Affichage des articles dont le libellé est Hubert Davis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hubert Davis. Afficher tous les articles

lundi 23 mars 2026

The Well de Hubert Davis (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ça se bouscule du côté de la science-fiction dystopico-post-apocalyptique. Un peu comme lors du Black Friday, à l'entrée des magasins, lorsque les gens se piétinent, qui pour un téléviseur, qui pour un aspirateur dernier cri, qui pour une machine à laver ! De beaux exemples d'une humanité qui oublie dans ces cas là, tout discernement... Maintenant, s'agissant du thème qui nous intéresse ici, l'on est face à un objet filmique facilement identifiable et qui prend tout son temps. Non pas sur une durée étirant le récit sur deux ou trois heures mais juste sur ce qu'il faut de temps pour le réalisateur Hubert Davis et les scénaristes Michael Capellupo et Kathleen Hepburn de développer un script qui, s'il ne révolutionne pas le genre, profite malgré tout du sens inné de ses auteurs lorsqu'il s'agit pour eux de décrire un monde dans lequel l'humanité tente de survivre après un drame écologique d'ordre mondial. Dans le genre, l'on aura eu droit à tout. À commencer par diverses invasions. Celles d'infectés et de zombies mais aussi celles de tout un tas de créatures. Puis interviennent des éléments naturels contre lesquels l'Homme ne peut rien faire. Chute de météorites, tremblements de terre, éruptions volcaniques, Tsunamis, notre Terre Mère est parfois bien revancharde lorsqu'il s'agit de nous faire payer nos excès. Et puis, demeure l'une des sources de vie primordiales : l'eau ! Cet élément essentiel sans lequel aucune vie ne serait possible sur notre planète et qui dans le cas de The Well (en français, Le puits) est contaminée en dehors de quelques rares exceptions... Le long-métrage de Hubert Davis met tout d'abord en scène les personnages d'Elisha Devine (Joanne Boland), son époux Paul (Arnold Pinnock) ainsi que leur fille Sarah (Shailyn Pierre-Dixon). Une famille isolée du monde extérieur et qui jusqu'à maintenant a réussi à survivre grâce à un puits dont l'eau est demeurée potable. Malheureusement, le purificateur permettant de la filtrer est désormais endommagé et les réserves de la famille commencent à s'épuiser. C'est alors qu'arrive dans les parages, Jamie (Idrissa Sanogo), lequel prétend être le neveu de Paul. Relativement soupçonneuse, Elisha accueille la nouvelle avec prudence. Isolé dans une ''cage'' le temps de s'assurer qu'il n'est pas atteint de la maladie liée à l'eau contaminée qui à jusqu'à maintenant décimé une importante partie de l'humanité, le jeune garçon est finalement accepté au sein de la famille. Prétextant pouvoir remplacer le filtre du purificateur dans le camp où il était précédemment installé, Jamie s'en empare et décide de prendre la route sans en référer à son oncle mais en étant suivi par sa cousine Sarah...


Armée d'un fusil, l'adolescente arrive en compagnie de Jamie dans un minuscule camp régenté par une certaine Gabriel (Sheila McCarthy que l'on a pu notamment découvrir dans 58 minutes pour vivre de Renny Harlin en 1990 ou Le jour d'après de Roland Emmerich en 2004)... Rien que de très banal en apparence pour ce long-métrage qui réunit tous les éléments du film de science-fiction post-apocalytique. Jusqu'à même mettre en scène un antagoniste à la forte personnalité et justement incarné par cette femme d'âge mûr sans doute beaucoup trop souriante et bienveillante pour n'être que la vieille femme que tout le monde rêve de côtoyer dans ce genre de récit. Sans avoir le profil du gourou derrière lequel se cache une poignée de survivants qui comptent tous sur elle pour se maintenir en vie, Gabriel porte pourtant sur elle tous les stigmates de celui ou celle que l'on craint de rencontrer... The Well distille son comptant de séquences fortes, abordées sur un rythme lent, qui laisse une place importante à la caractérisation des personnages. Permettant ainsi au spectateur de se reconnaître dans l'un ou l'autre des personnages parmi lesquels nous ajouterons notamment la jeune Milly (Noah Lamanna, notamment découverte dans les séries Star Trek: Strange New Worlds et The Last of Us) ou bien Wanda (Natasha Mumba), cette jeune mère d'un bébé qui éprouve de grandes difficultés à le nourrir par le sein tant le manque d'eau se fait pesant... Ici, la lenteur du récit n'est pas directement liée à l'ennui. Bien au contraire, plutôt que d'abreuver les spectateurs de séquences chocs même si à une ou deux occasions le réalisateur ne se gêne pas pour en produire, The Well est doté d'une ambiance lourde, anxiogène, le script de Michael Capellupo et Kathleen Hepburn intégrant merveilleusement bien le contexte familial des Devine qui outre leur tentative de survivre dans un monde parfois hostile a vécu un drame dont ils ne se sont jamais vraiment remis. Mise en scène et interprétation sobres. Tout comme les décors et l'absence d'effets-spéciaux déterminent un futur proche réaliste. S'il y a peu de chance que The Well fasse des vagues en comparaison des blockbusters américains, cette production canadienne que l'on devine dotée d'un budget restreint est en fait une excellente surprise. Et si le sujet n'est évidemment pas novateur, l'on peut compter sur un traitement soignée de l'œuvre pour passer un très bon moment...

 

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...