Je sais qu'en général
il est peu convenu de faire la critique d'un film ou d'une série
sans s'être tout d'abord assuré d'avoir regardé l'un ou l'autre
dans sa globalité mais concernant Débris
de J. H. Wyman, il ne m'aura pas fallut plus de trois épisodes pour
me convaincre de l'inintérêt de cette série de science-fiction qui
aurait pu ou dû susciter chez moi et chez ma compagne, un véritable
engouement. Après l'équivalent d'un peu plus de cent-vingt minutes
et surtout, après avoir naïvement espéré retrouver le charme de
la mythique série X-Files,
le constat est sans appel. Malgré un concept on ne peut plus
fascinant, malgré un premier épisode réalisé par Brad Anderson
(l'auteur, en outre, des formidables Happy
Accidents
en 2000, Session 9
en 2001, The Machinist
en 2004, d'une quinzaine d'autres longs-métrages et d'un certains
nombres d'épisodes de séries disséminés au sein d'une trentaines
de séries) et malgré des séquences d'ouverture mettant en appétit,
Débris
cultive un sens de l'angélisme qui prête, au mieux, à (sous)rire
et au pire, crispe le doux rêveur, attentif aux mystères de
l'univers. Comme ici, s'agissant d'un immense vaisseau spatial
découvert voguant dans l'espace deux ans auparavant et qui depuis
six mois rejette sur la surface de notre planète des centaines de
débris aux propriétés aussi extraordinaires que diverses depuis
son inexplicable explosion... Constitué de treize épisodes, donc,
Débris
met en scène Riann Steele et Jonathan Tucker dans les rôles
respectifs de l'agente du MI6
Finola Jones et l'agent de la CIA
Bryan Beneventi. Deux personnalités bien différentes mais qui se
complètent puisque la première est une scientifique idéaliste
tandis que le second s'avère relativement matérialiste tout en
conservant une certaine part de mystère... Tout comme les agents du
FBI Dana
Scully et Fox Mulder de la série créée par Chris Carter en 1993,
nos deux agents sont chargés d'enquêter sur d'étranges phénomènes
liés au débris du titre qui en toute vraisemblances possèdent des
facultés diverses et variées...
Mais
alors que l'on pouvait se prêter à rêver à une série qui
contrairement à X-Files
se contenterait cette fois-ci d'aborder la science-fiction (voire le
fantastique) sous l'angle exclusif des phénomènes extraterrestres,
si tel est le cas et si certains éléments propres à ces dits
phénomènes s'avèrent originaux, le développement de chaque
intrigue (du moins concernant ces trois premiers épisodes) tombe
comme une poignée de cheveux dans la soupe ! Entre un Bryan
Beneventi tellement monolithique qu'il en devient caricatural et
antipathique et une Finola Jones qui semble dotée d'un sens un peu
trop aigu de l'observation, Débris manque
surtout le coche niveau écriture. Et même s'ils s'y sont mis à
neuf pour concevoir le script des différents épisodes, les trois
premiers ne laissent rien présager de bon pour la suite. L'issue de
chaque intrigue et de chaque mystère (chaque épisodes étant
''indépendant'' des autres même si tous sont reliés entre eux à
partir du sujet des divers débris tombés sur Terre et autour du
conspirationnisme), s'avère un peu trop complaisante s'agissant de
leur résolution. Alors que Scully et Mulder apportaient leur
expertise personnelle, profonde, réfléchie, parfaitement construite
et souvent conflictuelle, l'originalité des phénomènes reste ici
le seul élément véritablement attractif de la série tant
''l'omniscience'' profondément agaçante de Finola résout
malheureusement à elle seule la complexité des diverses et
merveilleuses ''épopées'' du duo. Nous n'évoquerons pas les
invraisemblances, nombreuses, qui émaillent déjà ces trois
premiers épisodes, déjà synonymes de flemmardise ou d'incompétence
de la part de scénaristes incapables de développer un concept de
base fascinant. Le public semble d'ailleurs avoir été pris
d'allergie puisque la seconde saison prévue à l'origine a
finalement été annulée pour cause d'audimat insuffisant !
Bref, si le reboot de X-Files
en développement depuis le printemps dernier vous donne par avance
des sueurs froides, il est alors encore plus inenvisageable pour vous
de jeter un œil à ces Débris
qui n'ont ni la saveur, ni le génie de la série de Chris Carter...
.png)
.png)
.png)