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jeudi 3 septembre 2026

The Outer Threat de William Woods (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

N'ayant pas bénéficié d'une sortie sur grand écran, le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur canadien William Woods The Outer Threat met en scène les astrophysiciens Michelle (Constance Wu) et Daniel (Mark O'Brien) et leurs deux enfants Maddy (Callista Crowe) et François (Isaac Smelcer-Zhang) dans l'une des dernières productions de science-fiction s'intéressant à l'éventualité d'une présence extraterrestre lointaine et beaucoup plus avancée technologiquement que ne l'est l'espèce humaine. Enfermé dans un bunker aménagé afin d'étudier l'espace, le père de famille découvre l'hypothétique présence d'une sphère de Dyson entourant une étoile afin d'en extraire toutes les ressources énergiques. Bien que Daniel tente d'en réferer à l'organisation qui l'emploie, son collègue Teddy (Murray Furrow) lui conseille fortement d'abandonner cette idée s'il veut que sa famille et lui soient à l'abri du besoin pour les années à venir. Financé par la NSA, il parle de sa découverte à Michelle et décide un soir contre le consentement de celle-ci d'envoyer le résultat de ses recherches par mail à son agence. Une coupure d'électricité survient immédiatement et dès le lendemain, plusieurs drônes survolent les alentours de la demeure familiale. Pressentant un danger imminent, Michelle, Daniel et leurs deux enfants décident de prendre la route à bord de leur voiture et de rejoindre le père de la jeune femme avec lequel celle-ci a coupé les ponts depuis plusieurs années. Après leur départ, un bombardier survole leur propriété et fait exploser leur abri... Lui-même ancien astrophysicien à la retraite, le couple compte sur l'aide de Ming (Oscar Hsu) afin d'étudier la possibilité de contrer la série d'événements qui semblent mettre à l'arrêt le pays (plus d'électricité, plus de réseaux et plus aucun moyen de communiquer) et que Michelle et Daniel mettent sur le dos du Gouvernement... Dans un univers qui ressemble aux balbutiements d'une fin du monde annoncée et notamment décrite à travers le comportement et les reflexes de survie d'un certain Sam (William Fichtner) vivant reclus dans son restaurant avec ses enfants et que les ''fugitifs'' vont avoir l'occasion de croiser en chemin, The Outer Threat semble n'avoir bénéficié que d'un budget limité. Ce qui à l'image est retranscrit à travers un récit et des effets minimalistes. Ici, pas de CGIs, pas d'extraterrestres, pas du vue sur une planète lointaine dont la technologie est sans commune mesure avec celle de la Terre, pas d'invasion non plus mais l'espoir pour les cinq membres d'une même famille de retourner à une vie normale après qu'un événement les ait, eux et d'autres habitans, isolé du monde extérieur...


Le long-métrage de William Woods est surtout l'occasion pour lui de se pencher sur notre dépendance aux technologies. Et notamment à l'intelligence artificielle qui semble ici avoir beaucoup plus d'importance qu'elle n'en a l'air. L'ennemi est ici, parfaitement invisible. Et lorsque Michelle, Daniel, Maddy et François sont poursuivis, ce ne sont pas des hommes ou des femmes qui les contraignent à prendre la fuite mais des drônes, des ballons-sondes ou des véhicules télécommandés à distance... Le film est également l'occasion de régler les problèmes internes liés aux différents membres de la famille. Et notamment l'attitude de Daniel que lui reproche Michelle et qu'il semnble calquer sur celui de son beau-père lorsque celui-ci préférait se plonger dans ses recherches plutôt que de s'occuper de son épouse malade et depuis disparue... William Woods tente également de développer toute une série d'idées mais les faibles moyens financiers et techniques et la courte durée du long-métrage neon comme conséquence qu'un survol de chacun des concepts alors que le cinéaste aurait probablement dû se concentrer sur une, voire, deux idées et pas davantage. Pourtant, The Outer Threat reste une œuvre plutôt intéressante, entre paranoïa, peur de l'inconnu à travers l'existence supposée d'une espèce beaucoup plus évoluée que la notre mais que les protagonistes hésitent tout de même à contacter afin qu'elle vienne en aide à l'espèce humaine. Aussi minimaliste que puisse être la narration, avec ses questionnements, ses conflits intérieurs et extérieurs ou son positionnement vis à vis des technologies (en effet, il est davantage question d'intelligence artificielle que de complot gouvernemental) ou d'une prétendue existence extraterrestre, le long-métrage n'est pas avare en événements même si les amateurs de blockbusters trouveront à redire s'agissant du rythme parfois lymphatique du récit. Tout comme dans leur globalité, les spectateurs trouveront invraisemblable qu'n gamin d'à peine quinze ans soit capable de régler le problème d'un simple clic de souris là où le Gouvernement semble avoir échoué jusque là. Mais en dehors de ces quelques faiblesses,' The Outer Threat reste une sympathique petite production davantage pensée comme une œuvre de science-fiction philosophique que comme une œuvre bourrine exclusivement axée sur l'action...

 

jeudi 26 mars 2026

Parallel d'Isaac Ezban (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec ses allures de très long épisode de la série de science-fiction Au-delà du réel : l'aventure continue, l'antépénultième long-métrage réalisé en solo par le cinéaste mexicain Isaac Ezban fait tout d'abord peur à voir. Mais pas pour les mêmes raisons que la plupart de ses travaux qui s'inscrivent généralement dans le cinéma d'horreur mais parce que justement et en comparaison de la série évoquée ci-dessus, le concept laisse envisager une science-fiction programmée à partir d'un script, d'une mise en scène et d'une interprétation apparemment très en deçà de ce que l'on est en droit d'attendre. Et pourtant, après un démarrage laborieux, l'ambitieux scénario de Scott Blaszak est tel qu'Isaac Ezban nous livre sans doute ici l'un de ses meilleurs films. Changeant ainsi de braquet pour nous raconter l'histoire de quatre amis dont deux d'entre eux vont tout d'abord présenter un projet en commun d'application à de potentiels investisseurs qui leur apprendront qu'un concurrent (Chad Krowchuck dans le rôle de Seth) leur a coupé l'herbe sous le pied puisque celui-ci s'apprête déjà à présenter son propre modèle. Pressés par le temps puisqu'ils n'ont que quelques jours pour présenter le leur, Devin, Noël, Josh et leur partenaire féminine Leena sont désemparés. Autant dire que l'investissement sur lequel ils comptaient risque de leur passer sous le nez. Mais c'était sans compter sur une serveuse et amie prénommée Carmen (Alyssa Diaz) qui leur apprend qu'ils se sont installés tous les quatre dans une demeure réputée hantée et dont l'ancienne propriétaire a mystérieusement disparu. À la lumière de cette nouvelle, les quatre amis inspectent la demeure et découvrent très vite qu'au grenier trône un miroir très spécial. En effet, selon son inclinaison, il devient possible d'y pénétrer et de se retrouver dans un monde en tout point ou presque similaire à celui de nos quatre protagonistes... Dans le cas de Parallel, il s'agit moins pour Isaac Ezban d'introduire le récit dans le concept des boucles ou des voyages temporaux que dans celui des multivers. Un peu à la sauce de la géniallissime série télévisée de science-fiction Sliders : les mondes parallèles dans laquelle les quatre héros voyageaient d'univers en univers dans l'espoir de retrouver le leur... Si l'on n'ira pas jusqu'à dire que Parallel vaut largement la série créée en 1994 par Tracy Tormé et Robert K. Weiss, le long-métrage du mexicain vaut malgré tout son pesant d'or...


Surtout lorsque le cinéaste s'amuse à décrire les ambitions des uns et des autres ainsi que les différentes possibilités qui s'offrent à ces quatre protagonistes plutôt bien campés par Aml Ameen, Martin Wallström, Mark O'Brien et Georgina King. Jouant notamment avec le temps puisqu'un voyage ''derrière le miroir'' de quinze minutes équivaut à cinq secondes dans le monde de Devin, Noël, Josh et Leena, l'on devine déjà quelles ambitions vont être mises en œuvres dès la découverte par nos quatre héros de ce curieux phénomène ! Ensuite, ils découvrent qu'en voyageant dans divers mondes semblables au leur, certains événements propres à leur existence connaissent quelques divergences. C'est ainsi que Leena, laquelle ambitionne par exemple de faire carrière dans la peinture découvre que l'un de ses ''doubles'' est quant à elle devenue célèbre dans cette discipline. De son côté, le très ambitieux Devin va s'employer à dérober lors des voyages qu'il entreprendra, des concepts pour les rapporter et ainsi gagner beaucoup d'argent. Concernant Noel et Josh, le développement de ces deux personnages s'avérera nettement plus intéressant puisque le premier, dont le père s'est suicidé alors qu'il a été envoyé en prison pour escroquerie, va tenter de le retrouver dans un monde où celui-ci est toujours bien vivant. Quant à Josh, là encore, le script de Scott Blaszak s'enrichit d'un concept relativement remarquable puisque tué par un mari trompé par sa femme dans l'un des mondes visités par le jeune homme sera remplacé par l'un de ses doubles sans que ce dernier ne se doute qu'il ne vit plus dans le sien mais dans celui de nos héros. Et comme décrit plus haut, sachant que certains détails diffèrent d'un monde à l'autre, les conséquences psychologiques sur l'état de santé mentale de Josh seront dévastatrices... En développant plusieurs idées autour non pas d'un seul protagoniste mais bien des quatre mais également autour de leurs implications personnelles et communes, le réalisateur mexicain développe toute une série de concepts tournant autour de l'espace et du temps, créant ainsi chez ses quatre principaux personnages toute une série de dérèglements qui vont tout droit les mener au chaos. Probablement doté d'un budget réduit, Parallel offre ainsi pourtant une aventure riche d'événements, relativement brillants s'agissant de l'interconnexion entre les divers personnages et jamais ennuyeux du fait que le récit soit sans cesse relancé. Les craintes initiales étant ainsi réduites à néant pour le plaisir du spectateur...

 

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