Passons à quelque chose d'un peu plus sérieux mais qui au final ne
sera peut-être pas plus remarquable que le Omega Syndrome
de Joseph Manduke tout récemment évoqué. Nous quittons le
merveilleux monde du Nanar pour nous transporter dans l'univers du
Techno-Thriller. Derrière ce terme relativement barbare se cache un
sous-genre du thriller, donc, auquel sont liés des aspects relatifs
à la technologie. On pense alors à l'intelligence artificielle
(2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick), à
l'informatique (Wargames
de John Badham), aux machines (Terminator
de
James Cameron) ou comme ici, aux médecines expérimentales puisque
le sujet de Blind Date
(Onde de choc)
de l'ancien journaliste à sensation et cinéaste grec Nico
Mastorakis met en scène l'acteur américain Joseph Bottom,
interprète principal en 1974 de La
Grande Traversée
de Charles Jarrott et acteur de télévision notamment présent dans
le soap opera Santa
Barbara,
et qui ici incarne le rôle de Jonathan Ratcliff, le héros d'un
récit on ne peut plus ambitieux écrit par le réalisateur,
scénariste, producteur, compositeur et acteur grec en collaboration
avec Fred Perry. Le film met en effet en scène un homme qui après
un accident lui ayant ôté la vue va se voir proposer l'opportunité
d''être le cobaye du docteur Steiger (Keir Dullea) qui lui propose
alors d'intégrer dans son cerveau des capteurs directement raccordés
à une interface informatique implantée dans un boitier à
l'apparence d'un baladeur (encore très en vogue à l'époque puisque
le film date du milieu des années quatre-vingt). Un système qui lui
permettra très rapidement de recouvrer la vue. Enfin, d'une certaine
manière puisque Jonathan sera doté d'une vision très limitée. En
bref, le monde s'ouvrira à lui de manière très sombre et développé
à travers le contour des objets qui leur apparaîtront donc de
manière très superficielle. Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre
un semblant d'existence normale et ainsi user de ses nouvelles
facultés afin de traquer le tueur qui endeuille la ville d'Athènes
depuis maintenant un certain temps !
Nico
Mastorakis semble avoir été particulièrement marqué par le cinéma
de Brian De Palma. Une évidence qui saute au yeux dès lors que l'on
compare Blind Dates
à certaines des œuvres de cet immense cinéaste qui donna notamment
naissance un an auparavant au formidable Body
Double
puisque tout comme dans ce classique du thriller américain, son
personnage évolue dans un univers tout d'abord voyeuriste. Observant
une femme de loin, dans son intimité. Une inconnue qu'il semble
connaître puisqu'elle s'avérera être Rachel (Lana Clarkson), une
ancienne compagne qu'il n'a pas su aider lorsqu'elle fut agressée et
violée par quatre malfaiteurs. La première partie demeurant ainsi
un ''hommage'' à peine voilé du long-métrage de Brian De palma
avant que l'intrigue ne vire au techno-thriller à proprement parler.
Cette fois-ci, Nico Mastorakis s'inspire davantage d'un autre
classique de l'auteur de Carrie
au bal du Diable,
de The Phantom of the
Paradise
ou de Scareface.
Effectivement, désormais doté de nouvelles facultés lui permettant
de se lancer sur les traces du tueur en série, Jonathan va réécouter
les enregistrements qu'il effectua plus tôt lors de sa poursuite de
l'assassin. Le boitier lui permettant ainsi de noter des détails
importants concernant ce dernier. Cette seconde partie fait alors
référence à un autre classique de Brian De Palma, un peu plus
ancien puisque datant de 1981. Vous sentez venir la référence..... ?
Et oui, l'on parle bien ici de Blow
Out,
ce thriller mêlé de drame romantique bouleversant notamment
interprété à l'époque par John Travolta et Nancy Allen. Dans un
cas comme dans l'autre des films cités ci-dessus, Blind
Dates
fait en comparaison, pâle figure. Le cinéaste grec nous servant un
petit thriller n'atteignant jamais vraiment ses ambitions. Car bien
que sous certains aspects, la bande musicale de Richard Harvey
provoque parfois un certain trouble, sa musique n'atteint jamais
celle de Body Double
composée par Pino Donaggio. Quant à la mise en scène et la
direction d'acteurs, elles s'avèrent l'une et l'autre de piètre
qualité. Pour terminer, notons la présence de deux actrices qui
durant leur carrière passèrent par la case Star
Trek
puisque Kirstie Alley qui incarne ici la petite amie du héros
interpréta la vulcaine Saavik dans Star
Trek 2 ; La colère de Khan
de Nicholas Meyer en 1982 tandis que Marina Sirtis qui apparaît ici
sous les traits d'une talonneuse, elle fut l'une des plus iconiques
interprète de la série télévisée Star
Trek : La nouvelle génération
dans laquelle elle joua le rôle de la bétazoïde Deanna Troi...
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