jeudi 29 octobre 2026

Hopeu (Hope) de Na Hong-jin (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Depuis son premier long-métrage en 2008 intitulé Chugyeokja (The Chaser) en passant par Hwanghae (The Murderer) en 2010 et jusqu'à l'extraordinaire Gokseong (The Strangers) en 2016, le cinéaste sud-coréen Na Hong-jin ne nous a jamais déçu. Après une décennie de silence en dehors d'un court-métrage signé en 2023 qu'il a comme toujours écrit et produit lui-même, l'homme nous revient donc dix ans après son dernier chef-d’œuvre. Un Gokseong dense, dantesque, absolument remarquable et redéfinissant à l'époque et de manière éclatante les visages du Mal et du thriller asiatique avant qu'en 2021 le cinéaste hongkongais Soi Cheang ne vienne briser de manière persistante nos certitudes avec le monstrueux Limbo. Dix années à nous demander comment Na Hong-jin allait s'y prendre pour se relever d'un troisième film presque ''définitif'', clouant sur place presque toute concurrence. Et puis, vint Hopeu (Hope) que le réalisateur allait une fois encore produire et écrire lui-même. Plus de deux heures et trente minutes d'un cinéma que l'on a déjà la prétention de connaître si l'on suit le cinéma de son auteur depuis leurs origines. Et il est vrai qu'au départ, l'on retrouve l'immense interraction entre la mise en scène, la photographie de Hong Kyung-pyo déjà présent sur le tournage de Gokseong, les décors ainsi que le montage du fidèle Kim Sun-min... Si d'aucun peut apprécier la maestria de Na Hong-jin qui durant une première heure en met plein la vue avec la traque d'une créature monstrueuse et gigantesque par le chef de la police Ko Beom-seok (Hwang Jeong-min) et l'ancien colonel à la retraite Ahn Nak-yeon (Lee Sang-hee) dans un petit village sud-coréen du nom de Hope Harbor, cette longue, très longue et même trop longue séquence permet de souligner le manque de profondeur généralisé qui entachera le récit jusqu'à son terme. Pourtant, il y a bien ça et là quelques éléments qui promettent le surgissement d'une pointe ne serait-ce que très minime d'un scénario mais curieusement, Na Hong-jin semble préférer s'adresser aux amateurs de gros blockbusters qui tâchent qu'aux véritables amateurs de science-fiction proposant la rencontre entre les habitants d'un petit village et des créatures venues d'ailleurs. Car si dans un premier temps Hopeu semble s'inscrire dans la mythologie sud-coréenne en faisant intervenir un Jihaguk Daejeok de trois mètres de haut dévastant tout sur son passage, la suite laisse espérer un tempo plus lent instaurant enfin le message que l'ufologue en herbe rêve de découvrir à travers le dernier long-métrage de Na Hong-jin...


Le film peut d'ailleurs se voir comme une œuvre hybride. Tout d'abord parce que son auteur s'amuse une fois encore à brouiller les pistes entre horreur, fantastique, science-fiction et comédie (le vieux témoin insistant sur son irrépressible envie de chier) mais aussi parce que comme écrit un peu plus haut, il évoque sous certains aspects cette œuvre fantasmée d'une rencontre extraordinaire entre l'homme et des êtres intelligents venus d'ailleurs mais qui malheureusement n'arrivera jamais... Dire que Hopeu est bourrin serait un euphémisme. Et même si lors des rares moments d'accalmie il n'est pas interdit d'entrevoir l'espoir (c'est le cas de le dire) d'une œuvre proposant enfin un script solide et humaniste, Na Hong-jin retombe de nouveau dans ses travers et exploite encore et encore le concept de confrontation entre l'homme et ce qui s'avèrent être en fait des extraterrestres échoués à la surface de notre planète. À dire vrai, en dehors de la découverte de vaches mortes dans des conditions relativement étranges, l'analyse d'un spécimen extraterrestre qui rappelle peu ou prou celles du The Thing de John Carpenter, l'explication concernant l'agressivité des créatures ou la découverte et l'exploration de leur vaisseau dont l'architecture semble faire de l'oeil à celui des xénomorphes d'Alien de Ridley Scott, Hopeu n'est qu'une succession de scènes d'action. Pas ou (très) peu de réflexion pour un scénario qui tient en une seule ligne : en mettre plein la vue aux spectateurs. Alors, oui, la mise en scène est brillante, vertigineuse et maîtrisée. Mais pour le reste, mon dieu ce que l'on peut être à des années-lumière de Gokseong. Si l'on prend les deux heures et trente-sept minutes que dure l'ensemble du long-métrage, nous sommes en droit d'être déçus. Les créatures sont comme très souvent dans ce genre de film loin d'être représentées telles que l'on imagine des civilisations lointaines capables de voyager à travers l'espace et grâce à des technologies avancées. De plus, elles cachent mal leurs origines numériques. Entre textures et animation ratées, le film termine de n'être qu'un blockbuster bourrin, peu inspiré, très académique et dont le message est tellement enfoui sous l'action qu'il s'avère finalement très résiduel. Une immense déception...

 

lundi 26 octobre 2026

Planète Interdite (Forbidden Planet) de Fred McLeod Wilcox (1956) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Nous sommes en 2257 et le croiseur spatial C-57D commandé par le commandant John J. Adams (Leslie Nielsen) se dirige vers la planète Altaïr IV qu'avaient pour projet de coloniser le professeur Edward Morbius (Walter Piegeon) et les membres de l'équipage du Bellérophon qui depuis les dix-neuf dernières années n'ont plus donné signe de vie. À leur arrivée à la surface d'Altaïr IV, John J. Adams et son équipage sont accueillis par Robby le robot, une machine qui les conduit lui, le lieutenant Jerry Farman et le docteur Ostrow jusqu'à une immense installation où ils sont reçus par Edward Morbius qui leur apprend alors que la totalité des membres de l'équipage du Bellérophon furent tous tués par une puissance invisible. Avant la mort de cause naturelle de son épouse, celle-ci donna naissance à Altaïra (Anne Francis), une jeune femme séduisante qui ne connaît pas grand chose de la nature humaine et surtout pas des hommes en général. Lors de la visite des installations, le professeur apprend qu'à travers des archives produites par une très ancienne civilisation, il pu bâtir Robby le robot, son immense demeure ainsi qu'une machine capable de décupler les capacités intellectuelles. Tandis que le commandant et ses deux hommes explorent les lieux, la force invisible qui décima l'équipage du Bellérophon s'en prend à l'ingénieur en chef Quinn (Richard Anderson) chargé des transmissions. Lors de l'enquête sur sa mort est découverte une curieuse empreinte appartenant à une créature inconnue. Attaquant de nouveau les environs du croiseur spatial C-57D, celle-ci devient visible lorsque les membres de l'équipage dirigent vers elle les lasers de défense. Au même moment, le professeur Edward Morbius semble être plongé dans un profond sommeil, dérangé par un terrible cauchemar. Mais à son réveil, la créature qui à des kilomètres de là s'en prend aux hommes du commandant John J. Adams disparaît tout à coup...


Œuvre de science-fiction par excellence, Planète Interdite (Forbidden Planet) de Fred McLeod Wilcox est depuis 2013 conservé par le National Film Registry afin d'être préservé comme l'un des exemples de films américains ayant une authentique importance sur les plans culturel et historique. Dans ce récit qui s'inspire de la pièce de théâtre en cinq actes La tempête du dramaturge anglais William Shakespeare, le scénariste Cyril Hume (sur la base d'un sujet conçu par Irving Block et Allen Adler) et le réalisateur Fred McLeod Wilcox imaginent une civilisation vieille de plusieurs centaines de milliers d'années qui auraient atteint un niveau technologique dépassant de très loin celui des humains mais dont la disparition reste plus ou mois mystérieuse. Une technologie exploitée par un individu vivant seul avec sa fille et dont il parviendra à déchiffrer certaines fonctions. L'attitude du professeur Edward Morbius résumant ainsi à elle-seule les événements qui vont se produire plus tard lors du déroulement de l'intrigue. Pourquoi semble-t-il si empressé de voir le commandant John J. Adams et ses hommes repartir vers la Terre ? Et quelle est donc cette monstrueuse créature invisible qui a décimé les occupants du Bellérophon et semble être désormais sur le point d'en faire autant avec ceux du croiseur spatial C-57D ?


Née de la complexité entre l'immense Machine créée par la civilisation Krell et de l'esprit du professeur Edward Morbius, la créature invisible prend forme grâce au travail de l'animateur des studios Disney Joshua Meador qui aidé par d'autres dessinateurs conçoit une créature qui deviendra l'une des représentations les plus remarquables du cinéma de science-fiction. Pas d'images de synthèse mais une animation qui pour l'époque est impressionnante. L'une des particularités de cette créatures et d'être exclusivement constituées de traits marquant ses contours, le reste demeurant invisible. Lumineuse, elle est ensuite intégrée aux environnements constitués de décors fabriqués en studio, de trucages photographiques et de Matte painting qui s'y intègrent parfaitement. L'une des séquences parmi les plus impressionnantes reste cependant l'installation des Krell, faite de vertigineuses perspectives qui donnent une sensation de profondeur incroyable. Quant à Robby le robot, celui-ci fait ici sa toute première apparition sur grand écran. Il est depuis apparu dans de nombreux longs-métrages cinématographiques ainsi que dans diverses séries télévisées qui n'empruntent d'ailleurs pas toutes à la science-fiction puisqu'il apparaîtra notamment dans l'épisode de la série policière américaine Columbo intitulé Au-delà de la folie. Si le film ne nous épargne pas la sempiternelle histoire d'amour entre le commandant John J. Adams et la très charmante Altaïra, le film vaut surtout pour ses exceptionnels effets-spéciaux, pour son idée central qui est que le danger n'est pas tout à fait extérieur mais peut-être bien l'esprit humain et, ne l'oublions surtout pas, pour son incroyable bande musicale signée du couple Bebe et Louis Barron, deux véritables pionniers de la musique électronique qui composent ici à l'aide de leurs instruments et d'enregistrement sonores sur bande magnétique, la première véritable bande musicale entièrement électronique...

 

lundi 19 octobre 2026

Alterity de Johnny remo (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Énième film de science-fiction confrontant un groupe de personnages à des créatures extraterrestres hostiles, Alterity du réalisateur, scénariste et producteur américain Johnny Remo est dans la moyenne basse de ce genre de productions... Et cela se remarque dès le générique d'ouverture durant lequel l'on assiste au déplacement d'une météorite qui finira sa course au beau milieu d'un centre commercial dont l'exploitation sera alors abandonnée. Des effets-spéciaux si piteux que l'on a bien du mal à distinguer ce qui s'avère être notre planète lorsque de très loin celle-ci surgit à l'écran quelques secondes avant que la comète ne vienne donc s'abattre à sa surface. Une fois le générique terminé l'on découvre autour de quel type de personnages l'intrigue va tourner. Sept ou huit jeunes jeunes gens au total dont l'inévitable asthmatique qui bien entendu se retrouvera à court de ventoline au moment le moins opportun du récit ou la jeune fille dont le père journaliste est mort dans des circonstances troubles alors qu'il travaillait dans l'ombre sur le phénomène des ovnis. Pour les accompagner, une jeune femme employant les armes à la perfection et trois ou quatre gusses supplémentaire histoire d'étoffer le nombre de futures victimes. Si la caractérisation des personnages est en général un concept qui permet d'apprécier l'effort des scénaristes, ici, évoquer une jeune journaliste ambitieuse et déterminée que l'on voit être virée par son boss avant qu'elle ne rejoigne l'aventure de ses amis n'a absolument aucun intérêt puisqu'elle décidera finalement de les planter sur place pour disparaître définitivement de l'histoire ! On ne va pas citer le nom des interprètes vu qu'aucun d'entre eux n'est connu sur notre territoire (du moins me semble-t-il) pour ne nous préoccuper que de la mise en scène, de l'aspect technique général et de l'univers dans lequel trainent leurs pompes nos jeunes et valeureux chasseurs de fantômes ''reconditionnés'' afin de se préparer non plus à traquer esprits frappeurs et autres ectoplasmes mais bien une entité d'origine extraterrestre...


Lequel, si j'ai bien compris, demeure planqué à l'intérieur du centre commercial sur lequel s'est abattue la comète huit années auparavant, vivant ainsi dont on ne sait quelles ressources mais bon, cela a-t-il réellement une quelconque importance ? Pour le réalisateur ainsi que pour le scénariste Daniel Backman, visiblement, la réponse est non ! Côté décors, rien de spécial à dire si ce n'est que le cadre d'un centre commercial abandonné n'a ici aucun intérêt particulier. Tous les magasins ayant été logiquement vidés de leur contenu avant leur fermeture des années en arrière, les environnements sont tous semblables : gris, ternes et impersonnels. Bref, pas de quoi nous en mettre plein la vue... Ensuite, concernant l'interprétation et la mise en scène. D'un côté comme de l'autre, l'ensemble est à l'aune des décors : c'est à dire extrêmement fade ! La faute à un scénario manquant profondément d'inspiration et à des actrices et acteurs pas franchement inspirés. Remplacez le centre commercial par n'importe quel environnement et le résultat sera le même. Quant à la crédibilité de l'extraterrestre, je vous renverrai à ces sempiternelles critiques que je fais généralement de ces bestioles dont l'allure décrédibilise totalement l'idée de civilisations capables de voyager à travers l'univers. Et encore, là, on peut estimer que les maquilleurs ont fait quelques efforts pour cacher sous la solide carapace de l'extraterrestre, une trace d'apparence humanoïde. Contrairement à ces objet qu'il projette par la pensée. Des blattes géantes et mécaniques dont l'efficience frise le zéro absolu lorsqu'elles survolent nos huit jeunes protagonistes sans réellement chercher à leur foncer dessus. Bref, Alterity est plat, tente même d'imiter l'iconique Predator du long-métrage éponyme signé de John McTiernan en 1987 mais dans une version Wish qui fait vraiment peine à voir...

dimanche 11 octobre 2026

The 8 Show (Tŏ eit'ŭ syo) de Han Jae-rim (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Succès mondial oblige pour la série sud-coréenne Squid Game (Ojing-eogeim) de Hwang Dong-hyeok en 2021, il était fort peu envisageable pour ses producteurs d'en rester là et une seconde et une troisième saison virent le jour trois et quatre ans plus tard, toujours sur la plateforme de streaming Netflix. Bien qu'une version américaine supervisée par le réalisateur David Fincher et par le scénariste Dennis Kelly fut développée durant deux ans, le projet a finalement été abandonné. Devant le succès phénoménal rencontré par la série, il était évident que d'autres allaient s'engouffrer dans la brèche offerte par ce genre de spectacle, entre dystopie et jeu de massacre en lieu clos. C'est ainsi que la mini-série The 8 Show (Tŏ eit'ŭ syo) créée par le sud-coréen Han Jae-rim a vu le jour en 2024, elle aussi sur Netflix. Huit épisodes, pas un de plus, coïncidant avec le nombre exact de personnages apparaissant à l'écran. Là encore, il s'agit pour huit candidats de gagner une très importante somme d'argent. Mais l'une des différences majeures avec la série de Hwang Dong-hyeok est que dans le cas présent, il ne s'agit pas pour une poignée de survivants de se partager les gains accumulés durant le jeu mais bien de décrire l'injustice qui existe entre les différentes couches de la société à travers une allégorie du capitalisme où les pauvres gagnent peu et les riches s'enrichissent de plus en plus. Accordons d'ailleurs à cet état d'esprit ''gloutonnesque'' qui pousse la candidate la plus privilégiée d'entre tous à en vouloir toujours plus d'être sinon caricatural, du moins parfaitement en accord avec cette vision immorale de cette société qui sépare les uns et les autres selon leur statut social et leur cadre de vie. L'une des particularités de The 8 Show est de ne jamais nommer les personnages sous leur véritable nom mais sous celui d'un étage. Il faut savoir que l'espace dans lequel ils seront confinés pour un temps indéterminé dont la durée ne tient qu'à eux est doté d'un escalier qui mène à huit étages. Chacun d'entre eux donnant sur un appartement. Tandis que le récit s'ouvre sur 3e étage (l'acteur Ryu Jun-yeol), l'on découvre son appartement. Un espace réduit, austère et pour l'instant uniquement doté d'un écran et d'un interphone. Le premier affiche la somme qu'il gagne à chaque minute qui passe. Trente-mille wons. Soit, un tout petit peu moins de vingt euros la minute...


Quant au second, il lui permet de s'adresser directement aux responsables du jeu. Peu à peu, les autres personnages apparaissent à l'écran et prennent possession de leur appartement. Ce n'est qu'au bout d'un certain temps que l'on comprend que chaque concurrent n'est pas logé à la même enseigne. Mais laissons le spectateur découvrir par lui-même ce qu'il en est. Sans être tout à fait du niveau de Squid Game, la mini-série de Hwang Dong-hyeok n'en est pas moins parvenue en cette année 2024 à renouveller le genre sans tout à fait empiéter sur le concept de son aîné. La différence majeure étant donc de comparer le comportement des concurrents et leur nouveau train de vie avec ce que vit le peuple dans la réalité. Ici, toutes les couches sociales sont représentées. 1er étage (l'acteur Bae Seong-woo) figure dans la société contemporaine, la classe précaire. Celle qui se situe tout au bas de l'échelle. Et l'on remonte ainsi jusqu'à 8e étage (Cheon Woo-hee), la pensionnaire du dernier étage, comme son nom l'indique. Celle-ci représente l'élite et la Haute Bourgeoisie. Assumant parfaitement son rôle dans cette micro-société où le temps à une importance considérable, elle se situe donc tout en haut de la pyramide sociale et économique. Conçu comme une vision pessimiste d'un monde tel qu'il est pourtant souvent décrit dans nos sociétés, The 8 Show est remarquable en ce sens où les thèmes abordés le sont de manière fort crédible. Incluant ainsi également les classes populaires, moyenne inférieure et moyenne supérieure, la série évoque comment se fonde une hiérarchie, avec ses besoins, ses contraintes et ses intérêts communautaires. Bref, de ce côté, le contrat est parfaitement rempli. Mais là où le bat blesse se situe certainement dans la durée de la série qui malgré seulement huit épisodes en contient sans doute deux ou trois de trop. Une fois le concept digéré et ses différents facettes élaborées, il aurait sans doute été temps de libérer enfin les candidats et ainsi les spectateurs de cet effroyable tableau totalement déshumanisant. Un peu répétitif et doté parfois de séquences outrageusement violentes comme lors du combat opposant 2e étage (Lee Zoo-young) au psychopathe 6e étage (Park Hae-joon), The8 Show reste tout de même une sacrée expérience, très clairvoyante et critique sur la situation actuelle de la société. Bref, si vous avez aimé Squid Game et que vous n'avez toujours pas vu The 8 Show, cette série est faite pour vous...

 

lundi 5 octobre 2026

The Call (Kol) de Lee Chung-hyun (2020) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir quitté il y a bien longtemps la demeure qu'elle et ses parents partageaient vingt ans auparavant avec la famille de Yeong-sook (Jeon Jong-seo), Seo-yeon (Park Shin-hye) revient s'y installer afin de prendre soin de sa belle-mère atteinte d'une grave maladie. Lors de son installation, la jeune femme découvre un vieux téléphone fixe qui lorsque celui-ci sonne la connecte directement avec une adolescente, vingt ans en arrière... Une gamine qui n'est autre que Yeong-sook et qui l'appelle à l'aide, affirmant que sa propre mère Ja-ok (Lee El) a prochainement l'intention de la tuer. À vingt ans d'intervalle, Seo-yeon va alors tenter de lui venir en aide... Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le premier long-métrage du réalisateur et scénariste sud-coréen Lee Chung-hyun est d'une maîtrise totale. Mis à disposition des abonnés de la plateforme Netflix dès le 27 novembre 2020, The Call (Kol) mêle science-fiction, drame et thriller. Plutôt que de laisser le spectateur dans le brouillard et lui faire risquer d'abandonner l'aventure au bout de dix ou quinze minutes, mieux vaut que celui-ci apprenne que les deux jeunes héroïnes sont effectivement d'anciennes amies. Ce qui, de prime abord, ne semble pas évident à comprendre lorsque l'intrigue démarre et même si un peu plus tard Lee Chung-hyun nous éclaire à ce sujet. Bien qu'écrit par le cinéaste sud-coréen lui-même, The Call repose à l'origine sur le film porto-américain The Celler de Matthew Parkhill, sorti neuf ans auparavant. L'une des idées les plus fascinante est ici l'interaction entre les deux jeunes femmes qui chacune à son époque est capable d'intervenir sur le destin de l'autre. Ajoutant au thème la caractéristique du paradoxe temporel qui ici, joue un rôle primordial...


Après une première partie qui pose parfois question sur certaines incohérences laissées de côté comme le fait que dans le passé Yeong-sook puisse joindre apparemment Seo-yeon sur le même numéro de téléphone, The Call demeure parmi les œuvres les plus convaincantes sur le sujet du paradoxe temporel. Et ce, même si l'on peut s'interroger sur le fait que les différents changements subis dans le passé ne semblent pas avoir affecté la mémoire de Seo-yeon. [ATTENTION, SPOIL] Lorsque par exemple, Yeong-sook sauve la vie du père de Seo-yeon dans le passé en lui évitant de mourir dans l'incendie, cette dernière est surprise de le retrouver bien vivant. Les vingt dernières années ayant été modifiées, la mémoire de Seo-yeon aurait dû elle aussi être impactée. [FIN DU SPOIL] Pourtant, Lee Chung-hyun préfère concevoir le concept de paradoxe temporel et c'est sans doute mieux ainsi puisque la méthode employée facilite le développement de l'intrigue et le jeu pervers qui va s'opérer entre les deux jeunes femmes. Mais alors, pourquoi donc le film ne doit-il pas être juste considéré comme un simple film de science-fiction prenant pour cadre deux époques reliées par un vieux téléphone fixe mais également comme un thriller tendu entre une adolescente visiblement contrainte par sa mère chamane d'effectuer d'étrange rites pseudo-scientifiques en raison d'un mauvais Feng Shui et d'une jeune femme de retour chez elle vingt ans plus tard ?


Parce que là encore, Lee Chung-hyun réussit à nous surprendre en ajoutant quelques twists inattendus. [ATTENTION, SPOIL] Lorsque notamment la mère de Yeong-sook que l'on juge par défaut comme une folle à lier mettant en danger l'existence de sa propre fille n'est sans doute pas celle que l'on croit mais peut-être bien une femme avisée et qui sait le danger que représente sa progéniture ! Porté par deux jeunes interprètes formidables, Park Shin-hye interprète une Seo-yeon émouvante (les retrouvailles avec son père) face à Jeon Jong-seo qui elle, incarne une Yeong-sook parfois terrifiante. Une psychopathe en devenir dont sa mère avait donc repéré les troubles comportementaux ! [FIN DU SPOIL] Sans doute pas tout à fait au niveau de l'époustouflant Prédestination de Michael et Peter Spierig, The Call n'en est pas moins d'une maîtrise formelle souvent implacable. Cruel, pervers, diabolique, le récit offre en outre quelques effets visuels aussi étonnants que spectaculaires, conséquence des modifications qui ont lieu dans le passé. Et surtout, une séquence bouleversante se situant dans un tunnel qu'il est de bon ton de ne pas révéler pour mieux en apprécier la portée émotionnelle. Bref, une réussite presque totale, si ce n'est, donc, les quelques invraisemblances qui émaillent le récit (parmi lesquelles l'on citera l'attitude de la police qui en 1999 n'investit pas la demeure de Yeong-sook après la disparition du producteur de fraises) ou cette séquence post-générique parfaitement inutile...

 

mardi 29 septembre 2026

Redux Redux de Kevin & Matthiew McManus (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis leurs débuts, les frères MacManus n'ont cessé de collaborer ensemble sur les six projets qu'ils ont mis en scène. De leurs débuts en 2006 et jusqu'en 2009, période durant laquelle ils réalisèrent trois courts-métrages, puis dès 2012, avec leur premier long format, la comédie dramatique Funeral Kings, suivie en 2020 du thriller horrifique et de science-fiction The Block Insland Soundpuis en 2026 de Redux Redux qui lui-même investi ce même mélange des genres. Deux frères, deux cinéastes qui prennent leur temps entre chaque film et qui signent cette année 2026 une œuvre pas du tout inintéressante puisqu'elle explore la tragédie d'une femme dont la fille a été kidnappée et assassinée par un tueur en série. Un prédateur dont les deux réalisateurs, producteurs et scénaristes ne font pas longtemps mystère puisque l'on découvre rapidement qu'il s'agit d'un certain Neville (Jeremy Holm). Un employé de cafétéria qui enlève donc des adolescentes pour les assassiner dans sa demeure avant de faire disparaître les corps en dehors de la ville. Un sujet somme toute plutôt conventionnel pour un traitement qui par contre sort des sentiers battus. Un thriller, un drame, mais tout comme pour le précédent long-métrage de Kevin et Matthew McManus, mâtiné de science-fiction. Car incapable de faire son deuil, Irene Kelly (incarnée par Michaela McManus, la sœur des deux réalisateurs) voyage non pas à travers le temps dans ce qui pourrait sembler être une boucle temporelle la renvoyant au même endroit au même moment mais bien dans des univers parallèles. Ce que l'on a coutume d'appeler de nos jours des multivers. En effet, à bord d'un appareil en forme de cercueil dont les frères McManus semblent se désintéresser des origines, la jeune femme poursuit celui qui dans d'autres mondes n'est pas différent de celui qu'elle a déjà assassiné dans le sien. Quel que soit le Neville qu'elle a rencontré parmi les dizaines, les centaines ou les milliers d'univers qu'elle a déjà croisé, tous sont les mêmes et tous sont de monstrueux prédateurs. Et à chaque fois, c'est la même chose, Irene repère et assassine systématiquement le meurtrier de sa fille Anna (Grace Van Dien) qui à chaque fois fait partie des victimes du monstre. Sauf que lors d'un saut dans l'un des univers parallèles, la mère de famille tombe sur la jeune fugueuse Mia (Stella Marcus) en s'introduisant dans le repère du tueur. Nouvelle victime de Neville, elle décide de lui venir en aide...


Redux Reduxtourne donc principalement autour de ces trois personnages. Si la première partie se concentre sur le procédé employé par Irene pour voyager dans le multivers, la seconde est surtout consacrée à la relation qu'elle et Mia vont entretenir. Deux fortes personnalités qui désirent chacune se venger de Neville. Quant à la troisième, nettement plus sombre et poisseuse, elle s'inscrira dans le thriller glauque, changeant drastiquement le visage du long-métrage même si durant tout le récit, une certaine noirceur colle aux personnages. Si le côté science-fiction se réduit ici généralement au concept de voyage dans le multivers à bord d'un engin dont malheureusement les deux frères laissent de côté les origines de sa conception, un personnage secondaire en la personne de la contrebandière Billie (Taylor Misiak) laisse durant un temps espérer que le spectateur soit éclairé au sujet de cette machine dont on ne sait qui la construite. Toujours est-il qu'au vu de celle-ci, le script donne l'impression qu'elle a été fabriquée de manière artisanale et non officielle. Une invention faite de bric et de broc. Conçue par le directeur artistique Stephen Dudro et par Kevin McManus, la machine ne fait appel à aucune espèce d'effet-spécial autre que quelques étincelles et de la fumée. Pas d'effets numériques, donc, mais une explosion signifiant qu'elle est sa (ses) passagère viennent d'effectuer un voyage dans un monde parallèle. Par delà cet élément qui fait l'originalité du long-métrage, Redux Redux creuse deux sujets directement liés à la perte d'un enfant. L'impossibilité pour l'une des deux héroïnes de faire le deuil de sa fille et la maternité de substitution lorsque Mia entre dans la vie d'Irene et que celle-ci la protège comme s'il s'était s'agit de sa propre enfant. Entre classicisme et innovation, Redux Redux tangue entre la bonne surprise et le thriller convenu. La première partie, divertissante lorsque nous est montrée la vengeance d'Irene sous différentes méthodes, est plutôt sympathique. Comme la rencontre avec Mia, jeune femme survoltée dont la relation avec l'héroïne principale est plutôt intéressante. La suite s'apparentant parfois au road movie fait de rencontres plus ou moins hasardeuses est un peu plus problématique puisque brisant le rythme du récit. Par contre, la fin, elle, est vraiment convaincante. Surtout lorsque les deux femmes se retrouvent piégées dans le repaire du tueur. Le film virant à l'horreur pure, dans des décors nocturnes particulièrement sordides. Bref, Redux Redux est d'une manière générale plutôt réussi...


 

samedi 26 septembre 2026

The Dog Stars de Ridley Scott (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Âgé de quatre-vingt huit ans, Ridley Scott ne lâche décidément pas l'affaire et continue de tourner, encore et encore. Tandis que huit longs-métrages sont en préproduction et qu'il a signalé vouloir mettre un terme à la saga Alien en réalisant le dernier opus, suite et fin de Prometheus et Alien Covenant, il a réalisé cette année The Dog Stars d'après le roman La Constellation du chien de l'écrivain américain Peter Heller. Si la légitimité du cinéaste n'est plus à faire malgré les remous qui tournent autour de sa personne vis à vis de certains de ses propos concernant plusieurs volets de la franchises Alien ou concernant certains de ses choix artistiques, apprendre son retour sur grand écran est toujours (ou presque) une bonne nouvelle. Alors, lorsqu'il décide d'adapter le roman d'anticipation de Peter Heller dont le récit semble pour celui qui ne l'a pas lu se résumer à une énième histoire de pandémie et d'effondrement de la société, on peut se demander quel est l'intérêt de mettre en scène des personnages plongés dans un univers déshumanisé, où les ressources se font rares et ou se battre pour survivre est devenu essentiel... Pourtant, à la différence de certaines œuvres reposant sur le même concept, Ridley Scott s'attache à nous décrire le personnage de Hig (Jacob Elordi), veuf de sa défunte épouse morte de la maladie voilà plusieurs années qui contrairement à son seul ami Bangley (Josh Brolin) croit en l'humanité ou en tout cas en ce qu'il en reste puisque la quasi totalité de la population américaine a été décimée par une pandémie de grippe particulièrement virulente. Vivant dans une zone dégagée dont les limites sont surveillées de très près par Bangley, Hig est en outre accompagné de son chien Jasper qui l'accompagne en avion partout où il se rend. Et notamment une petite communauté mennonite conduite par son chef Aaron (Benedict Wong) ou encore dans une zone commerciale déserte où il a caché des vivres et des médicaments en cas de besoin. Car bien entendu, comme dans tout univers post-apocalyptico-dystopique, le monde The Dog Stars n'est pas à l'abri d'éventuels assauts menés par des bandes meurtrières plus ou moins organisées. Mais le véritable rêve de Hig est de se rendre en avion jusqu'à la petite ville de Grand Junction depuis qu'il a capté grâce à son poste de radio un message provenant de cette cité où il pense trouver d'autres humains auprès desquels reconstruire l'humanité. Bien décidé à s'y rendre après la mort de Jasper lors d'une attaque menée par un groupe de personnes extrêmement agressives, il rencontrera en chemin Cima (Margaret Qualley) et son père Pops (Guy Pearce) qui vivent seuls et isolés en pleine campagne...


The Dog Stars, mieux vaut se le mettre en tête, est le genre de long-métrage qui demande un peu de patience et de persévérance. Notamment durant les trente ou quarante premières minutes, plutôt lentes et servant de préambule à la suite des événements. Une manière de faire surtout connaissance avec Hig et Bangley dont les points de vue sont totalement opposés, de comprendre le contexte de l'histoire, ses dangers et les motivations qui animent les deux hommes. Le film décolle, est c'est un euphémisme, lorsque Hig monte à bord de son petit avion de tourisme et se retrouve dans la campagne, contraint d’atterrir dans une région déserte où ne vivent que Cima et son père. L'occasion de découvrir deux nouveaux personnages dont la présence sera fondamentale pour la suite des événements. L'un des plus grands attraits du nouveau film de Ridley Scott n'est pas tant l'univers décrit qui, par rapport à d'autres œuvres, ne déploie pas d'artifices spécialement grandioses en terme d'univers post-apocalyptique que la caractérisation des divers personnages principaux. Qu'il s'agisse de Hig, de Bengley ou du couple père/fille, l'écriture et la description de chacun d'entre eux les rend formidablement attachants. On conseillera d'ailleurs à celles et ceux qui viennent de découvrir le ''film-jumeau'' Heart of the Beast de David Ayer qui auraient apprécié l'aventure de Brad Pitt et du chien Uber de filer tout droit dans une salle projetant The Dog Stars. Ridley Scott a beau approcher les quatre-vingt dix printemps, le cinéaste n'a pas perdu de sa superbe en matière de réalisation et propose une œuvre profondément humaine même si nos héros seront parfois confrontés à des bandes de dégénérés tout droit sortis de Mad Max 2 : le défi du réalisateur et scénariste australien George Miller. Deux ou trois scènes particulièrement violentes et typiques de ce genre de contexte où la survie passe pour certains par le meurtre et le pillage. Une œuvre pourtant naturaliste qui s'écarte volontairement des blockbusters américains habituels, ne propose ni zombies, ni infectés mais une réflexion sur la solitude, sur la mort sur l'homme et sur l'espoir. Bref, une très bonne surprise...

 

lundi 21 septembre 2026

Alienator de Fred Olen Ray (1990) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans un futur indéterminé et à bord d'un vaisseau-prison (un cadre que le réalisateur avait déjà utilisé en 1986 avec Prison Ship), le révolutionnaire Kol (Ross Hagen) s'apprête à être exécuté sur les ordres du commandant incarné à l'écran par Jan-Michael Vincent dont le plus célèbre fait d'arme fut son interprétation de Springfellow Hawke dans la série américaine Supercopter entre 1984 et 1986. Quatre ans après la diffusion du dernier épisode sur CBS, le voici donc embrigadé dans l'une des très nombreuses séries Z réalisées par le réalisateur, scénariste et producteur Fred Olen Ray. Sans être le personnage principal, Jan-Michael Vincent se voit malgré tout offrir l'opportunité d'interpréter un protagoniste en tous points détestable. Un type immonde qui n'a semble-t-il que peu de valeur pour la vie d'autrui. C'est donc sous ses ordres qu'est mené à la chaise électrique Kol qui durant l'exécution de l'un de ses compagnons parvient à déjouer la surveillance des gardes et ainsi s'enfuir à bord d'un vaisseau qui finit par venir s'écraser à la surface de notre planète. Furieux, le directeur de la prison envoie immédiatement à la poursuite du fugitif, l'Alienator. Une créature de sexe féminin tout droit sortie des pires plagiats post-apocalyptiques italiens des années quatre-vingt ! Une fois échoué sur Terre, Kol manque d'être écrasé par un camping-car conduit par un jeune touriste accompagné de ses trois amis. Intervient alors le shérif Ward Armstrong (John Philip Law) qui jusqu'à maintenant se contentait généralement de traquer les braconniers et qui désormais va devoir se lier aux jeunes gens afin de combattre l'Alienator qui plus que de se contenter d'éliminer le fugitif assassine toutes celles et ceux qui ont le malheur de croiser son chemin. Quatre jeunes gens au tempérament différent puisque d'un côté nous avons Rick (Richard Wiley), celui-là même qui conduisait le camping-car et qui depuis se montre relativement désagréable, surtout vis à vis de la gente féminine devant laquelle il se comporte en véritable macho. Sa petite amie Caroline (Dawn Wildsmith) reste parmi cette petite bande d'amis sans doute la protagoniste la plus insignifiante. Le scénariste Paul Garson lui prête une attitude de jeune femme écervelée sans presque aucun dialogue et qui hurle au moindre événement !


Face à ce couple où le masculin l'emporte sur le féminin, le récit peut heureusement compter sur un second duo nettement plus intéressant d'un point de vue moral. Benny (Jesse Dabson) est l'intellectuel du groupe. Et aux côtés de Tara (P.J.Soles) il met un point d'honneur à venir en aide à Kol qui depuis l'atterrissage du vaisseau et le choc reçu au contact du camping-car s'avère mal en point. Outre quelques personnages secondaires qui ne feront pas long-feu face à l'implacable détermination de l'Alienator et la puissance de feu de son fusil à laser désintégrant tout ce qu'il touche et parmi lesquels l'on trouve un médecin et deux braconniers, Alienator se concentre sur notre petit groupe désormais agrandi par la présence de Kol, du shérif Armstrong et plus tard du colonel Coburn (Leo Gordon que l'on pu notamment découvrir dans l'épisode Le roi est mort de la série culte La petite maison dans la prairie en 1980). Notons la présence dans le tout petit rôle d'un technicien de la prison de l'acteur Joseph Pilato que les fans du réalisateur George Romero connaissent bien pour l'avoir découvert en 1985 dans Le jour des morts-vivants dans lequel il incarnait l'infâme capitaine Rhodes ! S'agissant de Alienator, contrairement à ce que pourrait laisser croire l'évidente contraction entre le Alien de Ridley Scott et le Terminator de James Cameron, le film de Fred Olen Ray s'inspire en fait davantage du Predator de John McTiernan. Toute proportions gardées, bien évidemment. Le résultat s'avère décevant, même pour du Fred Olen Ray. Le script de Paul Garson tourne à vide et cause une quantité de séquences dont la répétitivité finit d'achever la patience du spectateur. Reste alors une bonne petite série Z pour inconditionnels de nanars. Des effets-spéciaux à la ramasse mais typiques de ce genre de production et une interprétation plus que moyenne même si dans le genre on a vu bien pire. Ah, j'allais oublier. L'Alienator est incarné par la culturiste et écrivaine (!?!) Teagan Clive que l'on a pu notamment voir un an plus tôt dans Interzone de Deran Sarafian. Autre grand moment de nanardise...

 

lundi 14 septembre 2026

Star Slammer : la prison des étoiles (Prison Ship) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Inconsciemment mais visiblement réfractaire à l'idée du bonheur en cette journée ensoleillée où je reste enfermé tandis que d'autres osent une sortie sous l'interminable mistral méditerranéen, voilà que se présenta tout juste sous mes yeux l'un de ces films cultes signés de Fred Olen Ray dont fit notamment les beaux jours le magazine Mad Movies dans le courant des années quatre-vingt. Avec des titres tels que Evil Spawn en 1987, Hollywood Chainsaw Massacre en 1988, Beverly Hills Vamp en 1989 ou Scream Queen Hot Tub Party et Bad Girls From Mars en 1991, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain Fred Olen Ray s'est forgé l'une de ces indestructibles réputations d'artisan du Bis, voire même du cinéma Z comme le démontre Star Slammer : la prison des étoiles également connu sous le titre Prison Ship ! L'une des caractéristiques du cinéaste est très souvent de mettre en avant la gente féminine. Il n'y a qu'à voir combien d'actrices sont présentes ici au générique tandis que les hommes sont relégués au second plan. Une certaine idée du féminisme pourrait alors transpirer de cette indéniable fascination pour celles que l'on avait dans le passé le toupet de décrire comme le Sexe Faible mais qui démontre dans le cas de cette ''chose'' qui se prétend être un mélange entre W.I.P et science-fiction spatiale qu'elle sert avant tout d'objet de fantasme. L'histoire démarre à la surface de la planète Arous où Taura (Sandy Brooke) exploite une mine pour son compte personnel lorsque débarque le capitaine Bantor (Ross Hagen) qui exige de la jeune femme qu'elle lui remette les cristaux qu'elle a extrait. Devant son refus s'engage une bagarre que remporte Bantor. Taura est alors faite prisonnière et transportée à bord du vaisseau-prison Vehemence que dirige la tyrannique Warden Exene (Marya Gant)...


De cette tendance à accorder au film sa propension au féminisme il ne reste en réalité pas grand chose. En effet, en dehors de notre héroïne incarnée par Sandy Brooke, la quasi totalité des femmes qui la côtoient sont décrites sous un jours qui ne les met absolument pas en valeur. Et comme dans tout bon ou mauvais W.I.P (Women In Prison), les prises de becs sont légion. Courtement vétues, les jeunes femmes profitent ainsi de la moindre occasion pour se crêper le chignon jusqu'à ce que l'idée de se liguer contre l'autorité fasse enfin son petit bout de chemin à travers leur très court réseau de cellules grises ! Si Fred Olen Ray nous a habitué à des œuvres dont on peut généralement revendiquer une part de ''Médiocrité'', ce Cancer qui ronge toutes sortes de long-métrages dotés de budgets insignifiants et d'artisans mal avisés en terme de talent d'écriture, de mise en scène ou d'interprétation semble s'être ici carrément généralisé. Visuellement, Star Slammer : la prison des étoiles attaque la rétine aussi scrupuleusement que l'acide du xénomorphe du Alien de Ridley Scott s'en prenait à la moquette du Nostromo. Le travail des chefs décorateurs Michael Novotny et Wayne Springfield s'en ressent et tout sonne faux. Des couloirs vides, nus et qui donnent l'impression qu'un simple petit coup de poing permettrait de traverser n'importe quelle cloison. Quand aux costumes créés par Jill Conners, ils ont majoritairement l'allure des tenues que portent les fans de telle ou telle franchise lors des conventions annuelles qui leur sont consacrées. Ne parlons même pas de l'interprétation toujours aussi piteuse dans le cinéma de Fred Olen Ray mais qui dans le cas de Star Slammer : la prison des étoiles atteint véritablement des sommets...


La science-fiction n'est ici en réalité qu'un prétexte pour plonger les protagonistes dans un milieu carcéral dont il est malheureusement difficile de définir les contours très précis. Pas de barreaux, une cantine qui ne se définit qu'à travers la purée verdâtre que l'on sert aux prisonnières et des geôliers qui font du sadisme un sacerdoce. Le long-métrage est l'occasion d'opposer Taura à l'autorité et a pour but d'échapper au contrôle mental et à la violence avec comme finalité, le retour à la surface d'Arous. Comme dans de très nombreuses œuvres dites Z, Star Slammer : la prison des étoiles souffre de décors affreux qui rendent caduque toute approche réaliste du sujet. Le film étant proche de la Sexploitation à travers ses nombreux personnages féminins courtement vêtus. Écrit sur le bord d'une table, le scénario est simpliste et recycle un bon nombre d'idées déjà évoquées dans des styles aussi différents que ceux mentionnés ci-dessus. Bref, une toute petite production fauchée comme les blés typique du cinéma de Fred Olen Ray. À réserver aux fans du cinéaste et aux amateurs exclusifs de séries Z...

 

samedi 12 septembre 2026

Le gardien du temps de Brian Hannant (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 4039 et le monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra, interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction Star Wars est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051 années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le gardien du temps joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter. C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...


D'une qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des classiques que sont notamment New-York 1997 de John Carpenter ou Mad Max de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au Terminator de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale Film Corporation fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et John Baxter, Le Gardien du temps est parfois à ce point similaire à Terminator que l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore comme dans Terminator finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe entre l'une et l'autre puisque Le gardien du temps ne fait absolument pas le poids face à Terminator. Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment les huit millions de budget qui à l'époque était une somme importante pour ce genre de projet australien. Notons également l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star Wars est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de James Cameron...

 

mardi 8 septembre 2026

Blind Date (Onde de choc) de Nico Mastorakis (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Passons à quelque chose d'un peu plus sérieux mais qui au final ne sera peut-être pas plus remarquable que le Omega Syndrome de Joseph Manduke tout récemment évoqué. Nous quittons le merveilleux monde du Nanar pour nous transporter dans l'univers du Techno-Thriller. Derrière ce terme relativement barbare se cache un sous-genre du thriller, donc, auquel sont liés des aspects relatifs à la technologie. On pense alors à l'intelligence artificielle (2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick), à l'informatique (Wargames de John Badham), aux machines (Terminator de James Cameron) ou comme ici, aux médecines expérimentales puisque le sujet de Blind Date (Onde de choc) de l'ancien journaliste à sensation et cinéaste grec Nico Mastorakis met en scène l'acteur américain Joseph Bottom, interprète principal en 1974 de La Grande Traversée de Charles Jarrott et acteur de télévision notamment présent dans le soap opera Santa Barbara, et qui ici incarne le rôle de Jonathan Ratcliff, le héros d'un récit on ne peut plus ambitieux écrit par le réalisateur, scénariste, producteur, compositeur et acteur grec en collaboration avec Fred Perry. Le film met en effet en scène un homme qui après un accident lui ayant ôté la vue va se voir proposer l'opportunité d''être le cobaye du docteur Steiger (Keir Dullea) qui lui propose alors d'intégrer dans son cerveau des capteurs directement raccordés à une interface informatique implantée dans un boitier à l'apparence d'un baladeur (encore très en vogue à l'époque puisque le film date du milieu des années quatre-vingt). Un système qui lui permettra très rapidement de recouvrer la vue. Enfin, d'une certaine manière puisque Jonathan sera doté d'une vision très limitée. En bref, le monde s'ouvrira à lui de manière très sombre et développé à travers le contour des objets qui leur apparaîtront donc de manière très superficielle. Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre un semblant d'existence normale et ainsi user de ses nouvelles facultés afin de traquer le tueur qui endeuille la ville d'Athènes depuis maintenant un certain temps !


Nico Mastorakis semble avoir été particulièrement marqué par le cinéma de Brian De Palma. Une évidence qui saute au yeux dès lors que l'on compare Blind Dates à certaines des œuvres de cet immense cinéaste qui donna notamment naissance un an auparavant au formidable Body Double puisque tout comme dans ce classique du thriller américain, son personnage évolue dans un univers tout d'abord voyeuriste. Observant une femme de loin, dans son intimité. Une inconnue qu'il semble connaître puisqu'elle s'avérera être Rachel (Lana Clarkson), une ancienne compagne qu'il n'a pas su aider lorsqu'elle fut agressée et violée par quatre malfaiteurs. La première partie demeurant ainsi un ''hommage'' à peine voilé du long-métrage de Brian De palma avant que l'intrigue ne vire au techno-thriller à proprement parler. Cette fois-ci, Nico Mastorakis s'inspire davantage d'un autre classique de l'auteur de Carrie au bal du Diable, de The Phantom of the Paradise ou de Scareface. Effectivement, désormais doté de nouvelles facultés lui permettant de se lancer sur les traces du tueur en série, Jonathan va réécouter les enregistrements qu'il effectua plus tôt lors de sa poursuite de l'assassin. Le boitier lui permettant ainsi de noter des détails importants concernant ce dernier. Cette seconde partie fait alors référence à un autre classique de Brian De Palma, un peu plus ancien puisque datant de 1981. Vous sentez venir la référence..... ? Et oui, l'on parle bien ici de Blow Out, ce thriller mêlé de drame romantique bouleversant notamment interprété à l'époque par John Travolta et Nancy Allen. Dans un cas comme dans l'autre des films cités ci-dessus, Blind Dates fait en comparaison, pâle figure. Le cinéaste grec nous servant un petit thriller n'atteignant jamais vraiment ses ambitions. Car bien que sous certains aspects, la bande musicale de Richard Harvey provoque parfois un certain trouble, sa musique n'atteint jamais celle de Body Double composée par Pino Donaggio. Quant à la mise en scène et la direction d'acteurs, elles s'avèrent l'une et l'autre de piètre qualité. Pour terminer, notons la présence de deux actrices qui durant leur carrière passèrent par la case Star Trek puisque Kirstie Alley qui incarne ici la petite amie du héros interpréta la vulcaine Saavik dans Star Trek 2 ; La colère de Khan de Nicholas Meyer en 1982 tandis que Marina Sirtis qui apparaît ici sous les traits d'une talonneuse, elle fut l'une des plus iconiques interprète de la série télévisée Star Trek : La nouvelle génération dans laquelle elle joua le rôle de la bétazoïde Deanna Troi...

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