lundi 14 septembre 2026

Star Slammer : la prison des étoiles (Prison Ship) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Inconsciemment mais visiblement réfractaire à l'idée du bonheur en cette journée ensoleillée où je reste enfermé tandis que d'autres osent une sortie sous l'interminable mistral méditerranéen, voilà que se présenta tout juste sous mes yeux l'un de ces films cultes signés de Fred Olen Ray dont fit notamment les beaux jours le magazine Mad Movies dans le courant des années quatre-vingt. Avec des titres tels que Evil Spawn en 1987, Hollywood Chainsaw Massacre en 1988, Beverly Hills Vamp en 1989 ou Scream Queen Hot Tub Party et Bad Girls From Mars en 1991, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain Fred Olen Ray s'est forgé l'une de ces indestructibles réputations d'artisan du Bis, voire même du cinéma Z comme le démontre Star Slammer : la prison des étoiles également connu sous le titre Prison Ship ! L'une des caractéristiques du cinéaste est très souvent de mettre en avant la gente féminine. Il n'y a qu'à voir combien d'actrices sont présentes ici au générique tandis que les hommes sont relégués au second plan. Une certaine idée du féminisme pourrait alors transpirer de cette indéniable fascination pour celles que l'on avait dans le passé le toupet de décrire comme le Sexe Faible mais qui démontre dans le cas de cette ''chose'' qui se prétend être un mélange entre W.I.P et science-fiction spatiale qu'elle sert avant tout d'objet de fantasme. L'histoire démarre à la surface de la planète Arous où Taura (Sandy Brooke) exploite une mine pour son compte personnel lorsque débarque le capitaine Bantor (Ross Hagen) qui exige de la jeune femme qu'elle lui remette les cristaux qu'elle a extrait. Devant son refus s'engage une bagarre que remporte Bantor. Taura est alors faite prisonnière et transportée à bord du vaisseau-prison Vehemence que dirige la tyrannique Warden Exene (Marya Gant)...


De cette tendance à accorder au film sa propension au féminisme il ne reste en réalité pas grand chose. En effet, en dehors de notre héroïne incarnée par Sandy Brooke, la quasi totalité des femmes qui la côtoient sont décrites sous un jours qui ne les met absolument pas en valeur. Et comme dans tout bon ou mauvais W.I.P (Women In Prison), les prises de becs sont légion. Courtement vétues, les jeunes femmes profitent ainsi de la moindre occasion pour se crêper le chignon jusqu'à ce que l'idée de se liguer contre l'autorité fasse enfin son petit bout de chemin à travers leur très court réseau de cellules grises ! Si Fred Olen Ray nous a habitué à des œuvres dont on peut généralement revendiquer une part de ''Médiocrité'', ce Cancer qui ronge toutes sortes de long-métrages dotés de budgets insignifiants et d'artisans mal avisés en terme de talent d'écriture, de mise en scène ou d'interprétation semble s'être ici carrément généralisé. Visuellement, Star Slammer : la prison des étoiles attaque la rétine aussi scrupuleusement que l'acide du xénomorphe du Alien de Ridley Scott s'en prenait à la moquette du Nostromo. Le travail des chefs décorateurs Michael Novotny et Wayne Springfield s'en ressent et tout sonne faux. Des couloirs vides, nus et qui donnent l'impression qu'un simple petit coup de poing permettrait de traverser n'importe quelle cloison. Quand aux costumes créés par Jill Conners, ils ont majoritairement l'allure des tenues que portent les fans de telle ou telle franchise lors des conventions annuelles qui leur sont consacrées. Ne parlons même pas de l'interprétation toujours aussi piteuse dans le cinéma de Fred Olen Ray mais qui dans le cas de Star Slammer : la prison des étoiles atteint véritablement des sommets...


La science-fiction n'est ici en réalité qu'un prétexte pour plonger les protagonistes dans un milieu carcéral dont il est malheureusement difficile de définir les contours très précis. Pas de barreaux, une cantine qui ne se définit qu'à travers la purée verdâtre que l'on sert aux prisonnières et des geôliers qui font du sadisme un sacerdoce. Le long-métrage est l'occasion d'opposer Taura à l'autorité et a pour but d'échapper au contrôle mental et à la violence avec comme finalité, le retour à la surface d'Arous. Comme dans de très nombreuses œuvres dites Z, Star Slammer : la prison des étoiles souffre de décors affreux qui rendent caduque toute approche réaliste du sujet. Le film étant proche de la Sexploitation à travers ses nombreux personnages féminins courtement vêtus. Écrit sur le bord d'une table, le scénario est simpliste et recycle un bon nombre d'idées déjà évoquées dans des styles aussi différents que ceux mentionnés ci-dessus. Bref, une toute petite production fauchée comme les blés typique du cinéma de Fred Olen Ray. À réserver aux fans du cinéaste et aux amateurs exclusifs de séries Z...

 

samedi 12 septembre 2026

Le gardien du temps de Brian Hannant (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 4039 et le monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra, interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction Star Wars est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051 années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le gardien du temps joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter. C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...


D'une qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des classiques que sont notamment New-York 1997 de John Carpenter ou Mad Max de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au Terminator de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale Film Corporation fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et John Baxter, Le Gardien du temps est parfois à ce point similaire à Terminator que l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore comme dans Terminator finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe entre l'une et l'autre puisque Le gardien du temps ne fait absolument pas le poids face à Terminator. Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment les huit millions de budget qui à l'époque était une somme importante pour ce genre de projet australien. Notons également l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star Wars est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de James Cameron...

 

mardi 8 septembre 2026

Blind Date (Onde de choc) de Nico Mastorakis (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Passons à quelque chose d'un peu plus sérieux mais qui au final ne sera peut-être pas plus remarquable que le Omega Syndrome de Joseph Manduke tout récemment évoqué. Nous quittons le merveilleux monde du Nanar pour nous transporter dans l'univers du Techno-Thriller. Derrière ce terme relativement barbare se cache un sous-genre du thriller, donc, auquel sont liés des aspects relatifs à la technologie. On pense alors à l'intelligence artificielle (2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick), à l'informatique (Wargames de John Badham), aux machines (Terminator de James Cameron) ou comme ici, aux médecines expérimentales puisque le sujet de Blind Date (Onde de choc) de l'ancien journaliste à sensation et cinéaste grec Nico Mastorakis met en scène l'acteur américain Joseph Bottom, interprète principal en 1974 de La Grande Traversée de Charles Jarrott et acteur de télévision notamment présent dans le soap opera Santa Barbara, et qui ici incarne le rôle de Jonathan Ratcliff, le héros d'un récit on ne peut plus ambitieux écrit par le réalisateur, scénariste, producteur, compositeur et acteur grec en collaboration avec Fred Perry. Le film met en effet en scène un homme qui après un accident lui ayant ôté la vue va se voir proposer l'opportunité d''être le cobaye du docteur Steiger (Keir Dullea) qui lui propose alors d'intégrer dans son cerveau des capteurs directement raccordés à une interface informatique implantée dans un boitier à l'apparence d'un baladeur (encore très en vogue à l'époque puisque le film date du milieu des années quatre-vingt). Un système qui lui permettra très rapidement de recouvrer la vue. Enfin, d'une certaine manière puisque Jonathan sera doté d'une vision très limitée. En bref, le monde s'ouvrira à lui de manière très sombre et développé à travers le contour des objets qui leur apparaîtront donc de manière très superficielle. Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre un semblant d'existence normale et ainsi user de ses nouvelles facultés afin de traquer le tueur qui endeuille la ville d'Athènes depuis maintenant un certain temps !


Nico Mastorakis semble avoir été particulièrement marqué par le cinéma de Brian De Palma. Une évidence qui saute au yeux dès lors que l'on compare Blind Dates à certaines des œuvres de cet immense cinéaste qui donna notamment naissance un an auparavant au formidable Body Double puisque tout comme dans ce classique du thriller américain, son personnage évolue dans un univers tout d'abord voyeuriste. Observant une femme de loin, dans son intimité. Une inconnue qu'il semble connaître puisqu'elle s'avérera être Rachel (Lana Clarkson), une ancienne compagne qu'il n'a pas su aider lorsqu'elle fut agressée et violée par quatre malfaiteurs. La première partie demeurant ainsi un ''hommage'' à peine voilé du long-métrage de Brian De palma avant que l'intrigue ne vire au techno-thriller à proprement parler. Cette fois-ci, Nico Mastorakis s'inspire davantage d'un autre classique de l'auteur de Carrie au bal du Diable, de The Phantom of the Paradise ou de Scareface. Effectivement, désormais doté de nouvelles facultés lui permettant de se lancer sur les traces du tueur en série, Jonathan va réécouter les enregistrements qu'il effectua plus tôt lors de sa poursuite de l'assassin. Le boitier lui permettant ainsi de noter des détails importants concernant ce dernier. Cette seconde partie fait alors référence à un autre classique de Brian De Palma, un peu plus ancien puisque datant de 1981. Vous sentez venir la référence..... ? Et oui, l'on parle bien ici de Blow Out, ce thriller mêlé de drame romantique bouleversant notamment interprété à l'époque par John Travolta et Nancy Allen. Dans un cas comme dans l'autre des films cités ci-dessus, Blind Dates fait en comparaison, pâle figure. Le cinéaste grec nous servant un petit thriller n'atteignant jamais vraiment ses ambitions. Car bien que sous certains aspects, la bande musicale de Richard Harvey provoque parfois un certain trouble, sa musique n'atteint jamais celle de Body Double composée par Pino Donaggio. Quant à la mise en scène et la direction d'acteurs, elles s'avèrent l'une et l'autre de piètre qualité. Pour terminer, notons la présence de deux actrices qui durant leur carrière passèrent par la case Star Trek puisque Kirstie Alley qui incarne ici la petite amie du héros interpréta la vulcaine Saavik dans Star Trek 2 ; La colère de Khan de Nicholas Meyer en 1982 tandis que Marina Sirtis qui apparaît ici sous les traits d'une talonneuse, elle fut l'une des plus iconiques interprète de la série télévisée Star Trek : La nouvelle génération dans laquelle elle joua le rôle de la bétazoïde Deanna Troi...

dimanche 6 septembre 2026

Silo - saison 3 de Graham Yost (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Avant d'évoquer la troisième saison de l'excellente série de science-fiction américaine Silo, il serait peut-être intéressant de revenir sur la seconde dont la diffusion eu lieu il y a maintenant plus d'un an. L'intrigue se déroulant toujours principalement dans le silo numéro 17 après que l'on ait appris à l'issue de la première saison de la série l'existence de nombre d'entre eux, Juliette Nichols demeure toujours l'héroïne du récit. Après avoir été envoyée ''nettoyer'' à l'extérieur de son abri, la jeune femme avait réussi à atteindre le silo numéro 18 dans lequel elle parvint à communiquer avec les quelques survivants qui y végétaient. Pendant ce temps là, une révolution était notamment menée par les mécaniciens du silo 17 à la tête de laquelle l'on retrouvait Knox et sa compagne Shirley. À l'issue de la seconde saison, Bernard, le dirigeant de l'IT du silo 17 finissait par saisir l'idée selon laquelle tout ou partie des règles qu'il avait mises en place l'était en réalité par une entité mystérieuse se cachant derrière le nom de ''Voix''. Le plus proche collaborateur de Bernard, Sims, devint son ombre tandis que son épouse, Camille, demeurait encore à ce jour un personnage relativement secondaire. Si le père de Juliette perdait la vie dans un élan sacrificiel assez remarquable, la jeune femme allait par contre découvrir que vivre à l'extérieur des silos n'était peut-être pas une hérésie. Une fois de retour au silo 18 et après avoir fait la promesse aux survivants du silo 17 de revenir les sauver, elle et Bernard se retrouvèrent tout deux enfermés dans le sas donnant vers l'extérieur au moment même ou le système d'incinération allait se déclencher... La saison trois de Silo démarre alors que nous ne connaissions pas le sort accordé à Juliette ainsi qu'à l'infâme chef de l'IT du silo numéro 18. Si la jeune femme est bien vivant, tout laisse supposer le décès de Bernard. Si une question s'est toujours imposée quant aux causes ayant contraint une partie de l'humanité à se retrancher sous terre dans l'un des cinquante silos présents sur place, la réponse nous parvient en partie lors de cette saison. Rien de véritablement spectaculaire ou du moins, de réellement original !


Cette saison est également l'occasion d'un retour en arrière de plusieurs siècles remontant aux origines des silos. Lors de nombreux flash-back l'on fait la connaissance de nouveaux personnages dont Daniel Keene (Ashley Zukerman), un jeune député, Helen Drew (Jessica Henwick), une journaliste d'investigation, Charlotte (Jessica Brown Findlay), la sœur de Daniel, la sénatrice Thurman (Laura Innes) ou encore le richissime homme d'affaire Per Stensen (Colin Hanks) qui fut à l'origine du projet des silos. Mais aussi et surtout Victor Crnkovich (Matt Craven), un scientifique et technicien ayant participé au projet de survie de l'humanité. Cette troisième saison élargie donc drastiquement l'intrigue de la série et apporte des réponses aux questions majeures. Apportant ainsi une signification importante s'agissant des nombreux cadavres présents à l'extérieur des silos ou expliquant de manière claire et concise les raisons du protocole ''Dernier Recours''. Certains personnages prennent une considérable importance. À l'image de Camille, l'épouse de Robert Sims, et qui dans cette troisième saison est directement liée à l'IT, suivant ainsi les ordres de la ''Voix'', pour le bien, pense-t-elle, de la communauté mais aussi et surtout pour celui de ses proches et avant tout celui de son fils. L'intrigue se base en outre sur la contamination de l'eau, permettant ainsi aux habitants du silo numéro 1 où vivent les nantis de se préserver de toute attaque en effaçant la mémoire des habitants du silo 17 tout en permettant à Victor et Daniel de garder le contrôle. D'un point de vue scénaristique, cette saison est beaucoup plus ample que les deux précédentes. Les divers passages se situant dans le passé permettant à la série d'être encore plus dynamique qu'elle ne l'était jusque là. Le scénario transformant radicalement certains personnages. Des protagonistes se muant en antagonistes et vice-versa ! Si cette saison apporte son comptant de réponses, d'autres, sans doute, seront apportées lors de la quatrième et dernière qui fut diectement tournée à la suite de la troisième entre août 2025 et mars 2026. Tandis qu'elle est actuellement dans sa phase de post-production, le début de sa diffusion est prévue sur Apple TV+ pour le 9 juillet 2027. Autant dire qu'il va falloir prendre son mal en patience pour connaître enfin l'issue de cette excellente série de science-fiction dystopique...

 

jeudi 3 septembre 2026

The Outer Threat de William Woods (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

N'ayant pas bénéficié d'une sortie sur grand écran, le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur canadien William Woods The Outer Threat met en scène les astrophysiciens Michelle (Constance Wu) et Daniel (Mark O'Brien) et leurs deux enfants Maddy (Callista Crowe) et François (Isaac Smelcer-Zhang) dans l'une des dernières productions de science-fiction s'intéressant à l'éventualité d'une présence extraterrestre lointaine et beaucoup plus avancée technologiquement que ne l'est l'espèce humaine. Enfermé dans un bunker aménagé afin d'étudier l'espace, le père de famille découvre l'hypothétique présence d'une sphère de Dyson entourant une étoile afin d'en extraire toutes les ressources énergiques. Bien que Daniel tente d'en réferer à l'organisation qui l'emploie, son collègue Teddy (Murray Furrow) lui conseille fortement d'abandonner cette idée s'il veut que sa famille et lui soient à l'abri du besoin pour les années à venir. Financé par la NSA, il parle de sa découverte à Michelle et décide un soir contre le consentement de celle-ci d'envoyer le résultat de ses recherches par mail à son agence. Une coupure d'électricité survient immédiatement et dès le lendemain, plusieurs drônes survolent les alentours de la demeure familiale. Pressentant un danger imminent, Michelle, Daniel et leurs deux enfants décident de prendre la route à bord de leur voiture et de rejoindre le père de la jeune femme avec lequel celle-ci a coupé les ponts depuis plusieurs années. Après leur départ, un bombardier survole leur propriété et fait exploser leur abri... Lui-même ancien astrophysicien à la retraite, le couple compte sur l'aide de Ming (Oscar Hsu) afin d'étudier la possibilité de contrer la série d'événements qui semblent mettre à l'arrêt le pays (plus d'électricité, plus de réseaux et plus aucun moyen de communiquer) et que Michelle et Daniel mettent sur le dos du Gouvernement... Dans un univers qui ressemble aux balbutiements d'une fin du monde annoncée et notamment décrite à travers le comportement et les reflexes de survie d'un certain Sam (William Fichtner) vivant reclus dans son restaurant avec ses enfants et que les ''fugitifs'' vont avoir l'occasion de croiser en chemin, The Outer Threat semble n'avoir bénéficié que d'un budget limité. Ce qui à l'image est retranscrit à travers un récit et des effets minimalistes. Ici, pas de CGIs, pas d'extraterrestres, pas du vue sur une planète lointaine dont la technologie est sans commune mesure avec celle de la Terre, pas d'invasion non plus mais l'espoir pour les cinq membres d'une même famille de retourner à une vie normale après qu'un événement les ait, eux et d'autres habitans, isolé du monde extérieur...


Le long-métrage de William Woods est surtout l'occasion pour lui de se pencher sur notre dépendance aux technologies. Et notamment à l'intelligence artificielle qui semble ici avoir beaucoup plus d'importance qu'elle n'en a l'air. L'ennemi est ici, parfaitement invisible. Et lorsque Michelle, Daniel, Maddy et François sont poursuivis, ce ne sont pas des hommes ou des femmes qui les contraignent à prendre la fuite mais des drônes, des ballons-sondes ou des véhicules télécommandés à distance... Le film est également l'occasion de régler les problèmes internes liés aux différents membres de la famille. Et notamment l'attitude de Daniel que lui reproche Michelle et qu'il semnble calquer sur celui de son beau-père lorsque celui-ci préférait se plonger dans ses recherches plutôt que de s'occuper de son épouse malade et depuis disparue... William Woods tente également de développer toute une série d'idées mais les faibles moyens financiers et techniques et la courte durée du long-métrage neon comme conséquence qu'un survol de chacun des concepts alors que le cinéaste aurait probablement dû se concentrer sur une, voire, deux idées et pas davantage. Pourtant, The Outer Threat reste une œuvre plutôt intéressante, entre paranoïa, peur de l'inconnu à travers l'existence supposée d'une espèce beaucoup plus évoluée que la notre mais que les protagonistes hésitent tout de même à contacter afin qu'elle vienne en aide à l'espèce humaine. Aussi minimaliste que puisse être la narration, avec ses questionnements, ses conflits intérieurs et extérieurs ou son positionnement vis à vis des technologies (en effet, il est davantage question d'intelligence artificielle que de complot gouvernemental) ou d'une prétendue existence extraterrestre, le long-métrage n'est pas avare en événements même si les amateurs de blockbusters trouveront à redire s'agissant du rythme parfois lymphatique du récit. Tout comme dans leur globalité, les spectateurs trouveront invraisemblable qu'n gamin d'à peine quinze ans soit capable de régler le problème d'un simple clic de souris là où le Gouvernement semble avoir échoué jusque là. Mais en dehors de ces quelques faiblesses,' The Outer Threat reste une sympathique petite production davantage pensée comme une œuvre de science-fiction philosophique que comme une œuvre bourrine exclusivement axée sur l'action...

 

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...