Dans un monde où l'air
est devenu irrespirable, le fils du dirigeant de la méga-corporation
AetheraEric O’Connors (Daniel Sharman)
ne cesse de vouloir prouver au sein de l'entreprise et surtout auprès
de son père qu'il est capable de mener à bien un projet.
Travaillant sur l'amélioration d'un sérum qui n'est distribué
jusqu'à maintenant qu'aux privilégiés, l'individu va bientôt
lancer certains de ses hommes aux trousses d'Ella McPhee (Grace Van
Dien), une jolie jeune femme, égérie de la société Aethera
mal dans sa peau puisque se considérant comme très superficielle.
Un soir, alors qu'elle rejoint par surprise sa meilleure amie Gina
(Robyn Rossouw) à une soirée, elle l'a surprend au bras de son
petit ami Tully (Tafara Nyatsanza). Se sentant trahie, Ella s'empare
d'un flacon renfermant une puissante drogue que Tully à volé plus
tôt dans la journée à une organisation clandestine dirigée par un
certain Solomon (Keenan Arrison) et l'avale. Commence alors chez la
jeune femme, une curieuse transformation physique qui lui permet
notamment de marcher sur les murs et d'acquérir une très grande
force. Cette lente mutation intéresse Eric qui ordonne alors à ses
hommes de se lancer à sa poursuite afin qu'il puisse faire des tests
sur la jeune femme... Dernier long-métrage réalisé par la cinéaste
Kelsey Egan, The Fix est
son troisième. La réalisatrice et scénariste américaine continue
de faire évoluer son cinéma dans la science-fiction après
Glasshouse
en 2021 et I Carry You Always
en 2023. Ici, il s'agit surtout de traiter le genre sous l'angle de
la recherche scientifique dans un monde à l'agonie en terme d'air
pur. L'on a donc plusieurs caractères qui s'y affrontent. D'un côté,
une jeune femme, objet de fantasme, utilisée à des fins
publicitaires au profit des dirigeants de l'entreprise Aethera
qui n'ont, on le verra plus tard durant le récit, jamais eu
l'intention de faire profiter le plus grand nombre de leur création,
AIRemedy.
Une
pilule qui permet de pallier au manque d'oxygène dans l'air. De
l'autre, nous avons donc Eric O’Connors. Fils du PDG de Aethera.
Un arriviste, ambitieux, qui veut pouvoir profiter de l'opportunité
qu'apportera la transformation d'Ella pour opérer des expériences
sur elle et ainsi améliorer la nouvelle substance sur laquelle il
est en train de travailler et qui pour l'instant n'a engendré que
des échecs ! Entre les deux se trouve Solomon. Un scientifique
qui par la force a dû se marginaliser et s'éloigner de l'entreprise
Aethera
où il avait ses quartiers. Si Eric O’Connors est décrit comme un
individu qui sait très exactement où il va et démontre ainsi son
fort potentiel de dangerosité, s'agissant de Solomon, celui-ci reste
longtemps ambigu avant de révéler sa véritable nature. Aux côtés
de collaborateurs qui tout comme lui ont dû se désocialiser,
l'homme a mis au point une drogue qui pourrait bien permettre à tous
de respirer naturellement sans avoir à porter de très coûteux
masques à oxygène...
On
le voit, le récit de The Fix
tourne principalement autour de trois personnages bien distincts les
uns des autres. Le sujet n'étant en outre pas loin de rappeler celui
d'un petit classique de la science-fiction et de l'horreur. Un
certain Species
réalisé en 1995 par Roger Donaldson et connu chez nous sous le
titre La mutante.
Dans ce dernier, Sil (Natasha Henstridge) était créée
artificiellement par des scientifiques mais subissait en contrepartie
une étrange mutation. Poussée irrépressiblement à se reproduire,
la jeune femme était notamment poursuivie par des chercheurs qui
désiraient exploiter ses vastes possibilités physiques. L'on a donc
à travers The Fix,
un sujet apparemment en béton mais qui ne repose pas vraiment sur
une idée totalement novatrice. En outre, et alors que La
mutante
avait pu bénéficier d'un confortable budget de trente-cinq millions
de dollars à l'époque, il reste difficile d'évaluer celui du
long-métrage de Kelsey Egan puisque aucune information à son sujet
ne semble avoir filtré mais au vu du résultat, on peut très
facilement envisager qu'il fut bien en deçà de son principal
''concurrent''. Kelsey Egan a beau y mettre du cœur, à vouloir
mettre en avant un personnage féminin s'affranchissant de son simple
statut d’icône vidée de toute substance intellectuelle pour
devenir sans doute la sauveuse de l'humanité, The
Fix
rate à peu près tout ce que sa réalisatrice entreprend. En terme
d'action, d'effets-spéciaux et même d'intrigue, celle-ci étant
souvent décousue, le film n’apparaît pas autrement que comme une
toute petite production, anodine et artistiquement datée. Lorsque
sont mises à contribution les nouvelles facultés d'Ella, ses
déplacements dans l'air ou sur les murs font appel à la vieille
méthode des fils invisibles. Pour un résultat malheureusement
catastrophique. S'agissant des scènes d'action, là encore,le film
fait chou blanc. Mal orchestrés, mais chorégraphiés, les combats
sont en outre mal cadrés. Passons sur l'esthétique générale du
film qui lorgne comme beaucoup avant lui du côté des architectures
modernes, blanches, vitrées sans pour autant marquer sa différence.
Et que dire de la transformation d'Ella. Lente, douloureuse, à la
manière d'un Body
Horror,
mais alors, qu'est-ce donc que cette paire d'ailes de libellule
parfaitement ridicule dont elle est doté vers la fin du récit ?
Se terminant en queue de poisson, The
Fix
laisse malheureusement la porte ouverte à une éventuelle séquelle.
Prenant ainsi les allures d'un pilote de série dont on espère qu'il
n'y aura pas de suite...

.png)
