vendredi 17 avril 2026

Morons from Outer Space de Mike Hodges (1985) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Auteur de thrillers, d'épisodes de séries télévisées ou de clips vidéos, le réalisateur et scénariste britannique Mike Jodges a commis en 1985 l'une de ces parodies dont les ZAZ (les frères David et Jerry Zucker et Jim Abrahams) se firent longtemps les spécialistes. Mais alors que de l'autre côté de l'Atlantique le trio de cinéastes rencontra le succès à travers des œuvres telles que Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, Top secret ! ou bien la série des The Naked Gun avec Leslie Nielsen, Mike Hodges signa avec Morons from Outer Space un bousin franchement indigeste qui se trouve être à l'extrême opposé du cinéma comique hexagonal qui durant de nombreuses années bénéficia d'une très riche écriture. Ce qui manque ici cruellement. Parodiant le cinéma de science-fiction à travers une rencontre du troisième type parfaitement absurde, il faut être particulièrement attentif sur le fait que ce long-métrage qui chez nous est sorti sur grand écran le 28 août 1985 sous le titre Les débiles de l'espace est d'une bêtise sidérale et sidérante. Et puisque pour une fois la traduction est relativement proche de l'original, on ne va pas mégoter sur les superlatifs s'agissant de la crétinerie qui sert ici de fond de commerce à une œuvre qui ne raconte pas grand chose et semble être surtout l'occasion d'enchaîner des gags bien lourds et peu efficaces auprès de celui ou celle dont les exigences se tournent en général vers des dialogues fin, raffinés et surtout, très inspirés... De là à dire que Mike Jodges prend les spectateurs britanniques pour des cons, il n'y a qu'un pas. Vues les origines du long-métrage et d'une bonne partie des interprètes, c'est en fait avec les Monty Python que l'on devrait comparer cet O.F.N.C (pour Objet Filmique Non Consommable). Alors que la mythique troupe dont chaque élément œuvra en collaborant ou en travaillant en solo fut à l'origine de films devenus cultes, Mike Jodges met ici en scène un film poussif, mélangeant science-fiction, parodie, comédie (parfois musicale) pour un résultat qu'il est difficile chez nous de définir à sa juste valeur...


Sans doute trop sensibles sommes nous pour adhérer à la lourdeur des dialogues, à cette gestuelle et ce phrasé qui tentent de pallier au manque évident qui concerne la qualité des dialogues, ou à ce jeu perpétuellement outré qui désamorce même les séquences qui pourraient prétendre à un peu plus de sérieux comme lorsque Desmond Brock (Jimmy Nail) subit un interrogatoire musclé de la part du colonel Raymond Laribee (James B. Sikking) ou lorsque Bernard (Mel Smith), enfermé dans un asile, subit un traitement de choc non pas à l'aide d'électrochocs mais d'une musique abrutissante ! Mais que raconte donc Morons from Outer Space ? Et bien, l'histoire de quatre extraterrestres du nom de Sandra Brock (Joanne Pearce), de son époux Desmond, de Julain Tope (Paul Bown) et donc de Bernard, séparés lors du crash de leur vaisseau spatial. Interceptés par l'armée qui les dirige immédiatement vers un centre gouvernemental secret par le colonel Raymond Laribee, les trois premiers vont être séparés du quatrième qui de son côté sera enfermé dans un hôpital psychiatrique. Relativement flemmards, le scénario et la mise en scène ne s'embarrassent pas de la moindre originalité concernant nos quatre extraterrestres. Car en dehors de leur débilité qui, il est vrai, s'avère hors du commun, qu'il s'agisse de leur nom ou de leur tenue vestimentaire, rien ne les distingue de n'importe quel homme ou femme habitant sur notre planète. Parlant (chez nous) un français très intelligible et dénué de tout accent qui permettrait d'imaginer qu'en effet, ces quatre là viennent de très loin dans l'espace, le film enchaîne sans discontinuer les gags à deux balles ! Enfonçant bien profondément dans le crâne du spectateur que ces visiteurs de pacotille n'ont rien dans le ciboulot. Une déficience mentale qu'ils partagent d'ailleurs avec la plupart des humains qu'ils auront eu l'occasion de croiser durant cette aventure qui fort heureusement n'excède les quatre-vingt dix minutes que de très peu... Bref, à moins d'avoir le mental d'un adolescent attardé ou d'être féru de ce genre d'humour de très bas étage, Morons from Outer Space demeure une inconvenance pour quiconque fait preuve d'un minimum de goût en matière de comédie, même potache !

 

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