En intervenant parfois
sous certains articles ça et là, consacrés à de grandes (et
beaucoup trop longues) franchises cinématographiques, il m'arrive
parfois de m'agacer devant des commentaires agressifs de la part de
fan(atique)s qui ne souffrent d'aucune remarque négative. Comme si
ces derniers détenaient les clés d'un univers spécifiques auquel
n'est convié aucun supposé néophyte (dans le meilleur des cas) ou
ignare (dans le pire) en matière d'idéologie, de mythologie ou
d'historique... Pourtant, avec l'arrivée très prochaine, je
l'espère, du derniers acte ''xénomorphique'' signé de Ridley
Scott, je me suis vite rendu compte que j'étais probablement fait du
même bois que ces gens là ! Car alors, comment expliquer mon
agacement devant ces hordes de prétendus fans du premier Alien
sorti à la toute fin des années soixante-dix, s'énervant,
agressant une partie de l'auditoire s'émerveillant à l'idée de
pouvoir prochainement découvrir la tardive conclusion d'une saga qui
s'était, il est vrai, quelque peu égarée ? Si l'on ne tient
pas compte des deux crossovers consécutivement signés d'un côté
par Paul W.S. Anderson en 2004 (Alien vs.
Predator)
et de l'autre par Colin Strause et Greg Strause trois ans plus tard
(Alien vs. Predator : Requiem),
la saga est constituée de sept longs-métrages. Les quatre premiers,
qui sont donc chronologiquement ''incarnés'' par Alien,
le huitième passager
en 1979, Aliens, le retour
de James Cameron en 1986, Alien 3
de David Fincher en 1992 et Alien, la
résurrection
de Jean-Pierre Jeunet en 1997 s'inscrivent dans une chronologie à
peu près stable et les seules remarques que nous pourrions faire
s'agissant de certains d'entre eux concernent probablement l'angle
pris par chacun de leur auteur. Vinrent ensuite Prometheus
et
Alien : Covenant
de Ridley Scott. Juste retour des choses pour celui qui depuis
l'œuvre séminale vit son bébé grandir entre les bras d'autres
artistes il est vrai, plutôt talentueux. Si l'on évacue le plus
récent de tous, le Alien : Romulus
de Fede Alvarez qui en 2024 se complaisait dans un jeunisme
totalement absurde, sans parler non plus de cette infâme série
télévisée créée par Noah Hawley intitulée Alien :
Earth et
qui en une saison de huit épisodes fit plus de tort à la mythologie
qu'elle ne lui apporta de bienfaits, le retour de Ridley Scott sur
grand écran dans le rôle du Grand Maître d'œuvre devrait plutôt
faire sourire les fans d'origine que de les pousser à considérer le
peu d'intérêt d'un nouvel opus dans cette flamboyante saga de
science-fiction horrifique. Qui, par exemple, pour critiquer
l'approche de James Cameron qui remplaça l'incroyable ambiance et la
tension inhumaine de Alien
premier du nom par une aventure guerrière ? Personne ! Ou
en tout cas, pas grand monde...
Si
les qualités de Aliens, le retour
sont indéniables et même plutôt nombreuses, on aurait pu lui
reprocher d'avoir un tant soit peu éludé la question du suspens
sous haute tension du long-métrage de Ridley Scott. Si je me
souviens qu'à l'époque de Prometheus
ma compagne et moi avions été quelque peu déçus par l'absence de
réelle ambition de la part des scénaristes Damon Lindelof et Jon
Spaihts qui avec leur script nous promettaient une aventure plongeant
ses héros aux sources de l'Humanité, à la revoyure (qui fut
depuis, multiple) le film est objectivement une très grande
réussite. Empruntant en outre à l'univers de Alien
certains codes puisqu'il semblait apparemment s'agir surtout d'une
préquelle comme le démontrait notamment la présence des Ingénieurs
et de leur immense vaisseau. Puis vint Alien :
Covenant,
dont la densité visuelle et sonore abattait là encore en toute
objectivité, toute tentative de concurrence en matière de
science-fiction horrifique. Impossible ou presque de citer un seul
exemple comparatif en dehors du génialissime The
Thing
de John Carpenter, du tout aussi indispensable Invasion
of the Body Snatchers de
Philip Kaufman ou dans un genre beaucoup plus proche du thème qui
nous intéresse ici avec le plutôt sympathique Life :
origine inconnue
de Daniel Espinosa qui sembla ouvertement être inspiré de l'œuvre
de Ridley Scott et de ses consorts. Probablement qu'entre ceux qui
suivent en toute subjectivité le mouvement de la ''détestation''
généralisée du second opus de ce qui bientôt deviendra une
trilogie et ceux qui critiquent très sincèrement le film de Ridley
Scott pour n'avoir pas toujours de logique chronologique ou
mythologique, s'inscrivent celles et ceux qui apprécièrent ET
Prometheus
ET Alien : Covenant
pour ce qu'ils sont : Deux ''putains'' de films de s-f
horrifiques à gros budgets ! Parfois épiques, angoissants,
gores, aventureux, jamais débilitants et dotés de l'inimitable patte artistique de leur auteur ! C'est d'autant plus fébrile
que j'attends donc l'arrivée prochaine du dernier volet de la
''trilogie de préquelles'' initiée par Prometheus
et poursuivie par Alien : Covenant.
Évitons donc de cracher sur un produit dont on ne connait pour
l'instant pas grand chose, si ce n'est même rien du tout. Tout ce
que l'on peut dire c'est que face à un Alien :
Romulus
que Ridley Scott ne semble pas particulièrement porter dans son
cœur, l'auteur de trois des opus de cette longue saga vieille de
presque quarante ans va enfin pouvoir en reprendre les rênes...



.png)
.png)

.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)