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samedi 1 août 2026

Débris de J. H. Wyman (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Je sais qu'en général il est peu convenu de faire la critique d'un film ou d'une série sans s'être tout d'abord assuré d'avoir regardé l'un ou l'autre dans sa globalité mais concernant Débris de J. H. Wyman, il ne m'aura pas fallut plus de trois épisodes pour me convaincre de l'inintérêt de cette série de science-fiction qui aurait pu ou dû susciter chez moi et chez ma compagne, un véritable engouement. Après l'équivalent d'un peu plus de cent-vingt minutes et surtout, après avoir naïvement espéré retrouver le charme de la mythique série X-Files, le constat est sans appel. Malgré un concept on ne peut plus fascinant, malgré un premier épisode réalisé par Brad Anderson (l'auteur, en outre, des formidables Happy Accidents en 2000, Session 9 en 2001, The Machinist en 2004, d'une quinzaine d'autres longs-métrages et d'un certains nombres d'épisodes de séries disséminés au sein d'une trentaines de séries) et malgré des séquences d'ouverture mettant en appétit, Débris cultive un sens de l'angélisme qui prête, au mieux, à (sous)rire et au pire, crispe le doux rêveur, attentif aux mystères de l'univers. Comme ici, s'agissant d'un immense vaisseau spatial découvert voguant dans l'espace deux ans auparavant et qui depuis six mois rejette sur la surface de notre planète des centaines de débris aux propriétés aussi extraordinaires que diverses depuis son inexplicable explosion... Constitué de treize épisodes, donc, Débris met en scène Riann Steele et Jonathan Tucker dans les rôles respectifs de l'agente du MI6 Finola Jones et l'agent de la CIA Bryan Beneventi. Deux personnalités bien différentes mais qui se complètent puisque la première est une scientifique idéaliste tandis que le second s'avère relativement matérialiste tout en conservant une certaine part de mystère... Tout comme les agents du FBI Dana Scully et Fox Mulder de la série créée par Chris Carter en 1993, nos deux agents sont chargés d'enquêter sur d'étranges phénomènes liés au débris du titre qui en toute vraisemblances possèdent des facultés diverses et variées...


Mais alors que l'on pouvait se prêter à rêver à une série qui contrairement à X-Files se contenterait cette fois-ci d'aborder la science-fiction (voire le fantastique) sous l'angle exclusif des phénomènes extraterrestres, si tel est le cas et si certains éléments propres à ces dits phénomènes s'avèrent originaux, le développement de chaque intrigue (du moins concernant ces trois premiers épisodes) tombe comme une poignée de cheveux dans la soupe ! Entre un Bryan Beneventi tellement monolithique qu'il en devient caricatural et antipathique et une Finola Jones qui semble dotée d'un sens un peu trop aigu de l'observation, Débris manque surtout le coche niveau écriture. Et même s'ils s'y sont mis à neuf pour concevoir le script des différents épisodes, les trois premiers ne laissent rien présager de bon pour la suite. L'issue de chaque intrigue et de chaque mystère (chaque épisodes étant ''indépendant'' des autres même si tous sont reliés entre eux à partir du sujet des divers débris tombés sur Terre et autour du conspirationnisme), s'avère un peu trop complaisante s'agissant de leur résolution. Alors que Scully et Mulder apportaient leur expertise personnelle, profonde, réfléchie, parfaitement construite et souvent conflictuelle, l'originalité des phénomènes reste ici le seul élément véritablement attractif de la série tant ''l'omniscience'' profondément agaçante de Finola résout malheureusement à elle seule la complexité des diverses et merveilleuses ''épopées'' du duo. Nous n'évoquerons pas les invraisemblances, nombreuses, qui émaillent déjà ces trois premiers épisodes, déjà synonymes de flemmardise ou d'incompétence de la part de scénaristes incapables de développer un concept de base fascinant. Le public semble d'ailleurs avoir été pris d'allergie puisque la seconde saison prévue à l'origine a finalement été annulée pour cause d'audimat insuffisant ! Bref, si le reboot de X-Files en développement depuis le printemps dernier vous donne par avance des sueurs froides, il est alors encore plus inenvisageable pour vous de jeter un œil à ces Débris qui n'ont ni la saveur, ni le génie de la série de Chris Carter...

 

lundi 13 juillet 2026

V : The Second Generation de Kenneth Johnson (20??)

 


 

Qui ne se souvient pas de la série de science-fiction culte V de Kenneth Johnson datant de 1983 et constituée d'une première mini-série en deux parties simplement intitulée V, suivie un an plus tard par une autre cette fois-ci titrée V : La Bataille finale en trois parties et enfin d'une saison de dix-neuf épisodes intitulée V : La série ? Une série à succès qui donnera naissance bien plus tard en 2009 à un remake en deux saisons intitulé V. Mais qui sait que le créateur de la série originale eut d'autres projets s'agissant de l'invasion de notre planète par une espèce extraterrestre reptilienne ? Tandis qu'il annonçait dès 2010 lors d'une interview donnée à une équipe de journalistes américains ayant précédemment couvert le Comic-Con de San Diego une adaptation cinématographique de la série, Kenneth Johnson fut rejoint chez lui par la dite équipe afin de causer de son bébé et du projet à venir. Ne détenant aucun droit sur la série produite en 2009 mais étant tout de même crédité en tant que créateur, Kenneth Johnson reste malgré tout propriétaire des droits d'adaptation au cinéma. Il faut tout d'abord savoir que le point de départ de son projet cinématographique ne repose pas sur l'entièreté des séries produites dans les années quatre-vingt puisque de l'aveu de Kenneth Johnson lui-même, V : La série n'a jamais constitué une suite réelle aux deux mini-séries qu'il avait créé auparavant. Le récit devrait donc logiquement prendre place vingt ans après non pas cette dernière mais après : La Bataille finale... Tout commence en réalité en 2008 lorsque paraît dans les librairies américaines le roman V: The Second Generation. Et contrairement à ce que pouvait laisser supposer la fin du troisième épisode de la seconde mini-série, l'humanité n'est pas sortie victorieuse de son combat contre les envahisseurs et ces derniers dominent toujours notre planète. On se souvient ensuite qu'à l'époque de la première vague d'épisodes était évoquée l'existence d'une autre espèce extraterrestre hostile aux lézards sur laquelle la Résistance portait tous ses espoirs. Une idée qui fut pourtant rapidement évacuée mais qui devait donc ressurgir au sein du récit de l'adaptation cinématographique. En effet, les Zedti devaient collaborer avec notre espèce tout en conservant chez eux une certaine ambiguïté quant à leur intentions réelles vis à vis de l'espèce humaine et de notre planète...


De cette proposition littéraire plutôt intéressante l'on connaît sa réception auprès des producteurs qui restèrent de marbre et préférèrent finalement produire la série de 2009 telle que nous la connaissons. Neuf ans plus tard, en 2018, Kenneth Johnson annonce vouloir carrément travailler sur une trilogie de longs-métrages en collaboration avec la société de production de télévision américaine Desilu Productions. L'intrigue devant se dérouler près de trente-cinq ans plus tard et s'agissant de l'évolution des technologies actuelles, Kenneth Johnson avait non seulement pour projet de réaliser le premier volet mais aussi et surtout de recréer son univers afin de l'intégrer à notre époque tout en revenant aux origines du récit tel qu'il l'avait lui-même imaginé en 1983. Malheureusement, aussi excitante que pouvait être cette annonce, le projet semble être tombé dans les affres du ''Development Hell'' puisqu'il semble être depuis bloqué au stade préliminaire. En effet, à ce jour, on ne connaît rien de l'éventuel casting, du ou des distributeurs ou du calendrier de tournage. On n'est même pas certains que Kenneth Johnson aurait lui-même réalisé le premier volet !V: The Second Generation (le film) fait donc depuis figure d'arlésienne. C'est d'autant plus dommage que si vraiment le roman avait été adapté, l'on aurait eu l'immense plaisir de retrouver quelques-uns des personnages iconiques de la série d'origine. À l'image de Diana, de Julie Parish, de Mike Donovan ou de Robin Maxwell. Kenneth Johnson désirait en outre approfondir le personnage d'Elizabeth, l'enfant-hybride en traitant le sujet sous un angle beaucoup plus sérieux et donc moins fantaisiste. On ne sait pas si le projet verra le jour dans un futur plus ou moins lointain mais toujours est-il que des fans, de l'autre côté de l'Atlantique, se battent pour que Kenneth Johnson parvienne à ses fins. Il serait d'ailleurs temps que des producteurs s'intéressent réellement au projet puisque le créateur de la série accuse tout de même aujourd'hui les quatre-vingt trois printemps...

 

mercredi 8 juillet 2026

Black Box (Flight 298) de Steven Quale (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tandis que Allociné s’emmêle les pinceaux en proposant deux fiches confondant le Black Box du réalisateur suisse Tim Fehlbaum qui devrait voir le jour sur Netflix en 2027 avec le film éponyme de Steven Quale dont le plus célèbre long-métrage reste sans doute à ce jour le cinquième volet de la franchise Destination Finale sorti en 2011, c'est bien de ce dernier dont nous allons parler ici. Rien à voir donc avec le remake de l'excellent thriller du français Yann Gozlan avec Pierre Niney, Lou de Laâge et André Dussollier puisqu'il s'agit d'aborder d'étranges phénomènes se déroulant à bord d'un avion de ligne. Afin de bien différencier les deux longs-métrages, celui s'intitule en réalité dans sa version originale, Black Box (Flight 298). Du nom du vol de la compagnie Vero Airlines prévoyant de transporter ses passagers de la Nouvelle-Orléans jusqu'à Seattle. Parmi eux, Jeremy est de retour dans sa ville d'origine avec à bord le cercueil de son épouse placé dans la soute à bagages. Le script de Stephen Susco (scénariste entre autres des versions américaines de The Grudge 1 & 2 de Takashi Shimizu, de Texas Chainsaw 3D de John Luessenhop et de Unfriended: Dark Web qu'il réalisa lui-même en 2018) ne fait pas longtemps mystère des curieux événements qui se produisent lors du vol puisque le récit débute à travers toute une série de petites vidéos sous forme de flashback lors desquels l'on fait connaissance avec les principaux protagonistes avant leur montée dans l'avion et bien après que les étranges phénomènes aient déjà fait leur première apparition. Dans un premier temps, le scénario laisse entendre qu'une épidémie pourrait s'être propagée à l'intérieur de la cabine. Un vieil homme souffreteux passe en effet son temps à tousser avant de mourir de ce qui semble être une hémorragie. Bientôt, d'autres voyageurs éprouvent des maux de têtes et sont victimes de saignements. Pourtant, au fil de l'intrigue, le problème paraît provenir d'événements qui se produisent à l'extérieur même de l'avion. Alors qu'une tempête fait rage, Jeremy aperçoit d'étranges lumières au cœur même des nuages. Tandis que les passagers s'inquiètent, notre héros, soutenu par l'hôtesse de l'air Emma (Holly White), l'agente de sécurité Lauren (Boadicea Ricketts) mais aussi par la très jeune Chloe (Molly Belle Wright), va devoir temporiser le comportement des autres voyageurs...


Car comme dans tout bon ou mauvais film catastrophiste, Black Box (Flight 298) implique son comptant de personnages antipathiques. À l'image de ces adolescents férus de réseaux sociaux qui passent leur temps à filmer tout ce qui peut leur amener de nouveaux followers ou de cet homme d'affaire parfaitement imbuvable qui parce qu'il a réservé un siège en première classe tente d'imposer ses propres règles au détriments des autres voyageurs ! Le long-métrage de Steven Quale condense ainsi toutes les réactions qui peuvent découler de phénomènes on ne peut plus inquiétants. Entre ceux qui aident, ceux qui agissent de façon égoïste, ceux qui sont paralysés par la peur et ceux qui demeurent stoïques. Pour se faire une idée plus ou moins précise du contenu du film sans en déflorer la totalité du scénario, Black Box (Flight 298) mixe film catastrophe, science-fiction et épouvante. Et pour être encore plus précis, il s'agit là de l'adaptation du court-métrage The Vessel que signèrent les créateurs de la série Stranger Things, Matt Duffer et Ross Duffer. Passant ainsi de quatorze minutes à un peu moins d'une heure-trente, Stephen Susco a donc drastiquement élargit le concept en travaillant plus en profondeur la psychologie de certains personnages en ajoutant en outre des péripéties qui n'apparaissaient pas dans le court-métrage d'origine... Plusieurs séquences du long-métrage semblent de plus vouloir faire référence à la nouvelle de l'écrivain américain Richard Matheson qui en 1961 écrivit Nightmare at 20,000 Feet, laquelle fut adaptée en 1963 pour la série The Twilight Zone (La quatrième dimension) et fut notamment diffusée en France sous le titre Cauchemar à 20,000 pieds. Sans être un grand film d'horreur ou l'une des nouvelles références en matière de science-fiction, Black Box (Flight 298) reste une honnête proposition de cinéma horrifique et claustrophobe. Des événements en pagaille dont une ''invasion'' en mode ''Body Snatchers'' qui laissera ses personnages face à une perspective relativement glaçante...

 

mercredi 1 juillet 2026

The Last Starfighter de Nick Castle (1984) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Étudiant à l'université de la Southern California School of Cinematic Arts de Los Angeles aux côtés de son ami John Carpenter avant d'intégrer à ses côtés le groupe de rock The Coupe de Villes (rien à voir avec celui formé Francis Ford Coppola et plusieurs membres de sa famille), Nick Castle a part la suite participé aux tournages de Dark Star (il y tient le rôle de l'alien), deHalloween (dans lequel il incarne le rôle de Michael Myers) et de New-York 1997 dont il écrivit le scénario conjointement avec le cinéaste américain. Il signe en 1982 son premier long-métrage, le thriller Tag: The Assassination Game avant de réaliser l'un de ses deux films les plus connus (avec Dennis the Menace en 1993), le bien nommé The Last Starfighter. Réduit en France au simple titre de Starfighter, le film met en scène Alex Rogan (Lance Guest). Un jeune adulte vivant auprès de sa mère et de son petit frère dans un caravaning. Une petite communauté de quelques dizaines d'habitants qui comptent souvent sur lui pour remettre l'électricité, déboucher les éviers et autres petits tracas de la vie quotidienne. Tandis que sa petite amie Maggie (Catherine Mary Stewart) passe du bon temps avec leurs camarades, Alex, lui, espère obtenir une bourse d'étude afin d'intégrer une grande école. En attendant, il s'adonne quotidiennement au jeu vidéo Starfighter dont il espère battre le record. Un Shoot'en up, genre très en vogue dans les bornes d'arcades à l'époque. Lorsque vient le jour où Alex atteint le meilleur score, une voiture débarque au caravaning avec à son bord un drôle d'individu prénommé Centauri (Robert Preston) qui se prétend être le concepteur du jeu vidéo. Alerté par le fait qu'Alex a battu tous les records, Centauri l'invite à s'asseoir à ses côtés dans le véhicule qui s'avère en réalité être un vaisseau spatial. Contre toute attente et alors que les deux passagers font route sur un chemin de campagne, la ''voiture'' s'envole et prend la direction de Rylos, une planète lointaine située aux abords de la Frontière de la Ligue Stellaire que menace de détruire Xur (Norman Snow), un traître originaire lui-même de Rylos, ainsi que l'empire de Ko-Dan avec lequel celui-ci collabore...


Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l'on comprend rapidement que le jeu Starfighter n'était en fait qu'un simulateur de vol créé afin de trouver sur Terre celui qui irait rejoindre le groupe de Starfighters interplanétaires prévu pour combattre l'ennemi. Sortant des contingences coutumières qui veulent que les héros évoluent généralement dans de petites villes américaines fort sympathiques, en attendant mieux, notre héros vit donc auprès des siens dans un caravaning. Et si la situation semble relativement précaire, ses habitants n'en sont pas moins heureux... Passé ce constat, l'action se déroule sur deux plans. Car si l'absence d'Alex risque de se faire rapidement remarquer, le scénario de Jonathan R. Betuel résout le problème en intégrant au récit un bêtadroïde. Réplique parfaite et donc androïdale d'Alex qui va remplacer le jeune homme sur Terre. Dynamisant ainsi le récit, Starfighter situe donc son action non seulement dans l'espace mais également sur notre planète, où l'attitude du Alex bêtadroïde va notamment étonner sa petite amie Maggie qui n'est pas au courant du subterfuge. Le script s'amuse d'ailleurs rapidement de principes proprement ''humains'' comme celui des sentiments amoureux. Incapable de comprendre le concept, le rapprochement entre la jeune femme et l'androïde donnera lieu à quelques séquences savoureusement drôles. Et tandis que ce dernier tentera de faire illusion sur Terre, dans l'espace, Alex devra prendre son courage à deux mains et se servir de ses compétences acquises en jouant sur la borne d'arcade pour combattre et vaincre l'ennemi, aux côtés du très attachant Grig (Dan O'Herlihy), une créature appartenant à une espèce reptilienne. Alors que les séquences de batailles spatiales ont toutes été conçues par la société d'animation assistée par ordinateur Digital Productions (laquelle sera rachetée quatre ans après sa création par Omnibus Computer Graphics) qui la même année produira les effets-spéciaux visuels de 2010 : L'Année du premier contact de Peter Hyams, les quelques rares créatures extraterrestres que l'on aperçoit durant le récit ont notamment été créées par William Tuttle, lequel travailla auparavant sur La Machine à explorer le temps de George Pal et sur La Planète des singes de Franklin J. Schaffner. Si certains effets-spéciaux ont plus ou moins bien vieilli, l'humour, lui, reste au contraire très efficace. L'on regrettera surtout une bataille spatiale réduite à sa portion congrue. Bien loin des fameuses ''Guerres de l’Étoile'' célébrées dans la franchise Star Wars ou chez les concurrents de Star Trek. Mais au final, Starfighter reste un vrai plaisir de cinéphage...

 

jeudi 25 juin 2026

L'âge de cristal de William F. Nolan et George Clayton Johnson (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'intrigue se déroule alors que nous sommes au vingt-troisième siècle. Après qu'une guerre nucléaire mondiale a décimé une partie importante de l'espèce humaine voilà deux siècles tout en rendant l'air totalement irrespirable, les survivants sont concentrés dans des dômes qui les protègent de l'atmosphère extérieure. La Cité des Dômes est un havre de paix, où hommes et femmes vivent pleinement leur existence, sans restriction aucune. Pourtant, dès l'âge de trente ans atteint, chacun est contraint de participer au rituel de la Renaissance qui selon les membres du Conseil des Anciens permet à toutes et tous de se réincarner pour une vie nouvelle et éternelle. Mais parmi les habitants, certains doutent de la sincérité des membres du Conseil et pensent qu'en réalité, le Carrousel où se déroule la cérémonie les condamne à une mort certaine. Parmi eux, Jessica 6. Tandis que la jeune femme tente de s'échapper de la Cité des Dômes en compagnie d'autres fugitifs, elle est aidée par Logan 23, un limier chargé de la sécurité des lieux. Se laissant convaincre par Jessica 6 qu'il existe une vie en dehors de la Cité des Dômes, Logan accepte de la suivre vers l'extérieur. Devenus fugitifs, ils partent tout deux à la recherche du Sanctuaire, une cité mythique où chacun peut vivre librement sans craindre de participer à ce qui dans la Cité des Dômes est en réalité un sacrifice ! Lancé à leur recherche par les Membres du Conseil des Anciens afin de les ramener dans la Cité, l'ami de Logan, Francis 14 (Randy Powell), découvre que ceux qui la dirigent sont très âgés. Afin de le convaincre de traquer et de ramener les deux fugitifs, l'un des membres promet à Francis de l'intégrer au Conseil des Anciens dès qu'il aura accompli sa tâche...


Nous allons ici aborder les premiers épisodes de L'âge de cristal. Série de science-fiction mythique des années soixante-dix qui côtoya à la même époque d'autres séries toutes aussi légendaires telles que Cosmos 1999, Battlestar Galactica ou encore The Fantastic Journey... À l'origine est sorti en librairie en 1967 le roman Logan's Run de William F. Nolan et de George Clayton Johnson. Ouvrage de science-fiction qui fut tout d'abord adapté sur grand écran par Michael Anderson avec dans les rôles principaux Michael York, Jenny Agutter et Richard Jordan en 1976, l'année suivante verra arriver dès le 16 septembre 1977 sur les petits écrans de télévision américains son adaptation télévisuelle sobrement intitulée Logan's Run aux États-Unis et plus tard sous le titre de L'âge de cristal chez nous. Constituée de quatorze épisodes seulement, la série quitte rapidement le cadre de la Cité des Dômes pour se concentrer sur tout un chapelet d'aventures au centre desquelles l'on retrouve bien évidemment la traque entre nos deux héros et le limier Francis 14. S'agissant du premier épisode simplement intitulé L'âge de cristal et dans lequel Logan et Jessica sont désormais interprétés par Gregory Harrison et Heather Menzies, nos deux fugitifs vont être confrontés à la dure et habituelle réalité d'un monde post-apocalyptique avec ses gentils et ses méchants. Ces derniers étant ici incarnés dans ce premier épisode par des cavaliers qui kidnappent les imprudents habitants d'un bunker qui osent sortir prendre l'air pour en faire des esclaves. Plus tard, dans cet épisode dont la durée est plus importante que pour les suivants, Logan et Jessica tomberont sur la Cité des montagnes. Un lieu apparemment paradisiaque où ils seront accueillis avec bienveillance par des hommes et des femmes prêts à assouvir tous leurs besoins. Enfin, en théorie puisqu'ils découvriront bientôt que leur liberté est factice et surtout que ces hommes et ces femmes qui les ont accueillis sont en réalité des... androïdes...


Ce ne sera que grâce à l'aide inespérée de l'un d'entre eux, Rem (incarné par Donal Moffat) qu'ils pourront se sauver de cette prison dorée. L'occasion ainsi de découvrir le troisième héros de la série puisque Rem accompagnera désormais Logan et Jessica lors de leurs aventures. Des pérégrinations qui se poursuivront donc dès le très sympathique second épisode intitulé Les collecteurs et dont le contenu rappelle ostensiblement celui du vingt-cinquième épisode de la première saison de The Twilight Zone intitulé People Are Alike All Over (Tous les gens sont partout semblables) dans lequel un astronaute dont la fusée s'est écrasée sur Mars est accueilli par les habitants de la planète qui malgré leur apparente gentillesse l'enfermeront dans un appartement tel un animal dans la cage d'un zoo ! Une fois l'affaire résolue par le décidément très utile Rem, la série se poursuit par l'épisode Un étrange chasseur dont l'intrigue fait appel elle aussi à une référence ''fantastique'' puisque nos deux fugitifs seront cette fois-ci traqués par un chasseur du nom de James Borden (l'acteur Horst Buchholz) et par sa femme Irène (Mary Woronov) dans un épisode qui fait donc évidemment référence à la fameuse nouvelle écrite en 1925 par l'écrivain et scénariste américain Richard Connell, The Most Dangerous Game, connue chez nous sous le titre Les chasses du Comte Zaroff... Bref, comme on peut le constater, la série de William F. Nolan et George Clayton Johnson, outre son approche dystopique d'un monde faussement idéal fut parfois inspirée par des oeuvres ayant elles-mêmes apporté beaucoup aux genres Fantastique et Science-fiction... Les spectateurs de l'époque redécouvrirons avec plaisir le fameux générique composé par Laurence Rosenthal, les costumes de nos héros créés par le costumier Bill Thomas ou le légendaire SolarCraft, le véhicule sur coussin-d'air alimenté par le soleil et créé par l'entreprise Dean Jeffries Auto Styling...



 

dimanche 14 juin 2026

Soldier de Paul W.S. Anderson (1998) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Je croyais avoir au moins un ami dans mon entourage. Jusqu'à ce que je fasse l'erreur de suivre son conseil et que je me lance dans la projection de Soldier de Paul W.S. Anderson. Oui, oui, l'auteur d'innombrables séries B fantastique de facture très moyenne et parmi lesquelles l'on trouve notamment quatre épisode de la franchise Resident Evil, la première adaptation cinématographique de la licence de jeux vidéos Mortal Kombat en 1995, le space opera horrifique Event Horizon : Le Vaisseau de l'au-delà réalisé deux ans plus tard, le crossover Alien vs. Predator en 2004 ou encore le très mauvais Monster Hunter il y a six ans... Affirmant à travers moult arguments que Soldier est une petite bombe, un super film de science-fiction mâtiné d'action ou une alternative intéressante au déjà pas terrible Universal Soldier que réalisa six ans auparavant Roland Emmerich, l'ami en question m'épargna fort heureusement l'achat au prix prohibitif de quatre-vingt dix euros, un dvd généralement épuisé... Invité en grandes pompes mais tout de même pas affublé d'un costard-cravate, l'expérience fut pourtant aussi peu concluante que celle vécue lors de la projection de Event Horizon : Le Vaisseau de l'au-delà. Décidément enclin à tourner des séries B d'une pauvreté artistique et scénaristique qui sont sa marque de fabrique, Soldier n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des failles qui émaillent le cinéma de Paul W.S. Anderson. Produit à hauteur de soixante-quinze millions de dollars, on se demande encore où est passé le budget. Sans doute une partie importante de l'argent est-elle passée de la main des producteurs au portefeuille de Kurt Russell, immense star du cinéma américain qui rien que la décennie précédente enchaîna ce que d'aucun peu juger de classiques de la série B. Fidèle collaborateur du réalisateur John Carpenter durant un temps, rien que dans le courant des années quatre-vingt, les deux hommes ont travaillé ensemble sur trois projets : New York 1997 (Escape from New York) en 1980, The Thing en 1982 et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China) en 1986...


Sans oublier l'excellent biopic qu'ils consacrèrent à Elvis Presley à la toute fin des années soixante-dix, Le Roman d'Elvis (Elvis). Sans parler de l'excellent Buddy Movie Tango et Cash d'Andreï Kontchalovski en 1989. Dans Soldier où l'acteur américain tient le rôle principal du sergent Todd 3465, Kurt Russell est malheureusement sous-exploité. Habituellement charismatique, Paul W.S. Anderson le transforme en personnage dénué de toute émotion et particulièrement taiseux. Bref, pas de quoi pour lui de faire étalage de son talent, lequel est placé au second plan derrière une musculature aiguisée et une force d'intervention particulièrement redoutable. Littéralement jeté sur la planète-décharge Arcadia 234, Todd est recueilli par les habitants d'une colonies qui ne vivent que grâce aux déchets qui régulièrement sont largués au sol par une organisation terrienne chargée de former des soldats d'élite auxquels appartenait justement Todd jusqu'à ce qu'il ait été officiellement reconnu comme mort après avoir affronté un certain Caine 607 (Jason Scott Lee). L'action se déroule en 2036 et le lieu principal où se situe le récit confirme que l'on est là devant un film d'action et de science-fiction. Rien de bien extraordinaire malheureusement puisque le scénario est réduit à sa plus simple expression. Forçant le trait du personnage monolithique, Kurt Russell brille sans doute moins à l'image que la superbe actrice danoise Connie Nielsen qui interpréta l'année précédente le personnage de Christabella Andreoli dans L'associé du Diable de Taylor Hackford avant de devenir célèbre grâce au personnage de Lucilla dans Gladiator de Ridley Scott en 2000. Bourrin, Soldier semble avoir fait illusion auprès de certains spectateurs qui adoubent son contenu. Pourtant, le film n'est rien moins qu'un piteux ersatz du Mad Max 2 du réalisateur australien George Miller...


 

vendredi 12 juin 2026

Disclosure Day de Steven Spielberg (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Steven Spielberg est né le 18 décembre 1946. Six mois et vingt et un jour plus tard ainsi qu'à une distance de plus de deux mille kilomètres de son lieu de naissance est venu s'écraser dans un ranch près de Roswell, un objet volant non identifié. Alors âgé de quelques mois seulement, il y a donc peu de chance que l'événement ait eu un impact direct sur la passion du réalisateur américain pour le phénomène des ovnis. Les origines de son intérêt pour le sujet semblent remonter à ses dix ans, lorsque dans le désert du Nevada il assiste à une pluie de météorites qui selon ses propres termes, ''l'introduit au monde se situant au-delà de notre planète...'' Comme bon nombre de simples citoyens ou de chercheurs croyant fermement à l'existence de civilisation extraterrestres, Steven Spielberg semble avoir toujours essayé de mettre en place diverses hypothèses à travers son art. Et bien que l'on puisse souvent imaginer que sa première tentative d'incartade dans le ''merveilleux'' monde des extraterrestres fut Close Encounters of the Third Kind (Rencontres du troisième type) en 1977, l'histoire personnelle du Steven Spielberg cinéaste remonte en réalité à quelques années en arrière. En effet, après trois courts-métrages réalisés entre 1959 et 1961, l'américain réalise son premier long format au début des années soixante. Intitulé Firelight et d'une durée de cent-trente cinq minutes, le film traite du phénomène ovni et d'enlèvements extraterrestres. Steven Spielberg est alors âgé de seulement dix-sept ans. Encore étudiant, il profite des week-end et des soirées pour tourner ce qu'il jugera plus tard et avec une certaine ironie comme l'un des pires films de l'histoire du cinéma. Réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur de la bande musicale et monteur, le tout jeune Steven s'occupe de tout mais ne bénéficie que d'un tout petit budget ne dépassant les cinq-cent dollars. Projeté une seule fois sur grand écran dans la salle de cinéma d'une petite localité américaine, Firelight attirera malgré tout cinq-cent spectateurs et rapportera la somme de 501 dollars. Le film rapportant finalement à son auteur (financé par ses proches) un dollar de plus que la somme engagée...


Depuis, le mythe qui entoure le long-métrage provient du fait qu'il soit devenu totalement invisible de nos jours. Impossible en effet de pouvoir le chopper sur une quelconque plate-forme de streaming légale ou non. Un véritable objet de fantasmes pour les fans du cinéaste et pour les ufologues en herbe... Persévérant donc quelques années plus tard avec Close Encounters of the Third Kind et son budget conséquent pour l'époque d'environ vingt millions de dollars, il reviendra ensuite à l'une de ses premières passions avec E.T. the Extra-Terrestrial (E.T., l'extra-terrestre) en 1982 dans lequel un extraterrestre échoué sur notre planète était accueilli et protégé par un enfant de dix ans du nom d'Elliot. Alors que l'extraterrestre en question tentait de communiquer avec ceux de son espèce, sa présence sur notre planète allait intéresser l'armée. Elliot ainsi que son frère Michael et sa sœur Gertie allaient alors tout mettre en œuvre pour aider E.T a rejoindre un vaisseau venu de sa planète natale pour le récupérer... Dans le genre, ce film très divertissant, amusant et même parfois très émouvant, précédait de plus de quarante ans la sortie de la troisième adaptation du roman anxiogène et paranoïaque de H.G.Wells, The War of the Worlds. Après un premier long-métrage culte réalisé en 1953 par Byron Haskin, une vision toute personnelle mais tout aussi indispensable signée du réalisateur et scénariste polonais Piotr Szulkin sous le titre Wojna Swiatów - Nastepne Stulecie en 1981, c'est en 2005 que Steven Spielberg s'attaque à ce récit universel pour en proposer une version parfois impressionnante mais gâtée par un Tom Cruise qui cabotine trop souvent et finit par agacer par infantilisme et ruiner tout intérêt pour une œuvre manquant en outre cruellement d'inspiration...


Et puis, voici que Steven Spielberg nous revient en 2026 avec le tant attendu Disclosure Day... Dire que j'émettais des doutes autour de moi après avoir découvert il y a quelques mois la bande-annonce serait un euphémisme. Mais après plus de deux heures et vingt minutes, du haut de ses soixante-dix neuf ans, et même si l'on n'est pas un adorateur du cinéaste américain mais juste un spectateur plus ou moins curieux de son œuvre, l'on constate que Steven Spielberg est encore et toujours capable du meilleur. Humaniste, prônant l'empathie chez les Hommes, traitant de religion et donc de croyance, remettant en question les fondements les plus intimes de chaque être humain, Disclosure Day est sans doute à l'image du sujet qu'abordent certains protagonistes et notamment le ''méchant'' du film, Noah Scanlon qu'incarne l'acteur britannico-italien Colin Firth. Lequel conçoit avec difficulté que l'humanité puisse être préparée à certaines révélations. Un combat qui va d'ailleurs l'opposer aux véritables héros du récit, Margaret Fairchild, Daniel Kellner, Jane Blakenship et Hugo Wakefield qu'incarnent respectivement Emily Blunt, Josh O'Connor, Eve Hewson et Colman Domingo. Dans Disclosure Day, outre l'évocation de la Religion, il est question de messagers, d'artefact extraterrestre extrêmement puissant permettant à celui ou celle qui le détient de contrôler l'esprit de tel ou tel individu. Mais le film traite également de la civilisation humaine à laquelle Steven Spielberg pose une question apparemment simple mais qui s'avère en réalité excessivement complexe : sommes-nous prêts à connaître la vérité ? Et après l'avoir découverte, la remise en question de l'existence de Dieu par une ''entité'' qui lui serait potentiellement supérieure mènerait-elle l'humanité au chaos ? En optimiste doublé d'humaniste, Steven Spielberg préfère laisser chacun étudier la question lors d'un final absolument magnifique et bouleversant. Bien évidemment, du haut de son statut de ''simple'' fiction Disclosure Day, tout comme bien d'autres avant lui, ne demeure encore aujourd'hui que l'expression d'un rêve pour celles et ceux qui veulent y croire. Le film ne remettra donc pas en question les croyances des Fous de Dieu et ne modifiera pas la perception des complotistes. Rien de vraiment grave puisque cela ne reste que du cinéma. Du GRAND cinéma. Où l'un des grands maître du septième art tutoie une nouvelle fois les étoiles et rend plus que jamais concrète l'idée qu'ailleurs existent des civilisations qui ne veulent sans doute que notre bien...

 

mardi 9 juin 2026

For All Mankind - Saison 5 (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Alors qu'une sixième saison est déjà prévue, la cinquième a commencé sa diffusion dès le 27 mars dernier pour se conclure le 26 mai. Se terminant sur l'hypothétique prévision d'une septième saison après un final aussi énigmatique que fascinant, For All Mankind a su évoluer vers une science-fiction toujours plus éloignée de notre temporalité en matière d'évolutions technologiques et d'exploration spatiale tout en se déroulant plus de dix années avant notre époque. Nous sommes en 2012 et désormais, la vie est implantée sur Mars. La planète rouge accueille désormais des milliers de ''martiens'' et tandis qu'une partie de ses habitants travaille toujours à l'élaboration de voyages dans l'espace reculant sans cesse les frontières, d'autres œuvrent à l'envoi régulier d'Iridium, un métal excessivement rare sur Terre mais que l'on trouve à profusion sur l'astéroïde. Enjeu principal de la quatrième saison, Goldilocks (nom donné à l'astéroïde en question), fut découvert par des astronomes. Placé en orbite par des conspirateurs qui craignaient toutes ses richesses en l'envoyant vers la Terre, il sera encore au centre d'un conflit qui cette fois-ci opposera les divers gouvernements terriens et les habitants mêmes de Mars lorsque ces derniers apprendront que leur sort est déjà joué. En effet, un projet d'automatisation prévoit que dans les années à venir la quasi totalité des habitants de la planète rouge soit remplacée par des machines... Si le sujet de la conquête spatiale évolue donc désormais à travers la recherche d'une vie extraterrestre sur le satellite Titan situé en orbite à plus d'un million et deux-cent milles kilomètres de la planète Saturne, la grande majorité du récit développé autour des dix épisodes que constitue cette cinquième saison se déroule donc à la surface de Mars. D'innombrables structures habitables y sont désormais déployées et l'aventure se déroule entre la zone ouvrière qui d'une manière générale n'est pas très éloignée de certaines visions peu chaleureuses visibles il y a des décennies et notamment à travers le Total Recall de Paul Verhoeven voilà plus de trente-cinq ans et le centre de contrôle et d'administration de Happy Valley...


L'on retrouve les personnages emblématiques des précédentes saisons même si certains ont bien moins d'importance qu'auparavant. Margo Madison (Wrenn Schmidt) étant désormais emprisonnée, ses apparitions sont beaucoup plus rares. L'un des événements les plus ''remarquables'' de la première moitié de cette nouvelle fournée d'épisodes est la disparition d'Edward Baldwin (Joel Kinnaman), personnage central depuis les débuts de la série et qui disparaît donc pour laisser la place en tant que nouvelle icône de la série à son petit-fils Alex (l'acteur Sean Kaufman)... Beaucoup d'anciens et de nouveaux protagonistes interviennent désormais et il faudra certainement un ou deux épisodes pour véritablement se replonger dans le bain. Surtout si l'on choisit de suivre cette cinquième saison sans avoir au préalable revisionné la précédente saison... Après quelques difficultés d'adaptation, la cinquième saison de For All Mankind s'avère très satisfaisante. Plus ''guerrière'' et donc forcément plus brutale, elle est en revanche moins portée sur l'exploration spatiale que sur des enjeux politiques et financiers. L'on passera outre quelques invraisemblances d'ordre temporel et sur quelques ellipses qui brouillent la cohésion du récit mais dans l'ensemble ces dix nouveaux épisodes sont relativement réjouissants. Notons qu'à l'issue du dixième épisode a débuté la diffusion d'un spin-off intitulé Star City. Une série dérivée de For All Mankind se concentrant sur la conquête spatiale du point de vue de l'Union Soviétique. Constituée de huit épisodes, leur diffusion devrait prendre fin le 10 juillet prochain... Pour ceux qui voudraient patienter et découvrir l'intégralité de Star City sans avoir à patienter une semaine entre chaque épisode...

 

vendredi 5 juin 2026

The Invasion d'Oliver Hirschbiegel (2007) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À l'heure actuelle, The Invasion du réalisateur, scénariste et acteur allemand Oliver Hirschbiegel est la quatrième et dernière adaptation sur grand écran du roman de science-fiction dystopique The Body Snatchers de l'écrivain américain Jack Finnley et dont la première parution date de 1955. Quant à sa traduction française, d'abord renommée sous le titre Graines d'épouvante avant de ressortir en 1994 sous celui de L'invasion des profanateurs, elle fut mise pour la première fois à disposition des lecteurs en 1977... On ne reviendra pas sur les deux premières adaptations cinématographiques qui demeurent même longtemps après leur sortie au cinéma deux monuments de la science-fiction. Passons sur la version largement surestimée d'Abel Ferrara en 1993 pour nous concentrer sur la dernière, sortie sur les écrans en 2007. À son tour, Oliver Hirschbiegel met en scène quelques grandes vedettes du cinéma américain puisque l'héroïne est incarnée par l'actrice Nicole Kidman, laquelle est notamment accompagnée de Daniel Craig qui se fit surtout connaître dans le rôle de l'agent secret James Bond auquel il prêta ses traits à cinq reprises. Ici, le duo incarne une version ''alternative'' des personnages interprétés en 1978 dans Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman par Brooke Adams et Donald Sutherland puisque même si les prénoms changent et si les sexes sont inversés, l'on retrouve les mêmes patronymes. Carol Bennell et Ben Driscoll venant ainsi prendre la place d'Elizabeth Driscoll et Matthew Bennell. Ces derniers ayant déjà pris celles de Becky Driscoll et Miles Bennell de la version de 1956 réalisée par Don Siegel. Seul Abel Ferrara n'usera pas de cette récurrence dans l'emploi des patronymes puisque les héros du récit auront pour nom Malone, Young ou encore Platt... Si l'on se souvient ensuite de l'hommage rendu par Philip Kaufman à l'acteur principal de Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel, Kevin McCarthy lors d'une courte apparition dans la version de 1978, Oliver Hirschbiegel fait de même avec l'actrice Veronica Cartwright qu'il intègre au récit de The Invasion tout en lui prêtant une identité tout à fait différente de son personnage de Nancy Bellicec puisque désormais elle incarne celui de Wendy Lenk, une patiente de la psychiatre Carol Bennell, laquelle est donc interprétée par Nicole Kidman. Le script de David Kajganich auquel ont participé non officiellement les frères Laurence et Andrew Paul Wachowski qui à l'époque n'ont pas encore opéré leur transition sexuelle diffère par rapport aux deux premières versions en ce sens où l'héroïne a désormais un fils...


Il n'est donc plus ici question pour elle de préserver uniquement son intégrité psychologique et sa seule existence mais bien celle de l'enfant qu'elle a mis au monde avec un homme dont elle est depuis divorcée (Jeremy Northam dans le rôle de Tucker Kaufman). Heureusement, notre héroïne ne sera pas seule et pourra notamment compter sur le soutien de Ben Driscoll (Daniel Craig) et sur celui du Docteur Stephen Galeano (Jeffrey Wright), un scientifique généticien qui n'aura de cesse que d'étudier l'organisme qui transforme tout être humain entré à son contact en individu dénué de toute émotion. Il y a désormais deux choses à prendre en considération. Oliver Hirschbiegel traite son sujet sous un angle beaucoup moins pessimiste que ses prédécesseurs puisque l’espoir de trouver un remède à cette pandémie est réel. Une pandémie, oui, autre manière d'aborder le thème de l'invasion par des organismes extraterrestres. Car dans le cas de The Invasion, il n'est désormais plus question de graines ou de cosses permettant à de nouveaux organismes de se développer et ainsi prendre la place de l'hôte d'origine. Désormais, le concept de Body Snatching est traité sous l'angle de la maladie. Avec ce que cela peut sous-entendre comme conséquences sur la population ou sur le fait qu'il puisse exister comme toute maladie qui se respecte, des personnes immunisées. Généralement ''atomisé'' par la presse spécialisée et par les spectateurs, The Invasion est plutôt une bonne surprise dès lors que l'on ne l'identifie pas automatiquement à ses prédécesseurs. Et surtout pas aux version de Don Siegel et Philipe Kaufman qui lui sont évidemment et éminemment supérieures. Difficile de prendre la relève, surtout vingt-cinq ans après la vision ultra pessimiste et paranoïaque du second. Pour autant, et même si l'effroi n'est généralement pas au rendez-vous dans cette version 2007, on ne s'ennuie pas. Le charisme de Daniel Craig, l'éclat de Nicole Kidman et la bouille craquante du tout jeune Jackson Bond qu'interprète Oliver faisant tout le reste...

 

jeudi 4 juin 2026

Body Snatchers d'Abel Ferrara (1993) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Driller Killer, Ms. 45, Fear City, The King of New York, Bad Lieutenant, The Addiction... Six films cultes réalisés par un seul homme : Abel Ferrara. Du cinéma underground même lorsqu'il a le privilège d'être interprété par de grands noms tels que Christopher Walken, Laurence Fishburne ou Harvey Keitel... Durant sa carrière, le cinéaste américain eu l'occasion de s'exercer à l'horreur, au fantastique et à la science-fiction à quelques rares occasions. The Addiction et son vampirisme allégorique sur le VIH. New Rose Hotel et son univers dominé non plus par des états mais par des corporations technologiques s'affrontant dans des guerres économiques mondiales. 4:44 Last Day on Earth et la disparition totale de la biosphère terrestre prévue pour le jour où se situe l'action, à 4h44 du matin. Mais parmi ces rares exemples de films sortant du cadre habituel proposé par Abel Ferrara et par son fidèle scénariste Nicholas St. John qui fut à l'origine des scripts de la quasi totalité des œuvres signées du maître, Body Snatchers reste un film à part puisque étant la troisième adaptation à l'écran du roman de Jack Finney The Body Snatchers après Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel en 1955, suivi de la version éponyme et authentiquement paranoïaque de Philip Kaufman en 1978 et avant la dernière en date signée d'Oliver Hirschbiegel en 2007 et intitulée The Invasion. Sans parler bien évidemment du mockbusters produit par The Asylum, Invasion of the Pod People réalisé quant à lui par Justin Jones... J'ai beau l'avoir vu quatre ou cinq fois et à chaque projection, c'est la même chose : rejet total pour cette version d'Abel Ferrara datant de 1992. Impossible d'adhérer à ce nouveau concept pour lequel les différents auteurs du scripts ont choisi d'éclipser le monde extérieur pour concentrer le récit sur une base militaire. Un choix ''innovant'' pour un résultat qui laisse tout de même assez perplexe. Signifiant probablement un discours beaucoup plus musclé et sans doute plus inquiétant et alarmiste s'agissant de l'emprise de forces armées par une entité venue de l'espace. L'un des remparts ultimes pour la survie de l'espèce humaine étant ainsi dévoyé par des organismes qui tout comme dans les deux précédentes adaptations prennent possession des corps afin de les imiter physiquement à la perfection et de prendre leur place. Comme d'habitude, l'un des premiers symptômes et cette absence totale d'émotion chez ces nouveaux individus alors facilement repérables. Cette ''suite'' à l'origine de laquelle l'on trouve une fois de plus Nicholas St. John, mais aussi Dennis Paoli et... Stuart Gordon au scénario...


Lequel sera ensuite remanié par Raymond Cistheri et par... Larry Cohen, change radicalement la donne et semble avoir été prise d'une crise de ''jeunisme'' puisque les véritables héros de cette histoire ne sont plus dans la même tranche d'âge que ceux des deux premiers longs-métrages mais s'inscrivent dans une post-adolescence difficile à travers le personnage de Marti Anwar, jeune femme ayant des difficultés de communication avec sa belle-mère Carol. Incarnée à l'écran par Gabrielle Anwar, elle est la fille du professeur Steve Malone, lequel est envoyé avec toute sa famille sur une base militaire située en Alabama afin d'effectuer des recherches sur différentes substances employées par l'armée pour y tester leurs effets sur la faune et la flore. À proximité de la base, et alors que Marti, son père, sa belle-mère et son petit frère Andy (Reilly Murphy) se sont arrêtés à une station-essence, l'adolescente est ''agressée'' par un soldat caché dans les toilettes de l'établissement. Lequel prévient des dangers qu'elle encoure... Le ton est donné : Dès le départ, Abel Ferrara brise le mur du silence et produit une œuvre de science-fiction qui manque cruellement de finesse. Chose que l'on aurait pu notamment reprocher à James Cameron lorsqu'il transforma le mythe de Alien de Ridley Scott en film de guerre s'il n'avait pas su en réalité transformer l'univers anxiogène et pesant en une alternative toute aussi passionnante. Abel Ferrara tente bien de cultiver l'atmosphère paranoïaque instaurée quinze ans auparavant par Philip Kaufman mais n'y parvient jamais vraiment. Body Snatchers souffre en outre de la présence de protagonistes dénués de tout charisme. Si Meg Tilly, qui interprète la belle-mère Carol semble se réveiller d'un long sommeil avant chaque prise, Terry Kinney, dans le rôle du père Steve Malone n'a absolument aucun intérêt. Parmi les personnages secondaires l'on retrouve l'actrice Christine Elise, tout d'abord connue pour avoir incarné le rôle d'Emily Valentine dans la série Beverly Hills 90210. Elle endosse le rôle de la fille du commandant de la base. Une jeune rebelle totalement transparente puisque énième représentation de la contestation adolescente vue des centaines de fois sur grand écran. Quant à Billy Wirth, il campe le rôle du jeune et beau soldat TimYoung, seul espoir pour Marti d'espérer pouvoir fuir un hypothétique lieu de refuge (la base) transformé alors en véritable repère pour les extraterrestres. Passons sur des effets-spéciaux complétement largués (le jeune frère chutant de l'hélicoptère) qui nuisent à un film qui fleure bon le nanar à douze millions de dollars et l'on tient là la plus mauvaise adaptation du roman de Jack Finney...

 

mercredi 3 juin 2026

Iron Lung de Mark Fischbach (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il semblerait qu'il faille désormais compter sur la participation de certains youtubeurs ambitionnant de passer de la célèbre plateforme de vidéo en ligne au cinéma. On pense bien évidemment aux frères australiens Danny et Michael Philippou qui sont parmi les premiers à être passés de l'autre côté du miroir en 2022 avec leur premier long-métrage Talk to Me. N'oublions cependant pas que c'est bien en France que les hostilités ont été lancées un an auparavant à travers une œuvre réalisée par un collectif de vingt-six vidéastes issus de la plateforme Youtube. Une majorité de critiques amateurs qui tous ont mis en scène l'une des lettres de l'alphabet dans un court-métrage d'horreur…. Rien qu'en cette première moitié d'année 2026 l'on a eu droit à trois projets cinématographiques réalisés par des youtubeurs. L'un des plus attendus sur notre territoire est le Backrooms de Kane Parsons dont la sortie est prévue pour le 14 juin prochain. Le second, Obsession de Curry Barker, a rencontré un accueil positif plutôt mérité depuis sa sortie en mars dernier aux États-Unis puis en mai en France. Quant à Iron Lung de Mark Fischbach, celui-ci est sorti chez nous en février. Et contre toute attente, ce film au budget apparemment minimaliste de trois millions de dollars mais dont la somme s'avère finalement conséquente lorsque l'on prend connaissance que le film a entièrement été auto produit. Une œuvre très particulière. Adaptation du jeu vidéo éponyme développé par David Szymanski pour Windows et pour la Nintendo Switch en 2022, le long-métrage est donc mis en scène par un youtubeur qui à l'époque fit l'éloge du jeu en question. Tourné à Austin au Texas et auto financé, écrit et réalisé par Mark Fischbach, le film met en scène tout comme sa version vidéoludique un criminel. Celui-ci est envoyé dans les profondeurs de la lune AT-5, laquelle est entièrement recouverte d'une vaste mer de sang. Alors qu'un événement d'ampleur cataclysmique connu sous le nom de The Quiet Rapt a provoqué la disparition de toute étoile et toute planète dans l'univers, le seul espoir de survie d'une poignée d'être humains est d'envoyer dans les profondeurs de la lune AT-5, Simon, un individu accusé d'avoir causé la mort d'innombrables hommes et de femmes lors d'une explosion qui causa la perte d'une station spatiale connue sous le nom de Filament Station et de ses passagers... Simon, qu'incarne lui-même Mark Fischbach est donc contraint d'accepter cette périlleuse mission qu'il doit accomplir à bord de l'Iron Lung...


Une ''capsule'' hermétiquement fermée par soudure afin d'éviter toute fuite en raison de la densité de la mer de sang. Plongé dans ses eaux rouges, l'homme cartographie les lieux à la recherche de ressources vitales qui pourraient permettre la survie de l'espèce humaine lorsqu'il découvre ce qui s'apparente au squelette d'une créature inconnue... D'une durée dépassant légèrement les deux heures, Iron Lung mêle épouvante et science-fiction dans un cadre on ne peut plus restreint puisque la totalité du récit se déroule à l'intérieur d'un ''poumon d'acier'' qui ne doit pas dépasser trois mètres de large et vingt de longueur. Un véritable cercueil ambulant, rouillé, archaïque, plongé dans une mer opaque, dense et visqueuse, qui parfois s'insinue de part et d'autre de l'engin lorsque le Iron Lung s'enfonce un peu trop loin dans la mer et que la pression augmente dangereusement. Collaborent au projet un certain nombre d'interprètes dont la plupart n'apparaissent à l'écran que sous la forme de voix. Et lorsque Ava (Caroline Kaplan) ou David (Troy Baker) se présentent à l'image, ça n'est que pour un très court instant et derrière l'épais hublot de la capsule ! Critiqué en grande majorité pour ses nombreux ventres mous, Iron Lung n'en est pas moins une expérience relativement stupéfiante. Car aussi longue que puisse être la durée de ce film dont le scénario repose sur quelques bribes d'idées, Mark Fischbach réussit le pari de rendre passionnante une histoire réduite à un lieu et à une tentative d'exploration à laquelle il est impossible de s'identifier puisque effectuée au sein même d'une mer de sang qui empêche toute visibilité. Il faut s'accrocher, surtout durant une bonne grosse moitié du récit car les ventres mous évoqués plus haut sont concentrés durant cette première partie qui aurait mérité d'être purgée de séquences inutiles ou redondantes. De plus, l'univers extrêmement sombre (au sens propre comme au figuré) n'aide pas à l'empathie pour un film plus ou moins amateur et doté d'effets-spéciaux parfois rudimentaires. Mais passés ces quelques caps, Iron Lung nous plonge ensuite dans un délire visuel parfois très impresionnant. Une récompense pour tout spectateur ayant eu le courage de demeurer optimiste devant un spectacle, au contraire, très pessimiste. Bref, une étonnante expérience cinématographique...

 

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