, le professeur Bernard Quatermass choisira en conclusion d'envoyer une nouvelle fusée dans l'espace. Ouvrant ainsi la porte à une séquelle qui verra donc le jour deux ans plus tard sous le titre Quatermass 2 aux États-Unis et sous celui de La marque en France...

 

mardi 5 mai 2026

Les chroniques de Riddick : Pitch Black de David Twohy (2000) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dire que je fondais tous mes espoirs sur cette première aventure cinématographique du personnage créé par Jim Wheat, Ken Wheat et David Twohy serait très exagéré. Car si même l'évocation du Hunter Gratzer (ce vaisseau de transport passager et de commerce voguant dans l'espace en pilotage automatique qui me fit immédiatement et furieusement penser au cargo de transport de minerai Nostromo du chef-d’œuvre de Ridley Scott Alien, le huitième passager) me donna l'envie de me plonger dans l'univers de son personnage principal, Riddick, j'allais employer un maximum de précautions. Méfiant comme un pou face à la présence de Vin Diesel, acteur pour lequel je me découvris très vite une réelle aversion alors même que de mémoire je ne me souviens pas avoir jamais vu un seul de ses films. Vin Diesel, oui... Acteur branché ''action'', à la sensibilité de défourailleur d'antagonistes en tous genres qui dans le cas de ces Chroniques de Riddick : Pitch Black de David Twohy ne font évidemment pas le poids face à un mythe qui plus de vingt ans en arrière fit entrer dans la légende des icônes du cinéma d'épouvante, le magnifique xénomorphe du plasticien suisse Hans Ruedi Giger et sa principale adversaire, Ellen Louise Ripley plus connue sous le diminutif de Ripley... On a beau dire, et même parmi ceux qui détestent, n'importe quoi, mais personne n'a depuis Ridley Scott jamais fait mieux... à part, peut-être, James Cameron pour ceux qui privilégient l'action au suspens... Mais ça, c'est une autre histoire. Ici, David Twohy nous plonge pour les premières aventures de son héros Riddick à la surface d'une planète hostile, au climat sec et désertique, éclairé par trois soleils et sur laquelle vient justement s'écraser le Hunter Gratzer. Un ''atterrissage'' difficile qui cause plusieurs morts tandis que les survivants vont rapidement se mettre en route pour trouver de l'eau avant de mourir de déshydratation. Mais tout comme les spectateurs, la pilote Carolyn Fry (Radha Mitchell) ainsi que Johns (Cole Hauser), Imam (Lewis Fitz-Gerald) et plusieurs autres survivants dont deux gosses vont devoir affronter bien plus dangereux que le soleil brûlant et le manque d'eau et de nourriture. En effet, cette planète, située dans le système apparemment tout à fait imaginaire du nom de M-344/G, abrite des créatures qui patientent depuis plus de vingt ans qu'une nouvelle éclipse la plonge dans une obscurité totale pour sortir de leur terrier. Lorsque Johns se rend compte du danger, il libère Riddick qui jusque là était fait prisonnier. En effet, s'il s'agit d'un très dangereux criminel, l'homme possède cependant un atout qui va s'avérer primordial : il est capable de voir dans le noir...


Je ne sais pas s'il faut considérer Vin Diesel comme l'assurance de passer un spectacle sinon vertigineux, du moins agréable mais avec cette conscience qui je trouve reflète chez son personnage celle d'un outil industriel autonome fabriquant des aliments pour animaux domestiques dans une usine de conserves, il est évident que le mot ''finesse'' et ''profondeur'' d'âmes ne sont pas des termes qui à proprement parler lui collent à la peau. Star de Fast and Furious, cette autre franchise, cette fois-ci interminable, Vin Diesel murmure plus qu'il n'en impose d'une éventuelle voix grave qui aurait collé à sa physionomie de porteurs de poids lourds. Face à lui, l'actrice Radha Mitchell que l'on a pu notamment découvrir en héroïne dans l'excellent Silent Hill de Christophe Gans en 2006 joue sans trop de force sur ses atouts féminins. Une bête et une belle affrontant ensemble des hordes de créatures... comment dire.... ''xénomorphiques'' (?) du plus détestable effet. Et dire que je lisais quelque part qu'elles étaient comparables à l'alien de Ridley Scott ! Une blague ! Pour qui aime ce genre de délire brutal entre action, science-fiction et horreur, c'est la panacée. Pour ceux qui aiment pouvoir se complaire devant une œuvre qui repose davantage sur l'émotion ressentie devant un bon film d'épouvante, c'est la désillusion. Doté d'une direction artistique unique mais qui déplaira sans doute à une partie des spectateurs malgré des choix esthétiques qui méritent d'être mentionnés (bravo au directeur de la photographie David Eggby), l'âge et le budget moyen des Chroniques de Riddick : Pitch Black posent un véritable problème depuis que le long-métrage à dépassé le quart de siècle : les effets-spéciaux sont souvent à la ramasse et ne parviennent pas à cacher leurs origines numériques. Mais au fond, quelle importance ? Car au delà de cette faille visuelle qui aura pour conséquence de sortir le spectateur du récit, Les Chroniques de Riddick : Pitch Black n'a en réalité pas grand chose d'innovant à nous proposer. Pas même en cette année 2000 où le film sort sur les écrans. Bourrins et exécuté sans finesse aucune, l’œuvre de David Twohy est objectivement plus proche de la série Z que du classique de la science-fiction. Ceci étant du moins mon point de vue...

 

vendredi 17 avril 2026

Morons from Outer Space de Mike Hodges (1985) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Auteur de thrillers, d'épisodes de séries télévisées ou de clips vidéos, le réalisateur et scénariste britannique Mike Jodges a commis en 1985 l'une de ces parodies dont les ZAZ (les frères David et Jerry Zucker et Jim Abrahams) se firent longtemps les spécialistes. Mais alors que de l'autre côté de l'Atlantique le trio de cinéastes rencontra le succès à travers des œuvres telles que Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, Top secret ! ou bien la série des The Naked Gun avec Leslie Nielsen, Mike Hodges signa avec Morons from Outer Space un bousin franchement indigeste qui se trouve être à l'extrême opposé du cinéma comique hexagonal qui durant de nombreuses années bénéficia d'une très riche écriture. Ce qui manque ici cruellement. Parodiant le cinéma de science-fiction à travers une rencontre du troisième type parfaitement absurde, il faut être particulièrement attentif sur le fait que ce long-métrage qui chez nous est sorti sur grand écran le 28 août 1985 sous le titre Les débiles de l'espace est d'une bêtise sidérale et sidérante. Et puisque pour une fois la traduction est relativement proche de l'original, on ne va pas mégoter sur les superlatifs s'agissant de la crétinerie qui sert ici de fond de commerce à une œuvre qui ne raconte pas grand chose et semble être surtout l'occasion d'enchaîner des gags bien lourds et peu efficaces auprès de celui ou celle dont les exigences se tournent en général vers des dialogues fin, raffinés et surtout, très inspirés... De là à dire que Mike Jodges prend les spectateurs britanniques pour des cons, il n'y a qu'un pas. Vues les origines du long-métrage et d'une bonne partie des interprètes, c'est en fait avec les Monty Python que l'on devrait comparer cet O.F.N.C (pour Objet Filmique Non Consommable). Alors que la mythique troupe dont chaque élément œuvra en collaborant ou en travaillant en solo fut à l'origine de films devenus cultes, Mike Jodges met ici en scène un film poussif, mélangeant science-fiction, parodie, comédie (parfois musicale) pour un résultat qu'il est difficile chez nous de définir à sa juste valeur...


Sans doute trop sensibles sommes nous pour adhérer à la lourdeur des dialogues, à cette gestuelle et ce phrasé qui tentent de pallier au manque évident qui concerne la qualité des dialogues, ou à ce jeu perpétuellement outré qui désamorce même les séquences qui pourraient prétendre à un peu plus de sérieux comme lorsque Desmond Brock (Jimmy Nail) subit un interrogatoire musclé de la part du colonel Raymond Laribee (James B. Sikking) ou lorsque Bernard (Mel Smith), enfermé dans un asile, subit un traitement de choc non pas à l'aide d'électrochocs mais d'une musique abrutissante ! Mais que raconte donc Morons from Outer Space ? Et bien, l'histoire de quatre extraterrestres du nom de Sandra Brock (Joanne Pearce), de son époux Desmond, de Julain Tope (Paul Bown) et donc de Bernard, séparés lors du crash de leur vaisseau spatial. Interceptés par l'armée qui les dirige immédiatement vers un centre gouvernemental secret par le colonel Raymond Laribee, les trois premiers vont être séparés du quatrième qui de son côté sera enfermé dans un hôpital psychiatrique. Relativement flemmards, le scénario et la mise en scène ne s'embarrassent pas de la moindre originalité concernant nos quatre extraterrestres. Car en dehors de leur débilité qui, il est vrai, s'avère hors du commun, qu'il s'agisse de leur nom ou de leur tenue vestimentaire, rien ne les distingue de n'importe quel homme ou femme habitant sur notre planète. Parlant (chez nous) un français très intelligible et dénué de tout accent qui permettrait d'imaginer qu'en effet, ces quatre là viennent de très loin dans l'espace, le film enchaîne sans discontinuer les gags à deux balles ! Enfonçant bien profondément dans le crâne du spectateur que ces visiteurs de pacotille n'ont rien dans le ciboulot. Une déficience mentale qu'ils partagent d'ailleurs avec la plupart des humains qu'ils auront eu l'occasion de croiser durant cette aventure qui fort heureusement n'excède les quatre-vingt dix minutes que de très peu... Bref, à moins d'avoir le mental d'un adolescent attardé ou d'être féru de ce genre d'humour de très bas étage, Morons from Outer Space demeure une inconvenance pour quiconque fait preuve d'un minimum de goût en matière de comédie, même potache !

 

lundi 6 avril 2026

Ribā, Nagarenaide yo de Junta Yamaguchi (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Trois ans après la vertigineuse boucle temporelle de Dorosute no Hate de Bokura (Beyond the Infinite Two Minutes), le réalisateur japonais Junta Yamaguchi reprend le concept tout en changeant certains principes. Tandis que Mondays: Kono Taimu Rûpu, Jôshi ni Kizukasenai to Owaranai de son compatriote Ryo Takebayashi sortait la même année en mettant en scène des employés de bureau confrontés à une boucle temporelle s'étalant sur une semaine entière, Junta Yamaguchi réduit la durée à deux minutes. Ribā, Nagarenaide yo (ou En boucle chez nous) s'inscrit donc dans la même temporalité que son prédécesseur qui par contre démultipliait le concept à travers la présence d'un poste de télévision qui diffusait des images provenant d'un futur très proche puisque n'étant séparé du présent que de deux minutes. Si le concept de boucle temporelle n'est pas très récent, le scénariste Makoto Ueda a su avec Dorosute no Hate de Bokura apporter sa touche personnelle en imaginant les conséquences que pourraient avoir la présence de plusieurs postes de télévision diffusant chacun des images du futur toutes décalées de deux minutes. Laissant ainsi le spectateur et les personnages imaginer les conséquences d'une telle addition de décalages temporels... Concernant, Dorosute no Hate de Bokura, Junta Yamaguchi a une nouvelle fois laissé à Makoto Ueda le soin d'imaginer un autre type de boucle temporelle qui éviterait de reprendre très exactement la même idée que l’œuvre précédente tout en traitant du même sujet. Si Ribā, Nagarenaide yo se déroule dans un contexte peu ou prou similaire, un restaurant pour le premier, une auberge traditionnelle pour le second, le phénomène va s'avérer d'un tout autre ordre puisque situé à Kibune, un secteur de l'arrondissement de Sakyō-ku situé dans la ville de Kyoto, l'auberge où se déroule l'action sera le théâtre d'événements extraordinaires auxquels ni les propriétaires de l'établissement, ni les clients n'auront été préparés. Tout commence alors que l'employée Mikoto (Riko Fujitani) prend une pause au pied de la rivière qui borde la bâtisse. Retrouvant ensuite le maître d'hôtel (Munenori Nagano) avec lequel elle est chargée de nettoyer les chambres, un retour en arrière de deux minutes dans le temps s'opère et Mikoto se retrouve à nouveau devant la rivière à l'endroit exact où elle avait précédemment pris sa pause.


Reprenant le chemin des chambres et rencontrant une nouvelle fois le maître d'hôtel, la jeune femme et ce dernier se rendent rapidement compte que quelque chose cloche. L'un et l'autre sont tout d'abord persuadés d'être les témoins du fameux ''déjà-vu'' qui implique un ''bug'' dans la matrice et persuade ceux qui en sont les victimes d'avoir déjà vécu le même événement. Mais lorsque une nouvelle fois Mikoto et tous les protagonistes du récit se retrouvent de retour deux minutes dans le passé, les choses s'enclenchent véritablement. Si Ribā, Nagarenaide yo s'avère particulier en comparaison de la concurrence en matière de Boucles Temporelles, c'est parce que les personnages ont immédiatement conscience de ce qui leur arrive. Mieux : ils gardent en mémoire ce qu'il ont vécu les deux minutes précédentes. Celles-là même qui voudraient qu'ils vivent inlassablement les mêmes péripéties. Mais tout autant que le scénariste, lequel est donc à l'origine du phénomène, la plupart des personnages accusent facilement le coup en profitant de l'opportunité qui leur est offerte de jouir de cet incessant ''reboot'' pour s'y adapter et ainsi régler certains problèmes directement liés à leur fonction au sein de l'établissement... Tout comme les clients, d'ailleurs. Comme ce ''couple'' (interprété par Masashi Suwa et Gōta Ishida), condamné à manger le même plat de riz. Ou cet autre, Sugiyama (Haruki Nakagawa), qui durant l'événement prenait un bain et se retrouve malgré lui enfermé dans une boucle qui le contraint à rester ''éternellement'' enfermé dans un sauna. Le cadre de Ribā, Nagarenaide yo représente à plus ou moins grande échelle le rêve de quiconque voudrait vivre éternellement, en revivant chaque fois le même instant sans être empêché de faire évoluer les événements. Mais tout en permettant aux personnages de ''continuer à vivre leur vie'', le scénariste et le réalisateur leur imposent malgré tout quelques savoureuses contraintes. Au final, Ribā, Nagarenaide yo n'est peut-être pas aussi ''fou'' que Dorosute no Hate de Bokura mais les amateurs de science-fiction et de boucles temporelles en particulier seront ravis de se replonger une fois encore dans ce genre de récit...

 

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