samedi 30 mai 2026

The Shelter de Lamont Johnson (1961) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Dans l'épisode The Monsters are due on Maple Street de Ron Winston, les habitants d'un petit quartier étaient confrontés à la paranoïa de leurs voisins en raison d'une simple coupure de courant et à l'évocation d'une supposée invasion extraterrestre. The Shelter de Lamont Johnson repose plus ou moins sur le même concept puisque le docteur Stockton (l'acteur Larry Gates) fête son anniversaire en compagnie de sa femme, de son fils et de tous ses amis lorsque retentit une alerte signifiant une attaque de missiles. Le sujet renvoie encore une fois à la peur du rouge en cette période de guerre froide mais décrit aussi et surtout l'attitude des hommes et des femmes en cas d'hypothétique attaque par un pays ennemi. Ici, tout commence très bien puisque la cohésion entre chaque habitant d'un petit bout de quartier leur permet de profiter de l'anniversaire de leur ami et voisin pour faire la fête et surtout ''ironiser'' sur la construction d'un abri que le docteur Stockton a lui-même récemment effectué. Ayant en outre prévenu ses amis qu'ils auraient dû eux-mêmes en construire un, l'alerte va révéler la nature humaine dans ce qu'elle a de plus méprisable. Un retour là encore à un comportement primaire et surtout irréfléchi lorsque l'on sait que certaines décisions qui seront prises seront illusoires. En effet, l'abri en question n'ayant été prévu que pour trois personnes et malgré sa profession qui veut que le docteur Stockton ait voué son existence à sauver celle des autres, lorsque certains de ses voisins se ruent chez lui pour essayer de profiter de l'abri, l'homme n'a d'autre choix que de leur en refuser l'accès. L'on imagine alors aisément la suite des événements. Les membres d'une famille, puis de deux, puis de trois s'approchent de l'entrée de l'abri censé protéger ceux qui s'y sont réfugiés en cas d'attaque nucléaire. Chacun a beau tenter de négocier sa place derrière la lourde porte du refuge mais tous autant qu'ils sont, amis et voisins essuient un refus de la part de Stockton. Un personnage raisonné qui d'ailleurs ne passe jamais pour le monstre qu'il pourrait être à refuser à ses amis l'accès à l'abri...


Non, la noirceur humaine est décrite plutôt à travers ces familles prêtes à tous les excès pour obtenir une place aux côtés de celui qu'ils jugent désormais bien différemment de celui qu'ils appréciaient jusqu'à maintenant. Les paroles menaçantes s'accompagnent d'actes beaucoup plus violents puisque physiques. Les hommes s’entre-déchirant et leurs épouse mettant de l'huile sur le feu, ce qui, bien entendu, n'arrange rien. Sur la base d'un scénario écrit une nouvelle fois par Rod Serling, Lamont Johnson parvient très bien à saisir le comportement d'hommes et de femmes durant un événement dramatique dont l'ampleur pourrait avoir des conséquences graves sur leur survie. Chaque protagoniste ayant d'ailleurs une attitude sensiblement différente quoi qu'étant rejointe par cette même volonté de survivre. En comparaison de The Monsters are due on Maple Street qui reposait sur une hypothétique invasion extraterrestre et sur les seuls propos d'un adolescent féru de science-fiction, ici, on entre dans le concret. Non seulement le sujet traite d'une réalité qui même encore aujourd'hui menace l'Occident mais l'alerte n'est plus une vague supposition évoquée au détour d'une discussion suivant une coupure de courant et une panne généralisé de tout appareil électrique mais s'avère désormais consécutive aux directives imposées par l'autorité gouvernementale ! The Shelter montre également le phénomène de foule puisque après que chaque famille ait tenté de faire jouer en sa faveur la possibilité de partager l'abri avec le docteur et sa famille, les amis et voisins se lient afin d'en forcer l'entrée. Avec les conséquences que cela peut avoir. La conclusion est comme souvent dans la série, relativement amère mais bien moins cynique qu'à certaines occasions. En effet, une fois l'alerte levée, une fois la porte de l'abri défoncée, une fois amis et voisins rassurés et prédisposés à s'excuser de leur comportement, comment reprendre une vie normale ? Possible ? Pas si évident...

 

jeudi 21 mai 2026

Time Enough at Last de John Brahm (1959) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Dans ce huitième épisode de la première saison de The Twilight Zone (La quatrième dimension) réalisé cette fois-ci par John Brahm et écrit par Rod Serling et Lyn Venable, le récit met en scène Henry Bemis, un petit employé de banque qui a tendance à énerver son entourage. Qu'il s'agisse des clients de l'établissement où il travaille en tant que guichetier, en passant par le directeur (Vaughn Taylor dans le rôle de Carsville) qui le menace de le renvoyer s'il ne se concentre pas davantage sur sa tâche, et jusqu'à son épouse Helen (l'actrice Jacqueline deWit) qui refuse catégoriquement de le laisser s'affaler sur le canapé lorsque de retour chez eux, Henry choisit de vivre sa passion, la littérature. En effet, féru de lecture et capable de passer du roman à la presse papier en passant par les vignettes des bouteilles de lait, l'homme ne peut pas s'empêcher de lire, quitte à s'attirer les foudres de tous ceux qui l'entourent et qui se demandent s'il n'est pas un peu fou. Totalement myope et ayant besoin de calme pour laisser libre cours à sa fascination pour les grands écrivains, c'est muni d'une épaisse paire de lunettes sans laquelle il ne voit absolument rien que le vieil homme se réfugie à chaque pause déjeuner dans le coffre-fort de la banque. Tombant sur un article qui décrit les conséquences désastreuses que pourrait avoir une bombe atomique si celle-ci devait s'écraser sur Terre, Henry en fait immédiatement l'expérience. Tandis qu'un bruit terrifiant se fait entendre à l'extérieur et que les murs de la banque tremblent, l'homme s'évanouit... À son réveil, celui-ci découvre que dehors le monde a radicalement changé. Un décor apocalyptique où tout est détruit. Pas un seul batiment, pas une seule maison ni aucun arbre ne tient encore debout. Pire, en dehors du banquier, il n'y a aucun survivant. Se déplaçant à travers les décombres, Henry Bemis se demande alors ce qu'il va bien pouvoir faire de tout ce temps qu'il lui reste à vivre maintenant qu'il est seul au monde... Time Enough at Last est là pour répondre à cette épineuse question où le temps semble s'être figé, où le ciel est couvert d'une chape de poussière qui en retombant recouvre tout ce qui se trouve à la surface de la Terre...


Le plus dur dans cette situation décrite dans le script de Rod Serling et Lyn Venable est d'évaluer le taux d'intérêt qui peut résider pour un homme qui tout sa vie à cherché le moyen de pouvoir s'isoler afin de vivre pleinement sa passion pour la littérature. Déprimé et sans doute effrayé à l'idée de vivre désormais seul, notre homme met la main sur un pistolet puis, après s'être excusé auprès du Seigneur pour ce qu'il s'apprête à commettre, tombe du coin de l'oeil sur un véritable trésor: la bibliothèque publique. Un établissement soufflé par l'explosion de la bombe atomique prophétisée plus tôt lors du récit et qui a libéré des quantités d'oeuvres littéraires. On comprend alors l'intérêt et le sens de cet épisode qui contre toute attente et malgré la catastrophe d'ampleur internationale qui s'est produite va lui offrir une revanche. Après avoir vécu toute sa vie moqué, brimé, méprisé par son entourage, Henry Bemis n'a plus de compte à rendre à personne. Rideau...... Enfin, presque. Car dans ce décor désolé (on louera d'ailleurs l'exploit des artisans qui eurent la charge de retransmettre à l'écran les conséquences de l'explosion d'une bombe atomique), où aucune âme ne vit en dehors de notre petit guichetier, où pas un seul son ne se fait entendre à des lieues à la ronde, nos deux scénaristes ainsi que le réalisateur nous ont concocté une conclusion dont la perversité n'a d'égal que les crispations que pouvait au départ générer l'attitude du héros. Brillamment incarné par l'acteur américain Burgess Meredith, Time Enough at Last est sa première des quatre apparitions qu'il fera tout au long de cette série de science-fiction qui s'étalera entre 1959 et 1964. Interprète de très nombreux longs-métrages cinématographiques et de séries télévisées, dans le domaine de l'horreur, il apparu dans la première partie du film culte de Dan Curtis Burnt Offerings en 1976, dans The Sentinel de Michael Winner en 1977, dans The Manitou de William Girdler en 1978 ou encore dans Magic de Richard Attenborough la même année. L'acteur aura tout joué mais sera surtout resté célèbre pour son rôle de Mickey dans la saga Rocky. Quant à Time Enough at Last, il demeure l'un des plus célèbres épisodes de La quatrième dimension...


mardi 19 mai 2026

The Monsters Are Due on Maple Street de Ronald Winston (1960) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'est la fin de l'été, dans une petite ville des États-Unis. L'action se déroule à Maple Street, rue centrale et passante de cette cité plutôt tranquille où tout le monde se connaît, tout le monde s'apprécie et où va se dérouler un curieux phénomène vu par une partie de la population. À très exactement dix-huit heures et quarante-trois minutes, précédé d'un intense flash lumineux, un bruit sourd se fait entendre. Les habitants de Maple Street sortent de chez eux, vont dans la rue, s’interrogent et se réunissent sans pour autant comprendre ce qui vient de se produire dans le quartier, au dessus de leur tête. Toutes activités cessantes, hommes et femmes commencent à produire des hypothèses quant à cet étrange phénomène. D'autant plus que depuis qu'il s'est produit, l'électricité a été coupée, le téléphone ne fonctionne plus et les voitures ne veulent plus démarrer. Toutes sauf celle de Les Goodman qui étrangement démarre toute seule. Alors que l'un des adolescents de Maple Street indique que le phénomène qui s'est produit quelques dizaines de minutes auparavant est probablement lié à une invasion prochaine des extraterrestres, celui-ci précise en outre que les envahisseurs ont pour habitude de couper le courant par l'entremise d'éclaireurs installés parmi la population afin d'isoler les habitants du monde extérieur... Certains d'entre eux ne vont pas tarder à alimenter la psychose, persuadés que seule la voiture de Les Goodman et que son habitude régulière de regarder le ciel lorsque se couche le soleil font de lui et de sa famille des extraterrestres venus observer l'espèce humaine avant l'invasion... Écrit comme très souvent par Rod Serling et réalisé par Ronald Winston, The Monsters Are Due on Maple Street s'installe dans un contexte de guerre froide où l'Amérique s'effraie d'une hypothétique invasion de l'URSS dans l'Europe Occidentale et de la progression du communisme à l'échelle mondiale. Dans cet épisode de The Twilight Zone (La quatrième dimension) datant de 1960 et diffusé pour la première fois aux États-Unis le 4 mars de la même année, scénariste et réalisateur ne font pas mystère de cette crainte tout en invoquant non plus la Peur des Rouges, période durant laquelle les américains soupçonnaient que l'Armée, les universités, le Gouvernements et d'autres institutions étaient probablement infiltrés par des espions communistes, mais bien une invasion venue de l'espace...


Un sentiment cultivé par ce jeune garçon qui à travers son récit va déclencher une véritable épidémie de folie paranoïaque parmi la population. Chacun cherchant sa réponse aux événements qui se produisent. Première victime évidente, Les Goodman. Un homme qui se lie plutôt rarement avec ses voisins dans une Amérique bien connue pour cultiver notamment chez les habitants de certains lotissements, des habitudes dites de ''Bon voisinage''. Entretien de la pelouse (la hauteur de l'herbe étant l'une des conditions sine qua non d'une bonne entente entre voisins), respect des horaires de couvre-feu, tranquillité et discrétion, barbecues entre voisins, etc... Rapidement, deux clans s'affrontent. Ceux qui préfèrent attendre d'avoir davantage d'informations sur ce qui s'est produit plus tôt dans la journée et ceux qui vont rapidement se focaliser sur Les Goodman et ses proches. Dans un esprit très ''science-fiction paranoïaque'', The Monsters Are Due on Maple Street montre les dérives de l'humanité lorsqu'elle est confronté à un événement qu'elle ne connaît, ne maîtrise et ne comprend pas ! Le spectateur est pris ici à témoin d'un chaos à l'échelle d'un petit quartier où certains tentent de raisonner avec modération quand toute rationalité à quitté l'esprit d'autres habitants. Cachant leur peur et leur incompréhension derrière une violence verbale et physique encore bien réelle de nos jours. Face à ce constat affligeant d'une humanité ayant opté pour une attitude peu réfléchie et ancrée dans une certaine forme de régression intellectuelle, de décivilisation et d'ensauvagement, Rod Serling et Ronald Winston apportent une réponse cinglante produite effectivement à travers des observateurs qui de loin constatent qu'en ''Mettant en panne le courant, en coupant le téléphone et en les plongeant quelques heures dans le noir, les humains réagissent immédiatement selon les mêmes critères. Il leur faut un suspect sur lequel ils vont pouvoir s'acharner. Il suffit alors de patienter...''

 

dimanche 17 mai 2026

Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker (1967) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dix ans se sont écoulés entre la sortie de Quatermass 2 et celle de Quatermass and the Pit. Confié au réalisateur britannique Roy Ward Baker, ce troisième chapitre des aventures de Bernard Quatermass a connu beaucoup de changements par rapports aux deux précédents volets puisque après le départ de Val Guest qui s'en est allé durant ces dix années qui séparent les opus deux et trois tourner une quinzaine de longs-métrages dont le film de science-fiction The Day the Earth Caught Fire en 1961, a donc laissé sa place à son prolifique compatriote. Accompagnant son changement de réalisateur, Quatermass and the Pit a également fait l'objet d'une refonte totale concernant son casting puisque les interprètes d'origine des deux premiers volets ont disparu. Et notamment l'acteur Brian Donlevy qui en 1955 et 1957 incarna le rôle principal cette fois-ci confié à l'écossais Andrew Keir. L'absence de Brian Donlevy s'explique par le choix du scénariste d'origine Nigel Kneale qui veut alors adoucir les traits du personnage qu'il considérait jusque là un peu trop brutal et autoritaire. De nouveau aux commandes du script, Nigel Kneale impose un personnage beaucoup plus humain, coordonnant chacune de ses actions avec réflexion. C'est donc sans le moindre doute quant à l'acceptation par le public d'un nouvel interprète dans le rôle clé de ce troisième volet que le scénariste caste un nouvel acteur et jette son dévolu sur Andrew Keir malgré la défiance de la Hammer Fim Productions qui avait tout d'abord logiquement et naturellement imaginé l'acteur d'origine dans le rôle de Bernard Quatermass. Ensuite, se pose la question de la misogynie s'agissant de Val Guest qui comme le démontrent les deux premiers films faisait peu de cas des rôles féminins qu'il cantonnait à des tâches globalement subalternes. Des interprètes très secondaires et souvent dans l'ombre de leurs partenaires masculins. Là encore l'on peut noter une nette différence entre les deux premiers longs-métrages et celui de Roy Ward Baker qui implique cette fois-ci de manière beaucoup plus soutenue le personnage de Barbara Judd interprété à l'écran par l'actrice Barbara Shelley. Enfin, et cela est notable, contrairement à The Quatermass Xperiment et Quatermass 2, Quatermass and the Pit sera filmé en couleur et non plus en noir et blanc.


Dans cette nouvelle aventure où la critique envers le Gouvernement demeure toujours aussi féroce, le professeur Bernard Quatermass et son ami le docteur Mathew Roney devront composer avec l'Armée après que de très anciens ossements ainsi qu'une très étrange structure tout d'abord confondue avec un missile allemand de la Seconde Guerre Mondiale aient été déterrés lors de travaux de rénovation effectués dans le quartier de Hobbs Lane à Knightsbridge. Si quelques lignes de dialogues se réfèrent directement au projet avorté de Quatermass dans le précédent volet, Quatermass and the Pit n'entretient en réalité pas grand chose en commun avec les œuvres passées même s'il est encore question ici d'une race extraterrestre enfermée dans ce qui semble donc être un vaisseau spatiale. Une très grande partie du récit se déroule dans le métro londonien, à la station Hobbs Lane. Dans Quatermass and the Pit est tout d'abord évoquée l'hypothèse de restes de très vieux ancêtres de l'homme qui pourraient avoir des origines extraterrestres. Puis vient ensuite l'évocation d'un mythe lié à la sorcellerie à travers la terminologie d'origine du mot Hobs (avec un seul B). Provenant du folklore britannique et désignant notamment ainsi des esprits domestiques ou des gobelins. Si le scénario semble un temps se mélanger les pinceaux entre diverses hypothèses, le film s'ancre pourtant parfaitement dans la mythologie de la saga même si le côté ''Body-Snatching'' n'est désormais plus que résiduel. Bien que dix ans soient passés et que Quatermass and the Pit évoque moins les blessures liées au souvenir de la Seconde Guerre Mondiale, Nigel Kneale y fait pourtant directement référence lors de la découverte de l'objet enfoui sous terre. Un objet qui est au centre de toutes les attentions, des personnages jusqu'aux spectateurs qui se demandent alors ce que peut bien renfermer cette ''fusée'' dont le revêtement est totalement inaltérable ! Bien que l'on avait pris l'habitude de voir Brian Donlevy dans le rôle de Bernard Quatermass, son remplacement par Andrew Keir se fait en douceur. D'autant plus qu'effectivement, le personnage est beaucoup plus plaisant qu'il ne l'était par le passé. Ajoutons à cela la collaboration de la charmante Barbara Shelley qui honore tel qu'il se doit la Femme de sa présence à l'écran...

vendredi 15 mai 2026

Quatermass 2 de Val Guest (1957) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Deux ans après avoir réalisé et écrit en compagnie de Richard H. Landau The Quatermass Experiment sur la base d'un scénario imaginé par l'écrivain anglais Nigel Kneale, le cinéaste britannique Val Guest remet en avant le personnage du professeur Bernard Quatermass dans un récit qui emprunte moins la voie de l'épouvante pour s'inscrire dans un contexte de pure science-fiction. Toujours produit par la Hammer Film Productions et notamment distribué sur le territoire américain par la société de distribution et de production américaine United Artists, Quatermass 2 (sorti chez nous sous le titre La marque) implique différentes thématiques propres au genre. Dix ans avant que les extraterrestres ne viennent envahir notre planète à travers la série culte The Invaders dans laquelle le héros David Vincent tentait souvent vainement de convaincre ses concitoyens de la présence sur Terre d'extraterrestres théoriquement intégrés à notre société, à des milliers de kilomètres de distance, dans la campagne anglaise, Bernard Quatermass allait bien avant lui tenter de persuader les habitants d'un petit village ainsi que son ancien ''partenaire'', l'inspecteur Lomax (désormais incarné en lieu et place de Jack Warner par John Longdon), de la présence dans un complexe flambant neuf situé tout proche de la petite localité de Winnerden Flats, d'individus qui malgré leur apparence, ne sont probablement pas ce qu'ils prétendent être. Tout commence ou presque alors que notre fameux physicien apprend qu'une série de météorites se sont écrasées à Winnerden Flats. Se rendant sur place avec son ami Marsh (Bryan Forbes), les deux hommes découvrent un champ de ruines. La ville ayant été apparemment détruite récemment. Au sol, Marsh ramasse ce qui semble être l'une de ces météorites lorsque celle-ci s'ouvre et laisse s'échapper un gaz très dangereux. L'homme tombe alors au sol. Des militaires lourdement armés débarquent sur place et s'emparent de la victime tout en conseillant à Quatermass de quitter les lieux sur le champ... Curieux de savoir où ces étranges individus ont emmené son ami, le physicien décide d'en parler à l'inspecteur Lomax. Quant au Gouvernement, inutile pour les deux hommes d'espérer le moindre soutien de sa part. C'est donc seuls qu'ils se rendent à Winnerden Flats afin d'enquêter...



Si Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel demeure sans doute l'un des plus célèbres films de science-fiction abordant le thème de la duplication, de la possession ou du remplacement des corps à travers le sujet du ''Body-Snatching'' en 1956, il ne fut pas le seul en ces années cinquante du siècle dernière à s'être aventuré dans cette voie puisque dès l'année suivante, Quatermass 2 s'en est ostensiblement approché. Ici, contrairement aux envahisseurs que traquera David Vincent dix ans plus tard, les extraterrestres sont conformes à l'idée que l'on se fait d'une espèce venue du fin fond de l'espace qui pour se cacher parmi la population prend possession de corps humains. Un fait d'ailleurs explicitement détaillé lors du récit et que va tenter de faire admettre par une population convaincue jusqu'à maintenant du bien-fondé du complexe situé à quelques kilomètres de distance et officiellement chargé de produire des aliments synthétiques. Lors de leur enquête Bernard Quatermass et l'inspecteur Lomax mettront à jour une organisation d'ampleur beaucoup plus effrayante que lors de leurs premières aventures en commun qui évoquait la seule présence sur le sol terrien d'un homme se transformant en une créature indicible dans le premier volet de la saga Quatermass ! Nettement plus ambitieux que son prédécesseur, Quatermass 2 bénéficie de décors réels et beaucoup plus vastes puisque les séquences situées dans le complexe chimique où se trouvent notamment enfermées de gigantesques créatures conçues par divers artisans spécialisés dans les effets-spéciaux de maquillage ont été tournée dans l'authentique raffinerie Shell Haven de Stanford-le-Hope située dans l’Essex. Quant à la cité fictive où sont concentrés les ouvriers qui vivent de l'installation dont ils ne se doutent pas des véritables enjeux, celle-ci prend place à Hemel Hempstead, petite ville du district de Dacorum, dans le Hertfordshire, en Angleterre... Beaucoup plus ouvert vers l'extérieur que le premier opus, cette séquelle peut-être donc vue par essence comme l'ancêtre européen des Envahisseurs, l'aspect paranoïaque en moins. Une œuvre de science-fiction très réussie pour une série de longs-métrages qui connaîtra une interruption de dix années puisque Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker ne verra le jour qu'en 1967...


 

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