Affichage des articles dont le libellé est David Robert Mitchell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est David Robert Mitchell. Afficher tous les articles

jeudi 13 août 2026

The End of Oak Street de David Robert Mitchell (2026) - ★★★★★★★☆☆☆


Si l'on met de côté sa comédie romantique The Myth of the American Sleepover sortie aux États-Unis en 2010 mais pas chez nous en France en dehors de sa présentation au Festival de cannes la même année, beaucoup s'accorderont pour dire que David Robert Mitchell a démontré tout son talent dans les domaines de l'épouvante et du fantastique en signant deux œuvres indissociables l'une de l'autre s'agissant de leurs qualités et de leur originalité. It Follows en 2014 et Under the Silver Lake quatre ans plus tard. Tandis que la suite du premier intitulée They Follows est semble-t-il prévue pour l'année prochaine, David Robert Mitchell nous revient cette année avec l'inattendu The End of Oak Street. Un retour du réalisateur sur le devant de la scène autant espéré par ses fans que redouté par ces mêmes ''supporters'' du cinéaste américain au vu d'un synopsis qui peut tout autant se défendre chez un artiste aux concepts souvent très originaux qu'inquiéter de part la vacuité évidente du propos. Alors, original The End of Oak Street ? Si la question mérite d'être posée, c'est sans doute parce que voyage dans le temps et dinosaures sont des concepts qui eux-mêmes ont déjà fait les beaux jours des petits et grands écrans. En 1974, la série Land of the Lost projetait une famille dans un monde peuplé de dinosaures. En 2007, la série Nick Cutter et les Portes du temps permettait notamment à son héros de croiser la route là encore de créatures préhistoriques. On citera bien évidemment la double franchise Jurassic Park/Jurassic World, ainsi que les séries Dinotopia en 2002, le miteux The Dinosaur Project en 2012 ou encore bien évidemment la série Terra Nova qui elle, justement, mêlait directement voyage dans le temps et rencontre avec des dinosaures... Toujours est-il que ça n'est pas tant le script qu'il a lui-même écrit pour son nouveau projet que son retour huit ans après Under the Silver Lake qui donne des ailes aux aficionados de David Robert Mitchell. Et donc...


Il faut savoir qu'avant de concevoir le projet autour de The End of Oak Street, le réalisateur avait imaginé mettre en scène un film de super-héros afin de s'éloigner de son image de cinéaste indépendant. Cependant, le Covid ayant fait son œuvre entre-temps, David Robert Mitchell est passé à autre chose. En déambulant devant un garage et une ruelle, il imagine alors voir apparaître un dinosaure ! L'un des points essentiels reste surtout pour lui d'approfondir les rapports et les interactions entre chaque personnage qu'il juge généralement délaissés dans ce genre de grosses productions. C'est ainsi qu'entre Denise Platt (Anne Hathaway) et son époux Greg (Ewan McGregor) les rapports sont tendus. Le père de famille a récemment découvert à la lecture du roman qu'a écrit sa femme que celle-ci avait l'intention de ''changer d'air''. Allant même jusqu'à laisser derrière elle non seulement son mari mais aussi leurs deux enfants Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery). Mais alors que la petite famille s'endort un soir dans sa charmante petite maison d'un lotissement typique des États-Unis, le fils est réveillé en pleine nuit par une lumière aveuglante. Le lendemain, leur voisin Mel Jacobs (P. J. Byrne) vient frapper à leur porte et les accuse d'avoir déposé une montagne d'excréments dans son jardin. Mais la vérité est ailleurs. En effet, on ne sait par quel miracle (ou par quel malheur) tout le quartier s'est retrouvé projeté dans le passé, au temps des dinosaures. Il va désormais s'agir pour Greg et les siens de ressouder les liens afin de survivre aux nombreuses péripéties qu'ils vont rencontrer...


La première des particularités est ici d'avoir non seulement envoyé dans le passé tous les habitants d'un lotissement se faire traquer et dévorer par une multitude de créatures gigantesques, rampantes, galopantes et volantes mais également le quartier lui-même. Pires que leur très hargneux voisin qui ne cessait jusque là que de se plaindre des aboiements de leur chien, Greg, Denise, Audrey et Brian vont donc être confrontés à de très belliqueuses créatures. Au menu, les classiques vélociraptors, Tricératops, et Tyrannosaures mais aussi d'immondes bestioles beaucoup moins communes comme cet immense ''serpent'' blanc et visqueux qui va donner du fil à retordre aux Platt. S'il est difficile d'expliquer la présence d'un trou de ver qui va envoyer toute une population se faire attaquer par des créatures issues du Mésozoïque, le généralement très minutieux David Robert Mitchell conçoit comme on le devine un retour final vers le présent (du moins, celui des Pratt et de leur voisin qui s'inscrit en 1982) après que la mère et ses deux enfants aient trouvé un moyen de revenir chez eux (le père ayant été dévoré par un tyrannosaure). Une fin un peu légère pour ceux qui ont appris à être exigeants envers l'auteur du parfois très complexe Under the Silver Lake. Si l'intention de David Robert Mitchell était effectivement de se sortir de son image, le pari est réussi. Il signe en effet avec The End of Oak Street un blockbuster très poli, très lisse et souvent avare en scènes gores. Ici, pas question de se prendre la tête en réfléchissant sur le pourquoi du comment puisque seul le cinéaste possède véritablement la clé de l'énigme. Usant de ficelles parfois grossières pour justifier et expliquer l'aventure et le retour au présent de ses personnages, on est malheureusement ici bien loin du génie de ses deux précédents longs-métrages. Un bon gros divertissement des familles, sans plus...


LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...