Nous sommes en 4039 et le
monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire
vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des
radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des
machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont
rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute
trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant
de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses
habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire
faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le
temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire
effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé
jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la
géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes
australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer
les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom
Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra,
interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son
rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction
Star Wars
est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés
sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la
cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en
partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement
notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051
années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable
de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à
cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le
gardien du temps
joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent
et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et
scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et
visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les
costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée
sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable
aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables
serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et
touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif
agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter.
C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié
par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux
personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette
fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...
D'une
qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de
plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des
classiques que sont notamment New-York 1997
de John Carpenter ou Mad Max
de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian
Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au
Terminator
de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est
tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale
Film Corporation
fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et
John Baxter, Le Gardien du temps est
parfois à ce point similaire à Terminator que
l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté
de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet,
comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances
qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À
commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension
à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance
humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une
bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains
protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure
d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki
semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant
Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le
cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en
évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et
une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore
comme dans Terminator
finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait
encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui
saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe
entre l'une et l'autre puisque Le gardien du
temps
ne fait absolument pas le poids face à Terminator.
Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment
les huit millions de budget qui à l'époque était une somme
importante pour ce genre de projet australien. Notons également
l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré
le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star
Wars
est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps
se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera
donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de
James Cameron...
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