Auteur de thrillers,
d'épisodes de séries télévisées ou de clips vidéos, le
réalisateur et scénariste britannique Mike Jodges a commis en 1985
l'une de ces parodies dont les ZAZ
(les frères David et Jerry Zucker et Jim Abrahams) se firent
longtemps les spécialistes. Mais alors que de l'autre côté de
l'Atlantique le trio de cinéastes rencontra le succès à travers
des œuvres telles que Y a-t-il un pilote dans l'avion
?, Top secret !
ou bien la série des The Naked Gun avec
Leslie Nielsen, Mike Hodges signa avec Morons
from Outer Space
un bousin franchement indigeste qui se trouve être à l'extrême
opposé du cinéma comique hexagonal qui durant de nombreuses années
bénéficia d'une très riche écriture. Ce qui manque ici
cruellement. Parodiant le cinéma de science-fiction à travers une
rencontre du troisième type parfaitement absurde, il faut être
particulièrement attentif sur le fait que ce long-métrage qui chez
nous est sorti sur grand écran le 28 août 1985 sous le titre Les
débiles de l'espace
est d'une bêtise sidérale et sidérante. Et puisque pour une fois
la traduction est relativement proche de l'original, on ne va pas
mégoter sur les superlatifs s'agissant de la crétinerie qui sert
ici de fond de commerce à une œuvre qui ne raconte pas grand chose
et semble être surtout l'occasion d'enchaîner des gags bien lourds
et peu efficaces auprès de celui ou celle dont les exigences se
tournent en général vers des dialogues fin, raffinés et surtout,
très inspirés... De là à dire que Mike Jodges prend les
spectateurs britanniques pour des cons, il n'y a qu'un pas. Vues les
origines du long-métrage et d'une bonne partie des interprètes,
c'est en fait avec les Monty Python que l'on devrait comparer cet
O.F.N.C (pour
Objet
Filmique
Non
Consommable).
Alors que la mythique troupe dont chaque élément œuvra en
collaborant ou en travaillant en solo fut à l'origine de films
devenus cultes, Mike Jodges met ici en scène un film poussif,
mélangeant science-fiction, parodie, comédie (parfois musicale)
pour un résultat qu'il est difficile chez nous de définir à sa
juste valeur...
Sans
doute trop sensibles sommes nous pour adhérer à la lourdeur des
dialogues, à cette gestuelle et ce phrasé qui tentent de pallier au
manque évident qui concerne la qualité des dialogues, ou à ce jeu
perpétuellement outré qui désamorce même les séquences qui
pourraient prétendre à un peu plus de sérieux comme lorsque
Desmond Brock (Jimmy Nail) subit un interrogatoire musclé de la part
du colonel Raymond Laribee (James B. Sikking) ou lorsque Bernard (Mel
Smith), enfermé dans un asile, subit un traitement de choc non pas à
l'aide d'électrochocs mais d'une musique abrutissante ! Mais
que raconte donc Morons from Outer Space ?
Et bien, l'histoire de quatre extraterrestres du nom de Sandra Brock
(Joanne Pearce), de son époux Desmond, de Julain Tope (Paul Bown) et
donc de Bernard, séparés lors du crash de leur vaisseau spatial.
Interceptés par l'armée qui les dirige immédiatement vers un
centre gouvernemental secret par le colonel Raymond Laribee, les
trois premiers vont être séparés du quatrième qui de son côté
sera enfermé dans un hôpital psychiatrique. Relativement flemmards,
le scénario et la mise en scène ne s'embarrassent pas de la
moindre originalité concernant nos quatre extraterrestres. Car en
dehors de leur débilité qui, il est vrai, s'avère hors du commun,
qu'il s'agisse de leur nom ou de leur tenue vestimentaire, rien ne
les distingue de n'importe quel homme ou femme habitant sur notre
planète. Parlant (chez nous) un français très intelligible et
dénué de tout accent qui permettrait d'imaginer qu'en effet, ces
quatre là viennent de très loin dans l'espace, le film enchaîne
sans discontinuer les gags à deux balles ! Enfonçant bien
profondément dans le crâne du spectateur que ces visiteurs de
pacotille n'ont rien dans le ciboulot. Une déficience mentale qu'ils
partagent d'ailleurs avec la plupart des humains qu'ils auront eu
l'occasion de croiser durant cette aventure qui fort heureusement
n'excède les quatre-vingt dix minutes que de très peu... Bref, à
moins d'avoir le mental d'un adolescent attardé ou d'être féru de
ce genre d'humour de très bas étage, Morons
from Outer Space
demeure une inconvenance pour quiconque fait preuve d'un minimum de
goût en matière de comédie, même potache !
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