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samedi 12 septembre 2026

Le gardien du temps de Brian Hannant (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 4039 et le monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra, interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction Star Wars est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051 années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le gardien du temps joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter. C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...


D'une qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des classiques que sont notamment New-York 1997 de John Carpenter ou Mad Max de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au Terminator de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale Film Corporation fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et John Baxter, Le Gardien du temps est parfois à ce point similaire à Terminator que l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore comme dans Terminator finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe entre l'une et l'autre puisque Le gardien du temps ne fait absolument pas le poids face à Terminator. Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment les huit millions de budget qui à l'époque était une somme importante pour ce genre de projet australien. Notons également l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star Wars est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de James Cameron...

 

jeudi 7 novembre 2024

Time Cut de Hannah Macpherson (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆


 

Si vous n'aimez pas les films de science-fiction axés sur les voyages dans le temps, les boucles ou les paradoxes temporels, si vous connaissez Happy Birthdead et sa suite tous deux réalisés par Christopher London, si vous n'êtes pas issu des dernières générations ou si vous n'avez pas gardé votre âme d'enfant ou d'adolescent, inutile de vous attarder devant Time Cut de Hannah Macpherson. Son second long-métrage huit ans après le film d'horreur Sickhouse. Si vous vous attendiez au renouveau de la science-fiction où des protagonistes voyagent entre passé, présent et futur, vous vous mettez le majeur dans l’œil jusqu'à la dernière phalange. Non content de reprendre le thème du tueur voyageant entre 2003 et 2024 pour y assouvir sa soif de meurtres, Time Cut n'a même pas l'idée Ô combien séduisante de reproduire en forme de boucle temporelle un même événement dans l'espoir que les protagonistes parviennent à résoudre une série de quatre meurtres qui vingt ans après qu'ils aient été commis n'a jamais permis d'arrêter leur auteur ! Fort d'une référence connue de tous puisque l'un des principaux personnages évoque Retour le futur, celui-ci affirme sans sourciller que la seule conséquence qui ait pu découler du voyage dans le temps effectué par Marty McFly et par le professeur Emmett Brown fut la disparition de l'adolescent sur une photo ! L'inculture du dialoguiste de Time Cut s'exprime donc ici avec une certaine arrogance. Genre : ''Tu connais Retour vers le futur ?'' L'autre : ''Ouais, bien sûr...''. ''Et... tu l'as vu ?'' L'autre : ''Bah non !''. Lorsque t'es devant une porte d'entrée sécurisée mais que t'as pas le code pour l'ouvrir, tu te retrouves démuni, à regarder tes chaussures et à attendre qu'une âme charitable te propose d'entrer. Hannah Macpherson nous convie à une histoire simple...Tellement d'ailleurs qu'elle se sent contrainte d'expliciter certaines séquences pourtant très claires à comprendre. Visant d'emblée un public adolescent, Time Cut (qui j'oubliais de le préciser est disponible sur Netflix) propose donc un récit simpl...issime. Pas le genre à vous triturer les méninges contrairement au chef-d’œuvre des frères Michael et Peter Spierig, Prédestination.


Doté d'une musique tonitruante qui donnera des maux de têtes aux mélomanes de bon goût, le long-métrage de Hannah Macpherson semble avoir en outre fait l'économie de moyens mis en œuvre en matière d'effets-spéciaux. Si la machine à voyager dans le temps est d'une conception, il est vrai, relativement originale, la réalisatrice et son scénariste Michael Kennedy auraient pu nous épargner un voyage de vingt ans dans le passé et nous conter cette même histoire de tueur en série s'attaquant à de jeunes étudiants décérébrés au présent. Car en dehors de la rencontre entre deux sœurs dont l'une fut justement tuée en 2003 (on devine dès le départ quels seront les enjeux du récit une fois sa sœur retournées vingt ans en arrière, quelques jours seulement avant que la série de crimes ne commence), le récit se refuse presque systématiquement à jouer avec les paradoxes temporels. Ceux-ci interviennent malgré tout à quelques éparses occasions (la mort d'un vigile de supermarché). On s'amuse parfois devant certains détails comme ces décors très abîmés qui retrouvent dans le passé leur prime jeunesse mais pour celles et ceux qui apprécient tout particulièrement cet aspect de la thématique des voyages dans le temps, son évocation est ici un peu légère. En fait,Time Cut s'adresse si bien au jeune public que les plus anciens risquent de faire grise mine devant ce spectacle très naïvement mis en scène. Une expérience qui peut s'avérer intéressante lorsque l'on se lance pour la toute première fois dans ce genre de concept mais qui montre en revanche très rapidement ses limites lorsque l'on est un habitué du genre. Notons enfin que ses jeunes interprètes parmi lesquels nous trouvons notamment Madison Bailey, Antonia Gentry et Michael Shanks sont plutôt satisfaisant même si là encore, l'attitude qu'ils arborent parfois aura tendance à friser les cheveux de ceux qui n'apprécient guère la trop grande mansuétude avec laquelle la réalisatrice traite ses personnages...

 

samedi 29 avril 2023

Synchronic d'Aaron Moorhead et Justin Benson (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Depuis quasiment leurs débuts, les réalisateurs Aaron Moorhead et Justin Benson travaillent en commun sur des projets scénaristiquement, artistiquement et dans leur accomplissement, relativement ambitieux. Grosse sensation en 2014, Spring évoquait l'étrange relation entre un jeune américain nouvellement installé en Italie et une femme très belle mais abritant un très lourd secret. Trois ans plus tard, les deux hommes confirmaient tout le bien que l'on pouvait penser d'eux avec The Endless et son étrange communauté qui ''refusait'' de vieillir. Alors qu'il nous tarde qu'en France sorte leur nouveau projet Something in the Dirt dont le sujet semble être aussi passionnant que pour leurs précédentes collaborations, Aaron Moorhead et Justin Benson ont entre temps et par la suite tourné divers épisodes pour les séries télévisées The Twilight Zone, Archive 81, Moon Knight et Loki. Il ont malheureusement aussi ''commis'' en 2019 le curieux Synchronic dont la thématique ne dépareille évidemment avec ce que les deux réalisateurs (et scénariste en ce qui concerne le second) ont l'habitude de proposer à leur public. Ici, le sujet de la drogue, dans une œuvre mâtinée de science-fiction. Rien de neuf me direz-vous puisque d'autres avant eux se sont lancés dans ce genre d'aventures psychotropico-anticipative (quoique en terme d'anticipation, on pourra trouver le concept ''légèrement'' improbable). Synchronic met en scène deux ambulanciers-urgentistes travaillant sur le sol de la Nouvelle-Orléans où une nouvelle drogue de synthèse connue sous le nom de Synchronic est récemment arrivée sur le marché et fait des ravages parmi la population. Steve Denube (l'acteur Anthony Mackie) vit seul et de rencontres sans lendemains. Atteint d'une tumeur du cerveau, il est collègue avec Dennis Dannelly (Jamies Dornan), marié à Tara et père de Brianna qui vient tout juste de fêter ses dix-huit ans. Lorsque celle-ci disparaît, Steve décide de la retrouver en employant un moyen hors du commun. En effet, ayant lui-même exploré les possibilités du Synchronic, il a découvert que la drogue permettait de voyager pour un cours moment dans le passé. Convaincu que Brianna en a consommé avant de disparaître, Steve multiplie les expériences afin de retrouver la trace de la jeune femme...


Le récit a beau évoquer Dieu, l'univers, Albert Einstein ou Stephen Hopkins, ça n'est pas ici que les amateurs de hard-science qui s'auto-évaluent comme de grands connaisseurs du sujet du voyage dans le temps prendront leur pied. À vrai dire, pour l'instant Synchronic est la proposition la plus faiblarde des deux réalisateurs qui semblent avoir ici perdu de leur inspiration. C'est d'autant plus dommage que le début était prometteur avec ce couple visiblement sous l'influence de la drogue, victimes d'hallucinations directement projetées devant nos yeux. Un délire visuel, court, mais presque intense, proche de la ''vision'' d'Alex Garland et de son décevant Annihilation sorti directement sur la plateforme Netflix un an auparavant. Et puis, plus rien, ou presque. De ces œuvres qui sur le papier dénotent l'ambition de leurs auteurs mais qui une fois mis en route, laissent peu de place à l'imagination et s'avèrent à l'inverse du synopsis, incroyablement fades. C'est donc le cas ici, où le récit se concentre quasiment exclusivement autour du personnage interprété par l'acteur afro-américain Anthony Mackie. Quelques courtes séquences laissant présager de ce qu'aurait pu être le long-métrage viennent confirmer que l'on est passés à côté de quelque chose de grand : Des situations d'urgence cauchemardesques, des visions du passé anxiogènes, de la S-F de haute volée, tout ceci n'étant finalement qu'un fétu de paille partant en fumée après seulement quinze minutes. Quelques visions nihilistes d’individus sous l'influence de la puissante drogue de synthèse ne suffisent pas à rendre intéressant ce récit qui de surcroît nous plonge à diverses époques d'un pauvreté visuelle étonnante chez nos deux réalisateurs. Auto-produit, écrit, réalisé, monté et photographié par l'un ou (et) l'autre des deux réalisateurs, Synchronic est une déception hautement dispensable. Concernant les voyages dans le temps,il sera plutôt conseiller de retourner voir du coté des classiques du genre. Au hasard, Time After Time de Nicholas Meyer, Retour vers le futur 1 & 2 de Robert Zemeckis, ou encore, le meilleur de ceux traitant des paradoxes temporels, Predestination des frères Michael et Peter Spierig...

 

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