Dans l'épisode The
Monsters are due on Maple Street
de Ron Winston, les habitants d'un petit quartier étaient confrontés
à la paranoïa de leurs voisins en raison d'une simple coupure de
courant et à l'évocation d'une supposée invasion extraterrestre.
The Shelter
de Lamont Johnson repose plus ou moins sur le même concept puisque
le docteur Stockton (l'acteur Larry Gates) fête son anniversaire en
compagnie de sa femme, de son fils et de tous ses amis lorsque
retentit une alerte signifiant une attaque de missiles. Le sujet
renvoie encore une fois à la peur du rouge en cette période de
guerre froide mais décrit aussi et surtout l'attitude des hommes et
des femmes en cas d'hypothétique attaque par un pays ennemi. Ici,
tout commence très bien puisque la cohésion entre chaque habitant
d'un petit bout de quartier leur permet de profiter de l'anniversaire
de leur ami et voisin pour faire la fête et surtout ''ironiser'' sur
la construction d'un abri que le docteur Stockton a lui-même
récemment effectué. Ayant en outre prévenu ses amis qu'ils
auraient dû eux-mêmes en construire un, l'alerte va révéler la
nature humaine dans ce qu'elle a de plus méprisable. Un retour là
encore à un comportement primaire et surtout irréfléchi lorsque
l'on sait que certaines décisions qui seront prises seront
illusoires. En effet, l'abri en question n'ayant été prévu que
pour trois personnes et malgré sa profession qui veut que le docteur
Stockton ait voué son existence à sauver celle des autres, lorsque
certains de ses voisins se ruent chez lui pour essayer de profiter de
l'abri, l'homme n'a d'autre choix que de leur en refuser l'accès.
L'on imagine alors aisément la suite des événements. Les membres
d'une famille, puis de deux, puis de trois s'approchent de l'entrée
de l'abri censé protéger ceux qui s'y sont réfugiés en cas
d'attaque nucléaire. Chacun a beau tenter de négocier sa place
derrière la lourde porte du refuge mais tous autant qu'ils sont,
amis et voisins essuient un refus de la part de Stockton. Un
personnage raisonné qui d'ailleurs ne passe jamais pour le monstre
qu'il pourrait être à refuser à ses amis l'accès à l'abri...
Non,
la noirceur humaine est décrite plutôt à travers ces familles
prêtes à tous les excès pour obtenir une place aux côtés de
celui qu'ils jugent désormais bien différemment de celui qu'ils
appréciaient jusqu'à maintenant. Les paroles menaçantes
s'accompagnent d'actes beaucoup plus violents puisque physiques. Les
hommes s’entre-déchirant et leurs épouse mettant de l'huile sur
le feu, ce qui, bien entendu, n'arrange rien. Sur la base d'un
scénario écrit une nouvelle fois par Rod Serling, Lamont Johnson
parvient très bien à saisir le comportement d'hommes et de femmes
durant un événement dramatique dont l'ampleur pourrait avoir des
conséquences graves sur leur survie. Chaque protagoniste ayant
d'ailleurs une attitude sensiblement différente quoi qu'étant
rejointe par cette même volonté de survivre. En comparaison de The
Monsters are due on Maple Street
qui reposait sur une hypothétique invasion extraterrestre et sur les
seuls propos d'un adolescent féru de science-fiction, ici, on entre
dans le concret. Non seulement le sujet traite d'une réalité qui
même encore aujourd'hui menace l'Occident mais l'alerte n'est plus
une vague supposition évoquée au détour d'une discussion suivant
une coupure de courant et une panne généralisé de tout appareil
électrique mais s'avère désormais consécutive aux directives
imposées par l'autorité gouvernementale ! The
Shelter montre
également le phénomène de foule puisque après que chaque famille
ait tenté de faire jouer en sa faveur la possibilité de partager
l'abri avec le docteur et sa famille, les amis et voisins se lient
afin d'en forcer l'entrée. Avec les conséquences que cela peut
avoir. La conclusion est comme souvent dans la série, relativement
amère mais bien moins cynique qu'à certaines occasions. En effet,
une fois l'alerte levée, une fois la porte de l'abri défoncée, une
fois amis et voisins rassurés et prédisposés à s'excuser de leur
comportement, comment reprendre une vie normale ? Possible ?
Pas si évident...
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