Originaire de Londres, le réalisateur et scénariste britannique Val
Guest est surtout connu et reconnu pour avoir participé à
l'élaboration d'un certain nombre de films d'horreur en Angleterre
sous la houlette de la société de production Hammer
Film Productions pour
laquelle il signera durant sa carrière, une quinzaine de
longs-métrages. Et parmi ceux-ci, les deux premiers volets de la
saga constituée de cinq films The
Quatermass Xperiment,
dont la sortie des divers opus s'étalonna entre 1955 et 2005.
Poursuivi avec Quatermass
2 en
1957, Quatermass and
the Pit
de Roy Ward Baker en 1967, The
Quatermass Conclusion
de Piers Haggard en 1979 et le reboot téléfilmique de l'original
sobrement intitulé The
Quatermass Experiment
et réalisé en 2005 par Trevor Hampton et Sam Miller, le premier
long-métrage de cette série mêlant opportunément science-fiction
et épouvante s'inscrit dans un courant de qualité supérieur
lorsque de l'autre côté de l'Atlantique, le cinéma américain a vu
ces années là, nombre de productions de très faible qualité. Pour
ne pas dire d'authentiques navets, une description à laquelle
échappe fort heureusement The
Quatermass Experiment version
1955. Si la science-fiction et l'épouvante sont deux genres qui
cultivent depuis très longtemps un rapport ténu, il faudra
probablement attendre le début des années cinquante pour voir
émerger un nouveau concept, entremêlant créatures venues de
l'espace et ambiance anxiogène. L'un des premiers du genre à avoir
vu le jour demeurant The
Thing from Another World de
Christian Nyby en 1951. Quatre ans plus tard sort donc sur les écrans
The Quatermass
Experiment de
Val Guest pour la Hammer
Film Productions
après une première apparition du personnage central dans une
mini-série éponyme sortie deux ans plus tôt. Dans ce premier
long-métrage cinématographique sorti chez nous sous le titre Le
monstre,
une fusée conçue et envoyée dans l'espace par le British-American
Rocket Group
du physicien Bernard Quatermass (ici incarné par Brian Donlevy) est
de retour vers la Terre mais s'écrase dans la campagne anglaise avec
à son bord trois astronautes.
La
population du coin afflue, tandis que les pompiers s'apprêtent à
ouvrir les vannes des tuyaux d'incendie sur ordre de Quatermass.
Lorsque la porte de la fusée est ouverte à distance, un homme en
sort, visiblement atteint physiquement par son retour sur notre
planète. Secouru par une équipe de médecins, l'homme est
transporté, toujours sur ordre de Quatermass, non pas à l’hôpital
mais dans le laboratoire du docteur Gordon Briscoe (David King-Wood),
un collaborateur du scientifique, permettant ce dernier d'avoir un
œil sur le survivant. Alors que les deux autres astronautes ont
mystérieusement disparu en laissant derrière eux des combinaisons
pourtant attachées à leur siège, Briscoe n'a pas de bonnes
nouvelles à annoncer à Quatermass ni à l'épouse de l'astronaute
ayant survécu, Victor Carroon (Richard Wordsworth). En effet,
l'homme semble être victime d'une maladie qui touche en priorité sa
structure osseuse ainsi que son épiderme... Si pour beaucoup l'un
des premiers grands classiques à avoir touché à la science-fiction
typée ''aventure spatiale'' ou ''présence extraterrestre'' ainsi
qu'à l'épouvante reste le mythique Alien,
le huitième passager
de Ridley Scott en 1979, The
Quatermass Experiment
n'en est pas moins l'un de ses plus remarquables ancêtres même si
ces deux aspects ne sont suggérés qu'à travers le retour de trois
astronautes après leur voyage dans l'espace et la lente mutation qui
va faire du seul survivant, la victime d'un mal horrible mais aussi
très dangereux pour ceux qui croiseront son chemin... Intégralement
filmé en noir et blanc, le long-métrage de Val Guest oppose ensuite
deux protagonistes. D'un côté Bernard Quatermass, qui voit ici
l'occasion de faire des recherches scientifiques et de l'autre,
l'inspecteur Lomax (Jack Warner), lequel enquête tout d'abord sur la
disparition des deux autres astronautes avant que l'un et l'autre des
deux personnages centraux ne viennent à collaborer afin de mettre la
main sur un Victor Carroon qui depuis son passage du laboratoire de
Briscoe à l’hôpital a finit par s'échapper.
Autre
concept que l'on peut évoquer à travers ce classique de la
science-fiction et de l'épouvante, le Body-Horror.
Car si même dans sa version moderne le genre a surtout été
développé par le canadien David Cronenberg dès le début des
années soixante-dix, dans sa version beaucoup moins contemporaine,
on peut remonter jusqu'aux années 30 à travers l'excellent
Frankenstein
de James Whale. Et pourtant, dès 1955 et avec
The Quatermass Experiment,
c'est bien la vision de Val Guest qui se rapproche le plus du concept
tel qu'il est développé maintenant depuis plus de cinquante ans.
Des chairs en mutation, une transformation globale du corps ainsi
qu'une perte de la conscience humaine pour une approche beaucoup plus
''animale'', voire ''bestiale''. En ce sens, The
Quatermass Experiment
peut
être envisagé comme l'un des premiers témoignages d'un courant qui
aujourd'hui fait florès sur grand écran. Une œuvre accompagnée
d'une bande musicale parfois très innovante pour l'époque et signée
du compositeur britannique James Bernard. Notons que si les
maquillages prosthétiques appliqués sur le visage de Richard
Wordsworth restent encore pour l'époque relativement sobre, le
regard halluciné de l'acteur demeure parfois troublant, voire même
très inquiétant. Notons enfin qu'au lieu d'avoir appris de ses
erreurs, le professeur Bernard Quatermass choisira en conclusion
d'envoyer une nouvelle fusée dans l'espace. Ouvrant ainsi la porte à
une séquelle qui verra donc le jour deux ans plus tard sous le titre
Quatermass 2 aux
États-Unis et sous celui de La
marque
en France...
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