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dimanche 17 mai 2026

Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker (1967) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dix ans se sont écoulés entre la sortie de Quatermass 2 et celle de Quatermass and the Pit. Confié au réalisateur britannique Roy Ward Baker, ce troisième chapitre des aventures de Bernard Quatermass a connu beaucoup de changements par rapports aux deux précédents volets puisque après le départ de Val Guest qui s'en est allé durant ces dix années qui séparent les opus deux et trois tourner une quinzaine de longs-métrages dont le film de science-fiction The Day the Earth Caught Fire en 1961, a donc laissé sa place à son prolifique compatriote. Accompagnant son changement de réalisateur, Quatermass and the Pit a également fait l'objet d'une refonte totale concernant son casting puisque les interprètes d'origine des deux premiers volets ont disparu. Et notamment l'acteur Brian Donlevy qui en 1955 et 1957 incarna le rôle principal cette fois-ci confié à l'écossais Andrew Keir. L'absence de Brian Donlevy s'explique par le choix du scénariste d'origine Nigel Kneale qui veut alors adoucir les traits du personnage qu'il considérait jusque là un peu trop brutal et autoritaire. De nouveau aux commandes du script, Nigel Kneale impose un personnage beaucoup plus humain, coordonnant chacune de ses actions avec réflexion. C'est donc sans le moindre doute quant à l'acceptation par le public d'un nouvel interprète dans le rôle clé de ce troisième volet que le scénariste caste un nouvel acteur et jette son dévolu sur Andrew Keir malgré la défiance de la Hammer Fim Productions qui avait tout d'abord logiquement et naturellement imaginé l'acteur d'origine dans le rôle de Bernard Quatermass. Ensuite, se pose la question de la misogynie s'agissant de Val Guest qui comme le démontrent les deux premiers films faisait peu de cas des rôles féminins qu'il cantonnait à des tâches globalement subalternes. Des interprètes très secondaires et souvent dans l'ombre de leurs partenaires masculins. Là encore l'on peut noter une nette différence entre les deux premiers longs-métrages et celui de Roy Ward Baker qui implique cette fois-ci de manière beaucoup plus soutenue le personnage de Barbara Judd interprété à l'écran par l'actrice Barbara Shelley. Enfin, et cela est notable, contrairement à The Quatermass Xperiment et Quatermass 2, Quatermass and the Pit sera filmé en couleur et non plus en noir et blanc.


Dans cette nouvelle aventure où la critique envers le Gouvernement demeure toujours aussi féroce, le professeur Bernard Quatermass et son ami le docteur Mathew Roney devront composer avec l'Armée après que de très anciens ossements ainsi qu'une très étrange structure tout d'abord confondue avec un missile allemand de la Seconde Guerre Mondiale aient été déterrés lors de travaux de rénovation effectués dans le quartier de Hobbs Lane à Knightsbridge. Si quelques lignes de dialogues se réfèrent directement au projet avorté de Quatermass dans le précédent volet, Quatermass and the Pit n'entretient en réalité pas grand chose en commun avec les œuvres passées même s'il est encore question ici d'une race extraterrestre enfermée dans ce qui semble donc être un vaisseau spatiale. Une très grande partie du récit se déroule dans le métro londonien, à la station Hobbs Lane. Dans Quatermass and the Pit est tout d'abord évoquée l'hypothèse de restes de très vieux ancêtres de l'homme qui pourraient avoir des origines extraterrestres. Puis vient ensuite l'évocation d'un mythe lié à la sorcellerie à travers la terminologie d'origine du mot Hobs (avec un seul B). Provenant du folklore britannique et désignant notamment ainsi des esprits domestiques ou des gobelins. Si le scénario semble un temps se mélanger les pinceaux entre diverses hypothèses, le film s'ancre pourtant parfaitement dans la mythologie de la saga même si le côté ''Body-Snatching'' n'est désormais plus que résiduel. Bien que dix ans soient passés et que Quatermass and the Pit évoque moins les blessures liées au souvenir de la Seconde Guerre Mondiale, Nigel Kneale y fait pourtant directement référence lors de la découverte de l'objet enfoui sous terre. Un objet qui est au centre de toutes les attentions, des personnages jusqu'aux spectateurs qui se demandent alors ce que peut bien renfermer cette ''fusée'' dont le revêtement est totalement inaltérable ! Bien que l'on avait pris l'habitude de voir Brian Donlevy dans le rôle de Bernard Quatermass, son remplacement par Andrew Keir se fait en douceur. D'autant plus qu'effectivement, le personnage est beaucoup plus plaisant qu'il ne l'était par le passé. Ajoutons à cela la collaboration de la charmante Barbara Shelley qui honore tel qu'il se doit la Femme de sa présence à l'écran...

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