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mercredi 11 mars 2026

L'Umanoide d'Aldo Lado (1979) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Ahhhhhhh l'Italie.... Pays de la Pizza Napolitaine, de la Pasta Carbonara, du Tiramitsu ou de l'Osso Buco. Mais aussi, pays du plagiat, qui dans les années soixante-dix et quatre-vingt pilla quelques sommités en matière de science-fiction. Au hasard, Star Wars de George Lucas, New-York 1997 de John Carpenter ou les films de George Romero... Des dizaines de longs-métrages tournés sans complexes et souvent avec très peu de moyens. Et parmi eux, un certain L'Umanoide du réalisateur et scénariste italien Aldo Lado, cinéaste prolifique qui avec cette œuvre de science-fiction tout de même dotée d'un confortable budget de sept millions de dollars pour l'époque signa un film très représentatif chez nos amis de la Botte de ce courant très particulier qui donna naissance à d'innombrables nanars... Et à ce titre, L'Umanoide en est l'un des plus remarquables représentants. Pas l'un des plus frais, des plus éminent en matière d'effets-spéciaux, de mise en scène ou d'interprétation, mais tout de même, le film d'Aldo Lado, ici planqué sous le pseudonyme ''américanisant'' George B. Lewis, est l'une de ces petites purges qui font sensations lors des colloques entre fans du genre, réunis pour un soir autour d'une pizza, d'une bière et parfois d'un bon joint ! Les références sont ici très claires. À commencer par Star Wars, justement. Auquel pas mal d'éléments se réfèrent mais surtout le personnage de Lord Graal, incarné par l'acteur Ivan Rassimov, et qui dans le cas présent est une version appauvrie du célèbre Dark Vador interprété dès 1977 et jusqu'en 1983 par David Prowse dans les épisodes quatre, cinq et six de la mythique saga de science-fiction... Même look, entièrement vêtu de noir et d'un casque qui dans le cas de Lord Graal ne cache pas tout à fait le visage de son interprète. Antagoniste du récit ayant pour projet de dominer la Terre désormais connue sous le nom de Métropolis avec l'aide de Lady Agatha (Barbara Bach). De nos jours, la paix sur la planète est maintenue grâce à l'héritière du Gouvernement Galactique, Barbara Gibson (Corinne Cléry), jeune beauté que l'on comparera cette fois-ci à la Princesse Leia Organa qui dans Star Wars fut incarnée à l'époque par Carrie Fisher. Aidé en outre dans ses sombres projets, Lord Graal peut compter sur le Docteur Kraspin (Arthur Kennedy), un savant fou qui a mit au point une formule capable de transformer n'importe quel humain en véritable machine de guerre indestructible.


Bref, l'humanoïde du titre, interprété par l'acteur américain Richard Kiel, célèbre pour avoir joué le rôle de Requin, l'antagoniste aux mâchoires d'acier dans les James Bond L'espion qui m'aimait et Moonraker. Ici, l'aspect du personnage n'est pas définitif puisque après avoir incarné un humain somme toute sympathique accompagné d'un chien-robot, il se transformera en un humanoïde impitoyable avant de ''retrouver la raison'' grâce à un gamin d'à peine dix ans (Marco Yeh dans le rôle de Tom Tom). Notons au passage que le chien-robot est une seconde référence évidente au R2-D2 de Star Wars et peut-être même au robot Sidéro qui dans la série télévisée japonaise de science-fiction San Ku Kai accompagnait les héros et était doublé par l'acteur français Gérard Hernandez. Quant à Golob, le pilote de vaisseau transformé en humanoïde afin d'accomplir les sombres desseins de Lord Graal, derrière son gigantisme, sa manière gauche de se déplacer et ses grognements qui font office de langage, il ressemble à un croisement entre la créature de Frankenstein et le T-800 à venir de James Cameron... Laid, difforme et décérébré comme le premier, indestructible et déterminé comme le second ! L'un des attraits principaux du long-métrage, outre la présence de deux ou trois acteurs/actrices connu(e)s est celle d'Aldo Lado lui-même puisqu'auteur de quelques gialli pas trop dégueulasses qui verse pourtant ici dans une certaine forme d'indigence artistique qui crame la rétine, brûle le cerveau, engourdi les neurones et pousse l'oratoire à aller consulter son ophtalmologiste après avoir perdu quelques dixième devant ce spectacle navrant, aux décors de planches de théâtre tout sauf réalistes, aux effets visuels cheap, aux costumes achetés chez un ancêtre du créateur de la plateforme Temu (le casque brillant et le costume terne de Lord Graal n'étant notamment pas en accord l'un avec l'autre). À vrai dire, on peut se demander si cette guerre pour la possession du pouvoir est réellement un nanar puisque le plaisir de suivre les aventures de nos héros est aussi vif et plaisant qu'une piqûre de frelon asiatique ! Bref, s'il est de bon ton de conseiller certains nanars à celles et ceux qui voudraient découvrir le genre, l'on évitera de recommander L'Umanoide...

 

lundi 9 mars 2026

Stridulum de Giulio Paradisi (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Petit film méconnu réalisé par Giulio Paradisi et écrit en collaboration avec Robert Mundi et Ovidio G. Assonitis (Le démon aux tripes, Tentacules), Stridulum est aussi et surtout une œuvre hybride, étrange, louvoyant du côté de certains classiques du fantastique pour obtenir un résultat mi-figue, mi-raisin. Un mélange très curieux, parfois indigeste, mais suffisamment original pour allécher les amateurs de genres aussi divers que l'épouvante, l'horreur, le fantastique et la science-fiction. Interprété par des acteurs de renommée internationale, le long-métrage du réalisateur ET acteur italien qui signe ici son œuvre sous le pseudonyme de Michael J. Paradise met en scène une grande majorité d'interprètes d'origine américaine. C'est ainsi que l'on découvre dans le rôle de Barbara Collins, l'actrice Joanne Nail. Mère d'une jeune adolescente prénommée Katy (Paige Conner, dont la légère ressemblance avec la Linda Blair de L'exorciste signé de William Friedkin six ans auparavant n'est sans doute pas anodine), Barbara vit avec son petit ami Raymond Armstead (Lance Henriksen). Tandis que le comportement de Katy inquiète son entourage, un complot visant à manipuler sa compagne afin qu'elle donne naissance à un enfant qui aux côtés de la gamine devrait permettre de renforcer les forces du mal est en action. Le personnage incarné par Lance Henriksen, acteur notamment devenu célèbre pour avoir joué dans Aliens, le retour et Terminator de James Cameron ou pour avoir été la vedette de la série Millennium, le crossover de X-Files, n'est pas sans rappeler celui que tenait John Cassavetes en 1968 dans le classique de Roman Polanski, Rosemary's Baby. L'intrusion dans un ménage d'un ''suppôt'' de Satan proche de l'héroïne entretenant des rapports troubles avec un groupe de voisins (ici remplacés par une organisation menée par l'acteur Mel Ferrer dans le rôle d'un certain Docteur Walker) et visant à mettre en péril l'existence même de l'humanité. Une fois encore, l'analogie entre Stridulum et Rosemary's Baby est appuyée à travers la nécessité d'enfanter la mère de famille à des fins démoniaques et donc mortifères. En outre, Raymond Armstead intervient en tant qu'intermédiaire entre le groupe dirigé par le Docteur Walker et une espèce extraterrestre dont les projets sont étroitement liés. Face à ce qui semble donc être la représentation du Mal, l'on trouve fort heureusement du côté du Bien, l'acteur et réalisateur américain John Huston dans le rôle de Jerzy Colsowicz...


Un vieil homme bénéficiant d'une sérenité mais aussi d'une très grande détermination qui vont l'aider à soutenir Barbara dans son combat lorsque seront révélées les véritables intentions de celui qui partage son existence. Derrière son visage poupin cachant une ''créature'' pourtant maléfique, froide et manipulatrice, Katy révèle donc rapidement sa personnalité. Celle d'une enfant qui fut enfantée par un être démoniaque qui avant sa mort eut le temps d'inséminer un certain nombre de femmes sur Terre. La comparaison entre Stridulum et L'exorciste s'arrêtant aux portes des vulgarités que l'adolescente dissémine ça et là et à celle des événements paranormaux qui lui incombent, ce personnage faussement angélique rappelle surtout et avant tout, Damien Thorn, ce gamin diabolique découvert pour la première fois dans le classique de Richard Donner, La malédiction en 1976. Stridulum s'ouvre sur une séquence mystique située sur une planète lointaine. À grand renforts d'effets visuels ultra-cheap mais ayant pour conséquence d'argumenter sur le sens profondément spiritualiste de certaines séquences à venir, le long-métrage de Giulio Paradisi est effectivement un drôle d'objet Filmique Non Identifié, ou Non Identifiable de part son mélange très curieux des genres. Notons qu'au beau milieu d'un récit parfois confus à force d'intégrer des personnages et sous-intrigues multiples, le réalisateur et ses scénaristes évoquent l'idée d'une enquête policière menée par un certain détective Jake Durham (Glenn Ford) avant que sa mort lors d'un grave accident de voiture dont les prémisses rappellent tout un tas d'événements survenus dans autant de classiques du genre n'y mette un terme définitif. D'un côté l'on a donc le Mal, manipulateur, maléfique, complotiste, et de l'autre, le Bien, protecteur, soutien d'une mère de famille en fauteuil roulant. Entre fantastique, science-fiction et épouvante, Stridulum s'inscrit dans une logique religieuse intense. Entre occultisme, invasion extraterrestre, symbolisme religieux et psychédélisme renforcé par la bande musicale du compositeur italien Franco Micalizzi, Stridulum est une sacrée curiosité. Notons enfin pour ''compléter'' le casting, les présences de Shelley Winters dans le rôle de la dame à tout faire Jane Phillips, celle du cinéaste Sam Peckinpah dans celui du Docteur Sam Collins ou encore celle de Franco Nero dans le rôle du... Christ...!...

 

mercredi 3 juillet 2024

La Bestia Nello Spazio d'Alfonso Brescia (1980)

 


 

Pour commencer, je voudrais remercier Otto Rivers, l'illustre compilateur fou de génie qui pour le plaisir des VHSauvores nous propose de redécouvrir régulièrement des légions de vieilles bandes-annonces de films en tous genres (mais surtout très bis) à travers ses légendaires compilations Videothon ! Oui, le remercier pour m'avoir procuré l'un de ces bon gros nanars italiens que je n'avais toujours pas eu l'immense plaisir de découvrir jusqu'ici. C'est donc de La Bestia Nello Spazio que nous allons parler ici. Œuvre totalement improbable partant dans des sphères encore plus éloignées de la science-fiction ordinaire que la distance qui sépare une planète de son étoile. Avec son look vintage typé années cinquante ou soixante genre Forbidden Planet de Fred McLeod Wilcox ou Terrore Nello Spazio de Mario Bava, le très productif réalisateur italien Alfonso Brescia signait là l'un de ces fleurons à côté duquel aucun amateur de nanars n'a le droit de passer. C'est pourtant avec un sérieux tout à fait louable qu'Alfonso Brescia nous convie à ce voyage intergalactique fauché dans lequel est confiée au commandant de vaisseau Larry Madison (Vassili Karis) la difficile mission de se rendre sur une lointaine planète afin d'en extraire l'un des métaux les plus précieux connu sous le nom d'Antalium. Un minerai aux ressources énergétiques inépuisables qui à la surface de la dite planète permet à une machine de maintenir par la tyrannie un certain ordre. Envoyé en mission aux côtés d'une poignées d'autre astronautes, Larry Madison va en outre croiser la route d'Onaph (Robert Hundar) qui les accueille chaleureusement, lui et son équipage. Un équipage composé d'autant de femmes que d'hommes et parmi lesquels l'on retrouve la délicieuse actrice et mannequin finlandaise Sirpa Lane dont le réalisateur profite de la présence et de la plastique pour la foutre régulièrement à poils ! Sans doute diverti par les généreuses mamelles et l'intéressant duo fessier/pubis de la donzelle, le spectateur sera dans un premier temps suffisamment envoûté pour ne pas être trop préoccupé par l'indigence des décors, des costumes et de l'interprétation. Trois des principaux éléments qui font justement la valeur du long-métrage d'Alfonso Brescia. D'emblée, et persistant sur la durée quel que soit le lieu où se situe l'intrigue, une brume légère vient bizarrement accompagner les personnages. Qu'il s'agisse du bar terrien où démarrent les festivités ou à la surface de la planète où se déroulera la suite des événements. Une brume comparable au brouillard de distance spécifiquement créé il y a un certain nombre d'années dans les jeux vidéos afin de pallier à certains défauts d'affichage.


Le résultat est évidemment très laid et rendrait presque supportable aujourd'hui les décors ou le look de certaines entités humanoïdes croisées à l'époque de la série originale Star Trek ou celles du tout aussi mythique Cosmos 1999. Costumiers et décorateurs s'unissent pour nous offrir un spectacle visuel en totale inadéquation avec ce qu'il était possible de découvrir à l'époque dans certaines œuvres de science-fiction. Mais plus encore que ces problèmes d'ordre esthétique, le plus effarant avec La Bestia Nello Spazio est cette propension que le film a à se détacher de son sujet principal pour ne majoritairement plus s'intéresser qu'au sexe. La présence de Sirpa Lane n'étant d'ailleurs pas étrangère à la tournure que vont prendre les événements puisque celle-ci apparu cinq ans auparavant dans le mythique film érotico-horrifique français La bête réalisé par le réalisateur et plasticien polonais Walerian Borowczyk. Mieux : plutôt que de se contenter d'appliquer les classiques séquences de caresses intimes propres à ce genre de productions fauchées, Alfonso Brescia intègre ponctuellement des visions qui auraient tendance à inquiéter le spectateur quant à son état de santé mentale. Jugez plutôt : lors de l'exploration de la planète, l'équipage croise deux chevaux lors d'une saillie (oui, oui, des chevaux à des milliards de kilomètres de distance de notre planète). Un stock-shot d'ailleurs filmé dans un autre format vidéo comme cela semble être évident à l'image et qui semble exciter les membres féminins de l'équipage qui se mettent soudain à se caresser la poitrine et l'entrejambe. Ça pue quand même un peu la zoo, non ? Une fois débarrassés de leur combinaison en peau de couilles, nos charmants terriens vont passer alors des dizaines de minutes à explorer le corps interchangeable des uns et des autres lors de séquences s'étirant sur de trop longues durées. Jusqu'à ce moment parfaitement ahurissant où l'on découvre la vérité sur les origines génétiques du fameux Onaph. Inutile de réfléchir pendant des heures pour comprendre que l'animal chez Alfonso Brescia peut être beaucoup plus qu'un simple animal de compagnie ! Après dix minutes ininterrompues de sexe plutôt sobre malgré l'ajout de quelques séquences authentiquement pornographiques histoire de pimenter le tout (fellation et pénétration non simulées), le film offre un combat final d'anthologie entre notre équipage et des hommes en or à perruques blondes sortis tout droit d'un vieux clip musical disco. Inutile de préciser que La Bestia Nello Spazio est un incunable des soirées ''Nanars''. Un indispensable...

 

jeudi 1 février 2024

Andron : The Black Labyrinth de Francesco Cinquemani (2015) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆




Premier long-métrage du réalisateur Francesco Cinquemani après toute une série de courts et d'épisodes de séries télévisées, Andron : The Black Labyrinth tient son nom du grec ancien signifiant la pièce d'une demeure réservée aux hommes. On peut donc supposer que le film a comme intention de traverser le temps pour nous offrir un voyage en pleine Grèce Antique ou pour au moins baigner ses personnages dans des décors typiques de cette époque mais non, là n'est visiblement pas l'intention du réalisateur et scénariste italien qui préfère au risque de créer une certaine indigence, mélanger différents types de longs-métrages ayant connu un certain succès. À l'origine, le film est semble-t-il basé sur une série télévisée italienne et mélange donc post-apocalypse avec ses décors extérieurs fourmillant de pauvres hères, groupe d'individus ayant perdu la mémoire et se retrouvant coincés dans le labyrinthe du titre, survie, jeu télévisé... Bref, il y a dans Andron : The Black Labyrinth, de la science-fiction dystopique à la manière des vieux mockbusters italiens des années 80, du Cube et consorts, du gros repompage de The Maze Runner (sorti dans l'hexagone sous le titre Le labyrinthe) et du Running Man (ou plus près de chez nous, Le prix du danger). Tout ceci enrobé par la double présence d'Alec Baldwin et Danny Glover histoire d'apporter un peu de lustre et de crédit à une œuvre qui très honnêtement en manque terriblement. En effet, dès les premières secondes et jusqu'au générique de fin, c'est l'effarement. On se demande comment les deux acteurs à la carrière pourtant bien fournie ont pu l'un et l'autre se laisser tenter par un script branlé avec aussi peu d'imagination. L'appel du billet vert, sans doute ? Manifestement financé à l'aide d'un budget serré, le long-métrage de Francesco Cinquemani offre nettement moins d'intérêt qu'une œuvre signée de Sergio Martino, Bruno Mattei ou d'Enzo G. Castellari en leur temps. Quel rapport me direz-vous entre 2019, après la chute de New-York, Virus Cannibale, Les guerriers du Bronx et Andron : The Black Labyrinth ?


Sans doute aucun, à moins que l'on se réfère aux objectifs que chacun s'était fixé en son temps : reprendre un concept. Se le réapproprier et en proposer une fumeuse alternative. Chose qui par contre ne risque pas d'arriver avec Andron : The Black Labyrinth qui demeure l'une des pires expériences cinématographiques de ces dix dernières années. On comprends rapidement que les deux vedettes du film ne sont que des faire-valoir servant à attirer du monde devant les écrans puisque les véritables protagonistes seront interprétés par des acteurs nettement moins connus : au hasard, Leo Howsard, Gale Harold, Antonia Campbell-Hugues, la chanteuse Skin du groupe Skunk Anansie ou encore Elettra Dallimore Mallaby. Bref, un casting hétéroclite pour une œuvre qui ne l'est pas moins. Gardez bien au chaud vos petits classiques achetés aux format DVD ou Blu-ray car ce n'est certes pas Andron : The Black Labyrinth qui les chassera de vos vidéothèques. Le long-métrage de Francesco Cinquemani est une purge, une vraie. Le genre de films qui pullulent, mêlant science-fiction et action dans un univers visuellement dégueulasse. Le labyrinthe du titre est à lui seul une authentique escroquerie. Oh, il y a bien quelques engrenages qui tentent de faire illusion ça et là mais le film semble avoir été tourné en grande partie à l'intérieur d'une ancienne usine désaffectée qui n'aurait sans doute pas fait tâche si elle avait dû remplacer celle de la séquence d'ouverture du nanar culte de Bruno Mattei, Virus Cannibale ! Effets-spéciaux au rabais, décors on ne peut moins immersifs, jeu approximatif et scénario bancal, Alec Baldwin et Danny Glover durent se mordre les doigts d'avoir accepté un tel projet. Le montage est chaotique, surtout lors des séquences d'action qui en deviennent totalement illisibles. L'escouade de soldats auxquels vont se frotter nos protagonistes demeure absolument ridicule (non mais ça veut dire quoi ces yeux rouges lumineux?) et semble avoir été empruntée à la série culte japonaise San Ku Kaï. Les amateurs ne séries Z de science-fiction peuvent d'ors et déjà se frotter les main : Andron : The Black Labyrinth est fait pour eux, et uniquement pour eux. Les autres risquent de fuir le film dès les premières minutes... et ils auront bien raison de le faire... Allez hop, à la poubelle !

samedi 28 mai 2022

Starcrash de Luigi Cozzi (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Quel rapport entre Maniac de William Lustig, The Last Horror Film de David Winters et Starcrash de Luigi Cozzi... ? La présence à l'image de l'immense Joe Spinell et de la sublime Caroline Munroe. Celle qui fut l'une des proies de l'un des tueurs en série de fiction les plus flippants de l'histoire du cinéma fut un an auparavant l'héroïne de l'un des nanars italiens les plus décomplexés. Et pourtant, à bien y réfléchir, Luigi Cozzi semble avoir très honnêtement et surtout très naïvement tenté d'apporter sa propre vision du cinéma de science-fiction grand public avec cette alternative ô combien nanardesque du classique réalisé en 1976 par George Lucas, La guerre des étoiles. D'emblée l'on écartera toute comparaison autre que celle d'une science-fiction foisonnante, (pas toujours très) inspirée, visant tous les types de public, du plus jeune au plus vieux et du néophyte au fans rompu au genre. Ce qui n'est déjà pas si mal. Starcrash a tout du grand nanar. L'ambition d'atteindre des sommets infranchissables malgré un budget trois fois moins important que pour la concurrence américaine. Cette ambition qui transparaît d'ailleurs même dans le doublage français, signe qu'à l'internationale, sans doute furent nombreux ceux qui estimèrent que le long-métrage du réalisateur italien méritait que l'on améliore le produit d'origine en confiant les voix principales à Jean Roche, notamment doubleur de Tom Skerritt dans Alien de Ridley Scott, de l'acteur Johnny Weissmuller à cinq reprises et même, (fruit du hasard?), de Biggs Darklighter dans La guerre des étoiles, ainsi qu'à Évelyne Séléna qui fut la voix de Sue Ellen Ewing dans la série télévisée américaine (et culte) Dallas ainsi que celle de.... devinez.... Oui, celle de la Princesse Leia de La guerre des étoiles, une fois encore. Inutile d'espérer faire croire plus longtemps que la relation entre l'un et l'autre des deux films n'est que le fruit du hasard...


Maquettes de vaisseaux en plastique, espace coloré constitué d'étoiles jaunes et de planètes rouges, bleues, vertes,etc..., costumes ultra-kitsch, mais aussi (et pour pouvoir revenir une fois de plus sur la principale source d'inspiration du film), des sabres-laser et la présence d'un robot au doux nom de Elias (costume sous lequel se planque l'acteur Judd Hamilton) qui renvoie inévitablement au C-3PO de... Et oui, encore et toujours La guerre des étoiles. C'est sûr, ça commence à faire beaucoup. L'emploi d'idées pas toutes neuves ne s'arrêtant pas là, Luigi Cozzi va en remettre une couche en s'éloignant cette-fois des emprunts faits à George Lucas. Outre la présence d'un Davil Hasseloff aux yeux recouverts de rimel ou d'hommes des cavernes débarquant sans prévenir, le réalisateur italien ne sachant peut-être plus trop où donner de la tête afin de rendre le spectacle encore plus attractif, celui-ci ose carrément plagier (il n'y a vraiment pas d'autre mot) l'un des classiques du cinéma d'aventures fantastiques signé de Don Chaffey en 1963. En effet, Luigi Cozzi puise dans cette œuvre toujours aussi remarquable qu'est Jason et les argonautes en s'inspirant de l'une des séquences les plus folles et impressionnantes du long-métrage : celle où les hommes de Jason (appelés argonautes), affrontent l'immense colosse de bronze Talos sur l'île de Crête. Une séquence hallucinante tant son rapprochement avec celle qui fut à l'époque animée par le spécialiste de la Stop-Motion Ray Harrihausen est indubitable !


Caroline Munroe, ce sont ses magnifiques yeux noirs, son regard intense et son affolante silhouette, aux côtés d'un Marjoe Gortner tout sourire, ancien adepte du mouvement Réveil Religieux qui a beau ici montrer toutes ses dents mais qui ne parvient pas à faire tout à fait oublier le sinistre personnage du soldat réserviste Jody Joad qu'il tint dans l'excellent film catastrophe Tremblement de terre de Mark Robson (œuvre qui fut nommée à cinq reprises aux Oscars de 1975 et remporta ceux du meilleur son et des meilleurs effets visuels). Face à ce duo qui incarne les aventuriers Stella Star et Akton dont la mission est de défaire l'infâme Comte Zarth Arn, l'acteur Joe Spinell, inoubliable dans Maniac, ce cauchemar urbain réaliste, gore et morbide, incarne le méchant du film. Mais plutôt que de conserver l'incroyable aura que lui procure son impressionnant visage, l'acteur y perd de sa superbe. En cause, des costumes et une coiffure absolument ridicules que l'on n'oserait peut-être même pas faire endosser à un représentant du phénomène Queer ! Starcrash ressemble à un grand fourre-tout manquant de cohérence. À trop vouloir bourrer son œuvre jusqu'à la gueule de bonnes intentions, Luigi Cozzi finit par perdre le public, d'autant plus que le film n'est en réalité, pas vraiment passionnant et doté d'effets-spéciaux pas toujours très réussis. Reste que les adeptes de séries plus Z que B y trouveront là un candidat de poids. Le nanar kitsch par excellence...

 

mercredi 22 décembre 2021

Omicron de Ugo Gregoretti (1963) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Le variant Omicron est-il réellement inspiré d'un film de science-fiction sorti en 1963 ? Non, bien évidemment. Pourtant, un internaute s'est sans doute cru malin en essayant de nous faire croire le contraire en partageant sur Faceboobs une affiche qui peut au premier abord s'avérer fort intrigante vue le titre qu'elle porte, The Omicron Variant. Une accroche (''The Day the Earth was Turned into a Cemetery !''), mais surtout le nom d'un réalisateur que les amateurs de science-fiction connaissent sans doute pour avoir été l'auteur d'un seul long-métrage intitulé Phase IV, un certain Saul Bass. Le subterfuge tombe donc d'emblée et seuls ce qui n'y bitent rien dans le domaine auraient pu continuer à croire en cette incroyable coïncidence pourtant née de l'esprit farceur de la réalisatrice irlandaise Becky Cheatle qui créa le montage avant de le publier ensuite sur son compte Twitter. Il existe en revanche un long-métrage datant bien de cette même année 1963 et s'intitulant Omicron. Il s'agit là encore d'une œuvre mélangeant science-fiction et comédie. Réalisé et scénarisé par l'italien Ugo Gregoretti, le film met en scène les acteurs Renato Salvatori, Rosemary Dexter et Gaetano Quartararo au cœur d'un récit tournant autour d'un extraterrestre investissant le corps d'un ouvrier afin d'étudier notre planète et ses habitants et d'y examiner la possibilité de venir la conquérir...


S'il ne s'agit pas d'un fake, le contenu du film s'avère particulièrement étonnant et prophétique. Voire même, troublant. Le récit s'articule autour du personnage d'Angelo Trabucco, un employé de l'usine SMS retrouvé mort dans une canalisation mais qui tout juste avant que son autopsie ne démarre se réveille par miracle. Objet de curiosité de la part des scientifiques, de la presse et du public, Angelo semble désormais doté d'atouts physiques hors-norme tandis qu'il a perdu la parole et ne semble plus avoir toutes ses capacités intellectuelles. Les médecins lui réapprennent à marcher, mais s'efforcent vainement à lui faire comprendre l'importance de se nourrir. S'épuisant à force de rester éveillé, ce que ne savent pas les docteurs et qu'ils préféreront ignorer jusqu'au bout, c'est qu'en réalité, Angelo n'est plus qu'une enveloppe physique dont se sert Omicron, un extraterrestre venu d'une planète lointaine chargé d'accumuler un maximum d'informations sur les coutumes et les pratiques des hommes afin de savoir si une éventuelle invasion de la Terre est envisageable. Mais avant cela, Angelo/Omicron va reprendre sa place au sein de l'entreprise qui l'employait jusqu'ici. Travaillant à la chaîne, il s'avère bien plus rapide que ses collègues qu'il finit par se mettre à dos. En effet, son employeur Midollo (l'acteur Gaetano Quartararo), au vu des performances atteintes par Angelo, décide que les autres employés devront désormais s'aligner sur ses performances...


Bien que Omicron soit une comédie de science-fiction, nous ne retiendrons que très brièvement l'aspect humoristique de l’œuvre pour n'en retenir que le brillant message qui nous est délivré. Cette farce qui met en scène l'acteur italien Renato Salvatori qui outre ses quelques singeries (Omicron a tendance à mimer les hommes de manière fort caricaturale) fait le constat d'une société dont les dérives ne cessent de se répercuter à travers le temps. Le film s'avère beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Le réalisateur italien Ugo Gregoretti dont il s'agissait ici du troisième long-métrage cinématographique (si l'on ne tient pas compte de l'anthologie Rogopag qu'il réalisa en compagnie de Jean-Luc Godard, Pier Paolo Pasolini et Roberto Rossellini en 1963) signe une œuvre visionnaire très critique. Mais aussi et surtout allégorique et pamphlétaire puisque à travers les rapports que transmet l'extraterrestre sous les traits duquel se cache donc l'acteur Renato Salvatori, Omicron décrit une société consumériste qui profite d'abord aux plus riches au détriment du prolétariat, appuyant donc sur une méthode économique en circuit fermé. Le film évoque également l'exploitation de son personnel et notamment celui d'Angelo/Omicron, constituant ainsi un point de départ vers la révolte des ouvriers et l'évocation d'un éventuel conflit avec leurs employeurs. Le long-métrage évoquant également les rapports entre hommes et femmes, on s'étonnera d'y voir abordé plus de cinquante ans en arrière le sujet de la Non-binarité qui tente aujourd'hui à dérégler toute identification précise entre l'homme et la femme. Le film d'Ugo Gregoretti s'avère au final une étude sociale concise, admirablement écrite et mise en scène qui malgré ses prétentions humoristiques peut à la longue faire froid dans le dos. Une brillante réussite...

 

vendredi 23 avril 2021

I criminali della galassia d'Antonio Margheriti (1966) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Connu pour avoir tourné la plupart de ses longs-métrages sous le pseudonyme d'Anthony M. Dawson, le réalisateur italien Antonio Margheriti a touché à l'action, le film de guerre, le thriller, le fantastique, le film d'aventures, l'horreur, l'épouvante, la comédie ou comme ici, la science-fiction. Premier volet de la tétralogie Gamma Un qu'il réalisa entre 1966 et 1967, I criminali della galassia met en scène un scientifique fou qui travaille sur l'eugénisme à partir de certaines parties du corps humain. Pour cela, il peut compter sur des employés qui sur Terre, enlève des dizaines, voire des centaines d'éminences grises. Alerté par ces inquiétantes disparitions dont font notamment les frais des scientifiques de renommée, le commandant Mike Halstead est chargé d'enquêter et de mettre à jour le projet mégalomaniaque su professeur Nurmi. Bien que le récit se situe dans un contexte de science-fiction, le sujet aurait tout aussi bien pu se dérouler dans le présent. I criminali della galassia offre une vision du futur relativement puérile et proche de la célèbre série de science-fiction américaine Star Trek. Décors d'arrière-plans minimalistes, maquettes simplistes... si l'effet devait être saisissant à l'époque, de nos jours l'esthétique du long-métrage est carrément surannée. Impossible de ne pas sourire lorsqu'au début, des astronautes de sortie dans l'espace se balancent au bout d'une corde, fort heureusement, invisible, ou quant ils se déplacent avec lenteur afin de simuler l'absence de pesanteur...


Si les costumes et les décors respectivement conçus par Berenice Sparano et Piero Poletto parviennent un tant soit peu à faire illusion, Antonio Margheriti semble moins s'intéresser à la bande-originale projetée lors de certaines séquences. En effet, I criminali della galassia a beau se situer dans le futur, les musiques qui logiquement sonnent très années soixante sont parfois en total décalage avec l'aventure. Dans le futur, le judo est demeuré une pratique courante servant de base de défense lorsque nos héros se confrontent en fin de pellicule au professeur Nurmi et à ses sbires. Parfois osé puisque même certains enfants en bas âge n'échappent pas à la mort, le long-métrage oscille entre certaines visions modernes (l'eugénisme en question, ou le clonage avant l'heure) et une esthétique qui nous rappelle sans cesse que I criminali della galassia aura soixante ans dans une toute petite poignée d'années. Original est le concept de ces hommes tous issus d'une même réplique et qui font écho à l'image que renvoie vers le milieu du long-métrage une galerie de miroirs.


Original également le schéma systématiquement employé pour enlever les scientifiques et autres ''cerveaux'' de l'humanité afin de créer tel le docteur Frankenstein, l'homme et la femme idéaux. Réduction des corps, folie de l'homme se prenant pour Dieu, le spectateur a également droit à une galerie de monstres, les ''ratés'' du Professeur Nurmi ainsi qu'à deux ou trois représentations théâtrale kitsch à mourir. L'ensemble du long-métrage l'est d'ailleurs. Avec ses couleurs passées, ses coiffures sixties, ses sièges art-déco typique des années soixante (style auquel s'attachera à donner vie l'immense Stanley Kubrick avec 2001, l'odyssée de l'espace en 1968 ainsi que pour Orange mécanique en 1971) ou ses uniformes façon ''bleus de travail'' réinterprétés. Les interprètes jouent de manière convaincante, les actrices sont belles et le récit est suffisamment consistant pour que l'on n'ait pas vraiment le temps de nous ennuyer. Suivront donc suivront donc la même année I diafanoidi vengono da Marte et Il pianeta errante, toujours réalisés par Antonio Margheriti tandis que le quatrième volet de la tétralogie The Green Slime, il sera réalisé par le japonais Kinji Fukasaku en 1968...

 

lundi 7 janvier 2019

Assignment : Outer Space d'Anthony Dawson (1960) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Antonio Margheriti, cinéaste italien surtout connu sous le nom d'Anthony Dawson signe en cette année 1960, son tout premier long-métrage en solitaire après un Gambe d'Oro co-dirigé avec le réalisateur Turi Vasile en 1958. Et comment dire... Et bien, le résultat, à l'écran, s'avère à ce point catastrophique que Assignement : Outer Space dépasse de loin en médiocrité ce qu'ont pu produire de pire les États-Unis en matière de science-fiction dans les années cinquante et soixante. Honnêtement, en plus de quarante ans, je n'ai jamais vu une œuvre aussi laide. Si peu attractive visuellement que le film d'Anthony Dawson transpire littéralement le manque de moyens financiers. Je veux bien que les décors soient exigus (une station spatiale n'a jamais été un palace, surtout dans la vie réelle), mais là, on frise la claustrophobie. Alors, lorsqu'est évoquée la planète Mars, on rêve déjà d'un atterrissage à sa surface, pour qu'au même titre que les interprètes engoncés dans des costumes de cosmonautes immondes, le spectateur puisse avoir l'impression de pouvoir s'y détendre les jambes. Parce que dans le genre sarcophage spatial, les navettes sont aussi petites que le scénario.

A ce titre, et pour offrir à Assignement : Outer Space un minimum d'intérêt, nous lui prêterons la paternité d'un genre qui fera fureur à la fin des années quatre-vingt dix avec l'envoi de cosmonautes dans l'espace afin de contrer l'arrivée imminente d'immenses « rochers » s'apprêtant à frapper la surface de notre planète. Mais ici, pas de comète de la taille du Texas, ni d'astéroïde fonçant tout droit vers nous à des milliers de kilomètres par minute. Non, ici, c'est le vaisseau spatial Alpha 2 qui rencontre des problèmes après avoir approché de trop près le système solaire interne provoquant ainsi un sur-échauffement de ses générateur à photons. Résultat : se dirigeant vers la terre, Alpha 2 risque de la faire exploser. Bon, tout d'abord, je suis assez nul en science, mais face à la masse imposante de notre planète, j'imagine assez peu crédible l'hypothèse selon laquelle un vaisseau minuscule errant dans l'espace puisse être capable de la détruire. Un peu comme si l'on opposait une fourmi à un éléphant.

Le récit tourne autour de Ray Peterson (l'acteur Rik Van Nutter), journaliste à l'Interplanetary Chronicle of New York, accueilli à bord du vaisseau spatial Bravo Zulu 88, commandé par un capitaine assez peu accueillant avec lequel il va très rapidement entrer en conflit. C'est lors d'un transfert vers un seconde vaisseau qu'il fait la connaissance de la botaniste Lucy (Gabriella Farinon), seule femme à bord, laquelle va très rapidement tomber amoureuse de Peterson (moins d'une demi-heure après qu'ils aient fait connaissance, un record!). L’intrigue tournant autour du vaisseau Alpha 2 va être l'occasion pour le journaliste venu écrire un article sur le flux d'infra-rayonnements dans le Galaxy M12 (ouais, je sais, ça fait très classe mais on ne suivra jamais l'enquête du journaliste à ce sujet) de prouver sa valeur lorsqu'il décidera lui-même de tenter le tout pour le tout afin de prendre les commande du vaisseau en perdition...

C'est triste à dire, mais le premier long-métrage d'Anthony Dawson est une catastrophe. Il n'y a absolument rien à tirer de bon de cette pellicule aussi laide qu'inintéressante. Les costumes de cosmonautes sont ridicules, chacun étant affublé d'un matricule énorme dans le dos. De plus, on a l'impression qu'ils ont été fabriqués avec des restes de tissus tant ils divergent les uns des autres. Les vaisseaux sont laids, possédant une architecture étouffante et désordonnée ne ressemblant à rien de connu et surtout pas aux station spatiales telles qu'elles sont conçues de nos jours (en même temps, nous sommes en 2116). Les sorties dans l'espace n'offrent aucun intérêt, le ciel étoilé n'étant généralement basé que sur des plans fixes auxquels le cinéaste intègre souvent des vaisseaux en deux dimensions. Quant aux interprètes, Anthony Dawson ne leur offre aucun caractérisation et demeurent assez peu attachants. C'est presque une souffrance que de suivre les aventures du journaliste Peterson et le générique de fin arrive comme une véritable bénédiction. A fuir...

lundi 31 décembre 2018

I Diafanoidi Vengono da Marte d'Antonio Margheriti (1966) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Derrière le nom d'Anthony Dawson se cache le cinéaste italien Antonio Margheriti qui depuis la fin des années cinquante et jusqu'à la fin de sa vie au début des années 2000 a consacré une grande partie de sa carrière au cinéma de genre : péplums, érotisme, horreur, westerns spaghettis ou comme dans le cas présent, science-fiction. Un genre qu'il a surtout représenté durant les années soixante avec au moins cinq longs-métrages dont I Diafanoidi Vengono da Marte traduit aux États-Unis sous le titre War of the Planets. L'occasion d'y découvrir l'acteur Franco Nero qui la même année tourna dans pas moins de huit longs-métrage dont le légendaire Django de Sergio Corbucci et le brutal Le Temps du Massacre de Lucio Fulci. La traduction réelle demeurant en réalité Les diaphanoïdes viennent de Mars, le film d'Antonio Margheriti met en scène les membres de différentes stations spatiales s'apprêtant à fêter le nouvel an.
Nous sommes au beau milieu du vingt et unième siècle lorsque la station Delta 2 est le témoin d'un phénomène étrange. Un rayonnement de couleur verte atteint ses membres, interrompant ainsi toute communication avec les autres stations. C'est à cette occasion que le capitaine Tice (l'acteur Franco Lantieri) est envoyé accompagné de plusieurs hommes afin de se rendre et d'enquêter à bord de la station Delta 2. Ce qu'ils y trouvent s'avère particulièrement inquiétant. Pétrifiés et l'épiderme vert, tous les membres de la station semblent morts. Pourtant, certains d'entre eux sont toujours vivants bien que demeurant immobiles. C'est alors que Tice et les membres de l'expédition sont à leur tour attaqué par des milliards de lumières vertes dont l'origine reste inconnue et que la station disparaît des radars. Devant l'ampleur de la catastrophe, le commandant Mike Halstead (Tony Russell) décide de faite évacuer toutes les stations présentes dans la région. Les unes après les autres, celles-ci disparaissent, mais bientôt, le commandant retrouve leur trace à la surface de Mars...

Produit et réalisé en 1966, I Diafanoidi Vengono da Marte accuse aujourd'hui ses cinquante-deux années d'existence. Plus ringard que ne le sera jamais la série Cosmos 1999, l’œuvre de l'italien Antonio Margheriti souffre d'un manque de moyens évident et de quelques lacunes en matière de science. Bien que I Diafanoidi Vengono da Marte soit sorti l'année suivant la première sortie extra-véhiculaire dans l'espace du cosmonaute russe Alexeï Arkhipovitch Leonov, le 18 mars 1965, Antonio Margheriti fait fi de toute vraisemblance en intégrant des ballets spatiaux et « alcoolisés » farfelus, ses interprètes étant harnachés à des câbles invisibles leur permettant de voler tels des oiseaux ivres. Apesanteur, encore, lorsqu'au lieu d'intégrer des séquences ralenties, le cinéaste préfère demander à ses interprètes de simuler l'absence de pesanteur. Résultat : ses personnages se déplacent comme des pantins ridicules faisant pouffer de rire lors de situations prétendument tendues. Quant à la bande-son, alors même que l'emploi de sonorités électroniques se révèle judicieux, au beau milieu du vingtième siècle les courants musicaux ne semblent pas avoir évolué d'un iota et demeurent les mêmes que dans nos années soixante. Un anachronisme relativement gênant.

Pourtant, on ne reniera pas tout à fait I Diafanoidi Vengono da Marte. Car malgré ses nombreux défauts, comme ses décors de plateaux d'émission à la « Maritie et Gilbert Carpentier » (le ciel étoilé n'est qu'un décor sombre percé de trous d'où passe la lumière), le long-métrage d'Antonio Margheriti assène quelques passage parfois intéressants. Comme l'exploration de la station Delta 2, ou encore la découverte et le projet des « diaphanoïdes » du titre. De part son aspect, et bon nombre de ses défauts, I Diafanoidi Vengono da Marte est donc à réserver aux fans purs et durs de science-fiction kitsch. Un film qui a pris un sacré coup de vieux mais peut se concevoir comme l'un de ces ancêtres décrivant l'exploration de vaisseaux-spatiaux fantômes et de la colonisation du corps humain...

mercredi 31 octobre 2018

Shocking Dark (Terminator 2 - Spectres à Venise) de Bruno Mattei (1989) - ★★★★★★★☆☆☆



Ça n'est pas que j'ai honte d'évoquer l’œuvre du cinéaste italien Bruno Mattei sur Cinémart (je pense l'avoir prouvé bien assez souvent) mais j'ai décidé cette fois-ci d'aborder l'un de ses films de science-fiction sur L'Idiot Électrique. C'est qu'il faut bien donner à manger à ce blog uniquement consacré au genre et à ses extensions si je ne veux pas qu'il dépérisse. Un mois tout rond après avoir abordé Alien Autopsy de Jonny Campbell, retour sur l'un des plus illustres nanars de l'un des maîtres en la matière avec Terminator 2. Pardon ! Shocking Dark. Ou bien encore Spectres à Venise de Bruno Mattei sous le pseudonyme américanisant Vincent Dawn. Grand spécialiste du Rip Off fauché devant l'éternel, Bruno Mattei signe une fois encore un fleuron du genre. Une excroissance cinématographique qui, un jour, sera adulé au même titre qu'un Titanic, un Alien, le Huitième Passager, un Rencontre du 3ème Type ou un Blade Runner (cherchez l'erreur). En attendant, il n'y a guère que les fans d'un sous-genre souvent malmené par une presse qui n'y comprend toujours rien pour défendre bec et ongles le genre Nanar, qu'il empiète dans les domaines de l'horreur, du fantastique, de la science-fiction, de la comédie ou dans tout autre genre acceptant de lui faire une place, même minime soit elle. Après avoir pillé l’œuvre de George Romero, de John Carpenter, et avant de se servir sans demander la permission dans celle de Steven Spielberg, Bruno Mattei se sera fait la main sur celle de James Cameron en pillant cette fois-ci, non pas UN film, mais DEUX. Résultat : Shocking Dark. L'un des Rip Off les plus manifestes puisque le cinéaste italien va intégrer à son script pseudo-environnemental, ceux de Aliens et de Terminator.

A ce propos, l'utilisation d'un titre trompeur comme celui qui parfois servit à vendre son œuvre (Terminator 2) demeure étonnant puisque durant deux bons tiers, Shocking Dark ressemble davantage à une relecture de l'excellent Aliens qu'à une mauvaise suite de Terminator. Neuf ans après Virus Cannibale, Bruno Mattei nous ressert les mêmes décors. Ceux, du moins, qui ouvraient les hostilités en 1980. Avec Bruno Mattei aux commandes, il fallait se douter que l'intrigue n'irait pas se nicher sur une planète jumelle de LV-426 mais à Venise, dans une sorte de centrale électrique servant de décor à une intrigue mêlant scientifiques, commando militaire, créatures monstrueuses et androïde. Servant d'unique lieu de tournage, le complexe est l'occasion d'une visite orchestrée par un Bruno Mattei en roue libre. Comme le sont ses interprètes parmi lesquels la jeune interprète Dominica Coulson qui demeure encore la meilleure de tous. Pendant italien de la jeune Rebecca 'Newt' Jorden du classique de James Cameron, elle se détache en effet du reste du casting qui lui, semble amorphe, incapable de réagir, prostré devant le danger.

Scénarisé par Claudio Fragasso, Shocking Dark compulse la majeure partie des séquences de Aliens dans une forme beaucoup moins agréable à voir même si, de part la médiocre interprétation de ses interprètes, il n'est pas rare que l'on pouffe de rire devant l'attitude de certains personnages. La black de service se prenant pour l'actrice Jenette Goldstein (la première classe Jenette Vasquez dans Aliens) sans avoir une once de son talent, ou les differents membres du commando dont le faciès concourt pour le prix du bellâtre le plus convaincant. Quant à Haven Tyler, elle incarne un sous-produit de Ripley mais s'en sort relativement bien. Mark Steinborn campe le personnage du Commandant Dalton Bond (!?!), celui-là même qui officie après une bonne heure de métrage dans le rôle du terminator sous-développé qui donne parfois son nom au film. Dans l'ensemble, Shocking Dark est plutôt plaisant à regarder même si l'ensemble sonne faux et amateur. Les effets-spéciaux sont plutôt navrant, avec des créatures ridicules, mais les fans de nanar en général et de Bruno Mattei en particulier jubileront devant cette excroissance non-officielle d'illustres licences. Un indispensable pour toutes celles et ceux qui comptent dans leur collection, les mythiques Virus cannibale et Les rats de Manhattan du même Bruno Mattei...

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