mardi 19 mai 2026

The Monsters Are Due on Maple Street de Ronald Winston (1960) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'est la fin de l'été, dans une petite ville des États-Unis. L'action se déroule à Maple Street, rue centrale et passante de cette cité plutôt tranquille où tout le monde se connaît, tout le monde s'apprécie et où va se dérouler un curieux phénomène vu par une partie de la population. À très exactement dix-huit heures et quarante-trois minutes, précédé d'un intense flash lumineux, un bruit sourd se fait entendre. Les habitants de Maple Street sortent de chez eux, vont dans la rue, s’interrogent et se réunissent sans pour autant comprendre ce qui vient de se produire dans le quartier, au dessus de leur tête. Toutes activités cessantes, hommes et femmes commencent à produire des hypothèses quant à cet étrange phénomène. D'autant plus que depuis qu'il s'est produit, l'électricité a été coupée, le téléphone ne fonctionne plus et les voitures ne veulent plus démarrer. Toutes sauf celle de Les Goodman qui étrangement démarre toute seule. Alors que l'un des adolescents de Maple Street indique que le phénomène qui s'est produit quelques dizaines de minutes auparavant est probablement lié à une invasion prochaine des extraterrestres, celui-ci précise en outre que les envahisseurs ont pour habitude de couper le courant par l'entremise d'éclaireurs installés parmi la population afin d'isoler les habitants du monde extérieur... Certains d'entre eux ne vont pas tarder à alimenter la psychose, persuadés que seule la voiture de Les Goodman et que son habitude régulière de regarder le ciel lorsque se couche le soleil font de lui et de sa famille des extraterrestres venus observer l'espèce humaine avant l'invasion... Écrit comme très souvent par Rod Serling et réalisé par Ronald Winston, The Monsters Are Due on Maple Street s'installe dans un contexte de guerre froide où l'Amérique s'effraie d'une hypothétique invasion de l'URSS dans l'Europe Occidentale et de la progression du communisme à l'échelle mondiale. Dans cet épisode de The Twilight Zone (La quatrième dimension) datant de 1960 et diffusé pour la première fois aux États-Unis le 4 mars de la même année, scénariste et réalisateur ne font pas mystère de cette crainte tout en invoquant non plus la Peur des Rouges, période durant laquelle les américains soupçonnaient que l'Armée, les universités, le Gouvernements et d'autres institutions étaient probablement infiltrés par des espions communistes, mais bien une invasion venue de l'espace...


Un sentiment cultivé par ce jeune garçon qui à travers son récit va déclencher une véritable épidémie de folie paranoïaque parmi la population. Chacun cherchant sa réponse aux événements qui se produisent. Première victime évidente, Les Goodman. Un homme qui se lie plutôt rarement avec ses voisins dans une Amérique bien connue pour cultiver notamment chez les habitants de certains lotissements, des habitudes dites de ''Bon voisinage''. Entretien de la pelouse (la hauteur de l'herbe étant l'une des conditions sine qua non d'une bonne entente entre voisins), respect des horaires de couvre-feu, tranquillité et discrétion, barbecues entre voisins, etc... Rapidement, deux clans s'affrontent. Ceux qui préfèrent attendre d'avoir davantage d'informations sur ce qui s'est produit plus tôt dans la journée et ceux qui vont rapidement se focaliser sur Les Goodman et ses proches. Dans un esprit très ''science-fiction paranoïaque'', The Monsters Are Due on Maple Street montre les dérives de l'humanité lorsqu'elle est confronté à un événement qu'elle ne connaît, ne maîtrise et ne comprend pas ! Le spectateur est pris ici à témoin d'un chaos à l'échelle d'un petit quartier où certains tentent de raisonner avec modération quand toute rationalité à quitté l'esprit d'autres habitants. Cachant leur peur et leur incompréhension derrière une violence verbale et physique encore bien réelle de nos jours. Face à ce constat affligeant d'une humanité ayant opté pour une attitude peu réfléchie et ancrée dans une certaine forme de régression intellectuelle, de décivilisation et d'ensauvagement, Rod Serling et Ronald Winston apportent une réponse cinglante produite effectivement à travers des observateurs qui de loin constatent qu'en ''Mettant en panne le courant, en coupant le téléphone et en les plongeant quelques heures dans le noir, les humains réagissent immédiatement selon les mêmes critères. Il leur faut un suspect sur lequel ils vont pouvoir s'acharner. Il suffit alors de patienter...''

 

dimanche 17 mai 2026

Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker (1967) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dix ans se sont écoulés entre la sortie de Quatermass 2 et celle de Quatermass and the Pit. Confié au réalisateur britannique Roy Ward Baker, ce troisième chapitre des aventures de Bernard Quatermass a connu beaucoup de changements par rapports aux deux précédents volets puisque après le départ de Val Guest qui s'en est allé durant ces dix années qui séparent les opus deux et trois tourner une quinzaine de longs-métrages dont le film de science-fiction The Day the Earth Caught Fire en 1961, a donc laissé sa place à son prolifique compatriote. Accompagnant son changement de réalisateur, Quatermass and the Pit a également fait l'objet d'une refonte totale concernant son casting puisque les interprètes d'origine des deux premiers volets ont disparu. Et notamment l'acteur Brian Donlevy qui en 1955 et 1957 incarna le rôle principal cette fois-ci confié à l'écossais Andrew Keir. L'absence de Brian Donlevy s'explique par le choix du scénariste d'origine Nigel Kneale qui veut alors adoucir les traits du personnage qu'il considérait jusque là un peu trop brutal et autoritaire. De nouveau aux commandes du script, Nigel Kneale impose un personnage beaucoup plus humain, coordonnant chacune de ses actions avec réflexion. C'est donc sans le moindre doute quant à l'acceptation par le public d'un nouvel interprète dans le rôle clé de ce troisième volet que le scénariste caste un nouvel acteur et jette son dévolu sur Andrew Keir malgré la défiance de la Hammer Fim Productions qui avait tout d'abord logiquement et naturellement imaginé l'acteur d'origine dans le rôle de Bernard Quatermass. Ensuite, se pose la question de la misogynie s'agissant de Val Guest qui comme le démontrent les deux premiers films faisait peu de cas des rôles féminins qu'il cantonnait à des tâches globalement subalternes. Des interprètes très secondaires et souvent dans l'ombre de leurs partenaires masculins. Là encore l'on peut noter une nette différence entre les deux premiers longs-métrages et celui de Roy Ward Baker qui implique cette fois-ci de manière beaucoup plus soutenue le personnage de Barbara Judd interprété à l'écran par l'actrice Barbara Shelley. Enfin, et cela est notable, contrairement à The Quatermass Xperiment et Quatermass 2, Quatermass and the Pit sera filmé en couleur et non plus en noir et blanc.


Dans cette nouvelle aventure où la critique envers le Gouvernement demeure toujours aussi féroce, le professeur Bernard Quatermass et son ami le docteur Mathew Roney devront composer avec l'Armée après que de très anciens ossements ainsi qu'une très étrange structure tout d'abord confondue avec un missile allemand de la Seconde Guerre Mondiale aient été déterrés lors de travaux de rénovation effectués dans le quartier de Hobbs Lane à Knightsbridge. Si quelques lignes de dialogues se réfèrent directement au projet avorté de Quatermass dans le précédent volet, Quatermass and the Pit n'entretient en réalité pas grand chose en commun avec les œuvres passées même s'il est encore question ici d'une race extraterrestre enfermée dans ce qui semble donc être un vaisseau spatiale. Une très grande partie du récit se déroule dans le métro londonien, à la station Hobbs Lane. Dans Quatermass and the Pit est tout d'abord évoquée l'hypothèse de restes de très vieux ancêtres de l'homme qui pourraient avoir des origines extraterrestres. Puis vient ensuite l'évocation d'un mythe lié à la sorcellerie à travers la terminologie d'origine du mot Hobs (avec un seul B). Provenant du folklore britannique et désignant notamment ainsi des esprits domestiques ou des gobelins. Si le scénario semble un temps se mélanger les pinceaux entre diverses hypothèses, le film s'ancre pourtant parfaitement dans la mythologie de la saga même si le côté ''Body-Snatching'' n'est désormais plus que résiduel. Bien que dix ans soient passés et que Quatermass and the Pit évoque moins les blessures liées au souvenir de la Seconde Guerre Mondiale, Nigel Kneale y fait pourtant directement référence lors de la découverte de l'objet enfoui sous terre. Un objet qui est au centre de toutes les attentions, des personnages jusqu'aux spectateurs qui se demandent alors ce que peut bien renfermer cette ''fusée'' dont le revêtement est totalement inaltérable ! Bien que l'on avait pris l'habitude de voir Brian Donlevy dans le rôle de Bernard Quatermass, son remplacement par Andrew Keir se fait en douceur. D'autant plus qu'effectivement, le personnage est beaucoup plus plaisant qu'il ne l'était par le passé. Ajoutons à cela la collaboration de la charmante Barbara Shelley qui honore tel qu'il se doit la Femme de sa présence à l'écran...

vendredi 15 mai 2026

Quatermass 2 de Val Guest (1957) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Deux ans après avoir réalisé et écrit en compagnie de Richard H. Landau The Quatermass Experiment sur la base d'un scénario imaginé par l'écrivain anglais Nigel Kneale, le cinéaste britannique Val Guest remet en avant le personnage du professeur Bernard Quatermass dans un récit qui emprunte moins la voie de l'épouvante pour s'inscrire dans un contexte de pure science-fiction. Toujours produit par la Hammer Film Productions et notamment distribué sur le territoire américain par la société de distribution et de production américaine United Artists, Quatermass 2 (sorti chez nous sous le titre La marque) implique différentes thématiques propres au genre. Dix ans avant que les extraterrestres ne viennent envahir notre planète à travers la série culte The Invaders dans laquelle le héros David Vincent tentait souvent vainement de convaincre ses concitoyens de la présence sur Terre d'extraterrestres théoriquement intégrés à notre société, à des milliers de kilomètres de distance, dans la campagne anglaise, Bernard Quatermass allait bien avant lui tenter de persuader les habitants d'un petit village ainsi que son ancien ''partenaire'', l'inspecteur Lomax (désormais incarné en lieu et place de Jack Warner par John Longdon), de la présence dans un complexe flambant neuf situé tout proche de la petite localité de Winnerden Flats, d'individus qui malgré leur apparence, ne sont probablement pas ce qu'ils prétendent être. Tout commence ou presque alors que notre fameux physicien apprend qu'une série de météorites se sont écrasées à Winnerden Flats. Se rendant sur place avec son ami Marsh (Bryan Forbes), les deux hommes découvrent un champ de ruines. La ville ayant été apparemment détruite récemment. Au sol, Marsh ramasse ce qui semble être l'une de ces météorites lorsque celle-ci s'ouvre et laisse s'échapper un gaz très dangereux. L'homme tombe alors au sol. Des militaires lourdement armés débarquent sur place et s'emparent de la victime tout en conseillant à Quatermass de quitter les lieux sur le champ... Curieux de savoir où ces étranges individus ont emmené son ami, le physicien décide d'en parler à l'inspecteur Lomax. Quant au Gouvernement, inutile pour les deux hommes d'espérer le moindre soutien de sa part. C'est donc seuls qu'ils se rendent à Winnerden Flats afin d'enquêter...



Si Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel demeure sans doute l'un des plus célèbres films de science-fiction abordant le thème de la duplication, de la possession ou du remplacement des corps à travers le sujet du ''Body-Snatching'' en 1956, il ne fut pas le seul en ces années cinquante du siècle dernière à s'être aventuré dans cette voie puisque dès l'année suivante, Quatermass 2 s'en est ostensiblement approché. Ici, contrairement aux envahisseurs que traquera David Vincent dix ans plus tard, les extraterrestres sont conformes à l'idée que l'on se fait d'une espèce venue du fin fond de l'espace qui pour se cacher parmi la population prend possession de corps humains. Un fait d'ailleurs explicitement détaillé lors du récit et que va tenter de faire admettre par une population convaincue jusqu'à maintenant du bien-fondé du complexe situé à quelques kilomètres de distance et officiellement chargé de produire des aliments synthétiques. Lors de leur enquête Bernard Quatermass et l'inspecteur Lomax mettront à jour une organisation d'ampleur beaucoup plus effrayante que lors de leurs premières aventures en commun qui évoquait la seule présence sur le sol terrien d'un homme se transformant en une créature indicible dans le premier volet de la saga Quatermass ! Nettement plus ambitieux que son prédécesseur, Quatermass 2 bénéficie de décors réels et beaucoup plus vastes puisque les séquences situées dans le complexe chimique où se trouvent notamment enfermées de gigantesques créatures conçues par divers artisans spécialisés dans les effets-spéciaux de maquillage ont été tournée dans l'authentique raffinerie Shell Haven de Stanford-le-Hope située dans l’Essex. Quant à la cité fictive où sont concentrés les ouvriers qui vivent de l'installation dont ils ne se doutent pas des véritables enjeux, celle-ci prend place à Hemel Hempstead, petite ville du district de Dacorum, dans le Hertfordshire, en Angleterre... Beaucoup plus ouvert vers l'extérieur que le premier opus, cette séquelle peut-être donc vue par essence comme l'ancêtre européen des Envahisseurs, l'aspect paranoïaque en moins. Une œuvre de science-fiction très réussie pour une série de longs-métrages qui connaîtra une interruption de dix années puisque Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker ne verra le jour qu'en 1967...


 

jeudi 14 mai 2026

The Quatermass Experiment de Val Guest (1955) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Originaire de Londres, le réalisateur et scénariste britannique Val Guest est surtout connu et reconnu pour avoir participé à l'élaboration d'un certain nombre de films d'horreur en Angleterre sous la houlette de la société de production Hammer Film Productions pour laquelle il signera durant sa carrière, une quinzaine de longs-métrages. Et parmi ceux-ci, les deux premiers volets de la saga constituée de cinq films The Quatermass Xperiment, dont la sortie des divers opus s'étalonna entre 1955 et 2005. Poursuivi avec Quatermass 2 en 1957, Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker en 1967, The Quatermass Conclusion de Piers Haggard en 1979 et le reboot téléfilmique de l'original sobrement intitulé The Quatermass Experiment et réalisé en 2005 par Trevor Hampton et Sam Miller, le premier long-métrage de cette série mêlant opportunément science-fiction et épouvante s'inscrit dans un courant de qualité supérieur lorsque de l'autre côté de l'Atlantique, le cinéma américain a vu ces années là, nombre de productions de très faible qualité. Pour ne pas dire d'authentiques navets, une description à laquelle échappe fort heureusement The Quatermass Experiment version 1955. Si la science-fiction et l'épouvante sont deux genres qui cultivent depuis très longtemps un rapport ténu, il faudra probablement attendre le début des années cinquante pour voir émerger un nouveau concept, entremêlant créatures venues de l'espace et ambiance anxiogène. L'un des premiers du genre à avoir vu le jour demeurant The Thing from Another World de Christian Nyby en 1951. Quatre ans plus tard sort donc sur les écrans The Quatermass Experiment de Val Guest pour la Hammer Film Productions après une première apparition du personnage central dans une mini-série éponyme sortie deux ans plus tôt. Dans ce premier long-métrage cinématographique sorti chez nous sous le titre Le monstre, une fusée conçue et envoyée dans l'espace par le British-American Rocket Group du physicien Bernard Quatermass (ici incarné par Brian Donlevy) est de retour vers la Terre mais s'écrase dans la campagne anglaise avec à son bord trois astronautes.


La population du coin afflue, tandis que les pompiers s'apprêtent à ouvrir les vannes des tuyaux d'incendie sur ordre de Quatermass. Lorsque la porte de la fusée est ouverte à distance, un homme en sort, visiblement atteint physiquement par son retour sur notre planète. Secouru par une équipe de médecins, l'homme est transporté, toujours sur ordre de Quatermass, non pas à l’hôpital mais dans le laboratoire du docteur Gordon Briscoe (David King-Wood), un collaborateur du scientifique, permettant ce dernier d'avoir un œil sur le survivant. Alors que les deux autres astronautes ont mystérieusement disparu en laissant derrière eux des combinaisons pourtant attachées à leur siège, Briscoe n'a pas de bonnes nouvelles à annoncer à Quatermass ni à l'épouse de l'astronaute ayant survécu, Victor Carroon (Richard Wordsworth). En effet, l'homme semble être victime d'une maladie qui touche en priorité sa structure osseuse ainsi que son épiderme... Si pour beaucoup l'un des premiers grands classiques à avoir touché à la science-fiction typée ''aventure spatiale'' ou ''présence extraterrestre'' ainsi qu'à l'épouvante reste le mythique Alien, le huitième passager de Ridley Scott en 1979, The Quatermass Experiment n'en est pas moins l'un de ses plus remarquables ancêtres même si ces deux aspects ne sont suggérés qu'à travers le retour de trois astronautes après leur voyage dans l'espace et la lente mutation qui va faire du seul survivant, la victime d'un mal horrible mais aussi très dangereux pour ceux qui croiseront son chemin... Intégralement filmé en noir et blanc, le long-métrage de Val Guest oppose ensuite deux protagonistes. D'un côté Bernard Quatermass, qui voit ici l'occasion de faire des recherches scientifiques et de l'autre, l'inspecteur Lomax (Jack Warner), lequel enquête tout d'abord sur la disparition des deux autres astronautes avant que l'un et l'autre des deux personnages centraux ne viennent à collaborer afin de mettre la main sur un Victor Carroon qui depuis son passage du laboratoire de Briscoe à l’hôpital a finit par s'échapper.


Autre concept que l'on peut évoquer à travers ce classique de la science-fiction et de l'épouvante, le Body-Horror. Car si même dans sa version moderne le genre a surtout été développé par le canadien David Cronenberg dès le début des années soixante-dix, dans sa version beaucoup moins contemporaine, on peut remonter jusqu'aux années 30 à travers l'excellent Frankenstein de James Whale. Et pourtant, dès 1955 et avec The Quatermass Experiment, c'est bien la vision de Val Guest qui se rapproche le plus du concept tel qu'il est développé maintenant depuis plus de cinquante ans. Des chairs en mutation, une transformation globale du corps ainsi qu'une perte de la conscience humaine pour une approche beaucoup plus ''animale'', voire ''bestiale''. En ce sens, The Quatermass Experiment peut être envisagé comme l'un des premiers témoignages d'un courant qui aujourd'hui fait florès sur grand écran. Une œuvre accompagnée d'une bande musicale parfois très innovante pour l'époque et signée du compositeur britannique James Bernard. Notons que si les maquillages prosthétiques appliqués sur le visage de Richard Wordsworth restent encore pour l'époque relativement sobre, le regard halluciné de l'acteur demeure parfois troublant, voire même très inquiétant. Notons enfin qu'au lieu d'avoir appris de ses erreurs, le professeur Bernard Quatermass choisira en conclusion d'envoyer une nouvelle fusée dans l'espace. Ouvrant ainsi la porte à une séquelle qui verra donc le jour deux ans plus tard sous le titre Quatermass 2 aux États-Unis et sous celui de La marque en France...

 

mardi 5 mai 2026

Les chroniques de Riddick : Pitch Black de David Twohy (2000) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dire que je fondais tous mes espoirs sur cette première aventure cinématographique du personnage créé par Jim Wheat, Ken Wheat et David Twohy serait très exagéré. Car si même l'évocation du Hunter Gratzer (ce vaisseau de transport passager et de commerce voguant dans l'espace en pilotage automatique qui me fit immédiatement et furieusement penser au cargo de transport de minerai Nostromo du chef-d’œuvre de Ridley Scott Alien, le huitième passager) me donna l'envie de me plonger dans l'univers de son personnage principal, Riddick, j'allais employer un maximum de précautions. Méfiant comme un pou face à la présence de Vin Diesel, acteur pour lequel je me découvris très vite une réelle aversion alors même que de mémoire je ne me souviens pas avoir jamais vu un seul de ses films. Vin Diesel, oui... Acteur branché ''action'', à la sensibilité de défourailleur d'antagonistes en tous genres qui dans le cas de ces Chroniques de Riddick : Pitch Black de David Twohy ne font évidemment pas le poids face à un mythe qui plus de vingt ans en arrière fit entrer dans la légende des icônes du cinéma d'épouvante, le magnifique xénomorphe du plasticien suisse Hans Ruedi Giger et sa principale adversaire, Ellen Louise Ripley plus connue sous le diminutif de Ripley... On a beau dire, et même parmi ceux qui détestent, n'importe quoi, mais personne n'a depuis Ridley Scott jamais fait mieux... à part, peut-être, James Cameron pour ceux qui privilégient l'action au suspens... Mais ça, c'est une autre histoire. Ici, David Twohy nous plonge pour les premières aventures de son héros Riddick à la surface d'une planète hostile, au climat sec et désertique, éclairé par trois soleils et sur laquelle vient justement s'écraser le Hunter Gratzer. Un ''atterrissage'' difficile qui cause plusieurs morts tandis que les survivants vont rapidement se mettre en route pour trouver de l'eau avant de mourir de déshydratation. Mais tout comme les spectateurs, la pilote Carolyn Fry (Radha Mitchell) ainsi que Johns (Cole Hauser), Imam (Lewis Fitz-Gerald) et plusieurs autres survivants dont deux gosses vont devoir affronter bien plus dangereux que le soleil brûlant et le manque d'eau et de nourriture. En effet, cette planète, située dans le système apparemment tout à fait imaginaire du nom de M-344/G, abrite des créatures qui patientent depuis plus de vingt ans qu'une nouvelle éclipse la plonge dans une obscurité totale pour sortir de leur terrier. Lorsque Johns se rend compte du danger, il libère Riddick qui jusque là était fait prisonnier. En effet, s'il s'agit d'un très dangereux criminel, l'homme possède cependant un atout qui va s'avérer primordial : il est capable de voir dans le noir...


Je ne sais pas s'il faut considérer Vin Diesel comme l'assurance de passer un spectacle sinon vertigineux, du moins agréable mais avec cette conscience qui je trouve reflète chez son personnage celle d'un outil industriel autonome fabriquant des aliments pour animaux domestiques dans une usine de conserves, il est évident que le mot ''finesse'' et ''profondeur'' d'âmes ne sont pas des termes qui à proprement parler lui collent à la peau. Star de Fast and Furious, cette autre franchise, cette fois-ci interminable, Vin Diesel murmure plus qu'il n'en impose d'une éventuelle voix grave qui aurait collé à sa physionomie de porteurs de poids lourds. Face à lui, l'actrice Radha Mitchell que l'on a pu notamment découvrir en héroïne dans l'excellent Silent Hill de Christophe Gans en 2006 joue sans trop de force sur ses atouts féminins. Une bête et une belle affrontant ensemble des hordes de créatures... comment dire.... ''xénomorphiques'' (?) du plus détestable effet. Et dire que je lisais quelque part qu'elles étaient comparables à l'alien de Ridley Scott ! Une blague ! Pour qui aime ce genre de délire brutal entre action, science-fiction et horreur, c'est la panacée. Pour ceux qui aiment pouvoir se complaire devant une œuvre qui repose davantage sur l'émotion ressentie devant un bon film d'épouvante, c'est la désillusion. Doté d'une direction artistique unique mais qui déplaira sans doute à une partie des spectateurs malgré des choix esthétiques qui méritent d'être mentionnés (bravo au directeur de la photographie David Eggby), l'âge et le budget moyen des Chroniques de Riddick : Pitch Black posent un véritable problème depuis que le long-métrage à dépassé le quart de siècle : les effets-spéciaux sont souvent à la ramasse et ne parviennent pas à cacher leurs origines numériques. Mais au fond, quelle importance ? Car au delà de cette faille visuelle qui aura pour conséquence de sortir le spectateur du récit, Les Chroniques de Riddick : Pitch Black n'a en réalité pas grand chose d'innovant à nous proposer. Pas même en cette année 2000 où le film sort sur les écrans. Bourrins et exécuté sans finesse aucune, l’œuvre de David Twohy est objectivement plus proche de la série Z que du classique de la science-fiction. Ceci étant du moins mon point de vue...

 

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