Ça se bouscule du côté
de la science-fiction dystopico-post-apocalyptique. Un peu comme lors
du Black Friday, à l'entrée
des magasins, lorsque les gens se piétinent, qui pour un téléviseur,
qui pour un aspirateur dernier cri, qui pour une machine à laver !
De beaux exemples d'une humanité qui oublie dans ces cas là, tout
discernement... Maintenant, s'agissant du thème qui nous intéresse
ici, l'on est face à un objet filmique facilement identifiable et
qui prend tout son temps. Non pas sur une durée étirant le récit
sur deux ou trois heures mais juste sur ce qu'il faut de temps pour
le réalisateur Hubert Davis et les scénaristes Michael Capellupo et
Kathleen Hepburn de développer un script qui, s'il ne révolutionne
pas le genre, profite malgré tout du sens inné de ses auteurs
lorsqu'il s'agit pour eux de décrire un monde dans lequel l'humanité
tente de survivre après un drame écologique d'ordre mondial. Dans
le genre, l'on aura eu droit à tout. À commencer par diverses
invasions. Celles d'infectés et de zombies mais aussi celles de tout
un tas de créatures. Puis interviennent des éléments naturels
contre lesquels l'Homme ne peut rien faire. Chute de météorites,
tremblements de terre, éruptions volcaniques, Tsunamis, notre Terre
Mère est parfois bien revancharde lorsqu'il s'agit de nous faire
payer nos excès. Et puis, demeure l'une des sources de vie
primordiales : l'eau ! Cet élément essentiel sans lequel
aucune vie ne serait possible sur notre planète et qui dans le cas
de The Well
(en français, Le
puits)
est contaminée en dehors de quelques rares exceptions... Le
long-métrage de Hubert Davis met tout d'abord en scène les
personnages d'Elisha Devine (Joanne Boland), son époux Paul (Arnold
Pinnock) ainsi que leur fille Sarah (Shailyn Pierre-Dixon). Une
famille isolée du monde extérieur et qui jusqu'à maintenant a
réussi à survivre grâce à un puits dont l'eau est demeurée
potable. Malheureusement, le purificateur permettant de la filtrer
est désormais endommagé et les réserves de la famille commencent à
s'épuiser. C'est alors qu'arrive dans les parages, Jamie (Idrissa
Sanogo), lequel prétend être le neveu de Paul. Relativement
soupçonneuse, Elisha accueille la nouvelle avec prudence. Isolé
dans une ''cage'' le temps de s'assurer qu'il n'est pas atteint de la
maladie liée à l'eau contaminée qui à jusqu'à maintenant décimé
une importante partie de l'humanité, le jeune garçon est finalement
accepté au sein de la famille. Prétextant pouvoir remplacer le
filtre du purificateur dans le camp où il était précédemment
installé, Jamie s'en empare et décide de prendre la route sans en
référer à son oncle mais en étant suivi par sa cousine Sarah...
Armée
d'un fusil, l'adolescente arrive en compagnie de Jamie dans un
minuscule camp régenté par une certaine Gabriel (Sheila McCarthy
que l'on a pu notamment découvrir dans 58
minutes pour vivre
de Renny Harlin en 1990 ou Le jour d'après
de Roland Emmerich en 2004)... Rien que de très banal en apparence
pour ce long-métrage qui réunit tous les éléments du film de
science-fiction post-apocalytique. Jusqu'à même mettre en scène un
antagoniste à la forte personnalité et justement incarné par cette
femme d'âge mûr sans doute beaucoup trop souriante et bienveillante
pour n'être que la vieille femme que tout le monde rêve de côtoyer
dans ce genre de récit. Sans avoir le profil du gourou derrière
lequel se cache une poignée de survivants qui comptent tous sur elle
pour se maintenir en vie, Gabriel porte pourtant sur elle tous les
stigmates de celui ou celle que l'on craint de rencontrer... The
Well
distille son comptant de séquences fortes, abordées sur un rythme
lent, qui laisse une place importante à la caractérisation des
personnages. Permettant ainsi au spectateur de se reconnaître dans
l'un ou l'autre des personnages parmi lesquels nous ajouterons
notamment la jeune Milly (Noah Lamanna, notamment découverte dans
les séries Star Trek: Strange New Worlds
et The Last of Us)
ou bien Wanda (Natasha Mumba), cette jeune mère d'un bébé qui
éprouve de grandes difficultés à le nourrir par le sein tant le
manque d'eau se fait pesant... Ici, la lenteur du récit n'est pas
directement liée à l'ennui. Bien au contraire, plutôt que
d'abreuver les spectateurs de séquences chocs même si à une ou
deux occasions le réalisateur ne se gêne pas pour en produire, The
Well
est doté d'une ambiance lourde, anxiogène, le script de Michael
Capellupo et Kathleen Hepburn intégrant merveilleusement bien le
contexte familial des Devine qui outre leur tentative de survivre
dans un monde parfois hostile a vécu un drame dont ils ne se sont
jamais vraiment remis. Mise en scène et interprétation sobres. Tout
comme les décors et l'absence d'effets-spéciaux déterminent un
futur proche réaliste. S'il y a peu de chance que The
Well
fasse des vagues en comparaison des blockbusters américains, cette
production canadienne que l'on devine dotée d'un budget restreint
est en fait une excellente surprise. Et si le sujet n'est évidemment
pas novateur, l'on peut compter sur un traitement soignée de l'œuvre
pour passer un très bon moment...
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