mardi 8 septembre 2026

Blind Date (Onde de choc) de Nico Mastorakis (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Passons à quelque chose d'un peu plus sérieux mais qui au final ne sera peut-être pas plus remarquable que le Omega Syndrome de Joseph Manduke tout récemment évoqué. Nous quittons le merveilleux monde du Nanar pour nous transporter dans l'univers du Techno-Thriller. Derrière ce terme relativement barbare se cache un sous-genre du thriller, donc, auquel sont liés des aspects relatifs à la technologie. On pense alors à l'intelligence artificielle (2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick), à l'informatique (Wargames de John Badham), aux machines (Terminator de James Cameron) ou comme ici, aux médecines expérimentales puisque le sujet de Blind Date (Onde de choc) de l'ancien journaliste à sensation et cinéaste grec Nico Mastorakis met en scène l'acteur américain Joseph Bottom, interprète principal en 1974 de La Grande Traversée de Charles Jarrott et acteur de télévision notamment présent dans le soap opera Santa Barbara, et qui ici incarne le rôle de Jonathan Ratcliff, le héros d'un récit on ne peut plus ambitieux écrit par le réalisateur, scénariste, producteur, compositeur et acteur grec en collaboration avec Fred Perry. Le film met en effet en scène un homme qui après un accident lui ayant ôté la vue va se voir proposer l'opportunité d''être le cobaye du docteur Steiger (Keir Dullea) qui lui propose alors d'intégrer dans son cerveau des capteurs directement raccordés à une interface informatique implantée dans un boitier à l'apparence d'un baladeur (encore très en vogue à l'époque puisque le film date du milieu des années quatre-vingt). Un système qui lui permettra très rapidement de recouvrer la vue. Enfin, d'une certaine manière puisque Jonathan sera doté d'une vision très limitée. En bref, le monde s'ouvrira à lui de manière très sombre et développé à travers le contour des objets qui leur apparaîtront donc de manière très superficielle. Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre un semblant d'existence normale et ainsi user de ses nouvelles facultés afin de traquer le tueur qui endeuille la ville d'Athènes depuis maintenant un certain temps !


Nico Mastorakis semble avoir été particulièrement marqué par le cinéma de Brian De Palma. Une évidence qui saute au yeux dès lors que l'on compare Blind Dates à certaines des œuvres de cet immense cinéaste qui donna notamment naissance un an auparavant au formidable Body Double puisque tout comme dans ce classique du thriller américain, son personnage évolue dans un univers tout d'abord voyeuriste. Observant une femme de loin, dans son intimité. Une inconnue qu'il semble connaître puisqu'elle s'avérera être Rachel (Lana Clarkson), une ancienne compagne qu'il n'a pas su aider lorsqu'elle fut agressée et violée par quatre malfaiteurs. La première partie demeurant ainsi un ''hommage'' à peine voilé du long-métrage de Brian De palma avant que l'intrigue ne vire au techno-thriller à proprement parler. Cette fois-ci, Nico Mastorakis s'inspire davantage d'un autre classique de l'auteur de Carrie au bal du Diable, de The Phantom of the Paradise ou de Scareface. Effectivement, désormais doté de nouvelles facultés lui permettant de se lancer sur les traces du tueur en série, Jonathan va réécouter les enregistrements qu'il effectua plus tôt lors de sa poursuite de l'assassin. Le boitier lui permettant ainsi de noter des détails importants concernant ce dernier. Cette seconde partie fait alors référence à un autre classique de Brian De Palma, un peu plus ancien puisque datant de 1981. Vous sentez venir la référence..... ? Et oui, l'on parle bien ici de Blow Out, ce thriller mêlé de drame romantique bouleversant notamment interprété à l'époque par John Travolta et Nancy Allen. Dans un cas comme dans l'autre des films cités ci-dessus, Blind Dates fait en comparaison, pâle figure. Le cinéaste grec nous servant un petit thriller n'atteignant jamais vraiment ses ambitions. Car bien que sous certains aspects, la bande musicale de Richard Harvey provoque parfois un certain trouble, sa musique n'atteint jamais celle de Body Double composée par Pino Donaggio. Quant à la mise en scène et la direction d'acteurs, elles s'avèrent l'une et l'autre de piètre qualité. Pour terminer, notons la présence de deux actrices qui durant leur carrière passèrent par la case Star Trek puisque Kirstie Alley qui incarne ici la petite amie du héros interpréta la vulcaine Saavik dans Star Trek 2 ; La colère de Khan de Nicholas Meyer en 1982 tandis que Marina Sirtis qui apparaît ici sous les traits d'une talonneuse, elle fut l'une des plus iconiques interprète de la série télévisée Star Trek : La nouvelle génération dans laquelle elle joua le rôle de la bétazoïde Deanna Troi...

dimanche 6 septembre 2026

Silo - saison 3 de Graham Yost (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Avant d'évoquer la troisième saison de l'excellente série de science-fiction américaine Silo, il serait peut-être intéressant de revenir sur la seconde dont la diffusion eu lieu il y a maintenant plus d'un an. L'intrigue se déroulant toujours principalement dans le silo numéro 17 après que l'on ait appris à l'issue de la première saison de la série l'existence de nombre d'entre eux, Juliette Nichols demeure toujours l'héroïne du récit. Après avoir été envoyée ''nettoyer'' à l'extérieur de son abri, la jeune femme avait réussi à atteindre le silo numéro 18 dans lequel elle parvint à communiquer avec les quelques survivants qui y végétaient. Pendant ce temps là, une révolution était notamment menée par les mécaniciens du silo 17 à la tête de laquelle l'on retrouvait Knox et sa compagne Shirley. À l'issue de la seconde saison, Bernard, le dirigeant de l'IT du silo 17 finissait par saisir l'idée selon laquelle tout ou partie des règles qu'il avait mises en place l'était en réalité par une entité mystérieuse se cachant derrière le nom de ''Voix''. Le plus proche collaborateur de Bernard, Sims, devint son ombre tandis que son épouse, Camille, demeurait encore à ce jour un personnage relativement secondaire. Si le père de Juliette perdait la vie dans un élan sacrificiel assez remarquable, la jeune femme allait par contre découvrir que vivre à l'extérieur des silos n'était peut-être pas une hérésie. Une fois de retour au silo 18 et après avoir fait la promesse aux survivants du silo 17 de revenir les sauver, elle et Bernard se retrouvèrent tout deux enfermés dans le sas donnant vers l'extérieur au moment même ou le système d'incinération allait se déclencher... La saison trois de Silo démarre alors que nous ne connaissions pas le sort accordé à Juliette ainsi qu'à l'infâme chef de l'IT du silo numéro 18. Si la jeune femme est bien vivant, tout laisse supposer le décès de Bernard. Si une question s'est toujours imposée quant aux causes ayant contraint une partie de l'humanité à se retrancher sous terre dans l'un des cinquante silos présents sur place, la réponse nous parvient en partie lors de cette saison. Rien de véritablement spectaculaire ou du moins, de réellement original !


Cette saison est également l'occasion d'un retour en arrière de plusieurs siècles remontant aux origines des silos. Lors de nombreux flash-back l'on fait la connaissance de nouveaux personnages dont Daniel Keene (Ashley Zukerman), un jeune député, Helen Drew (Jessica Henwick), une journaliste d'investigation, Charlotte (Jessica Brown Findlay), la sœur de Daniel, la sénatrice Thurman (Laura Innes) ou encore le richissime homme d'affaire Per Stensen (Colin Hanks) qui fut à l'origine du projet des silos. Mais aussi et surtout Victor Crnkovich (Matt Craven), un scientifique et technicien ayant participé au projet de survie de l'humanité. Cette troisième saison élargie donc drastiquement l'intrigue de la série et apporte des réponses aux questions majeures. Apportant ainsi une signification importante s'agissant des nombreux cadavres présents à l'extérieur des silos ou expliquant de manière claire et concise les raisons du protocole ''Dernier Recours''. Certains personnages prennent une considérable importance. À l'image de Camille, l'épouse de Robert Sims, et qui dans cette troisième saison est directement liée à l'IT, suivant ainsi les ordres de la ''Voix'', pour le bien, pense-t-elle, de la communauté mais aussi et surtout pour celui de ses proches et avant tout celui de son fils. L'intrigue se base en outre sur la contamination de l'eau, permettant ainsi aux habitants du silo numéro 1 où vivent les nantis de se préserver de toute attaque en effaçant la mémoire des habitants du silo 17 tout en permettant à Victor et Daniel de garder le contrôle. D'un point de vue scénaristique, cette saison est beaucoup plus ample que les deux précédentes. Les divers passages se situant dans le passé permettant à la série d'être encore plus dynamique qu'elle ne l'était jusque là. Le scénario transformant radicalement certains personnages. Des protagonistes se muant en antagonistes et vice-versa ! Si cette saison apporte son comptant de réponses, d'autres, sans doute, seront apportées lors de la quatrième et dernière qui fut diectement tournée à la suite de la troisième entre août 2025 et mars 2026. Tandis qu'elle est actuellement dans sa phase de post-production, le début de sa diffusion est prévue sur Apple TV+ pour le 9 juillet 2027. Autant dire qu'il va falloir prendre son mal en patience pour connaître enfin l'issue de cette excellente série de science-fiction dystopique...

 

jeudi 3 septembre 2026

The Outer Threat de William Woods (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

N'ayant pas bénéficié d'une sortie sur grand écran, le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur canadien William Woods The Outer Threat met en scène les astrophysiciens Michelle (Constance Wu) et Daniel (Mark O'Brien) et leurs deux enfants Maddy (Callista Crowe) et François (Isaac Smelcer-Zhang) dans l'une des dernières productions de science-fiction s'intéressant à l'éventualité d'une présence extraterrestre lointaine et beaucoup plus avancée technologiquement que ne l'est l'espèce humaine. Enfermé dans un bunker aménagé afin d'étudier l'espace, le père de famille découvre l'hypothétique présence d'une sphère de Dyson entourant une étoile afin d'en extraire toutes les ressources énergiques. Bien que Daniel tente d'en réferer à l'organisation qui l'emploie, son collègue Teddy (Murray Furrow) lui conseille fortement d'abandonner cette idée s'il veut que sa famille et lui soient à l'abri du besoin pour les années à venir. Financé par la NSA, il parle de sa découverte à Michelle et décide un soir contre le consentement de celle-ci d'envoyer le résultat de ses recherches par mail à son agence. Une coupure d'électricité survient immédiatement et dès le lendemain, plusieurs drônes survolent les alentours de la demeure familiale. Pressentant un danger imminent, Michelle, Daniel et leurs deux enfants décident de prendre la route à bord de leur voiture et de rejoindre le père de la jeune femme avec lequel celle-ci a coupé les ponts depuis plusieurs années. Après leur départ, un bombardier survole leur propriété et fait exploser leur abri... Lui-même ancien astrophysicien à la retraite, le couple compte sur l'aide de Ming (Oscar Hsu) afin d'étudier la possibilité de contrer la série d'événements qui semblent mettre à l'arrêt le pays (plus d'électricité, plus de réseaux et plus aucun moyen de communiquer) et que Michelle et Daniel mettent sur le dos du Gouvernement... Dans un univers qui ressemble aux balbutiements d'une fin du monde annoncée et notamment décrite à travers le comportement et les reflexes de survie d'un certain Sam (William Fichtner) vivant reclus dans son restaurant avec ses enfants et que les ''fugitifs'' vont avoir l'occasion de croiser en chemin, The Outer Threat semble n'avoir bénéficié que d'un budget limité. Ce qui à l'image est retranscrit à travers un récit et des effets minimalistes. Ici, pas de CGIs, pas d'extraterrestres, pas du vue sur une planète lointaine dont la technologie est sans commune mesure avec celle de la Terre, pas d'invasion non plus mais l'espoir pour les cinq membres d'une même famille de retourner à une vie normale après qu'un événement les ait, eux et d'autres habitans, isolé du monde extérieur...


Le long-métrage de William Woods est surtout l'occasion pour lui de se pencher sur notre dépendance aux technologies. Et notamment à l'intelligence artificielle qui semble ici avoir beaucoup plus d'importance qu'elle n'en a l'air. L'ennemi est ici, parfaitement invisible. Et lorsque Michelle, Daniel, Maddy et François sont poursuivis, ce ne sont pas des hommes ou des femmes qui les contraignent à prendre la fuite mais des drônes, des ballons-sondes ou des véhicules télécommandés à distance... Le film est également l'occasion de régler les problèmes internes liés aux différents membres de la famille. Et notamment l'attitude de Daniel que lui reproche Michelle et qu'il semnble calquer sur celui de son beau-père lorsque celui-ci préférait se plonger dans ses recherches plutôt que de s'occuper de son épouse malade et depuis disparue... William Woods tente également de développer toute une série d'idées mais les faibles moyens financiers et techniques et la courte durée du long-métrage neon comme conséquence qu'un survol de chacun des concepts alors que le cinéaste aurait probablement dû se concentrer sur une, voire, deux idées et pas davantage. Pourtant, The Outer Threat reste une œuvre plutôt intéressante, entre paranoïa, peur de l'inconnu à travers l'existence supposée d'une espèce beaucoup plus évoluée que la notre mais que les protagonistes hésitent tout de même à contacter afin qu'elle vienne en aide à l'espèce humaine. Aussi minimaliste que puisse être la narration, avec ses questionnements, ses conflits intérieurs et extérieurs ou son positionnement vis à vis des technologies (en effet, il est davantage question d'intelligence artificielle que de complot gouvernemental) ou d'une prétendue existence extraterrestre, le long-métrage n'est pas avare en événements même si les amateurs de blockbusters trouveront à redire s'agissant du rythme parfois lymphatique du récit. Tout comme dans leur globalité, les spectateurs trouveront invraisemblable qu'n gamin d'à peine quinze ans soit capable de régler le problème d'un simple clic de souris là où le Gouvernement semble avoir échoué jusque là. Mais en dehors de ces quelques faiblesses,' The Outer Threat reste une sympathique petite production davantage pensée comme une œuvre de science-fiction philosophique que comme une œuvre bourrine exclusivement axée sur l'action...

 

lundi 31 août 2026

Alien : Covenant 2 de Ridley Scott (202?)

 


 

En intervenant parfois sous certains articles ça et là, consacrés à de grandes (et beaucoup trop longues) franchises cinématographiques, il m'arrive parfois de m'agacer devant des commentaires agressifs de la part de fan(atique)s qui ne souffrent d'aucune remarque négative. Comme si ces derniers détenaient les clés d'un univers spécifiques auquel n'est convié aucun supposé néophyte (dans le meilleur des cas) ou ignare (dans le pire) en matière d'idéologie, de mythologie ou d'historique... Pourtant, avec l'arrivée très prochaine, je l'espère, du derniers acte ''xénomorphique'' signé de Ridley Scott, je me suis vite rendu compte que j'étais probablement fait du même bois que ces gens là ! Car alors, comment expliquer mon agacement devant ces hordes de prétendus fans du premier Alien sorti à la toute fin des années soixante-dix, s'énervant, agressant une partie de l'auditoire s'émerveillant à l'idée de pouvoir prochainement découvrir la tardive conclusion d'une saga qui s'était, il est vrai, quelque peu égarée ? Si l'on ne tient pas compte des deux crossovers consécutivement signés d'un côté par Paul W.S. Anderson en 2004 (Alien vs. Predator) et de l'autre par Colin Strause et Greg Strause trois ans plus tard (Alien vs. Predator : Requiem), la saga est constituée de sept longs-métrages. Les quatre premiers, qui sont donc chronologiquement ''incarnés'' par Alien, le huitième passager en 1979, Aliens, le retour de James Cameron en 1986, Alien 3 de David Fincher en 1992 et Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet en 1997 s'inscrivent dans une chronologie à peu près stable et les seules remarques que nous pourrions faire s'agissant de certains d'entre eux concernent probablement l'angle pris par chacun de leur auteur. Vinrent ensuite Prometheus et Alien : Covenant de Ridley Scott. Juste retour des choses pour celui qui depuis l'œuvre séminale vit son bébé grandir entre les bras d'autres artistes il est vrai, plutôt talentueux. Si l'on évacue le plus récent de tous, le Alien : Romulus de Fede Alvarez qui en 2024 se complaisait dans un jeunisme totalement absurde, sans parler non plus de cette infâme série télévisée créée par Noah Hawley intitulée Alien : Earth et qui en une saison de huit épisodes fit plus de tort à la mythologie qu'elle ne lui apporta de bienfaits, le retour de Ridley Scott sur grand écran dans le rôle du Grand Maître d'œuvre devrait plutôt faire sourire les fans d'origine que de les pousser à considérer le peu d'intérêt d'un nouvel opus dans cette flamboyante saga de science-fiction horrifique. Qui, par exemple, pour critiquer l'approche de James Cameron qui remplaça l'incroyable ambiance et la tension inhumaine de Alien premier du nom par une aventure guerrière ? Personne ! Ou en tout cas, pas grand monde...


Si les qualités de Aliens, le retour sont indéniables et même plutôt nombreuses, on aurait pu lui reprocher d'avoir un tant soit peu éludé la question du suspens sous haute tension du long-métrage de Ridley Scott. Si je me souviens qu'à l'époque de Prometheus ma compagne et moi avions été quelque peu déçus par l'absence de réelle ambition de la part des scénaristes Damon Lindelof et Jon Spaihts qui avec leur script nous promettaient une aventure plongeant ses héros aux sources de l'Humanité, à la revoyure (qui fut depuis, multiple) le film est objectivement une très grande réussite. Empruntant en outre à l'univers de Alien certains codes puisqu'il semblait apparemment s'agir surtout d'une préquelle comme le démontrait notamment la présence des Ingénieurs et de leur immense vaisseau. Puis vint Alien : Covenant, dont la densité visuelle et sonore abattait là encore en toute objectivité, toute tentative de concurrence en matière de science-fiction horrifique. Impossible ou presque de citer un seul exemple comparatif en dehors du génialissime The Thing de John Carpenter, du tout aussi indispensable Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman ou dans un genre beaucoup plus proche du thème qui nous intéresse ici avec le plutôt sympathique Life : origine inconnue de Daniel Espinosa qui sembla ouvertement être inspiré de l'œuvre de Ridley Scott et de ses consorts. Probablement qu'entre ceux qui suivent en toute subjectivité le mouvement de la ''détestation'' généralisée du second opus de ce qui bientôt deviendra une trilogie et ceux qui critiquent très sincèrement le film de Ridley Scott pour n'avoir pas toujours de logique chronologique ou mythologique, s'inscrivent celles et ceux qui apprécièrent ET Prometheus ET Alien : Covenant pour ce qu'ils sont : Deux ''putains'' de films de s-f horrifiques à gros budgets ! Parfois épiques, angoissants, gores, aventureux, jamais débilitants et dotés de l'inimitable patte artistique de leur auteur ! C'est d'autant plus fébrile que j'attends donc l'arrivée prochaine du dernier volet de la ''trilogie de préquelles'' initiée par Prometheus et poursuivie par Alien : Covenant. Évitons donc de cracher sur un produit dont on ne connait pour l'instant pas grand chose, si ce n'est même rien du tout. Tout ce que l'on peut dire c'est que face à un Alien : Romulus que Ridley Scott ne semble pas particulièrement porter dans son cœur, l'auteur de trois des opus de cette longue saga vieille de presque quarante ans va enfin pouvoir en reprendre les rênes...

 

lundi 17 août 2026

The Shadow Men (Ennemis Non-Identifiés) de Timothy Bond - ★★★★★☆☆☆☆☆


Diffusé en France à la télévision sous le titre Ennemis Non-Identifiés et parfois opportunément renommé sous celui de Men in Black après la sortie en salle quelques mois auparavant du long-métrage éponyme de Barry Sonnenfeld avec Will Smith, Tommy Lee Jones et Linda Fiorentino, le téléfilm américain The Shadow Men de Timothy Bond met en scène la famille Wilson composée du père Bob (Eric Roberts), de son épouse Dez (Sherilyn Fenn) et de leur jeune fils Andy (Brendon Ryan Barrett). Tandis qu'ils ont choisi de ne pas tenir compte de l'avertissement d'un pompiste qui leur conseillait de ne surtout pas se rendre dans une région montagneuse pourtant réputée dangereuse, c'est après avoir assisté à un joli coucher de soleil qu'il entreprennent de prendre la route du retour qu'ils sont attaqués par un étrange objet volant lumineux. Alors que leur véhicule se retrouve dans un fossé, quelques minutes plus tard, leur voiture se retrouve inexplicablement au beau milieu de la route. Perturbés par ce qui leur est arrivé, Bod et Dez décident alors de contacter l'armée de l'air américaine. Viennent par conséquent frapper à leur porte d'étranges hommes en noir dotés de lunettes opaques qu'ils croient appartenir au Gouvernement et qui dès lors ne vont avoir de cesse que de récupérer l'enregistrement qu'effectua lors de l'événement leur fils Andy. Depuis, le couple ne cesse de faire des cauchemars que le père identifie davantage comme étant plutôt des souvenirs. Il décide alors de faire appel à Stan Mills (Dean Stockwell), un ancien militaire devenu écrivain et qui depuis s'est reconverti dans l'étude des ovnis. Lorsque les Wilson lui prouvent la véracité du phénomène qu'ils ont vécu quelques jours auparavant, l'homme décide de leur venir en aide... À une époque où la télévision américaine s'empare du sujet des ovnis et des extraterrestres à travers des séries telles que Dark Skies, First Wave, Earth: Final Conflict et bien évidemment la plus célèbres d'entre toutes The X-Files, il est difficile de se démarquer de la concurrence et ça n'est très certainement pas le téléfilm Ennemis Non-Identifiés qui pu y parvenir même si les ambitions du réalisateur et des scénaristes Justin Stanley et Eric Miller sont pourtant bien visibles à l'écran. La faute pour commencer à des effets-spéciaux rares et surtout rudimentaires qui paraissent lors de l'apparition de l'ovni, bien dérisoire en comparaison de ce que la technologie permet déjà d'accomplir sur ordinateur en cette année 1997...


Le budget du téléfilm équivalent à peu près à celui d'un épisode de chacune des séries citées ci-dessus, il est plus simple d'imaginer que le problème vient probablement davantage d'un manque de talent de la part du concepteur des effets-spéciaux David Waine et des concepteurs des effets visuels que d'un manque de moyens financiers. Ces derniers étant surtout regroupés lors de l'apparition de l'ovni ou lorsque apparaissent les hommes en noir qui très vite vont se montrer hostiles envers les Wilson et Stan Mills. La différence principale entre les Men in Black tels qu'ils sont généralement décrits et notamment dans la trilogie d'origine de Barry Sonnenfeld (poursuivie en 2019 par un quatrième volet intitulé Men in Black: International et réalisé par F. Gary Gray) et ceux du téléfilm est qu'ici, il ne s'agit pas simplement d'agents du Gouvernement ou de personnages mystérieux appartenant à une organisation secrète mais bien des extraterrestres venus récupérer les preuves vidéos et éliminer les témoins de leur présence sur notre planète. Des créatures qui montrent là encore la faiblesse technique des effets-spéciaux de maquillage puisqu'ils ont surtout l'air de ressembler à des acteurs cachés sous des masques ressemblant grossièrement à l'image que l'on se fait des petits gris. Un visage ovoïde, blafard, dévoré par deux yeux immenses et noirs ! L'un des atouts du téléfilm reste pourtant tout d'abord la présence à l'écran de Dean Stockwell, surtout connu chez nous pour avoir incarné l'hologramme Albert Calavicci dans la série Code Quantum, de Sherilyn Fenn qui dans la série culte de David Lynch Twin Peaks interpréta le rôle d'Audrey Horn ou celle d'Eric Roberts, acteur à l'impressionnante carrière au cinéma et à la télévision avec plus de huit-cent cinquante rôles en plus de cinquante ans de carrière (sans compter les nombreux projets qui attendent d'être finalisés). Chez nous, en France, Ennemis Non-Identifiés souffre d'abord et avant tout d'un catastrophique doublage. Quant au téléfilm lui-même, en dehors de scènes d'action multiples qui évitent au spectateur de s'ennuyer, l'un des plus gros problèmes provient finalement moins des effets-spéciaux ultra-chap que de la caractérisation et l'attitude parfois absurde des hommes en noir. Au final, si l'on parvient à se remettre dans le contexte de l'époque, une décennie qui reste sans doute celle qui a le plus souffert à la télévision d'effets-spéciaux numériques qui ont subit les outrages du temps, le téléfilm de Timothy Bond reste tout à fait regardable..





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