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jeudi 12 mars 2026

Interface d'Andy Anderson (1985) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Science-fiction, horreur et... comédie... Enfin, théoriquement concernant cette dernière puisque toute tentative d'exhumer d'entre les lèvres du spectateur avide de parodies, ce qui pourrait même s'apparenter à un succédané ou un substitut de rire est voué à l'échec ! En conséquence, l'on retiendra surtout ce qui tient de l'imaginaire, entre ce que d'aucun peut de nos jours juger de crédible et qui fait passer désormais cette science-fiction de pacotille pour un fait avéré et cette horreur jugée comme telle par on ne sait quel distributeur du film ou quel critique mal avisé alors même que le long-métrage d'Andy Anderson n'en contient pas même une molécule ! Situé en partie dans les locaux d'un établissement scolaire où enseigne le professeur d'informatique Rex Hobson, (l'acteur John Davies), Interface suit les aventures de ce héros auquel reste accrochée une certaine Amy Witherspoon (Lauren Lane) dont le mari Bobby (Michael Hendrix) est mort dans de curieuses circonstances. Alors que la jeune femme soupçonne d'emblée le professeur de son défunt époux d'être responsable de sa mort, Rex Hobson décide de l'aider à faire toute la lumière sur cette affaire qui avant le décès de Bobby Witherspoon a déjà fait une victime parmi les prostituées de la ville. L'enquête de John et d'Amy, en parallèle à celle menée officiellement par la police, met à jour un réseau d'étudiants en informatique œuvrant au travers d'un programme afin d'éradiquer toute criminalité... Voilà un sujet intéressant. Voire même passionnant, qui rejoint la longue liste des longs-métrages traitant d'informatique, de robotique ou de logiciels malveillants comme l'histoire du septième art ne cesse d'en voir apparaître au fil des décennies. Le film d'Andy Anderson sort d'ailleurs à une époque où le genre fait florès. On peut donc compter dans les rangs de la science-fiction traitant de l'évolution de l'informatique le Looker de Michael Crichton en 1981, WarGames de John Badham en 1983, Electric Dreams de Steve Barron en 1984 ou encore Weird Science de John Hughes l'année suivante. Chacun d'entre eux traitant du sujet à sa manière et souvent, sur un ton relativement léger...


Ce que prône le film d'Andy Anderson, justement. Loin d'argumenter de manière sérieuse sur le sujet, le scénario qu'il écrit alors aux côtés de John Williamson, agrémenté de dialogues souvent lourdingues dont la responsabilité en incombe à Anne Marie Biondo et Steven Jay Hoey, fait plus souvent appel à la fantaisie qu'au premier degré. Certains personnages secondaires en ajoutant dans la caricature burlesque comme l'un des responsables de l'établissement dans lequel travaille notre héros, sorte de Groucho Marx débilitant, ou comme ce groupe d'étudiants tous planqués derrière de grotesques masques constitués en partie d'éléments appartenant à l'univers informatique et dotés de voix robotiques absolument ridicules ! Difficile donc de prendre au sérieux cette histoire de meurtre et de complot futuristico-humoristique dont le niveau d'intelligibilité reste difficile à évaluer tant la mis en scène d'Andy Anderson et le scénario s'avèrent brouillons. Entre comédie, policier, science-fiction et thriller, le cinéaste s’emmêle les pinceaux et ne sait jamais sur quel pied faire danser ses protagonistes. Côté humour, on a droit au versant potache du concept. C'est lourd, très lourd, pas drôle et réservé à un public qui de nos jours ne jouissent que devant des comédies adolescentes américaines très portées sur l'humour le plus salace qui soit. Les autres n'auront même pas la chance de découvrir une perle rare tournée à une époque que jalousent ceux qui n'étaient pas nés ou qui n'étaient pas encore en âge de comprendre ce qu'ils avaient devant les yeux tant Interface est piteux dans tout ce qu'il représente à l'écran. Le mieux, pour se replonger en cette époque révolue étant sans doute de se lancer dans la projection des quelques œuvres citées plus haut que dans celle de ce film tout à fait anecdotique et dont l'étrange visage qui trône sur la jaquette pouvait pourtant à l'époque s'avérer aussi intrigante qu'alléchante.

 

mercredi 11 mars 2026

L'Umanoide d'Aldo Lado (1979) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Ahhhhhhh l'Italie.... Pays de la Pizza Napolitaine, de la Pasta Carbonara, du Tiramitsu ou de l'Osso Buco. Mais aussi, pays du plagiat, qui dans les années soixante-dix et quatre-vingt pilla quelques sommités en matière de science-fiction. Au hasard, Star Wars de George Lucas, New-York 1997 de John Carpenter ou les films de George Romero... Des dizaines de longs-métrages tournés sans complexes et souvent avec très peu de moyens. Et parmi eux, un certain L'Umanoide du réalisateur et scénariste italien Aldo Lado, cinéaste prolifique qui avec cette œuvre de science-fiction tout de même dotée d'un confortable budget de sept millions de dollars pour l'époque signa un film très représentatif chez nos amis de la Botte de ce courant très particulier qui donna naissance à d'innombrables nanars... Et à ce titre, L'Umanoide en est l'un des plus remarquables représentants. Pas l'un des plus frais, des plus éminent en matière d'effets-spéciaux, de mise en scène ou d'interprétation, mais tout de même, le film d'Aldo Lado, ici planqué sous le pseudonyme ''américanisant'' George B. Lewis, est l'une de ces petites purges qui font sensations lors des colloques entre fans du genre, réunis pour un soir autour d'une pizza, d'une bière et parfois d'un bon joint ! Les références sont ici très claires. À commencer par Star Wars, justement. Auquel pas mal d'éléments se réfèrent mais surtout le personnage de Lord Graal, incarné par l'acteur Ivan Rassimov, et qui dans le cas présent est une version appauvrie du célèbre Dark Vador interprété dès 1977 et jusqu'en 1983 par David Prowse dans les épisodes quatre, cinq et six de la mythique saga de science-fiction... Même look, entièrement vêtu de noir et d'un casque qui dans le cas de Lord Graal ne cache pas tout à fait le visage de son interprète. Antagoniste du récit ayant pour projet de dominer la Terre désormais connue sous le nom de Métropolis avec l'aide de Lady Agatha (Barbara Bach). De nos jours, la paix sur la planète est maintenue grâce à l'héritière du Gouvernement Galactique, Barbara Gibson (Corinne Cléry), jeune beauté que l'on comparera cette fois-ci à la Princesse Leia Organa qui dans Star Wars fut incarnée à l'époque par Carrie Fisher. Aidé en outre dans ses sombres projets, Lord Graal peut compter sur le Docteur Kraspin (Arthur Kennedy), un savant fou qui a mit au point une formule capable de transformer n'importe quel humain en véritable machine de guerre indestructible.


Bref, l'humanoïde du titre, interprété par l'acteur américain Richard Kiel, célèbre pour avoir joué le rôle de Requin, l'antagoniste aux mâchoires d'acier dans les James Bond L'espion qui m'aimait et Moonraker. Ici, l'aspect du personnage n'est pas définitif puisque après avoir incarné un humain somme toute sympathique accompagné d'un chien-robot, il se transformera en un humanoïde impitoyable avant de ''retrouver la raison'' grâce à un gamin d'à peine dix ans (Marco Yeh dans le rôle de Tom Tom). Notons au passage que le chien-robot est une seconde référence évidente au R2-D2 de Star Wars et peut-être même au robot Sidéro qui dans la série télévisée japonaise de science-fiction San Ku Kai accompagnait les héros et était doublé par l'acteur français Gérard Hernandez. Quant à Golob, le pilote de vaisseau transformé en humanoïde afin d'accomplir les sombres desseins de Lord Graal, derrière son gigantisme, sa manière gauche de se déplacer et ses grognements qui font office de langage, il ressemble à un croisement entre la créature de Frankenstein et le T-800 à venir de James Cameron... Laid, difforme et décérébré comme le premier, indestructible et déterminé comme le second ! L'un des attraits principaux du long-métrage, outre la présence de deux ou trois acteurs/actrices connu(e)s est celle d'Aldo Lado lui-même puisqu'auteur de quelques gialli pas trop dégueulasses qui verse pourtant ici dans une certaine forme d'indigence artistique qui crame la rétine, brûle le cerveau, engourdi les neurones et pousse l'oratoire à aller consulter son ophtalmologiste après avoir perdu quelques dixième devant ce spectacle navrant, aux décors de planches de théâtre tout sauf réalistes, aux effets visuels cheap, aux costumes achetés chez un ancêtre du créateur de la plateforme Temu (le casque brillant et le costume terne de Lord Graal n'étant notamment pas en accord l'un avec l'autre). À vrai dire, on peut se demander si cette guerre pour la possession du pouvoir est réellement un nanar puisque le plaisir de suivre les aventures de nos héros est aussi vif et plaisant qu'une piqûre de frelon asiatique ! Bref, s'il est de bon ton de conseiller certains nanars à celles et ceux qui voudraient découvrir le genre, l'on évitera de recommander L'Umanoide...

 

lundi 9 mars 2026

Stridulum de Giulio Paradisi (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Petit film méconnu réalisé par Giulio Paradisi et écrit en collaboration avec Robert Mundi et Ovidio G. Assonitis (Le démon aux tripes, Tentacules), Stridulum est aussi et surtout une œuvre hybride, étrange, louvoyant du côté de certains classiques du fantastique pour obtenir un résultat mi-figue, mi-raisin. Un mélange très curieux, parfois indigeste, mais suffisamment original pour allécher les amateurs de genres aussi divers que l'épouvante, l'horreur, le fantastique et la science-fiction. Interprété par des acteurs de renommée internationale, le long-métrage du réalisateur ET acteur italien qui signe ici son œuvre sous le pseudonyme de Michael J. Paradise met en scène une grande majorité d'interprètes d'origine américaine. C'est ainsi que l'on découvre dans le rôle de Barbara Collins, l'actrice Joanne Nail. Mère d'une jeune adolescente prénommée Katy (Paige Conner, dont la légère ressemblance avec la Linda Blair de L'exorciste signé de William Friedkin six ans auparavant n'est sans doute pas anodine), Barbara vit avec son petit ami Raymond Armstead (Lance Henriksen). Tandis que le comportement de Katy inquiète son entourage, un complot visant à manipuler sa compagne afin qu'elle donne naissance à un enfant qui aux côtés de la gamine devrait permettre de renforcer les forces du mal est en action. Le personnage incarné par Lance Henriksen, acteur notamment devenu célèbre pour avoir joué dans Aliens, le retour et Terminator de James Cameron ou pour avoir été la vedette de la série Millennium, le crossover de X-Files, n'est pas sans rappeler celui que tenait John Cassavetes en 1968 dans le classique de Roman Polanski, Rosemary's Baby. L'intrusion dans un ménage d'un ''suppôt'' de Satan proche de l'héroïne entretenant des rapports troubles avec un groupe de voisins (ici remplacés par une organisation menée par l'acteur Mel Ferrer dans le rôle d'un certain Docteur Walker) et visant à mettre en péril l'existence même de l'humanité. Une fois encore, l'analogie entre Stridulum et Rosemary's Baby est appuyée à travers la nécessité d'enfanter la mère de famille à des fins démoniaques et donc mortifères. En outre, Raymond Armstead intervient en tant qu'intermédiaire entre le groupe dirigé par le Docteur Walker et une espèce extraterrestre dont les projets sont étroitement liés. Face à ce qui semble donc être la représentation du Mal, l'on trouve fort heureusement du côté du Bien, l'acteur et réalisateur américain John Huston dans le rôle de Jerzy Colsowicz...


Un vieil homme bénéficiant d'une sérenité mais aussi d'une très grande détermination qui vont l'aider à soutenir Barbara dans son combat lorsque seront révélées les véritables intentions de celui qui partage son existence. Derrière son visage poupin cachant une ''créature'' pourtant maléfique, froide et manipulatrice, Katy révèle donc rapidement sa personnalité. Celle d'une enfant qui fut enfantée par un être démoniaque qui avant sa mort eut le temps d'inséminer un certain nombre de femmes sur Terre. La comparaison entre Stridulum et L'exorciste s'arrêtant aux portes des vulgarités que l'adolescente dissémine ça et là et à celle des événements paranormaux qui lui incombent, ce personnage faussement angélique rappelle surtout et avant tout, Damien Thorn, ce gamin diabolique découvert pour la première fois dans le classique de Richard Donner, La malédiction en 1976. Stridulum s'ouvre sur une séquence mystique située sur une planète lointaine. À grand renforts d'effets visuels ultra-cheap mais ayant pour conséquence d'argumenter sur le sens profondément spiritualiste de certaines séquences à venir, le long-métrage de Giulio Paradisi est effectivement un drôle d'objet Filmique Non Identifié, ou Non Identifiable de part son mélange très curieux des genres. Notons qu'au beau milieu d'un récit parfois confus à force d'intégrer des personnages et sous-intrigues multiples, le réalisateur et ses scénaristes évoquent l'idée d'une enquête policière menée par un certain détective Jake Durham (Glenn Ford) avant que sa mort lors d'un grave accident de voiture dont les prémisses rappellent tout un tas d'événements survenus dans autant de classiques du genre n'y mette un terme définitif. D'un côté l'on a donc le Mal, manipulateur, maléfique, complotiste, et de l'autre, le Bien, protecteur, soutien d'une mère de famille en fauteuil roulant. Entre fantastique, science-fiction et épouvante, Stridulum s'inscrit dans une logique religieuse intense. Entre occultisme, invasion extraterrestre, symbolisme religieux et psychédélisme renforcé par la bande musicale du compositeur italien Franco Micalizzi, Stridulum est une sacrée curiosité. Notons enfin pour ''compléter'' le casting, les présences de Shelley Winters dans le rôle de la dame à tout faire Jane Phillips, celle du cinéaste Sam Peckinpah dans celui du Docteur Sam Collins ou encore celle de Franco Nero dans le rôle du... Christ...!...

 

samedi 7 mars 2026

Comme un lundi (Mondays: Kono Taimu Rûpu, Jôshi ni Kizukasenai to Owaranai) de Ryo Takebayashi (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis quelques années, le cinéma japonais semble s'être pris d'une passion dévorante pour le thème des boucles temporelles. Car en effet, si tout semble avoir réellement débuté dans les années quatre-vingt avec le film d'animation Urusei Yatsura 2 Byūtifuru Dorīmā de Mamoru Oshii et le film live Toki o Kakeru Shōjo de Nobuhiko Ōbayashi, les choses se sont accélérées dans le courant du vingt et unième siècle. Si la nouvelle de Yasutaka Tsutsui Toki o Kakeru Shōjo à l'origine du long-métrage signé de Mamoru Oshii connaîtra d'autres adaptations au cinéma ou à la télévision à travers les versions réalisées par Haruki Kadokawa en 1997, Mamoru Hosoda en 2007 et Masaaki Taniguchi trois ans plus tard, Katsuyuki Motohiro signera en 2005 le film Samâ Taimu Mashin Burūsu tandis que trois longs-métrages verront successivement le jour entre 2020 et 2023. Deux d'entre eux seront signés par Junta Yamaguchi. Tout d'abord le génial Dorosute no Hate de Bokura, puis Ribâ, Nagarenaide yo qu'il me reste à découvrir. Et enfin le tout aussi surprenant Mondays: Kono Taimu Rûpu, Jôshi ni Kizukasenai to Owaranai de Ryo Takebayashi qui chez nous est sorti sous le titre Comme un lundi et que j'ai choisi d'aborder dans cet article... Alors que le formidable Un jour sans fin de Harold Ramis est resté dans la mémoire de toutes celles et ceux qui l'on découvert lors de sa sortie en salle ou sur le tard, le Japon s'est donc emparé à plusieurs reprises et avec brio d'un genre aux multiples ramifications. Car d'une certaine manière, les boucles temporelles sont directement liées au concept de voyage dans le temps et à celui des paradoxes temporels. S'agissant de Comme un lundi, l'histoire se déroule sur une échelle temporelle d'une semaine. Débutant un lundi et se terminant le dimanche... jusqu'à ce que l'histoire reprenne non pas logiquement le lundi suivant mais celui qui s'est écoulé sept jours auparavant. Pressés par les événements, Ryō Takebayashi et son scénariste Saeri Natsuo débutent le récit alors même que deux employés d'une petite agence semblent déjà s'être rendus compte que quelque chose d'anormal se produisait au sein de l'entreprise dirigée par un certain Shigeru Nagahisa (Makita Sports). Soupçonnant ce dernier de porter un bracelet d'un genre très particulier exauçant tous les vœux de celui qui le porte, Yudai Sakino (Ryô Ikeda) et Ken Murata (Yûgo Mikawa) vont tout d'abord tenter de convaincre leur jeune et ambitieuse collègue Akemi Yoshikawa (Wan Marui) de l'existence réelle du phénomène. Forçant ainsi la jeune femme à conserver des souvenirs de ce qui se sera déroulé durant la semaine afin de la convaincre que la suivante n'est pas celle qui logiquement aurait dû poursuivre l'existence des personnages mais bien la même...


Composé d'une dizaine de personnages notamment complétés par Kotaro Tagi et Haruko Takano, Comme un lundi se déroule donc sur une semaine. Et si les quinze ou vingts premières minutes paraissent relativement brouillonnes et risquent donc de perdre en route une partie plus ou moins importante des spectateurs (comme ce fut le cas de ma compagne et moi lorsque nous découvrions pour la première fois le film à l'époque de sa sortie), persévérer est la promesse d'une aventure aussi extraordinaire dans son approche ''fantastique'' de la science-fiction et de la comédie dramatique que passionnante dans celle qui concerne la caractérisation ses personnages. Si l'éventualité d'une malédiction liée à un bracelet porté par le patron de la boite coinçant ses employés dans une boucle temporelle peut prêter à sourire, les choses ne seront évidemment pas si simples que cela. Ici, le principe est amené de manière plutôt classique. À travers moult événements qui se reproduisent sans arrêt. Comme un pigeon qui vient s'écraser sur la grande baie vitrée du bureau. Ou cette femme qui tout en bas de la rue laisse tomber son mouchoir avant qu'un inconnu ne le ramasse et ne lui rende... Assez bordélique dans ses prémisses, le long-métrage Ryo Takebayashi finit au fil du récit par s'ordonner autour de trois employés qui en passant par la voie hiérarchique vont tenter de remonter jusqu'au boss, qui est donc interprété par le génial Makita Sports, porteur d'un bracelet que seul lui devra détruire afin de mettre un terme au calvaire de ses employés. Mais comme rien ne sera aussi simple et évident, la machinerie repartira en milieu d'intrigue pour évoquer un drame et surtout, un projet qui sans avoir été mené à bout est probablement la solution aux problèmes rencontrés par Akemi et ses sympathiques collègues de travail. Drôle, original et même parfois émouvant, Comme un lundi confirme une fois encore que le cinéma japonais est en matière de boucles temporelles très à l'aise avec le concept. On ne s'ennuie pas un instant dès lors que les choses deviennent plus lisibles à l'écran. Bref, une excellente surprise...

 

jeudi 5 février 2026

Vampire Zombies... From Space! de Michael Stasko (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Hommage manifeste au nanar le plus inconsidérément jugé comme le plus mauvais film de tous les temps, Vampire Zombies... From Space! de Michael Stasko évoque donc Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood sorti voilà soixante-sept ans. Jusqu'à pousser le concept en filmant son œuvre en noir et blanc alors même que le long-métrage n'a été produit et réalisé qu'il y a seulement deux ans. Incitant sans doute les aficionados de ce genre de production à aller chercher chaque détail qui pourrait effectivement faire référence au film culte du cinéaste américain. Avec un budget d'environ cent-mille dollars, soit quarante de plus que son vieil homologue outre-atlantique, le canadien Michael Stasko inscrit également son projet dans une sorte d'hommage beaucoup plus large renvoyant à tout un pan du cinéma d'horreur, d'épouvante, de science-fiction et de fantastique des années cinquante et soixante. À une époque où les genres firent florès dans les drive-in américains au dépend de qualités narratives, interprétatives et techniques relativement ahurissantes ! Mais là où Vampire Zombies... From Space! tombe juste par rapport à une féroce concurrence qui ne prête de nos jours au genre ''Nanar'' que peu d'estime en jouant davantage sur une certaine facilité, c'est qu'en dehors de ses éventuels défauts, pour le moins assumés, le long-métrage de Michael Stasko reste assurément une œuvre réfléchie, conçue en tant qu'hommage donc, d'une époque en réalité révolue... Un noir et blanc qui plonge non seulement les protagonistes mais aussi les spectateurs en un temps qui pourrait laisser croire que le film est une vieille bobine émergeant après avoir été égarée durant des décennies. En même temps, et cela n'est peut-être pas très visible au premier coup, Vampire Zombies... From Space! peut être parfois envisagé comme une énième production/distribution Troma, à travers le délire que charrient le script, la mise en scène et l'interprétation... Moins ''fin'' sans doute qu'une bonne partie des production de la moitié des années cinquante du siècle dernier, avec ses lignes de dialogue parfois grossières, ses effets gore dont l'impact est ''malheureusement'' diminué en raison du choix de filmer son film en noir et blanc, Vampire Zombies... From Space! est aussi et surtout une œuvre bien de son époque, faisant fi des attentes d'un public généralement nourri aux blockbusters budgétés de manière faramineuse...


Traité sur le ton de la parodie, il plonge les habitants de la petite ville de Marlow au cœur d'une invasion extraterrestre notamment orchestrée par... Dracula en personne (Craig Gloster). Accompagné d'une cohorte de vampires zombies, le projet du plus célèbre suceur de sang est donc d'assimiler les habitants de Marlow en les transformant eux-même en vampires zombies et accessoirement de se nourrir de certains d'entre eux. Sous ses allures de péloche fauchée, ce qu'est pourtant bien Vampire Zombies... From Space!, le film est malgré tout doté de très nombreux effets-spéciaux. Entre CGI, prosthétique et constructions miniatures, s'agissant du concept rétro-futuriste de son œuvre, le cinéaste choisit notamment de laisser apparaître à l'écran les ficelles qui tiennent en apesanteur le vaisseau spatial et autres navettes en action pour la conquête de notre planète alors même que les technologies actuelle permettent de les effacer par simple traitement informatique ! Preuve que Vampire Zombies... From Space! est jusqu'auboutiste. Dans son approche du cinéma d'antan, mais aussi dans ses excès. Ayant probablement digéré tout un pan de l'imaginaire cinématographique d'il y a plus d'un demi-siècle, Michael Stasko et son équipe technique poussent l’hérésie d'un concept que l'on pourrait tout à fait considérer d'anachronique en reproduisant à la virgule près la façon de cadrer chaque séquence d'action, de filmer la réaction des personnages et de jouer sur le contexte social de l'époque comme si nous y étions. D'autres que lui ont bien entendu tenté ce même type d'aventure mais sans doute avec moins de succès. Alors, bien entendu, le film ne plaira sans doute pas à tous les types de publics. Parfois très verbeux et même souvent bordélique, la lisibilité n'est pas toujours évidente. Surtout lors de l'attaque finale où l'on ne sait plus trop qui parmi la foule fait partie de notre humanité et qui est l'envahisseur... Cependant, nous louerons malgré tout le courage et l’enthousiasme du cinéaste, de son équipe et des interprètes de s'être lancés dans cette aventure ''vintage'' qui fait du bien à une époque où l'uniformisation est devenue la norme...

 

mardi 3 février 2026

Last Night on Earth de Marcos Efron (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Pour son second long-métrage quinze ans après And Soon the Darkness, Marcos Efron met en scène Leven Rambin et Jake McLaughlin dans les rôles de Holly et Ryan. Un couple très amoureux qui à l'approche de la fin du monde se réfugie dans les montagnes du Tennessee afin de vivre seul ses derniers instants. Situant l'action loin de la civilisation où la situation dégénère, ils attendent le moment fatidique où un gigantesque astéroïde doit s'écraser sur Terre. L'annonce de la catastrophe remonte à plusieurs mois, lorsqu'une amie les invita à une réception. L'occasion pour elle de leur présenter son nouveau compagnon. Aujourd'hui, alors que certains ont choisi de se donner la mort plutôt que d'assister à la fin de toute vie sur notre planète, Holly et Ryan ont préparé à leur manière l'événement à venir... Si le sujet tourne autour d'un événement que le septième art à développé à de nombreuses reprises, le réalisateur et scénariste Marcos Efron l'aborde avec une sensibilité toute particulière. L'une des forces de Last Night on Earth étant l'attachement profond que l'on peut ressentir vis à vis de ce couple formidablement interprété par Leven Rambin et Jake McLaughlin. Pour autant, le film ne s'attarde pas uniquement sur leur relation mais évoque également l'effondrement de la société. Celle-là même dont ils choisissent de s'éloigner afin de vivre leurs derniers instants dans la sérénité. Cependant, et comme dans tout bon film relatant l'apocalypse sous un angle sociologique, le cinéaste aborde à son tour le comportement malfaisant de certains individus. À l'image de Gaby (Sohvi Rodriguez) et de Gene (Shane West), autre couple d'apparence fort sympathique mais dont le comportement sensiblement invasif laisse planer le doute quant à leurs véritables intentions. Ces dernières allant à l'encontre du projet terminal prévu par Holly et Ryan, Gaby et Gene figurent les deux antagonistes du récit qui sous des allures de couple lui aussi en attente de la fin du monde ont un projet beaucoup plus sombre en tête. Mais Last Night on Earth est également l'occasion d'observer l'attitude d'un groupe d'adultes et d'enfants ''remarquablement'' ancrés dans la religion...


Et alors que les personnages de Holly et Ryan visent à exploiter la sensibilité de l'une et la rationalité et le rôle de protecteur de l'autre, et que de leur côté Gene et Gaby personnifient la perte de moralité, la violence et l'instabilité, l'actrice Dee Wallace, célèbre pour être notamment été l'une des égéries du fantastique et de l'horreur avec notamment Hurlements de Joe Dante, Cujo de Lewis Teague ou encore Critters de Stephen Herek incarne quant à elle le rôle de Carla, ''cheffe'' d'une petite communauté religieuse réunie non loin de là où se sont installés les premiers. Vouant un culte à leur Dieu mais demeurant tout à fait bienveillants, elle ainsi que ses membres s'apprêtent à accepter leur mort pour rejoindre le Paradis... Last Night on Earth mêle différents genres. À travers la relation de Holly et Ryan, le film nous plonge en plein drame. Celui d'un couple dont la femme a notamment déjà tenté de se suicider et dont Ryan fait office d'époux, d'amant et bien entendu, de protecteur. Une relation intense magnifiée par l'incarnation de l'un et de l'autre et sublimée par la mise en scène romantisée du cinéaste. Pour autant, le film n'en est pas moins relativement tendu. Marcos Efron parvenant ainsi à créer un véritable climat d'angoisse à l'approche de l'astéroïde mais également du couple formé par Gaby et Gene. Le long-métrage prenant ainsi parfois des allures de thriller, voire de film d'horreur même si cette dernière n'est visible que de manière sous-jacente. Bien entendu, le réalisateur n'abandonne pas les amateurs de science-fiction sur le bas côté avec un final aussi bouleversant qu'intellectuellement impressionnant... Découle alors de ce récit touchant et malgré les apparences, jamais ennuyeux, une œuvre profonde sur la fin de la vie ici traitée à l'échelle mondiale. Faisant ainsi de Last Night on Earth l'une des meilleures surprises en la matière. Sans chichis, sans superflu, sans effets-spéciaux ''Blockbusterèsques''. Tout ici entre dans le cadre de l'intime et abandonne le spectateur dans un état proche du malaise. Témoin d'un drame inéluctable...


 

dimanche 25 janvier 2026

L'homme qui rétrécit de jan Kounen (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 1956 sortait dans les librairies américaines le roman The Shrinking Man de l'écrivain Richard Matheson. La version française devra attendre un an avant de sortir sous la traduction de L'homme qui rétrécit. C'est également en 1957 que l'ouvrage original sera adapté sur grand écran par Jack Arnold. Cinéaste américain notamment spécialisé dans le fantastique et la science-fiction, on lui doit L'étrange créature du lac noir en 1954, Tarantula en 1955, Le monstre des abîmes en 1958 ou encore The Space Children la même année. Mais de tous les longs-métrages abordant leur récit dans un contexte plus ou moins fantaisiste, L'homme qui rétrécit demeure sans doute son meilleur film..... Après une absence de cinq années, le réalisateur français Jan Kounen revenait l'année dernière avec une nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson. Ouvrant l'intrigue sur une citation issue de l’œuvre originale, l'on peut déjà noter quelques différences entre les deux longs-métrages. Tout d'abord plus ou moins fidèle au roman et à sa première adaptation sur grand écran, le héros désormais incarné par Jean Dujardin ne se retrouve plus comme dans le cas de Scott Carey (Grant Williams) au beau milieu d'un étrange nuage radioactif mais face à un curieux événement qui semble être d'ordre météorologique. Pris dans un tourbillon alors qu'il nage en pleine mer, Paul ressent comme un engourdissement au niveau des mains mais n'y prête pas trop d'attention. Cependant, trois jours après, un curieux phénomène physiologique commence à se développer chez ce père de famille marié à Elise (Marie-Josée Croze) avec laquelle ils ont eu leur fille Mia (Daphné Richard). En effet, Paul commence à rapetisser. Après avoir notamment fait des examens auprès d'une endocrinologue (Stéphanie Van Vyve) et après avoir subit une batterie de tests, les résultats confirment qu'il est en excellente santé. Simplement, Paul rétrécit, inexorablement. Mettant sa vie de famille en péril mais aussi la sienne en danger. Enfermé chez lui, et c'est là que cette version diffère drastiquement de celle de Jack Arnold, Paul est désormais confronté à un environnement de plus en plus hostile. À commencer par le chat de la famille qu’Élise est contrainte de laisser à l'extérieur de leur demeure. Le personnage de Mia est un élément plus ou moins secondaire mais qui reste peu ou prou fidèle au roman alors que dans la version de 1957 le cinéaste américain avait préféré se dispenser de son existence. Jan Kounen et le scénariste Christophe Deslandes développent une relation très importante entre le père et sa fille. Rendant ainsi certains enjeux des plus dramatique. Tout comme celle qu'entretiennent le héros et son épouse. Le premier étant réduit au statut d'impuissance due à sa petite taille et la seconde étant ''contrainte'' de faire chambre à part...


L'une des différences fondamentales qui sépare les deux films est aussi le choix de Jan Kounen d'écarter le personnage de Paul de tout contact avec le monde extérieur. Tandis que dans la version de 1957 Scott Carey choisissait durant un temps de continuer à vivre ''normalement'', sortant de chez lui, évoquant son cas auprès des médias ou allant plus simplement discuter avec une personne de petite taille afin de se donner la consistance suffisante pour se croire encore ''normal'', dans celle de 2025, Paul s'isole rapidement du monde extérieur, assis dans un fauteuil témoignant de l'inéluctabilité de sa condition d'homme qui rétrécit pour n'être plus qu'une poupée mise entre les mains de sa propre fille. Puis vient ce moment crucial où Paul ne peut même plus compter sur les siens, convaincus, du moins s'agissant d’Élise, qu'il a finit entre les crocs de leur chat. Tombé dans un panier rempli de vieilleries installé dans la cave, Paul va devoir lutter pour sa survie. Si dans le fond, cette dernière et assez longue partie du long-métrage n'apprendra pas grand chose de neuf à celles et ceux qui connaissent l’œuvre en noir et blanc de Jack Arnold, il se peut que L'homme qui rétrécit version 2025 contente très largement les autres amateurs de ''merveilleux'' et son univers devenu presque impalpable à l'échelle d'un homme réduit à la taille d'une fourmi, d'un moustique ou, plus inquiétant, d'une araignée... Chargés à l'époque de concevoir les effets optiques et les différents truquages, Clifford Stine ainsi que Roswell A. Hoffman et Everett H. Broussard avaient réalisé des prouesses qui encore aujourd'hui impressionnent. Malgré tout, l'apport des images de synthèses et autres CGI permettent aujourd'hui de repousser les limites de l'imagination, ce qui permet à Jan Kounen de laisser libre à la sienne et ainsi d'intégrer Jean Dujardin dans un milieu conçu sur ordinateur, mêlant ainsi VFX, immenses maquettes et fonds bleus pour un résultat très satisfaisant. Parcouru de lignes de dialogue en voix-off, entre pensées philosophiques et phrases toutes faites du genre ''On regrette le temps d'avant, celui-là qu'on voulait changer'' ou ''Ce sera ça ma vie, un combat perdu d'avance'', cette version 2025 n'a pas à rougir face à celle de Jack Arnold... Un retour qui aurait dû être gagnant pour le cinéaste et pour ses interprètes mais qui malheureusement s'est soldé par un échec. En France, L'homme qui rétrécit n'a en effet attiré qu'un peu plus de deux-cent soixante mille spectateurs. Pour un budget de vingt et un millions d'euros, le film n'en a rapporté qu'un dixième environ...

 

samedi 24 janvier 2026

The Strange Dark de Chris Messineo (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

''Le meilleur de la science-fiction. Inspirée, intelligente et déjantée''. ''Une histoire palpitante''. ''Riche, intime, profondément troublante''. Des avis comme ceux-ci, il en existe encore beaucoup d'autres et tous concernent The Strange Dark, premier long-métrage du réalisateur et scénariste Chris Messineo. Le sujet tout comme l'installation des personnages et le cadre plutôt réduit situant son action dans une seule pièce peuvent éventuellement évoquer le géniallissime The Man from Earth que Richard Schenkman réalisa en 2007. Projeté dans vingt-sept festivals, nominé à trente-quatre reprises, The Strange Dark a remporté treize prix ! Pas un, pas deux, ni même cinq ou dix mais treize. Un nombre qui semble avoir porté chance au cinéaste mais certainement pas aux spectateurs puisque on ne sait par quel miracle le long-métrage a pu engranger tant de prix alors même que rien ne vient motiver le moindre engouement pour ce petit film qui ne méritait pas tant d'éloges et de louanges... Ah si ! Peut-être la base du script. L'arrivée inopinée d'un drôle de couple que l'on pourrait plus ou moins décrire comme des sortes de ''Man'' et ''Woman in Black'' sans lunettes noires dans la vie d'Edgar (Caleb Scott) et de son épouse Susan (Nili Bassman). Avec son générique étoilé et sa bande musicale analogique signée Chris Hurn, The Strange Dark laisse en outre penser que l'on est peut-être ici devant une œuvre de science-fiction. Ce qu'est bien le film puisque Edgar émet l'idée qu'il est capable de lire dans l'avenir rien qu'en appuyant sur ses globes oculaires à l'aide de ses poings. Traité sous différents tons, comme sous celui du thriller et de la comédie, le long-métrage de Chris Messineo démarre sur des bases solides qui pourtant vont ensuite s'effriter rapidement par la seule présence des deux étrangers venus frapper à la porte d'Edgar et de Susan. Sur le principe du film découpé en sept chapitre, le récit remonte le fil du temps en incluant d'autres personnages. Comme un adolescent (John Beckwith), fils de l'entreprise qui emploie Maria (Carmen Borla), Frank (Bates Wilder) ainsi qu'Edgar (lequel a fuit son poste avec entre les main, des informations très importantes). Ou comme Taylor (Carson Jean Holley), la fille du couple qui jusqu'à son apparition au sein de l'intrigue restera planquée dans sa chambre aux côtés de son petit ami Cole (Athan Sporek)...


Mais si le film s'effondre sur ses propres fondations, ça n'est pas tant parce que son auteur a choisi de traiter son sujet sous l'angle du huis-clos théâtral, sans effets-spéciaux superflus ou en abandonnant le spectateur avant même que ce dernier ait été directement le témoin des hypothèses avancées et prouvées par Edgar, mais parce que le jeu extrêmement caricatural de certains interprètes plombe littéralement l'intérêt du film. Et au titre de grande reine du surjeu brodant autour d'un personnage qui se voudrait l'Antagoniste avec un grand A du récit, l'on trouve Carmen Borla. Un jeu outré, probablement voulu par le cinéaste et par son actrice, mais surtout, un jeu DANGEREUX tant la forme que prend l'interprétation pourrait éventuellement laisser supposer que Carmen Borla est mauvaise. Le problème avec Maria et que l'on ne rencontre fort heureusement pas chez Bates Wilder dont le personnage a généralement la bonne idée de ne pas se lancer dans de grandes diatribes est qu'il est pratiquement impossible d'identifier le personnage autrement qu'à travers l'incessant cabotinage dont fait preuve Carmen Borla. Bref, à travers son jeu peu crédible, l'actrice nous sort régulièrement du film et de son histoire. À vrai dire, le phénomène se répète chaque fois qu'elle ouvre la bouche ou se lance dans des mouvements amples mais parfaitement inutiles... Volontairement humoristique et abordant cette longue soirée chez Edgar et Susan sous l'angle de l'humour noir, The Strange Dark s'aventure sur les mêmes territoires que ceux traités par The Man from Earth de Richard Schenkman ou par Brad Anderson et son génial Happy Accidents. Offrant chaque fois des thématiques différentes mais cherchant à résoudre une énigme qui apparaît aux yeux des mortels tout à fait incroyable. Mais malheureusement, Chris Messineo échoue dans sa mission et l'on passe de deux classiques indémodables et surtout, inégalables à un petit film certes sans prétentions mais finalement très en deçà de nos attentes. Au final l'on se retrouve devant une œuvre dont le fond est au départ très intrigant mais dont la forme ruine tous les efforts entrepris par le réalisateur et par ses interprètes...

 

samedi 17 janvier 2026

The Fix de Kelsey Egan (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans un monde où l'air est devenu irrespirable, le fils du dirigeant de la méga-corporation AetheraEric O’Connors (Daniel Sharman) ne cesse de vouloir prouver au sein de l'entreprise et surtout auprès de son père qu'il est capable de mener à bien un projet. Travaillant sur l'amélioration d'un sérum qui n'est distribué jusqu'à maintenant qu'aux privilégiés, l'individu va bientôt lancer certains de ses hommes aux trousses d'Ella McPhee (Grace Van Dien), une jolie jeune femme, égérie de la société Aethera mal dans sa peau puisque se considérant comme très superficielle. Un soir, alors qu'elle rejoint par surprise sa meilleure amie Gina (Robyn Rossouw) à une soirée, elle l'a surprend au bras de son petit ami Tully (Tafara Nyatsanza). Se sentant trahie, Ella s'empare d'un flacon renfermant une puissante drogue que Tully à volé plus tôt dans la journée à une organisation clandestine dirigée par un certain Solomon (Keenan Arrison) et l'avale. Commence alors chez la jeune femme, une curieuse transformation physique qui lui permet notamment de marcher sur les murs et d'acquérir une très grande force. Cette lente mutation intéresse Eric qui ordonne alors à ses hommes de se lancer à sa poursuite afin qu'il puisse faire des tests sur la jeune femme... Dernier long-métrage réalisé par la cinéaste Kelsey Egan, The Fix est son troisième. La réalisatrice et scénariste américaine continue de faire évoluer son cinéma dans la science-fiction après Glasshouse en 2021 et I Carry You Always en 2023. Ici, il s'agit surtout de traiter le genre sous l'angle de la recherche scientifique dans un monde à l'agonie en terme d'air pur. L'on a donc plusieurs caractères qui s'y affrontent. D'un côté, une jeune femme, objet de fantasme, utilisée à des fins publicitaires au profit des dirigeants de l'entreprise Aethera qui n'ont, on le verra plus tard durant le récit, jamais eu l'intention de faire profiter le plus grand nombre de leur création, AIRemedy. Une pilule qui permet de pallier au manque d'oxygène dans l'air. De l'autre, nous avons donc Eric O’Connors. Fils du PDG de Aethera. Un arriviste, ambitieux, qui veut pouvoir profiter de l'opportunité qu'apportera la transformation d'Ella pour opérer des expériences sur elle et ainsi améliorer la nouvelle substance sur laquelle il est en train de travailler et qui pour l'instant n'a engendré que des échecs ! Entre les deux se trouve Solomon. Un scientifique qui par la force a dû se marginaliser et s'éloigner de l'entreprise Aethera où il avait ses quartiers. Si Eric O’Connors est décrit comme un individu qui sait très exactement où il va et démontre ainsi son fort potentiel de dangerosité, s'agissant de Solomon, celui-ci reste longtemps ambigu avant de révéler sa véritable nature. Aux côtés de collaborateurs qui tout comme lui ont dû se désocialiser, l'homme a mis au point une drogue qui pourrait bien permettre à tous de respirer naturellement sans avoir à porter de très coûteux masques à oxygène...


On le voit, le récit de The Fix tourne principalement autour de trois personnages bien distincts les uns des autres. Le sujet n'étant en outre pas loin de rappeler celui d'un petit classique de la science-fiction et de l'horreur. Un certain Species réalisé en 1995 par Roger Donaldson et connu chez nous sous le titre La mutante. Dans ce dernier, Sil (Natasha Henstridge) était créée artificiellement par des scientifiques mais subissait en contrepartie une étrange mutation. Poussée irrépressiblement à se reproduire, la jeune femme était notamment poursuivie par des chercheurs qui désiraient exploiter ses vastes possibilités physiques. L'on a donc à travers The Fix, un sujet apparemment en béton mais qui ne repose pas vraiment sur une idée totalement novatrice. En outre, et alors que La mutante avait pu bénéficier d'un confortable budget de trente-cinq millions de dollars à l'époque, il reste difficile d'évaluer celui du long-métrage de Kelsey Egan puisque aucune information à son sujet ne semble avoir filtré mais au vu du résultat, on peut très facilement envisager qu'il fut bien en deçà de son principal ''concurrent''. Kelsey Egan a beau y mettre du cœur, à vouloir mettre en avant un personnage féminin s'affranchissant de son simple statut d’icône vidée de toute substance intellectuelle pour devenir sans doute la sauveuse de l'humanité, The Fix rate à peu près tout ce que sa réalisatrice entreprend. En terme d'action, d'effets-spéciaux et même d'intrigue, celle-ci étant souvent décousue, le film n’apparaît pas autrement que comme une toute petite production, anodine et artistiquement datée. Lorsque sont mises à contribution les nouvelles facultés d'Ella, ses déplacements dans l'air ou sur les murs font appel à la vieille méthode des fils invisibles. Pour un résultat malheureusement catastrophique. S'agissant des scènes d'action, là encore,le film fait chou blanc. Mal orchestrés, mais chorégraphiés, les combats sont en outre mal cadrés. Passons sur l'esthétique générale du film qui lorgne comme beaucoup avant lui du côté des architectures modernes, blanches, vitrées sans pour autant marquer sa différence. Et que dire de la transformation d'Ella. Lente, douloureuse, à la manière d'un Body Horror, mais alors, qu'est-ce donc que cette paire d'ailes de libellule parfaitement ridicule dont elle est doté vers la fin du récit ? Se terminant en queue de poisson, The Fix laisse malheureusement la porte ouverte à une éventuelle séquelle. Prenant ainsi les allures d'un pilote de série dont on espère qu'il n'y aura pas de suite...

 

vendredi 16 janvier 2026

Greenland : Migration de Ric Roman Waugh (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y a six ans sortait sur les écrans Greenland de Ric Roman Waugh. Énième long-métrage qui après Meteor en 1979, Asteroid en 1997, Armageddon en 1998 ou bien Deep Impact la même année nous comptait en 2020 les aventures de John Garrity (Gerard Butler), de son épouse Allison (Morena Baccarin) et de leur fils Nathan (Roger Dale Floyd). À l'issue de leurs nombreuses péripéties et tandis que la planète subissait une extinction massive de la plupart des espèces vivant sur Terre, ils parvinrent à atteindre un abri situé au Groenland où il se réfugièrent. Après neuf mois, isolés dans leur bunker aux côtés d'autres survivants qui eurent tout comme eux l'opportunité de se protéger de l'impact de la comète géante ''Clarke'' et de nombreux débris, John Garrity et la autres purent en sortant, découvrir une planète ravagée, un air devenu irrespirable et des températures extrêmes... Les Garrity et tous ceux qui les ont accompagné à l'intérieur du refuge vont durant plusieurs années patienter jusqu'à ce que le climat se stabilise. Autant de temps qui n'empêche pourtant pas le danger d'être toujours présent puisqu'au départ de la séquelle Greenland : Migration l'on apprend de la bouche même de John Garrity que des milliers de fragments de la comète tournent toujours autour de notre planète et menacent de venir s'écraser à sa surface. Et ça tombe bien puisque pile-poil six ans plus tard, voici que des dizaines d'entre eux vont justement venir détruire l'abri, forçant ainsi les survivants à fuir l'endroit à bord de canots de sauvetage. Pour John et sa petite famille, dont Nathan est désormais interprété par Roman Griffin Davis, il est temps de partir jusqu'en Europe, afin de rejoindre le Cratère de Clarke situé dans le sud de la France. Témoin du peu d'ambition du long-métrage, le film ne sera d'ailleurs pas tourné sur place mais en Islande. Permettant malgré tout aux spectateurs de profiter de quelques magnifiques décors. Mais avant que les Garrity ne parviennent jusque là, ils vont devoir traverser diverses régions relativement hostiles, au gré de rencontres plutôt sympathiques pour un voyage qui dans un contexte de dystopie nous a habitué à mieux et à beaucoup plus périlleux et qui pourrait apparaître parfois comme une simple promenade bucolique. Autant dire que d'aller dépenser nos deniers pour découvrir les secondes et dernières aventures d'une sympathique famille d'américains moyens confrontée aux énième retombées climatiques et comportementales d'une catastrophe mondiale n'est peut-être pas la meilleure idée que nous ayons eue...


Car si Greenland fut une expérience de cinéma plutôt divertissante et si cette séquelle ne l'est pas moins, la promenade se révèle finalement plutôt pépère pour nos trois personnages. Croisant la route de personnages armés mais en réalité très coopératifs, les Garrity nous donneront l'occasion d'être les témoins d'un nombre incalculable d'invraisemblances à commencer par l'aventure en mer du canot de sauvetage qui après avoir quitté les côtes du Groenland se dirige vers l'Europe. Durée du voyage : une semaine. Autant dire qu'il est difficile de concevoir que l'embarcation puisse atteindre son objectif sans que son réservoir d'essence ne se vide au bout d'une journée seulement. Et bien évidemment, c'est ce qui arrive au bout d'un certain temps. Mais très optimistes, John et les autres comptent sur le hasard et surtout sur les courants marins pour atteindre leur premier but : l'Angleterre. Une fois miraculeusement arrivés à destination, le canot bute contre le toit d'un immeuble. John ouvre une porte latérale du canot et se saisit d'une... rame ! Et ouais, les mecs, préférant laisser faire le hasard que de guider à la rame l'embarcation, on peut dire que nos héros ont vraiment de la chance ! Et en terme d'incohérence, je suis certain que Ric Roman Waugh peut encore faire mieux. Et c'est vrai, juste une poignée de secondes plus tard. Si le canot a buté contre le sommet d'un immeuble, c'est parce que la ville a été engloutie sous les eaux. Ce qui n'empêche pas les personnages de se retrouver une poignée de secondes plus tard à errer normalement en ville dans des rues, au sec. À moins que la région ne se soit vidée comme un évier juste avant le passage de John et de sa famille, va falloir justifier une telle invraisemblance. Bon, on ne va pas toutes les lister et laisser les spectateurs s'amuser au jeu des incohérences... Pour le reste, John et sa petite famille vont retrouver une ancienne amie qui depuis le désastre continue de soigner des malades atteints d'Alzheimer dans un hôpital avant de prendre la route vers le cratère de Clarke. Tout ceci n'est franchement pas terrible. Et même si l'on a l'opportunité d'assister à une ou deux séquences plutôt bien fichues à l'image de la traversée de deux ponts ''artisanaux'' fabriqués l'un avec des cordes et le second avec des échelles, le voyage est décevant. Monté à la truelle, causant parfois des ellipses très discutables, Greenland : Migration est un tout petit blockbuster pourtant doté d'un confortable budget s'élevant à quatre-vingt dix millions de dollars et d'effets-spéciaux convaincants. Bref, mieux vaut patienter jusqu'à son passage à la télévision...

 

jeudi 15 janvier 2026

Else de Thibault Emin (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Bouh, ce que j'ai pu prendre comme retard, moua! Allez, on remet les pendules à l'heure avant de véritablement entamer cette année 2026 qui est déjà vieille de quinze jours. Pour commencer, on va parler de Else de Thibault Emin, auteur de trois courts-métrages entre 2006 et 2008 et puis, PAF ! Silence radio côté mise en scène et écriture, pour changer de poste et être mis en avant par Lewis Eizykman en 2014 avec La momie, Etienne Fu-Le Saulnier en 2016 avec Little Party Queen et Dan Cohen en 2019 avec Oléastre... De retour derrière la caméra en 2025, Thibault Emin sort donc son tout premier long-métrage en salle le 28 mai et là, comment dire... Alors que l'on ne cesse de vanter abusivement le cinéma de Julia Ducournau, c'est peut-être pourtant du côté de cet ''inconnu'' qu'il fallait voilà huit mois en arrière, détourner le regard. Objet de fantasme personnel réunissant différentes formes d'inspiration reconnues ou non par son auteur, Else semblera sans doute pour certains s'être pourtant perdu dans un dédale de prétentions. Chose que paraît cependant nier la légèreté avec laquelle Thibault Emin introduit les personnages. Reprenant le concept de pandémie sous un jour nouveau, le film tourne autour de Anx (Matthieu Sampeur) et de Cassandre (Edith Proust). Un couple étonnant, formé par un homme réservé et introverti face à une jeune femme, au contraire, plutôt extravertie. Un jeu du chat et de la souris s'installe entre les deux personnages tandis qu'autour d'eux, le monde bascule, s'effondre vers un chaos inédit. En effet, un curieux virus ne transforme non pas les victimes en enragés basculant dans une violence outrée mais provoque de très étranges mutations physiologiques. En cela, Else s'éloigne des contingences habituelles pour osciller vers une forme de Body Horror dont l'une des formes les plus saisissantes fut visible voilà plus de trente-cinq ans dans Tetsuo du réalisateur japonais Shin'ya Tsukamoto. Œuvre magistrale et jusqu’au-boutiste incorportant les modifications corporelles dont était la victime le personnage principal. Sur un ton abandonnant la configuration cyberpunk et industrielle de ce véritable film culte, Thibault Emin prépare la ''chair'' à accueillir en son sein, tous types de matériaux. Le virus contraignant ainsi nos deux jeunes et fougueux personnages à éviter tout contact avec leur environnement...


Installés dans un appartement fourmillant de détails visuels propres à pousser Anx et Cassandre à commettre l'erreur qui pourrait les faire rejoindre le lot des victimes, l'un et l'autre jouent à un jeu passionnel guidé par la jeune femme, beaucoup plus libérée que son compagnon. Par petites touches, cette idylle dont la posture ''post-adolescente'' amuse parfois est grippée par de menus détails qui témoignent pourtant du drame qui insidieusement va s'installer entre les quatre murs de l'appartement. Bruits étranges et contacts physiques avec certains objets laissant de curieuses blessures. D'un univers enjoué bien qu'étant pourtant claustrophobe, Thibault Emin adresse au public un message de prévention autour d'une maladie physiquement dégénérative dont les conséquences sont plus ou moins inédites. Bruits étouffés, échanges verbaux avec une voisine à travers un conduit, ce qui n'est pas sans rappeler l'univers étrange mais remarquable d'un certain Delicatessen signé de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet en 1991, Else installe un inconfort qui culmine lorsque l'appartement est investi par de drôles de ''créatures'' dotées d'un point sensible : l'œil ! L'étonnement laisse alors la place à une certaine forme d'incompréhension sublimée par des plans ravissant le regard du spectateur. L'un des atouts majeurs du film, car il en existe bien, est sans doute cet ''échange de bon procédé'' consistant à figer les victimes du virus dans une posture ''minérale'' alors même que tout objet inanimé s'en trouve par définition mue d'une vie propre et ''absorbant'' la vigueur de leur hôte ! Entre science-fiction, dystopie, comédie romantique, huis-clos, Body Horror et voire même horreur cosmique, Else éprouve la sensibilité des spectateurs en jouant sur différents tableaux. Si la magie opère parfois, le concept ampoule malheureusement aussi l'intrigue en ne sachant pas toujours sur quel pied danser. Plus que la prétention dont Else semble être gavé, nous évoquerons davantage une ambition, une générosité et la propension du cinéaste à injecter tout ce qui lui passe par la tête. En résulte une œuvre qui peut soit perdre les spectateurs, soit les épuiser, soit finalement les séduire. À chacun donc de se faire sa propre opinion sur ce premier long-métrages d'un artise très prometteur...

 

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