mercredi 1 juillet 2026

The Last Starfighter de Nick Castle (1984) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Étudiant à l'université de la Southern California School of Cinematic Arts de Los Angeles aux côtés de son ami John Carpenter avant d'intégrer à ses côtés le groupe de rock The Coupe de Villes (rien à voir avec celui formé Francis Ford Coppola et plusieurs membres de sa famille), Nick Castle a part la suite participé aux tournages de Dark Star (il y tient le rôle de l'alien), deHalloween (dans lequel il incarne le rôle de Michael Myers) et de New-York 1997 dont il écrivit le scénario conjointement avec le cinéaste américain. Il signe en 1982 son premier long-métrage, le thriller Tag: The Assassination Game avant de réaliser l'un de ses deux films les plus connus (avec Dennis the Menace en 1993), le bien nommé The Last Starfighter. Réduit en France au simple titre de Starfighter, le film met en scène Alex Rogan (Lance Guest). Un jeune adulte vivant auprès de sa mère et de son petit frère dans un caravaning. Une petite communauté de quelques dizaines d'habitants qui comptent souvent sur lui pour remettre l'électricité, déboucher les éviers et autres petits tracas de la vie quotidienne. Tandis que sa petite amie Maggie (Catherine Mary Stewart) passe du bon temps avec leurs camarades, Alex, lui, espère obtenir une bourse d'étude afin d'intégrer une grande école. En attendant, il s'adonne quotidiennement au jeu vidéo Starfighter dont il espère battre le record. Un Shoot'en up, genre très en vogue dans les bornes d'arcades à l'époque. Lorsque vient le jour où Alex atteint le meilleur score, une voiture débarque au caravaning avec à son bord un drôle d'individu prénommé Centauri (Robert Preston) qui se prétend être le concepteur du jeu vidéo. Alerté par le fait qu'Alex a battu tous les records, Centauri l'invite à s'asseoir à ses côtés dans le véhicule qui s'avère en réalité être un vaisseau spatial. Contre toute attente et alors que les deux passagers font route sur un chemin de campagne, la ''voiture'' s'envole et prend la direction de Rylos, une planète lointaine située aux abords de la Frontière de la Ligue Stellaire que menace de détruire Xur (Norman Snow), un traître originaire lui-même de Rylos, ainsi que l'empire de Ko-Dan avec lequel celui-ci collabore...


Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l'on comprend rapidement que le jeu Starfighter n'était en fait qu'un simulateur de vol créé afin de trouver sur Terre celui qui irait rejoindre le groupe de Starfighters interplanétaires prévu pour combattre l'ennemi. Sortant des contingences coutumières qui veulent que les héros évoluent généralement dans de petites villes américaines fort sympathiques, en attendant mieux, notre héros vit donc auprès des siens dans un caravaning. Et si la situation semble relativement précaire, ses habitants n'en sont pas moins heureux... Passé ce constat, l'action se déroule sur deux plans. Car si l'absence d'Alex risque de se faire rapidement remarquer, le scénario de Jonathan R. Betuel résout le problème en intégrant au récit un bêtadroïde. Réplique parfaite et donc androïdale d'Alex qui va remplacer le jeune homme sur Terre. Dynamisant ainsi le récit, Starfighter situe donc son action non seulement dans l'espace mais également sur notre planète, où l'attitude du Alex bêtadroïde va notamment étonner sa petite amie Maggie qui n'est pas au courant du subterfuge. Le script s'amuse d'ailleurs rapidement de principes proprement ''humains'' comme celui des sentiments amoureux. Incapable de comprendre le concept, le rapprochement entre la jeune femme et l'androïde donnera lieu à quelques séquences savoureusement drôles. Et tandis que ce dernier tentera de faire illusion sur Terre, dans l'espace, Alex devra prendre son courage à deux mains et se servir de ses compétences acquises en jouant sur la borne d'arcade pour combattre et vaincre l'ennemi, aux côtés du très attachant Grig (Dan O'Herlihy), une créature appartenant à une espèce reptilienne. Alors que les séquences de batailles spatiales ont toutes été conçues par la société d'animation assistée par ordinateur Digital Productions (laquelle sera rachetée quatre ans après sa création par Omnibus Computer Graphics) qui la même année produira les effets-spéciaux visuels de 2010 : L'Année du premier contact de Peter Hyams, les quelques rares créatures extraterrestres que l'on aperçoit durant le récit ont notamment été créées par William Tuttle, lequel travailla auparavant sur La Machine à explorer le temps de George Pal et sur La Planète des singes de Franklin J. Schaffner. Si certains effets-spéciaux ont plus ou moins bien vieilli, l'humour, lui, reste au contraire très efficace. L'on regrettera surtout une bataille spatiale réduite à sa portion congrue. Bien loin des fameuses ''Guerres de l’Étoile'' célébrées dans la franchise Star Wars ou chez les concurrents de Star Trek. Mais au final, Starfighter reste un vrai plaisir de cinéphage...

 

samedi 27 juin 2026

Explorers de Joe Dante (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Parmi les cinéastes qui dans les années quatre-vingt ont beaucoup compté dans le domaine de la comédie ou du fantastique familial, Joe Dante reste l'un des plus importants. Et ce n'est pas faire outrage à la concurrence que d'affirmer qu'il demeure peut-être sans doute celui dont la filmographie recèle le plus de pépites. Sans parler de ses premiers longs-métrages qui ne sont pas les plus remarquables ni même des deux classiques de l'épouvante que sont Piranhas en 1978 et Hurlements en 198, le cinéaste originaire de Morristown dans le New Jersey a signé coup sur coup l'un des segments de l'adaptation cinématographique de La quatrième dimension en 1983, Gremlins en 1984, Explorers en 1985, L'aventure intérieure en 1987, Cheeseburger Film Sandwich la même année, Les banlieusards en 1989 et Gremlins 2 : la nouvelle génération en 1990 ! Pour en revenir à Explorers, la compétition est rude en cette année 1985 puisque sort dans les salles de cinéma Retour vers le futur de Robert Zemeckis, autre cinéaste œuvrant dans les domaines de l'humour et du fantastique grands publics. Ron Howard sort son Cocoon, Wolfgang Petersen son Enemy Mine, Simon Wincer son D.A.R.Y.L. Et John Hughes son Weird Science. Sans parler du Lifeforce de Tobe Hooper et du Brazil de Terry Gilliam qui s'inscrivent davantage dans une science-fiction plus horrifique et plus sombre et donc plus adulte ou des quelques petites productions méconnues d'un public plus large comme Creature de William Malone ou My Science Project de Jonathan R. Betuel... Écrite par le scénariste Eric Luke dont la carrière se résume à une dizaines de scripts majoritairement conçus pour la télévision américaine, l'histoire de Explorers se concentre autour de trois jeunes héros habitant une petite bourgade américaine comme cela est généralement le cas à l'époque dans ce genre de long-métrage...


À la croisée des chemins entre certains romans de Stephen King et l'imaginaire débridé de cinéastes enclins à faire de jeunes adolescents les héros d'aventures extraordinaires, le film de Joe Dante met donc en scène Ethan Hawke, River Phoenix et Jason Presson alors tout jeunes dans les rôles de Ben Crandall, Wolfgang Müller et Darren Woods. Comme très souvent dans ce genre de production cinématographique américaine à la portée de toutes et tous, l'on a droit à une vision de l'Amérique presque idyllique si ce n'est que Ben, passionné de science-fiction et d'aventures spatiales, est harcelé par l'un de ses camarades d'école et que Darren, orphelin de mère, vit avec un père violent. Reste Wolfgang, l'un des nombreux enfants d'une famille dont les parents son excentriques. Petit génie de l'informatique, il parvient à créer un circuit imprimé directement issu des rêves de son ami Ben et réussit à produire un champ de force. Une sphère d'énergie électromagnétique débarrassée de toute inertie et permettant de se déplacer à des vitesses inouïes tout en protégeant ceux qui se trouvent à l'intérieur. Aidés par leur nouvel ami Darren qui plus tôt a aidé Ben à se sortir d'une impasse, les trois garçons construisent un vaisseau fait de bric et de broc afin de partir dans l'espace. Après quelques essais relativement concluants, les trois amis se lancent dans une aventure spatiale qui va leur permettre de rencontrer deux sympathiques extraterrestres... Si jusqu'au moment où Ben, Wolfgang et Darren rencontrent Wak (Robert Picardo) et Neek (Leslie Rockert) tout semble à peu près ''normal'' voire même ''crédible'', Explorers se transforme en Show totalement délirant, la science-fiction virant presque à la comédie musicale avec ses deux extraterrestres extravertis, nés de l'imagination fertile du maquilleur de génie Rob Bottin qui dans un cadre déjà nettement plus effrayant créa les différentes et monstrueuses formes que pris l'extraterrestre de The Thing de John Carpenter trois ans auparavant...


Notons que les effets visuels concernant les déplacements du vaisseau ou les vues de l'espace furent l’œuvre du studio d'effets visuels, d'animation et de technologies cinématographiques Industrial Light & Magic créé en 1975 par George Lucas. Pressé par la Paramount à réaliser le projet dans des délais relativement serrés, Joe Dante est contraint d'élaguer le récit et d'éluder certaines séquences qui à l'origine devaient être incluses au sein du récit. Si Explorers est une sympathique comédie de science-fiction familiale, les contraintes imposées par la production au réalisateur opèrent des changements aux conséquences importantes. Le résultat final n'est donc pas celui escompté par son auteur. Finie l'épopée spatiale tant rêvée par les amateurs de Space Opera. Car si même la rencontre entre nos trois jeunes héros et nos deux charmants extraterrestres est plutôt réjouissante, Explorers se conclut de manière fort étonnante alors même que l'aventure semblait devoir précipiter ses personnages au cœur de péripéties spatiales enchanteresses. Si Explorers semble parfois bâclé, surtout dans sa seconde partie, cela n'est dont pas du fait du réalisateur mais d'une production qui lui mis des bâtons dans les roues. On se prend alors à rêver de ce à quoi aurait ressemblé le long-métrage de Joe Dante si seulement la Paramount lui avait laissé le champ libre... Bien que Explorers ait connu l'insuccès en salle, ce petit film reste une assez bonne surprise tout en étant profondément ancré dans son époque...

 

jeudi 25 juin 2026

L'âge de cristal de William F. Nolan et George Clayton Johnson (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'intrigue se déroule alors que nous sommes au vingt-troisième siècle. Après qu'une guerre nucléaire mondiale a décimé une partie importante de l'espèce humaine voilà deux siècles tout en rendant l'air totalement irrespirable, les survivants sont concentrés dans des dômes qui les protègent de l'atmosphère extérieure. La Cité des Dômes est un havre de paix, où hommes et femmes vivent pleinement leur existence, sans restriction aucune. Pourtant, dès l'âge de trente ans atteint, chacun est contraint de participer au rituel de la Renaissance qui selon les membres du Conseil des Anciens permet à toutes et tous de se réincarner pour une vie nouvelle et éternelle. Mais parmi les habitants, certains doutent de la sincérité des membres du Conseil et pensent qu'en réalité, le Carrousel où se déroule la cérémonie les condamne à une mort certaine. Parmi eux, Jessica 6. Tandis que la jeune femme tente de s'échapper de la Cité des Dômes en compagnie d'autres fugitifs, elle est aidée par Logan 23, un limier chargé de la sécurité des lieux. Se laissant convaincre par Jessica 6 qu'il existe une vie en dehors de la Cité des Dômes, Logan accepte de la suivre vers l'extérieur. Devenus fugitifs, ils partent tout deux à la recherche du Sanctuaire, une cité mythique où chacun peut vivre librement sans craindre de participer à ce qui dans la Cité des Dômes est en réalité un sacrifice ! Lancé à leur recherche par les Membres du Conseil des Anciens afin de les ramener dans la Cité, l'ami de Logan, Francis 14 (Randy Powell), découvre que ceux qui la dirigent sont très âgés. Afin de le convaincre de traquer et de ramener les deux fugitifs, l'un des membres promet à Francis de l'intégrer au Conseil des Anciens dès qu'il aura accompli sa tâche...


Nous allons ici aborder les premiers épisodes de L'âge de cristal. Série de science-fiction mythique des années soixante-dix qui côtoya à la même époque d'autres séries toutes aussi légendaires telles que Cosmos 1999, Battlestar Galactica ou encore The Fantastic Journey... À l'origine est sorti en librairie en 1967 le roman Logan's Run de William F. Nolan et de George Clayton Johnson. Ouvrage de science-fiction qui fut tout d'abord adapté sur grand écran par Michael Anderson avec dans les rôles principaux Michael York, Jenny Agutter et Richard Jordan en 1976, l'année suivante verra arriver dès le 16 septembre 1977 sur les petits écrans de télévision américains son adaptation télévisuelle sobrement intitulée Logan's Run aux États-Unis et plus tard sous le titre de L'âge de cristal chez nous. Constituée de quatorze épisodes seulement, la série quitte rapidement le cadre de la Cité des Dômes pour se concentrer sur tout un chapelet d'aventures au centre desquelles l'on retrouve bien évidemment la traque entre nos deux héros et le limier Francis 14. S'agissant du premier épisode simplement intitulé L'âge de cristal et dans lequel Logan et Jessica sont désormais interprétés par Gregory Harrison et Heather Menzies, nos deux fugitifs vont être confrontés à la dure et habituelle réalité d'un monde post-apocalyptique avec ses gentils et ses méchants. Ces derniers étant ici incarnés dans ce premier épisode par des cavaliers qui kidnappent les imprudents habitants d'un bunker qui osent sortir prendre l'air pour en faire des esclaves. Plus tard, dans cet épisode dont la durée est plus importante que pour les suivants, Logan et Jessica tomberont sur la Cité des montagnes. Un lieu apparemment paradisiaque où ils seront accueillis avec bienveillance par des hommes et des femmes prêts à assouvir tous leurs besoins. Enfin, en théorie puisqu'ils découvriront bientôt que leur liberté est factice et surtout que ces hommes et ces femmes qui les ont accueillis sont en réalité des... androïdes...


Ce ne sera que grâce à l'aide inespérée de l'un d'entre eux, Rem (incarné par Donal Moffat) qu'ils pourront se sauver de cette prison dorée. L'occasion ainsi de découvrir le troisième héros de la série puisque Rem accompagnera désormais Logan et Jessica lors de leurs aventures. Des pérégrinations qui se poursuivront donc dès le très sympathique second épisode intitulé Les collecteurs et dont le contenu rappelle ostensiblement celui du vingt-cinquième épisode de la première saison de The Twilight Zone intitulé People Are Alike All Over (Tous les gens sont partout semblables) dans lequel un astronaute dont la fusée s'est écrasée sur Mars est accueilli par les habitants de la planète qui malgré leur apparente gentillesse l'enfermeront dans un appartement tel un animal dans la cage d'un zoo ! Une fois l'affaire résolue par le décidément très utile Rem, la série se poursuit par l'épisode Un étrange chasseur dont l'intrigue fait appel elle aussi à une référence ''fantastique'' puisque nos deux fugitifs seront cette fois-ci traqués par un chasseur du nom de James Borden (l'acteur Horst Buchholz) et par sa femme Irène (Mary Woronov) dans un épisode qui fait donc évidemment référence à la fameuse nouvelle écrite en 1925 par l'écrivain et scénariste américain Richard Connell, The Most Dangerous Game, connue chez nous sous le titre Les chasses du Comte Zaroff... Bref, comme on peut le constater, la série de William F. Nolan et George Clayton Johnson, outre son approche dystopique d'un monde faussement idéal fut parfois inspirée par des oeuvres ayant elles-mêmes apporté beaucoup aux genres Fantastique et Science-fiction... Les spectateurs de l'époque redécouvrirons avec plaisir le fameux générique composé par Laurence Rosenthal, les costumes de nos héros créés par le costumier Bill Thomas ou le légendaire SolarCraft, le véhicule sur coussin-d'air alimenté par le soleil et créé par l'entreprise Dean Jeffries Auto Styling...



 

dimanche 14 juin 2026

Soldier de Paul W.S. Anderson (1998) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Je croyais avoir au moins un ami dans mon entourage. Jusqu'à ce que je fasse l'erreur de suivre son conseil et que je me lance dans la projection de Soldier de Paul W.S. Anderson. Oui, oui, l'auteur d'innombrables séries B fantastique de facture très moyenne et parmi lesquelles l'on trouve notamment quatre épisode de la franchise Resident Evil, la première adaptation cinématographique de la licence de jeux vidéos Mortal Kombat en 1995, le space opera horrifique Event Horizon : Le Vaisseau de l'au-delà réalisé deux ans plus tard, le crossover Alien vs. Predator en 2004 ou encore le très mauvais Monster Hunter il y a six ans... Affirmant à travers moult arguments que Soldier est une petite bombe, un super film de science-fiction mâtiné d'action ou une alternative intéressante au déjà pas terrible Universal Soldier que réalisa six ans auparavant Roland Emmerich, l'ami en question m'épargna fort heureusement l'achat au prix prohibitif de quatre-vingt dix euros, un dvd généralement épuisé... Invité en grandes pompes mais tout de même pas affublé d'un costard-cravate, l'expérience fut pourtant aussi peu concluante que celle vécue lors de la projection de Event Horizon : Le Vaisseau de l'au-delà. Décidément enclin à tourner des séries B d'une pauvreté artistique et scénaristique qui sont sa marque de fabrique, Soldier n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des failles qui émaillent le cinéma de Paul W.S. Anderson. Produit à hauteur de soixante-quinze millions de dollars, on se demande encore où est passé le budget. Sans doute une partie importante de l'argent est-elle passée de la main des producteurs au portefeuille de Kurt Russell, immense star du cinéma américain qui rien que la décennie précédente enchaîna ce que d'aucun peu juger de classiques de la série B. Fidèle collaborateur du réalisateur John Carpenter durant un temps, rien que dans le courant des années quatre-vingt, les deux hommes ont travaillé ensemble sur trois projets : New York 1997 (Escape from New York) en 1980, The Thing en 1982 et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China) en 1986...


Sans oublier l'excellent biopic qu'ils consacrèrent à Elvis Presley à la toute fin des années soixante-dix, Le Roman d'Elvis (Elvis). Sans parler de l'excellent Buddy Movie Tango et Cash d'Andreï Kontchalovski en 1989. Dans Soldier où l'acteur américain tient le rôle principal du sergent Todd 3465, Kurt Russell est malheureusement sous-exploité. Habituellement charismatique, Paul W.S. Anderson le transforme en personnage dénué de toute émotion et particulièrement taiseux. Bref, pas de quoi pour lui de faire étalage de son talent, lequel est placé au second plan derrière une musculature aiguisée et une force d'intervention particulièrement redoutable. Littéralement jeté sur la planète-décharge Arcadia 234, Todd est recueilli par les habitants d'une colonies qui ne vivent que grâce aux déchets qui régulièrement sont largués au sol par une organisation terrienne chargée de former des soldats d'élite auxquels appartenait justement Todd jusqu'à ce qu'il ait été officiellement reconnu comme mort après avoir affronté un certain Caine 607 (Jason Scott Lee). L'action se déroule en 2036 et le lieu principal où se situe le récit confirme que l'on est là devant un film d'action et de science-fiction. Rien de bien extraordinaire malheureusement puisque le scénario est réduit à sa plus simple expression. Forçant le trait du personnage monolithique, Kurt Russell brille sans doute moins à l'image que la superbe actrice danoise Connie Nielsen qui interpréta l'année précédente le personnage de Christabella Andreoli dans L'associé du Diable de Taylor Hackford avant de devenir célèbre grâce au personnage de Lucilla dans Gladiator de Ridley Scott en 2000. Bourrin, Soldier semble avoir fait illusion auprès de certains spectateurs qui adoubent son contenu. Pourtant, le film n'est rien moins qu'un piteux ersatz du Mad Max 2 du réalisateur australien George Miller...


 

vendredi 12 juin 2026

Disclosure Day de Steven Spielberg (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Steven Spielberg est né le 18 décembre 1946. Six mois et vingt et un jour plus tard ainsi qu'à une distance de plus de deux mille kilomètres de son lieu de naissance est venu s'écraser dans un ranch près de Roswell, un objet volant non identifié. Alors âgé de quelques mois seulement, il y a donc peu de chance que l'événement ait eu un impact direct sur la passion du réalisateur américain pour le phénomène des ovnis. Les origines de son intérêt pour le sujet semblent remonter à ses dix ans, lorsque dans le désert du Nevada il assiste à une pluie de météorites qui selon ses propres termes, ''l'introduit au monde se situant au-delà de notre planète...'' Comme bon nombre de simples citoyens ou de chercheurs croyant fermement à l'existence de civilisation extraterrestres, Steven Spielberg semble avoir toujours essayé de mettre en place diverses hypothèses à travers son art. Et bien que l'on puisse souvent imaginer que sa première tentative d'incartade dans le ''merveilleux'' monde des extraterrestres fut Close Encounters of the Third Kind (Rencontres du troisième type) en 1977, l'histoire personnelle du Steven Spielberg cinéaste remonte en réalité à quelques années en arrière. En effet, après trois courts-métrages réalisés entre 1959 et 1961, l'américain réalise son premier long format au début des années soixante. Intitulé Firelight et d'une durée de cent-trente cinq minutes, le film traite du phénomène ovni et d'enlèvements extraterrestres. Steven Spielberg est alors âgé de seulement dix-sept ans. Encore étudiant, il profite des week-end et des soirées pour tourner ce qu'il jugera plus tard et avec une certaine ironie comme l'un des pires films de l'histoire du cinéma. Réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur de la bande musicale et monteur, le tout jeune Steven s'occupe de tout mais ne bénéficie que d'un tout petit budget ne dépassant les cinq-cent dollars. Projeté une seule fois sur grand écran dans la salle de cinéma d'une petite localité américaine, Firelight attirera malgré tout cinq-cent spectateurs et rapportera la somme de 501 dollars. Le film rapportant finalement à son auteur (financé par ses proches) un dollar de plus que la somme engagée...


Depuis, le mythe qui entoure le long-métrage provient du fait qu'il soit devenu totalement invisible de nos jours. Impossible en effet de pouvoir le chopper sur une quelconque plate-forme de streaming légale ou non. Un véritable objet de fantasmes pour les fans du cinéaste et pour les ufologues en herbe... Persévérant donc quelques années plus tard avec Close Encounters of the Third Kind et son budget conséquent pour l'époque d'environ vingt millions de dollars, il reviendra ensuite à l'une de ses premières passions avec E.T. the Extra-Terrestrial (E.T., l'extra-terrestre) en 1982 dans lequel un extraterrestre échoué sur notre planète était accueilli et protégé par un enfant de dix ans du nom d'Elliot. Alors que l'extraterrestre en question tentait de communiquer avec ceux de son espèce, sa présence sur notre planète allait intéresser l'armée. Elliot ainsi que son frère Michael et sa sœur Gertie allaient alors tout mettre en œuvre pour aider E.T a rejoindre un vaisseau venu de sa planète natale pour le récupérer... Dans le genre, ce film très divertissant, amusant et même parfois très émouvant, précédait de plus de quarante ans la sortie de la troisième adaptation du roman anxiogène et paranoïaque de H.G.Wells, The War of the Worlds. Après un premier long-métrage culte réalisé en 1953 par Byron Haskin, une vision toute personnelle mais tout aussi indispensable signée du réalisateur et scénariste polonais Piotr Szulkin sous le titre Wojna Swiatów - Nastepne Stulecie en 1981, c'est en 2005 que Steven Spielberg s'attaque à ce récit universel pour en proposer une version parfois impressionnante mais gâtée par un Tom Cruise qui cabotine trop souvent et finit par agacer par infantilisme et ruiner tout intérêt pour une œuvre manquant en outre cruellement d'inspiration...


Et puis, voici que Steven Spielberg nous revient en 2026 avec le tant attendu Disclosure Day... Dire que j'émettais des doutes autour de moi après avoir découvert il y a quelques mois la bande-annonce serait un euphémisme. Mais après plus de deux heures et vingt minutes, du haut de ses soixante-dix neuf ans, et même si l'on n'est pas un adorateur du cinéaste américain mais juste un spectateur plus ou moins curieux de son œuvre, l'on constate que Steven Spielberg est encore et toujours capable du meilleur. Humaniste, prônant l'empathie chez les Hommes, traitant de religion et donc de croyance, remettant en question les fondements les plus intimes de chaque être humain, Disclosure Day est sans doute à l'image du sujet qu'abordent certains protagonistes et notamment le ''méchant'' du film, Noah Scanlon qu'incarne l'acteur britannico-italien Colin Firth. Lequel conçoit avec difficulté que l'humanité puisse être préparée à certaines révélations. Un combat qui va d'ailleurs l'opposer aux véritables héros du récit, Margaret Fairchild, Daniel Kellner, Jane Blakenship et Hugo Wakefield qu'incarnent respectivement Emily Blunt, Josh O'Connor, Eve Hewson et Colman Domingo. Dans Disclosure Day, outre l'évocation de la Religion, il est question de messagers, d'artefact extraterrestre extrêmement puissant permettant à celui ou celle qui le détient de contrôler l'esprit de tel ou tel individu. Mais le film traite également de la civilisation humaine à laquelle Steven Spielberg pose une question apparemment simple mais qui s'avère en réalité excessivement complexe : sommes-nous prêts à connaître la vérité ? Et après l'avoir découverte, la remise en question de l'existence de Dieu par une ''entité'' qui lui serait potentiellement supérieure mènerait-elle l'humanité au chaos ? En optimiste doublé d'humaniste, Steven Spielberg préfère laisser chacun étudier la question lors d'un final absolument magnifique et bouleversant. Bien évidemment, du haut de son statut de ''simple'' fiction Disclosure Day, tout comme bien d'autres avant lui, ne demeure encore aujourd'hui que l'expression d'un rêve pour celles et ceux qui veulent y croire. Le film ne remettra donc pas en question les croyances des Fous de Dieu et ne modifiera pas la perception des complotistes. Rien de vraiment grave puisque cela ne reste que du cinéma. Du GRAND cinéma. Où l'un des grands maître du septième art tutoie une nouvelle fois les étoiles et rend plus que jamais concrète l'idée qu'ailleurs existent des civilisations qui ne veulent sans doute que notre bien...

 

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