lundi 14 septembre 2026

Star Slammer : la prison des étoiles (Prison Ship) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Inconsciemment mais visiblement réfractaire à l'idée du bonheur en cette journée ensoleillée où je reste enfermé tandis que d'autres osent une sortie sous l'interminable mistral méditerranéen, voilà que se présenta tout juste sous mes yeux l'un de ces films cultes signés de Fred Olen Ray dont fit notamment les beaux jours le magazine Mad Movies dans le courant des années quatre-vingt. Avec des titres tels que Evil Spawn en 1987, Hollywood Chainsaw Massacre en 1988, Beverly Hills Vamp en 1989 ou Scream Queen Hot Tub Party et Bad Girls From Mars en 1991, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain Fred Olen Ray s'est forgé l'une de ces indestructibles réputations d'artisan du Bis, voire même du cinéma Z comme le démontre Star Slammer : la prison des étoiles également connu sous le titre Prison Ship ! L'une des caractéristiques du cinéaste est très souvent de mettre en avant la gente féminine. Il n'y a qu'à voir combien d'actrices sont présentes ici au générique tandis que les hommes sont relégués au second plan. Une certaine idée du féminisme pourrait alors transpirer de cette indéniable fascination pour celles que l'on avait dans le passé le toupet de décrire comme le Sexe Faible mais qui démontre dans le cas de cette ''chose'' qui se prétend être un mélange entre W.I.P et science-fiction spatiale qu'elle sert avant tout d'objet de fantasme. L'histoire démarre à la surface de la planète Arous où Taura (Sandy Brooke) exploite une mine pour son compte personnel lorsque débarque le capitaine Bantor (Ross Hagen) qui exige de la jeune femme qu'elle lui remette les cristaux qu'elle a extrait. Devant son refus s'engage une bagarre que remporte Bantor. Taura est alors faite prisonnière et transportée à bord du vaisseau-prison Vehemence que dirige la tyrannique Warden Exene (Marya Gant)...


De cette tendance à accorder au film sa propension au féminisme il ne reste en réalité pas grand chose. En effet, en dehors de notre héroïne incarnée par Sandy Brooke, la quasi totalité des femmes qui la côtoient sont décrites sous un jours qui ne les met absolument pas en valeur. Et comme dans tout bon ou mauvais W.I.P (Women In Prison), les prises de becs sont légion. Courtement vétues, les jeunes femmes profitent ainsi de la moindre occasion pour se crêper le chignon jusqu'à ce que l'idée de se liguer contre l'autorité fasse enfin son petit bout de chemin à travers leur très court réseau de cellules grises ! Si Fred Olen Ray nous a habitué à des œuvres dont on peut généralement revendiquer une part de ''Médiocrité'', ce Cancer qui ronge toutes sortes de long-métrages dotés de budgets insignifiants et d'artisans mal avisés en terme de talent d'écriture, de mise en scène ou d'interprétation semble s'être ici carrément généralisé. Visuellement, Star Slammer : la prison des étoiles attaque la rétine aussi scrupuleusement que l'acide du xénomorphe du Alien de Ridley Scott s'en prenait à la moquette du Nostromo. Le travail des chefs décorateurs Michael Novotny et Wayne Springfield s'en ressent et tout sonne faux. Des couloirs vides, nus et qui donnent l'impression qu'un simple petit coup de poing permettrait de traverser n'importe quelle cloison. Quand aux costumes créés par Jill Conners, ils ont majoritairement l'allure des tenues que portent les fans de telle ou telle franchise lors des conventions annuelles qui leur sont consacrées. Ne parlons même pas de l'interprétation toujours aussi piteuse dans le cinéma de Fred Olen Ray mais qui dans le cas de Star Slammer : la prison des étoiles atteint véritablement des sommets...


La science-fiction n'est ici en réalité qu'un prétexte pour plonger les protagonistes dans un milieu carcéral dont il est malheureusement difficile de définir les contours très précis. Pas de barreaux, une cantine qui ne se définit qu'à travers la purée verdâtre que l'on sert aux prisonnières et des geôliers qui font du sadisme un sacerdoce. Le long-métrage est l'occasion d'opposer Taura à l'autorité et a pour but d'échapper au contrôle mental et à la violence avec comme finalité, le retour à la surface d'Arous. Comme dans de très nombreuses œuvres dites Z, Star Slammer : la prison des étoiles souffre de décors affreux qui rendent caduque toute approche réaliste du sujet. Le film étant proche de la Sexploitation à travers ses nombreux personnages féminins courtement vêtus. Écrit sur le bord d'une table, le scénario est simpliste et recycle un bon nombre d'idées déjà évoquées dans des styles aussi différents que ceux mentionnés ci-dessus. Bref, une toute petite production fauchée comme les blés typique du cinéma de Fred Olen Ray. À réserver aux fans du cinéaste et aux amateurs exclusifs de séries Z...

 

samedi 12 septembre 2026

Le gardien du temps de Brian Hannant (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 4039 et le monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra, interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction Star Wars est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051 années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le gardien du temps joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter. C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...


D'une qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des classiques que sont notamment New-York 1997 de John Carpenter ou Mad Max de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au Terminator de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale Film Corporation fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et John Baxter, Le Gardien du temps est parfois à ce point similaire à Terminator que l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore comme dans Terminator finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe entre l'une et l'autre puisque Le gardien du temps ne fait absolument pas le poids face à Terminator. Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment les huit millions de budget qui à l'époque était une somme importante pour ce genre de projet australien. Notons également l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star Wars est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de James Cameron...

 

mardi 8 septembre 2026

Blind Date (Onde de choc) de Nico Mastorakis (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Passons à quelque chose d'un peu plus sérieux mais qui au final ne sera peut-être pas plus remarquable que le Omega Syndrome de Joseph Manduke tout récemment évoqué. Nous quittons le merveilleux monde du Nanar pour nous transporter dans l'univers du Techno-Thriller. Derrière ce terme relativement barbare se cache un sous-genre du thriller, donc, auquel sont liés des aspects relatifs à la technologie. On pense alors à l'intelligence artificielle (2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick), à l'informatique (Wargames de John Badham), aux machines (Terminator de James Cameron) ou comme ici, aux médecines expérimentales puisque le sujet de Blind Date (Onde de choc) de l'ancien journaliste à sensation et cinéaste grec Nico Mastorakis met en scène l'acteur américain Joseph Bottom, interprète principal en 1974 de La Grande Traversée de Charles Jarrott et acteur de télévision notamment présent dans le soap opera Santa Barbara, et qui ici incarne le rôle de Jonathan Ratcliff, le héros d'un récit on ne peut plus ambitieux écrit par le réalisateur, scénariste, producteur, compositeur et acteur grec en collaboration avec Fred Perry. Le film met en effet en scène un homme qui après un accident lui ayant ôté la vue va se voir proposer l'opportunité d''être le cobaye du docteur Steiger (Keir Dullea) qui lui propose alors d'intégrer dans son cerveau des capteurs directement raccordés à une interface informatique implantée dans un boitier à l'apparence d'un baladeur (encore très en vogue à l'époque puisque le film date du milieu des années quatre-vingt). Un système qui lui permettra très rapidement de recouvrer la vue. Enfin, d'une certaine manière puisque Jonathan sera doté d'une vision très limitée. En bref, le monde s'ouvrira à lui de manière très sombre et développé à travers le contour des objets qui leur apparaîtront donc de manière très superficielle. Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre un semblant d'existence normale et ainsi user de ses nouvelles facultés afin de traquer le tueur qui endeuille la ville d'Athènes depuis maintenant un certain temps !


Nico Mastorakis semble avoir été particulièrement marqué par le cinéma de Brian De Palma. Une évidence qui saute au yeux dès lors que l'on compare Blind Dates à certaines des œuvres de cet immense cinéaste qui donna notamment naissance un an auparavant au formidable Body Double puisque tout comme dans ce classique du thriller américain, son personnage évolue dans un univers tout d'abord voyeuriste. Observant une femme de loin, dans son intimité. Une inconnue qu'il semble connaître puisqu'elle s'avérera être Rachel (Lana Clarkson), une ancienne compagne qu'il n'a pas su aider lorsqu'elle fut agressée et violée par quatre malfaiteurs. La première partie demeurant ainsi un ''hommage'' à peine voilé du long-métrage de Brian De palma avant que l'intrigue ne vire au techno-thriller à proprement parler. Cette fois-ci, Nico Mastorakis s'inspire davantage d'un autre classique de l'auteur de Carrie au bal du Diable, de The Phantom of the Paradise ou de Scareface. Effectivement, désormais doté de nouvelles facultés lui permettant de se lancer sur les traces du tueur en série, Jonathan va réécouter les enregistrements qu'il effectua plus tôt lors de sa poursuite de l'assassin. Le boitier lui permettant ainsi de noter des détails importants concernant ce dernier. Cette seconde partie fait alors référence à un autre classique de Brian De Palma, un peu plus ancien puisque datant de 1981. Vous sentez venir la référence..... ? Et oui, l'on parle bien ici de Blow Out, ce thriller mêlé de drame romantique bouleversant notamment interprété à l'époque par John Travolta et Nancy Allen. Dans un cas comme dans l'autre des films cités ci-dessus, Blind Dates fait en comparaison, pâle figure. Le cinéaste grec nous servant un petit thriller n'atteignant jamais vraiment ses ambitions. Car bien que sous certains aspects, la bande musicale de Richard Harvey provoque parfois un certain trouble, sa musique n'atteint jamais celle de Body Double composée par Pino Donaggio. Quant à la mise en scène et la direction d'acteurs, elles s'avèrent l'une et l'autre de piètre qualité. Pour terminer, notons la présence de deux actrices qui durant leur carrière passèrent par la case Star Trek puisque Kirstie Alley qui incarne ici la petite amie du héros interpréta la vulcaine Saavik dans Star Trek 2 ; La colère de Khan de Nicholas Meyer en 1982 tandis que Marina Sirtis qui apparaît ici sous les traits d'une talonneuse, elle fut l'une des plus iconiques interprète de la série télévisée Star Trek : La nouvelle génération dans laquelle elle joua le rôle de la bétazoïde Deanna Troi...

dimanche 6 septembre 2026

Silo - saison 3 de Graham Yost (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Avant d'évoquer la troisième saison de l'excellente série de science-fiction américaine Silo, il serait peut-être intéressant de revenir sur la seconde dont la diffusion eu lieu il y a maintenant plus d'un an. L'intrigue se déroulant toujours principalement dans le silo numéro 17 après que l'on ait appris à l'issue de la première saison de la série l'existence de nombre d'entre eux, Juliette Nichols demeure toujours l'héroïne du récit. Après avoir été envoyée ''nettoyer'' à l'extérieur de son abri, la jeune femme avait réussi à atteindre le silo numéro 18 dans lequel elle parvint à communiquer avec les quelques survivants qui y végétaient. Pendant ce temps là, une révolution était notamment menée par les mécaniciens du silo 17 à la tête de laquelle l'on retrouvait Knox et sa compagne Shirley. À l'issue de la seconde saison, Bernard, le dirigeant de l'IT du silo 17 finissait par saisir l'idée selon laquelle tout ou partie des règles qu'il avait mises en place l'était en réalité par une entité mystérieuse se cachant derrière le nom de ''Voix''. Le plus proche collaborateur de Bernard, Sims, devint son ombre tandis que son épouse, Camille, demeurait encore à ce jour un personnage relativement secondaire. Si le père de Juliette perdait la vie dans un élan sacrificiel assez remarquable, la jeune femme allait par contre découvrir que vivre à l'extérieur des silos n'était peut-être pas une hérésie. Une fois de retour au silo 18 et après avoir fait la promesse aux survivants du silo 17 de revenir les sauver, elle et Bernard se retrouvèrent tout deux enfermés dans le sas donnant vers l'extérieur au moment même ou le système d'incinération allait se déclencher... La saison trois de Silo démarre alors que nous ne connaissions pas le sort accordé à Juliette ainsi qu'à l'infâme chef de l'IT du silo numéro 18. Si la jeune femme est bien vivant, tout laisse supposer le décès de Bernard. Si une question s'est toujours imposée quant aux causes ayant contraint une partie de l'humanité à se retrancher sous terre dans l'un des cinquante silos présents sur place, la réponse nous parvient en partie lors de cette saison. Rien de véritablement spectaculaire ou du moins, de réellement original !


Cette saison est également l'occasion d'un retour en arrière de plusieurs siècles remontant aux origines des silos. Lors de nombreux flash-back l'on fait la connaissance de nouveaux personnages dont Daniel Keene (Ashley Zukerman), un jeune député, Helen Drew (Jessica Henwick), une journaliste d'investigation, Charlotte (Jessica Brown Findlay), la sœur de Daniel, la sénatrice Thurman (Laura Innes) ou encore le richissime homme d'affaire Per Stensen (Colin Hanks) qui fut à l'origine du projet des silos. Mais aussi et surtout Victor Crnkovich (Matt Craven), un scientifique et technicien ayant participé au projet de survie de l'humanité. Cette troisième saison élargie donc drastiquement l'intrigue de la série et apporte des réponses aux questions majeures. Apportant ainsi une signification importante s'agissant des nombreux cadavres présents à l'extérieur des silos ou expliquant de manière claire et concise les raisons du protocole ''Dernier Recours''. Certains personnages prennent une considérable importance. À l'image de Camille, l'épouse de Robert Sims, et qui dans cette troisième saison est directement liée à l'IT, suivant ainsi les ordres de la ''Voix'', pour le bien, pense-t-elle, de la communauté mais aussi et surtout pour celui de ses proches et avant tout celui de son fils. L'intrigue se base en outre sur la contamination de l'eau, permettant ainsi aux habitants du silo numéro 1 où vivent les nantis de se préserver de toute attaque en effaçant la mémoire des habitants du silo 17 tout en permettant à Victor et Daniel de garder le contrôle. D'un point de vue scénaristique, cette saison est beaucoup plus ample que les deux précédentes. Les divers passages se situant dans le passé permettant à la série d'être encore plus dynamique qu'elle ne l'était jusque là. Le scénario transformant radicalement certains personnages. Des protagonistes se muant en antagonistes et vice-versa ! Si cette saison apporte son comptant de réponses, d'autres, sans doute, seront apportées lors de la quatrième et dernière qui fut diectement tournée à la suite de la troisième entre août 2025 et mars 2026. Tandis qu'elle est actuellement dans sa phase de post-production, le début de sa diffusion est prévue sur Apple TV+ pour le 9 juillet 2027. Autant dire qu'il va falloir prendre son mal en patience pour connaître enfin l'issue de cette excellente série de science-fiction dystopique...

 

jeudi 3 septembre 2026

The Outer Threat de William Woods (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

N'ayant pas bénéficié d'une sortie sur grand écran, le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur canadien William Woods The Outer Threat met en scène les astrophysiciens Michelle (Constance Wu) et Daniel (Mark O'Brien) et leurs deux enfants Maddy (Callista Crowe) et François (Isaac Smelcer-Zhang) dans l'une des dernières productions de science-fiction s'intéressant à l'éventualité d'une présence extraterrestre lointaine et beaucoup plus avancée technologiquement que ne l'est l'espèce humaine. Enfermé dans un bunker aménagé afin d'étudier l'espace, le père de famille découvre l'hypothétique présence d'une sphère de Dyson entourant une étoile afin d'en extraire toutes les ressources énergiques. Bien que Daniel tente d'en réferer à l'organisation qui l'emploie, son collègue Teddy (Murray Furrow) lui conseille fortement d'abandonner cette idée s'il veut que sa famille et lui soient à l'abri du besoin pour les années à venir. Financé par la NSA, il parle de sa découverte à Michelle et décide un soir contre le consentement de celle-ci d'envoyer le résultat de ses recherches par mail à son agence. Une coupure d'électricité survient immédiatement et dès le lendemain, plusieurs drônes survolent les alentours de la demeure familiale. Pressentant un danger imminent, Michelle, Daniel et leurs deux enfants décident de prendre la route à bord de leur voiture et de rejoindre le père de la jeune femme avec lequel celle-ci a coupé les ponts depuis plusieurs années. Après leur départ, un bombardier survole leur propriété et fait exploser leur abri... Lui-même ancien astrophysicien à la retraite, le couple compte sur l'aide de Ming (Oscar Hsu) afin d'étudier la possibilité de contrer la série d'événements qui semblent mettre à l'arrêt le pays (plus d'électricité, plus de réseaux et plus aucun moyen de communiquer) et que Michelle et Daniel mettent sur le dos du Gouvernement... Dans un univers qui ressemble aux balbutiements d'une fin du monde annoncée et notamment décrite à travers le comportement et les reflexes de survie d'un certain Sam (William Fichtner) vivant reclus dans son restaurant avec ses enfants et que les ''fugitifs'' vont avoir l'occasion de croiser en chemin, The Outer Threat semble n'avoir bénéficié que d'un budget limité. Ce qui à l'image est retranscrit à travers un récit et des effets minimalistes. Ici, pas de CGIs, pas d'extraterrestres, pas du vue sur une planète lointaine dont la technologie est sans commune mesure avec celle de la Terre, pas d'invasion non plus mais l'espoir pour les cinq membres d'une même famille de retourner à une vie normale après qu'un événement les ait, eux et d'autres habitans, isolé du monde extérieur...


Le long-métrage de William Woods est surtout l'occasion pour lui de se pencher sur notre dépendance aux technologies. Et notamment à l'intelligence artificielle qui semble ici avoir beaucoup plus d'importance qu'elle n'en a l'air. L'ennemi est ici, parfaitement invisible. Et lorsque Michelle, Daniel, Maddy et François sont poursuivis, ce ne sont pas des hommes ou des femmes qui les contraignent à prendre la fuite mais des drônes, des ballons-sondes ou des véhicules télécommandés à distance... Le film est également l'occasion de régler les problèmes internes liés aux différents membres de la famille. Et notamment l'attitude de Daniel que lui reproche Michelle et qu'il semnble calquer sur celui de son beau-père lorsque celui-ci préférait se plonger dans ses recherches plutôt que de s'occuper de son épouse malade et depuis disparue... William Woods tente également de développer toute une série d'idées mais les faibles moyens financiers et techniques et la courte durée du long-métrage neon comme conséquence qu'un survol de chacun des concepts alors que le cinéaste aurait probablement dû se concentrer sur une, voire, deux idées et pas davantage. Pourtant, The Outer Threat reste une œuvre plutôt intéressante, entre paranoïa, peur de l'inconnu à travers l'existence supposée d'une espèce beaucoup plus évoluée que la notre mais que les protagonistes hésitent tout de même à contacter afin qu'elle vienne en aide à l'espèce humaine. Aussi minimaliste que puisse être la narration, avec ses questionnements, ses conflits intérieurs et extérieurs ou son positionnement vis à vis des technologies (en effet, il est davantage question d'intelligence artificielle que de complot gouvernemental) ou d'une prétendue existence extraterrestre, le long-métrage n'est pas avare en événements même si les amateurs de blockbusters trouveront à redire s'agissant du rythme parfois lymphatique du récit. Tout comme dans leur globalité, les spectateurs trouveront invraisemblable qu'n gamin d'à peine quinze ans soit capable de régler le problème d'un simple clic de souris là où le Gouvernement semble avoir échoué jusque là. Mais en dehors de ces quelques faiblesses,' The Outer Threat reste une sympathique petite production davantage pensée comme une œuvre de science-fiction philosophique que comme une œuvre bourrine exclusivement axée sur l'action...

 

lundi 31 août 2026

Alien : Covenant 2 de Ridley Scott (202?)

 


 

En intervenant parfois sous certains articles ça et là, consacrés à de grandes (et beaucoup trop longues) franchises cinématographiques, il m'arrive parfois de m'agacer devant des commentaires agressifs de la part de fan(atique)s qui ne souffrent d'aucune remarque négative. Comme si ces derniers détenaient les clés d'un univers spécifiques auquel n'est convié aucun supposé néophyte (dans le meilleur des cas) ou ignare (dans le pire) en matière d'idéologie, de mythologie ou d'historique... Pourtant, avec l'arrivée très prochaine, je l'espère, du derniers acte ''xénomorphique'' signé de Ridley Scott, je me suis vite rendu compte que j'étais probablement fait du même bois que ces gens là ! Car alors, comment expliquer mon agacement devant ces hordes de prétendus fans du premier Alien sorti à la toute fin des années soixante-dix, s'énervant, agressant une partie de l'auditoire s'émerveillant à l'idée de pouvoir prochainement découvrir la tardive conclusion d'une saga qui s'était, il est vrai, quelque peu égarée ? Si l'on ne tient pas compte des deux crossovers consécutivement signés d'un côté par Paul W.S. Anderson en 2004 (Alien vs. Predator) et de l'autre par Colin Strause et Greg Strause trois ans plus tard (Alien vs. Predator : Requiem), la saga est constituée de sept longs-métrages. Les quatre premiers, qui sont donc chronologiquement ''incarnés'' par Alien, le huitième passager en 1979, Aliens, le retour de James Cameron en 1986, Alien 3 de David Fincher en 1992 et Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet en 1997 s'inscrivent dans une chronologie à peu près stable et les seules remarques que nous pourrions faire s'agissant de certains d'entre eux concernent probablement l'angle pris par chacun de leur auteur. Vinrent ensuite Prometheus et Alien : Covenant de Ridley Scott. Juste retour des choses pour celui qui depuis l'œuvre séminale vit son bébé grandir entre les bras d'autres artistes il est vrai, plutôt talentueux. Si l'on évacue le plus récent de tous, le Alien : Romulus de Fede Alvarez qui en 2024 se complaisait dans un jeunisme totalement absurde, sans parler non plus de cette infâme série télévisée créée par Noah Hawley intitulée Alien : Earth et qui en une saison de huit épisodes fit plus de tort à la mythologie qu'elle ne lui apporta de bienfaits, le retour de Ridley Scott sur grand écran dans le rôle du Grand Maître d'œuvre devrait plutôt faire sourire les fans d'origine que de les pousser à considérer le peu d'intérêt d'un nouvel opus dans cette flamboyante saga de science-fiction horrifique. Qui, par exemple, pour critiquer l'approche de James Cameron qui remplaça l'incroyable ambiance et la tension inhumaine de Alien premier du nom par une aventure guerrière ? Personne ! Ou en tout cas, pas grand monde...


Si les qualités de Aliens, le retour sont indéniables et même plutôt nombreuses, on aurait pu lui reprocher d'avoir un tant soit peu éludé la question du suspens sous haute tension du long-métrage de Ridley Scott. Si je me souviens qu'à l'époque de Prometheus ma compagne et moi avions été quelque peu déçus par l'absence de réelle ambition de la part des scénaristes Damon Lindelof et Jon Spaihts qui avec leur script nous promettaient une aventure plongeant ses héros aux sources de l'Humanité, à la revoyure (qui fut depuis, multiple) le film est objectivement une très grande réussite. Empruntant en outre à l'univers de Alien certains codes puisqu'il semblait apparemment s'agir surtout d'une préquelle comme le démontrait notamment la présence des Ingénieurs et de leur immense vaisseau. Puis vint Alien : Covenant, dont la densité visuelle et sonore abattait là encore en toute objectivité, toute tentative de concurrence en matière de science-fiction horrifique. Impossible ou presque de citer un seul exemple comparatif en dehors du génialissime The Thing de John Carpenter, du tout aussi indispensable Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman ou dans un genre beaucoup plus proche du thème qui nous intéresse ici avec le plutôt sympathique Life : origine inconnue de Daniel Espinosa qui sembla ouvertement être inspiré de l'œuvre de Ridley Scott et de ses consorts. Probablement qu'entre ceux qui suivent en toute subjectivité le mouvement de la ''détestation'' généralisée du second opus de ce qui bientôt deviendra une trilogie et ceux qui critiquent très sincèrement le film de Ridley Scott pour n'avoir pas toujours de logique chronologique ou mythologique, s'inscrivent celles et ceux qui apprécièrent ET Prometheus ET Alien : Covenant pour ce qu'ils sont : Deux ''putains'' de films de s-f horrifiques à gros budgets ! Parfois épiques, angoissants, gores, aventureux, jamais débilitants et dotés de l'inimitable patte artistique de leur auteur ! C'est d'autant plus fébrile que j'attends donc l'arrivée prochaine du dernier volet de la ''trilogie de préquelles'' initiée par Prometheus et poursuivie par Alien : Covenant. Évitons donc de cracher sur un produit dont on ne connait pour l'instant pas grand chose, si ce n'est même rien du tout. Tout ce que l'on peut dire c'est que face à un Alien : Romulus que Ridley Scott ne semble pas particulièrement porter dans son cœur, l'auteur de trois des opus de cette longue saga vieille de presque quarante ans va enfin pouvoir en reprendre les rênes...

 

lundi 17 août 2026

The Shadow Men (Ennemis Non-Identifiés) de Timothy Bond - ★★★★★☆☆☆☆☆


Diffusé en France à la télévision sous le titre Ennemis Non-Identifiés et parfois opportunément renommé sous celui de Men in Black après la sortie en salle quelques mois auparavant du long-métrage éponyme de Barry Sonnenfeld avec Will Smith, Tommy Lee Jones et Linda Fiorentino, le téléfilm américain The Shadow Men de Timothy Bond met en scène la famille Wilson composée du père Bob (Eric Roberts), de son épouse Dez (Sherilyn Fenn) et de leur jeune fils Andy (Brendon Ryan Barrett). Tandis qu'ils ont choisi de ne pas tenir compte de l'avertissement d'un pompiste qui leur conseillait de ne surtout pas se rendre dans une région montagneuse pourtant réputée dangereuse, c'est après avoir assisté à un joli coucher de soleil qu'il entreprennent de prendre la route du retour qu'ils sont attaqués par un étrange objet volant lumineux. Alors que leur véhicule se retrouve dans un fossé, quelques minutes plus tard, leur voiture se retrouve inexplicablement au beau milieu de la route. Perturbés par ce qui leur est arrivé, Bod et Dez décident alors de contacter l'armée de l'air américaine. Viennent par conséquent frapper à leur porte d'étranges hommes en noir dotés de lunettes opaques qu'ils croient appartenir au Gouvernement et qui dès lors ne vont avoir de cesse que de récupérer l'enregistrement qu'effectua lors de l'événement leur fils Andy. Depuis, le couple ne cesse de faire des cauchemars que le père identifie davantage comme étant plutôt des souvenirs. Il décide alors de faire appel à Stan Mills (Dean Stockwell), un ancien militaire devenu écrivain et qui depuis s'est reconverti dans l'étude des ovnis. Lorsque les Wilson lui prouvent la véracité du phénomène qu'ils ont vécu quelques jours auparavant, l'homme décide de leur venir en aide... À une époque où la télévision américaine s'empare du sujet des ovnis et des extraterrestres à travers des séries telles que Dark Skies, First Wave, Earth: Final Conflict et bien évidemment la plus célèbres d'entre toutes The X-Files, il est difficile de se démarquer de la concurrence et ça n'est très certainement pas le téléfilm Ennemis Non-Identifiés qui pu y parvenir même si les ambitions du réalisateur et des scénaristes Justin Stanley et Eric Miller sont pourtant bien visibles à l'écran. La faute pour commencer à des effets-spéciaux rares et surtout rudimentaires qui paraissent lors de l'apparition de l'ovni, bien dérisoire en comparaison de ce que la technologie permet déjà d'accomplir sur ordinateur en cette année 1997...


Le budget du téléfilm équivalent à peu près à celui d'un épisode de chacune des séries citées ci-dessus, il est plus simple d'imaginer que le problème vient probablement davantage d'un manque de talent de la part du concepteur des effets-spéciaux David Waine et des concepteurs des effets visuels que d'un manque de moyens financiers. Ces derniers étant surtout regroupés lors de l'apparition de l'ovni ou lorsque apparaissent les hommes en noir qui très vite vont se montrer hostiles envers les Wilson et Stan Mills. La différence principale entre les Men in Black tels qu'ils sont généralement décrits et notamment dans la trilogie d'origine de Barry Sonnenfeld (poursuivie en 2019 par un quatrième volet intitulé Men in Black: International et réalisé par F. Gary Gray) et ceux du téléfilm est qu'ici, il ne s'agit pas simplement d'agents du Gouvernement ou de personnages mystérieux appartenant à une organisation secrète mais bien des extraterrestres venus récupérer les preuves vidéos et éliminer les témoins de leur présence sur notre planète. Des créatures qui montrent là encore la faiblesse technique des effets-spéciaux de maquillage puisqu'ils ont surtout l'air de ressembler à des acteurs cachés sous des masques ressemblant grossièrement à l'image que l'on se fait des petits gris. Un visage ovoïde, blafard, dévoré par deux yeux immenses et noirs ! L'un des atouts du téléfilm reste pourtant tout d'abord la présence à l'écran de Dean Stockwell, surtout connu chez nous pour avoir incarné l'hologramme Albert Calavicci dans la série Code Quantum, de Sherilyn Fenn qui dans la série culte de David Lynch Twin Peaks interpréta le rôle d'Audrey Horn ou celle d'Eric Roberts, acteur à l'impressionnante carrière au cinéma et à la télévision avec plus de huit-cent cinquante rôles en plus de cinquante ans de carrière (sans compter les nombreux projets qui attendent d'être finalisés). Chez nous, en France, Ennemis Non-Identifiés souffre d'abord et avant tout d'un catastrophique doublage. Quant au téléfilm lui-même, en dehors de scènes d'action multiples qui évitent au spectateur de s'ennuyer, l'un des plus gros problèmes provient finalement moins des effets-spéciaux ultra-chap que de la caractérisation et l'attitude parfois absurde des hommes en noir. Au final, si l'on parvient à se remettre dans le contexte de l'époque, une décennie qui reste sans doute celle qui a le plus souffert à la télévision d'effets-spéciaux numériques qui ont subit les outrages du temps, le téléfilm de Timothy Bond reste tout à fait regardable..





jeudi 13 août 2026

The End of Oak Street de David Robert Mitchell (2026) - ★★★★★★★☆☆☆


Si l'on met de côté sa comédie romantique The Myth of the American Sleepover sortie aux États-Unis en 2010 mais pas chez nous en France en dehors de sa présentation au Festival de cannes la même année, beaucoup s'accorderont pour dire que David Robert Mitchell a démontré tout son talent dans les domaines de l'épouvante et du fantastique en signant deux œuvres indissociables l'une de l'autre s'agissant de leurs qualités et de leur originalité. It Follows en 2014 et Under the Silver Lake quatre ans plus tard. Tandis que la suite du premier intitulée They Follows est semble-t-il prévue pour l'année prochaine, David Robert Mitchell nous revient cette année avec l'inattendu The End of Oak Street. Un retour du réalisateur sur le devant de la scène autant espéré par ses fans que redouté par ces mêmes ''supporters'' du cinéaste américain au vu d'un synopsis qui peut tout autant se défendre chez un artiste aux concepts souvent très originaux qu'inquiéter de part la vacuité évidente du propos. Alors, original The End of Oak Street ? Si la question mérite d'être posée, c'est sans doute parce que voyage dans le temps et dinosaures sont des concepts qui eux-mêmes ont déjà fait les beaux jours des petits et grands écrans. En 1974, la série Land of the Lost projetait une famille dans un monde peuplé de dinosaures. En 2007, la série Nick Cutter et les Portes du temps permettait notamment à son héros de croiser la route là encore de créatures préhistoriques. On citera bien évidemment la double franchise Jurassic Park/Jurassic World, ainsi que les séries Dinotopia en 2002, le miteux The Dinosaur Project en 2012 ou encore bien évidemment la série Terra Nova qui elle, justement, mêlait directement voyage dans le temps et rencontre avec des dinosaures... Toujours est-il que ça n'est pas tant le script qu'il a lui-même écrit pour son nouveau projet que son retour huit ans après Under the Silver Lake qui donne des ailes aux aficionados de David Robert Mitchell. Et donc...


Il faut savoir qu'avant de concevoir le projet autour de The End of Oak Street, le réalisateur avait imaginé mettre en scène un film de super-héros afin de s'éloigner de son image de cinéaste indépendant. Cependant, le Covid ayant fait son œuvre entre-temps, David Robert Mitchell est passé à autre chose. En déambulant devant un garage et une ruelle, il imagine alors voir apparaître un dinosaure ! L'un des points essentiels reste surtout pour lui d'approfondir les rapports et les interactions entre chaque personnage qu'il juge généralement délaissés dans ce genre de grosses productions. C'est ainsi qu'entre Denise Platt (Anne Hathaway) et son époux Greg (Ewan McGregor) les rapports sont tendus. Le père de famille a récemment découvert à la lecture du roman qu'a écrit sa femme que celle-ci avait l'intention de ''changer d'air''. Allant même jusqu'à laisser derrière elle non seulement son mari mais aussi leurs deux enfants Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery). Mais alors que la petite famille s'endort un soir dans sa charmante petite maison d'un lotissement typique des États-Unis, le fils est réveillé en pleine nuit par une lumière aveuglante. Le lendemain, leur voisin Mel Jacobs (P. J. Byrne) vient frapper à leur porte et les accuse d'avoir déposé une montagne d'excréments dans son jardin. Mais la vérité est ailleurs. En effet, on ne sait par quel miracle (ou par quel malheur) tout le quartier s'est retrouvé projeté dans le passé, au temps des dinosaures. Il va désormais s'agir pour Greg et les siens de ressouder les liens afin de survivre aux nombreuses péripéties qu'ils vont rencontrer...


La première des particularités est ici d'avoir non seulement envoyé dans le passé tous les habitants d'un lotissement se faire traquer et dévorer par une multitude de créatures gigantesques, rampantes, galopantes et volantes mais également le quartier lui-même. Pires que leur très hargneux voisin qui ne cessait jusque là que de se plaindre des aboiements de leur chien, Greg, Denise, Audrey et Brian vont donc être confrontés à de très belliqueuses créatures. Au menu, les classiques vélociraptors, Tricératops, et Tyrannosaures mais aussi d'immondes bestioles beaucoup moins communes comme cet immense ''serpent'' blanc et visqueux qui va donner du fil à retordre aux Platt. S'il est difficile d'expliquer la présence d'un trou de ver qui va envoyer toute une population se faire attaquer par des créatures issues du Mésozoïque, le généralement très minutieux David Robert Mitchell conçoit comme on le devine un retour final vers le présent (du moins, celui des Pratt et de leur voisin qui s'inscrit en 1982) après que la mère et ses deux enfants aient trouvé un moyen de revenir chez eux (le père ayant été dévoré par un tyrannosaure). Une fin un peu légère pour ceux qui ont appris à être exigeants envers l'auteur du parfois très complexe Under the Silver Lake. Si l'intention de David Robert Mitchell était effectivement de se sortir de son image, le pari est réussi. Il signe en effet avec The End of Oak Street un blockbuster très poli, très lisse et souvent avare en scènes gores. Ici, pas question de se prendre la tête en réfléchissant sur le pourquoi du comment puisque seul le cinéaste possède véritablement la clé de l'énigme. Usant de ficelles parfois grossières pour justifier et expliquer l'aventure et le retour au présent de ses personnages, on est malheureusement ici bien loin du génie de ses deux précédents longs-métrages. Un bon gros divertissement des familles, sans plus...


dimanche 9 août 2026

Le dernier refuge de Louis Leterrier (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Attention : cet article contient un certain nombre de spoilers !

 

Mais quel est donc ce film qui voit fleurir un peu partout sur les réseaux des critiques élogieuses quand d'autres y vont de leur petit commentaire assassin depuis qu'il a été mis en ligne sur la plateforme de streaming Netflix voilà deux jours ? Il faut tout d'abord savoir que son auteur ne nous vient pas d'outre-atlantique mais de France. Et oui, cocorico, Louis Leterrier est français, originaire du huitième arrondissement de Paris et passe allégrement d'un continent à l'autre pour tourner des œuvres qui semblent tout d'abord et majoritairement faites pour un public adolescent nourri au cinéma d'action (Le transporter 1 & 2, Danny the Dog, Insaisissables), à la comédie grasse et vulgaire (Grimsby : Agent trop spécial), au blockbuster survitaminé et bêtifiant (L'incroyable Hulk, Le Choc des Titans, Fast and Furious 10) et à la comédie française avec Loin du périph, la suite de De l'autre côté du périph de David Charhon avec Laurent Lafitte... Cette fois-ci, le dernier long-métrage de Louis Leterrier vient rejoindre la longue cohorte de longs-métrages qui mettent un peu trop rapidement en scène des créatures dont on ne connaîtra malheureusement pas les origines. Des ''Poulpes Humanoïdes'' relativement ridicules qui soit viennent d'une autre planète, ce qui en soit paraît fort peu probable car alors comment expliquer qu'avec leurs tentacules ils aient pu piloter leur vaisseau spatial, soit viennent des profondeurs marines de notre planète comme l'évoquera l'un des quatre personnages centraux du récit... Le dernier refuge (ou The Last House à l'internationale) peut tout d'abord être décrit comme une sorte de conte moral et social à la manière d'un ouvrage écrit par le romancier américain Stephen King avant d'être adapté sur grand écran ou comme ici, pour une plateforme de streaming. Pourtant, ici, rien à voir avec l'auteur de Christine, de Carrie, du Fléau, de Stand by Me ou de Ça puisque l'on doit le scénario à Matthew Robinson, scénariste qui pour l'instant n'a pas fait d'autres étincelles que l'écriture d'un peu plus d'une dizaine de scripts parmi lesquels celui de son unique long-métrage réalisé en 2009 et intitulé The Invention of Lying !


Celui de ce Dernier Refuge dont le titre fleure bon la science-fiction apocalyptique évoque l'étrange aventure que vont connaître les membres d'une famille constituée du père Jason (Wagner Moura), de la mère Riley (Greta Lee), du fils Graham (incarné par Noah Alexander Sosnowski et Gabriel Barbosa) et de la fille Ruth (interprétée quant à elle par Riley Chung puis par Emma Ho). Dans le cas du Dernier Refuge, il est question d'une famille qui du jour au lendemain se retrouve retranchée dans sa demeure sans possibilité d'en sortir. La question se pose alors de savoir s'il s'agit d'un piège qui pourrait éventuellement donner l'impression d'être une confortable prison dorée ou si les lieux finiront par devenir la future tombe de ses quatre occupants. Se pose ensuite la question qui restera elle aussi peu ou prou sans réponse de savoir qui ou quoi les condamne à rester cloîtrés chez eux. Le Gouvernement ? Ou bien ces créatures qui régulièrement viennent rôder dans les parages à la recherche d'hypothétiques victimes ? Le film de Louis Leterrier est en fait surtout l'occasion pour le cinéaste de développer une intrigue autour de la cellule familiale, de son évolution à travers les jours, les semaines, les mois et même les années. Des protagonistes coupés du monde extérieur puisque Internet ne fonctionne plus mais surtout, confrontés à des ressources alimentaires qui s'épuisent. La mère tente bien de faire pousser des légumes mais l'eau devenant une denrée rare, le fruit de son labeur se traduit tout d'abord par la culture de tomates grosses comme la première phalange de l'auriculaire ! Le script de Matthew Robinson traduit alors l'inquiétude et la terreur de ses habitants à travers des changements de comportement. Fort heureusement, le père, en véritable Mac Gyver 2.0 est capable de fabriquer des pièges à partir d'objets démontés puis remontés trouvés dans le garage familial. Nous noterons en outre la présence d'une voiture construite par ses soins, symbole de tout un tas d'incohérences qui vont venir gripper le récit pour quiconque est attaché à un certain nombre de détails.


Tout commence lorsque Ruth ''visite'' le conduit d'évacuation d'une cheminée qui servira en outre à faire passer vers l'extérieur de petits pièges censés chasser des animaux s'approchant d'un peu trop près de la maison. Comment donc la famille est-elle parvenue à faire passer une corde de l'intérieur de la demeure vers l'extérieur ? Une question que le spectateur se posera invariablement chaque fois que Jason enverra le piège qui, de plus, tombera à chaque fois miraculeusement du bon côté de la maison. Soit, du côté de la grande baie vitrée. Pour en revenir à la voiture parquée dans le garage depuis maintenant plus de cinq années, l'on sera surpris de constater que la batterie fonctionne parfaitement alors que du propre aveu du père de famille, il n'y a plus d'électricité dans la maison. Et il ne faut pas être un expert en mécanique pour savoir qu'au fil du temps, une batterie finit par se décharger naturellement. Ensuite, comment expliquer que les pneus, complètement à plat aient retrouvé leur forme d'origine lorsque enfin Jason daigne au bout de cinq ans, tenter de défoncer la porte du garage à l'aide de son bolide ? On pourrait ainsi lister tout ce qui ne va pas en terme de scénario. De la jeune Ruth qui semble vouloir au bout de cinq ans exclure toute nourriture provenant d'un animal sans que son esprit n'ait jamais été perverti par le moindre message pro-végan ou antispéciste (rappelons que la famille est entièrement coupée du monde). Quant à la personnalité changeante de Graham, celle-ci tenterait à prouver que l'interaction d'un individu avec la société n'a en réalité aucune collusion dans le fait qu'il puisse développer son propre caractère... La lenteur du récit et la pauvreté des dialogues qui démontrent s'il le fallait que l'on est très loin de la force évocatrice de certains ouvrages de Stephen King ne sont pas les seuls éléments à mettre en cause lorsqu'il s'agit d'expliquer que Le dernier refuge est une déception.


Les créatures surgissent bien trop rapidement même si certains reprochent au contraire au film d'être tout d'abord trop lent. Leur apparence est en outre plutôt ridicule et renvoie directement aux Craignos Monsters chères au regretté Jean-Pierre Putters. Après une très longue période consacrée à la survie des quatre membres de la famille, l'action s'intensifie et dote le long-métrage de quelques sympathiques séquences qui malheureusement souffrent de la comparaison avec d'autres œuvres qui exploraient avant lui le concept de structures enfouies sous les eaux. Car aussi intéressant visuellement le film de Louis Leterrier puisse-t-il être lorsque de manière incompréhensible la baraque est submergée par les flots, Le dernier refuge prend des allures de redite en s'installant confortablement dans l'usage d'un concept largement exploité avant lui par Alexandre Bustillo et Julien Maury cinq ans en arrière avec leur décevant The Deep House. Il n'est d'ailleurs pas interdit de penser que le cinéaste français s'est largement inspiré d'un plan tourné par un autre compatriote près de trente ans plus tôt puisque résonne à l'esprit des amateurs de science-fiction et de la saga Alien la fameuse séquence des cuisines immergées du sous-estimé Alien, la résurrection que réalisa Jean-Pierre Jeunet en 1997. Ceux qui ne connaissent ni l'un ni l'autre pourront éventuellement se laisser séduire par une dernière partie techniquement très réussie tandis que les autres seront peut-être fort déçus devant une idée de départ séduisante mais qui au final est assez mal exploitée. Bref, encore un film d'horreur et de ''science-fiction'' que l'on oubliera très rapidement...

 

vendredi 7 août 2026

Underwater de William Eubank (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 

 

N'ayant pas encore eu la ''chance'' de découvrir son premier long-métrage de science-fiction Space Time : L'Ultime Odyssée, de William Eubank je ne connaissais jusque là que le piètre Paranormal Activity : Next of Kin et l'assez moyen The Signal. À priori, Underwater avait tout pour me plaire. Un univers en vase-clos avec en outre de quoi développer mon aversion pour tout ce qui touche aux fonds marins causant parfois de manière irraisonnée des crises d'ablutophobie. À la simple lecture du synopsis, un titre un seul me vint à l'esprit. Celui de Sanctum d'Alister Grierson qui malgré des critiques plus que mitigées lors de sa sortie en salle restait une sympathique expérience claustrophobe où la hantise de manquer d'oxygène en pleine plongée sous-marine demeurait tout de même remarquablement efficace... En fouillant un peu plus en profondeur dans le script d'Adam Cozad et Brian Duffield, on constate que les deux hommes puisèrent dans une foule de références dont quelques-uns des grands classiques de la science-fiction de la seconde moitié du vingtième-siècle puisqu'en effet, l'un et l'autre ne semblent pas avoir lésiné au moment de ''piller'' tout un tas d'idées parmi les meilleurs d'au moins trois opus de la saga Alien. C'est ainsi que l'héroïne de Underwater emprunte ici le look d'Ellen Louise Ripley plus connue sous le nom de Ripley qui dans ALIEN³ évoluait tout comme ici Kristen Stewart dans le rôle de l'ingénieure mécanique Norah Price, le crâne rasé. S'agissant de l'environnement visuel et sonore, l'on est par contre ensuite plus proche du premier Alien réalisé par Ridley Scott. Mais si l'on veut être tout à fait honnête, il faut rendre à César ce qui est à César puisque le plus gros emprunt semble avoir été effectué auprès de l'univers de James Cameron, Underwater paraissant parfois hésiter entre Aliens : le retour et le formidable Abyss. Pourtant, contrairement à ce dernier, pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent que de très belliqueuses créatures sous-marines. Avec ses bestioles dont l'apparence générale contraste surtout avec le noir épiderme des fameux xénomorphes de la franchise de science-fiction et d'épouvante, l'on a droit à une version drastiquement réduite de l'immense Kaijū qui dévasta la ville de New York dans l'excellent Cloverfield douze ans avant la sortie de Underwater...


Après, il reste toujours très simple de comparer ce dernier avec ses ancêtres auxquels on pourrait rajouter l'assez flippant The Descent de Neil Marshall sorti en salle en 2005. Chaque film étant nourri d'inspirations diverses et variées, Undewater poursuit le chemin tout tracé d'une science-fiction extrêmement sombre, barbare, bruitiste et dont le dénominateur commun est une certaine appétence pour tout ce qui touche au blockbuster bien bourrin. Genre, The Chronicles of Riddick de David Twohy ou l'inattaquable (du moins, selon certains) Event Horizon - Le Vaisseau de l'au-delà de Paul W. S. Anderson. Univers perpétuellement plongé dans l'obscurité, Jumpscares (du pauvre) permanents, musique électronique assourdissante signée de Marco Beltrami et Brandon Roberts, caractérisation réduite au minimum, premier degré assumé, Underwater est aussi un film à la gloire de son héroïne incarnée par Kristen Stewart. Un panégyrique vantant les mérites de cette femme très courageuse qui se sacrifie lors d'un final au visuel qui ferait presque regretter que toute l’œuvre ou presque fut plongée dans une obscurité quasi totale. N'aidant pas à la pleine compréhension de ce qui se déroule à l'écran et n'aidant certainement pas mieux à la pleine lisibilité des environnements qui entourent nos protagonistes, le montage parfois épileptique de Brian Berdan et Todd E. Miller se célèbre ici comme une inhalation mal dosée de trichloréthylène ! Très prise de tête, donc... Underwater n'est pas très original, manque (ironiquement) de profondeur, les personnages sont peu ou pas développés quant à l'esthétique générale, elle plonge les héros dans un gloubiboulga de décors enchevêtrés conçus par Ravi Bansal, Kelly Curley, Erik Osusky, Scott Plauche et Loic Zimmermann qui rendent parfois difficile la compréhension de l'environnement dans lequel les protagonistes évoluent. Au final, Underwater n'est pas un mauvais film. Simplement, il conviendra davantage aux amateurs de blockbusters bourrins qu'aux fans de Hard science-fiction ou de space opera beaucoup plus fins et spirituels, telles quelques-unes des plus belles séries issues de l'univers de Star Trek...

 


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