Inconsciemment mais
visiblement réfractaire à l'idée du bonheur en cette journée
ensoleillée où je reste enfermé tandis que d'autres osent une
sortie sous l'interminable mistral méditerranéen, voilà que se
présenta tout juste sous mes yeux l'un de ces films cultes signés
de Fred Olen Ray dont fit notamment les beaux jours le magazine Mad
Movies dans le courant des
années quatre-vingt. Avec des titres tels que Evil
Spawn
en 1987, Hollywood Chainsaw Massacre
en 1988, Beverly Hills Vamp
en 1989 ou Scream Queen Hot Tub Party
et Bad Girls From Mars
en 1991, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain
Fred Olen Ray s'est forgé l'une de ces indestructibles réputations
d'artisan du Bis, voire même du cinéma Z comme le démontre Star
Slammer : la prison des étoiles
également connu sous le titre Prison Ship !
L'une des caractéristiques du cinéaste est très souvent de mettre
en avant la gente féminine. Il n'y a qu'à voir combien d'actrices
sont présentes ici au générique tandis que les hommes sont
relégués au second plan. Une certaine idée du féminisme pourrait
alors transpirer de cette indéniable fascination pour celles que
l'on avait dans le passé le toupet de décrire comme le Sexe Faible
mais qui démontre dans le cas de cette ''chose'' qui se prétend
être un mélange entre W.I.P
et science-fiction spatiale qu'elle sert avant tout d'objet de
fantasme. L'histoire démarre à la surface de la planète Arous où
Taura (Sandy Brooke) exploite une mine pour son compte personnel
lorsque débarque le capitaine Bantor (Ross Hagen) qui exige de la
jeune femme qu'elle lui remette les cristaux qu'elle a extrait.
Devant son refus s'engage une bagarre que remporte Bantor. Taura est
alors faite prisonnière et transportée à bord du vaisseau-prison
Vehemence
que dirige la tyrannique Warden Exene (Marya Gant)...
De
cette tendance à accorder au film sa propension au féminisme il ne
reste en réalité pas grand chose. En effet, en dehors de notre
héroïne incarnée par Sandy Brooke, la quasi totalité des femmes
qui la côtoient sont décrites sous un jours qui ne les met
absolument pas en valeur. Et comme dans tout bon ou mauvais W.I.P
(Women
In Prison), les prises de becs sont légion. Courtement vétues, les
jeunes femmes profitent ainsi de la moindre occasion pour se crêper
le chignon jusqu'à ce que l'idée de se liguer contre l'autorité
fasse enfin son petit bout de chemin à travers leur très court
réseau de cellules grises ! Si Fred Olen Ray nous a habitué à
des œuvres dont on peut généralement revendiquer une part de
''Médiocrité'', ce Cancer qui ronge toutes sortes de long-métrages
dotés de budgets insignifiants et d'artisans mal avisés en terme de
talent d'écriture, de mise en scène ou d'interprétation semble
s'être ici carrément généralisé. Visuellement, Star
Slammer : la prison des étoiles
attaque la rétine aussi scrupuleusement que l'acide du xénomorphe
du Alien de
Ridley Scott s'en prenait à la moquette du Nostromo.
Le travail des chefs décorateurs Michael Novotny et Wayne
Springfield s'en ressent et tout sonne faux. Des couloirs vides, nus
et qui donnent l'impression qu'un simple petit coup de poing
permettrait de traverser n'importe quelle cloison. Quand aux costumes
créés par Jill Conners, ils ont majoritairement l'allure des tenues
que portent les fans de telle ou telle franchise lors des conventions
annuelles qui leur sont consacrées. Ne parlons même pas de
l'interprétation toujours aussi piteuse dans le cinéma de Fred Olen
Ray mais qui dans le cas de Star Slammer :
la prison des étoiles
atteint véritablement des sommets...
La
science-fiction n'est ici en réalité qu'un prétexte pour plonger
les protagonistes dans un milieu carcéral dont il est
malheureusement difficile de définir les contours très précis. Pas
de barreaux, une cantine qui ne se définit qu'à travers la purée
verdâtre que l'on sert aux prisonnières et des geôliers qui font
du sadisme un sacerdoce. Le long-métrage est l'occasion d'opposer
Taura à l'autorité et a pour but d'échapper au contrôle mental et
à la violence avec comme finalité, le retour à la surface d'Arous.
Comme dans de très nombreuses œuvres dites Z, Star
Slammer : la prison des étoiles
souffre de décors affreux qui rendent caduque toute approche
réaliste du sujet. Le film étant proche de la Sexploitation
à travers ses nombreux personnages féminins courtement vêtus.
Écrit sur le bord d'une table, le scénario est simpliste et recycle
un bon nombre d'idées déjà évoquées dans des styles aussi
différents que ceux mentionnés ci-dessus. Bref, une toute petite
production fauchée comme les blés typique du cinéma de Fred Olen
Ray. À réserver aux fans du cinéaste et aux amateurs exclusifs de
séries Z...
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