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lundi 6 avril 2026

Ribā, Nagarenaide yo de Junta Yamaguchi (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Trois ans après la vertigineuse boucle temporelle de Dorosute no Hate de Bokura (Beyond the Infinite Two Minutes), le réalisateur japonais Junta Yamaguchi reprend le concept tout en changeant certains principes. Tandis que Mondays: Kono Taimu Rûpu, Jôshi ni Kizukasenai to Owaranai de son compatriote Ryo Takebayashi sortait la même année en mettant en scène des employés de bureau confrontés à une boucle temporelle s'étalant sur une semaine entière, Junta Yamaguchi réduit la durée à deux minutes. Ribā, Nagarenaide yo (ou En boucle chez nous) s'inscrit donc dans la même temporalité que son prédécesseur qui par contre démultipliait le concept à travers la présence d'un poste de télévision qui diffusait des images provenant d'un futur très proche puisque n'étant séparé du présent que de deux minutes. Si le concept de boucle temporelle n'est pas très récent, le scénariste Makoto Ueda a su avec Dorosute no Hate de Bokura apporter sa touche personnelle en imaginant les conséquences que pourraient avoir la présence de plusieurs postes de télévision diffusant chacun des images du futur toutes décalées de deux minutes. Laissant ainsi le spectateur et les personnages imaginer les conséquences d'une telle addition de décalages temporels... Concernant, Dorosute no Hate de Bokura, Junta Yamaguchi a une nouvelle fois laissé à Makoto Ueda le soin d'imaginer un autre type de boucle temporelle qui éviterait de reprendre très exactement la même idée que l’œuvre précédente tout en traitant du même sujet. Si Ribā, Nagarenaide yo se déroule dans un contexte peu ou prou similaire, un restaurant pour le premier, une auberge traditionnelle pour le second, le phénomène va s'avérer d'un tout autre ordre puisque situé à Kibune, un secteur de l'arrondissement de Sakyō-ku situé dans la ville de Kyoto, l'auberge où se déroule l'action sera le théâtre d'événements extraordinaires auxquels ni les propriétaires de l'établissement, ni les clients n'auront été préparés. Tout commence alors que l'employée Mikoto (Riko Fujitani) prend une pause au pied de la rivière qui borde la bâtisse. Retrouvant ensuite le maître d'hôtel (Munenori Nagano) avec lequel elle est chargée de nettoyer les chambres, un retour en arrière de deux minutes dans le temps s'opère et Mikoto se retrouve à nouveau devant la rivière à l'endroit exact où elle avait précédemment pris sa pause.


Reprenant le chemin des chambres et rencontrant une nouvelle fois le maître d'hôtel, la jeune femme et ce dernier se rendent rapidement compte que quelque chose cloche. L'un et l'autre sont tout d'abord persuadés d'être les témoins du fameux ''déjà-vu'' qui implique un ''bug'' dans la matrice et persuade ceux qui en sont les victimes d'avoir déjà vécu le même événement. Mais lorsque une nouvelle fois Mikoto et tous les protagonistes du récit se retrouvent de retour deux minutes dans le passé, les choses s'enclenchent véritablement. Si Ribā, Nagarenaide yo s'avère particulier en comparaison de la concurrence en matière de Boucles Temporelles, c'est parce que les personnages ont immédiatement conscience de ce qui leur arrive. Mieux : ils gardent en mémoire ce qu'il ont vécu les deux minutes précédentes. Celles-là même qui voudraient qu'ils vivent inlassablement les mêmes péripéties. Mais tout autant que le scénariste, lequel est donc à l'origine du phénomène, la plupart des personnages accusent facilement le coup en profitant de l'opportunité qui leur est offerte de jouir de cet incessant ''reboot'' pour s'y adapter et ainsi régler certains problèmes directement liés à leur fonction au sein de l'établissement... Tout comme les clients, d'ailleurs. Comme ce ''couple'' (interprété par Masashi Suwa et Gōta Ishida), condamné à manger le même plat de riz. Ou cet autre, Sugiyama (Haruki Nakagawa), qui durant l'événement prenait un bain et se retrouve malgré lui enfermé dans une boucle qui le contraint à rester ''éternellement'' enfermé dans un sauna. Le cadre de Ribā, Nagarenaide yo représente à plus ou moins grande échelle le rêve de quiconque voudrait vivre éternellement, en revivant chaque fois le même instant sans être empêché de faire évoluer les événements. Mais tout en permettant aux personnages de ''continuer à vivre leur vie'', le scénariste et le réalisateur leur imposent malgré tout quelques savoureuses contraintes. Au final, Ribā, Nagarenaide yo n'est peut-être pas aussi ''fou'' que Dorosute no Hate de Bokura mais les amateurs de science-fiction et de boucles temporelles en particulier seront ravis de se replonger une fois encore dans ce genre de récit...

 

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