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dimanche 9 août 2026

Le dernier refuge de Louis Leterrier (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Attention : cet article contient un certain nombre de spoilers !

 

Mais quel est donc ce film qui voit fleurir un peu partout sur les réseaux des critiques élogieuses quand d'autres y vont de leur petit commentaire assassin depuis qu'il a été mis en ligne sur la plateforme de streaming Netflix voilà deux jours ? Il faut tout d'abord savoir que son auteur ne nous vient pas d'outre-atlantique mais de France. Et oui, cocorico, Louis Leterrier est français, originaire du huitième arrondissement de Paris et passe allégrement d'un continent à l'autre pour tourner des œuvres qui semblent tout d'abord et majoritairement faites pour un public adolescent nourri au cinéma d'action (Le transporter 1 & 2, Danny the Dog, Insaisissables), à la comédie grasse et vulgaire (Grimsby : Agent trop spécial), au blockbuster survitaminé et bêtifiant (L'incroyable Hulk, Le Choc des Titans, Fast and Furious 10) et à la comédie française avec Loin du périph, la suite de De l'autre côté du périph de David Charhon avec Laurent Lafitte... Cette fois-ci, le dernier long-métrage de Louis Leterrier vient rejoindre la longue cohorte de longs-métrages qui mettent un peu trop rapidement en scène des créatures dont on ne connaîtra malheureusement pas les origines. Des ''Poulpes Humanoïdes'' relativement ridicules qui soit viennent d'une autre planète, ce qui en soit paraît fort peu probable car alors comment expliquer qu'avec leurs tentacules ils aient pu piloter leur vaisseau spatial, soit viennent des profondeurs marines de notre planète comme l'évoquera l'un des quatre personnages centraux du récit... Le dernier refuge (ou The Last House à l'internationale) peut tout d'abord être décrit comme une sorte de conte moral et social à la manière d'un ouvrage écrit par le romancier américain Stephen King avant d'être adapté sur grand écran ou comme ici, pour une plateforme de streaming. Pourtant, ici, rien à voir avec l'auteur de Christine, de Carrie, du Fléau, de Stand by Me ou de Ça puisque l'on doit le scénario à Matthew Robinson, scénariste qui pour l'instant n'a pas fait d'autres étincelles que l'écriture d'un peu plus d'une dizaine de scripts parmi lesquels celui de son unique long-métrage réalisé en 2009 et intitulé The Invention of Lying !


Celui de ce Dernier Refuge dont le titre fleure bon la science-fiction apocalyptique évoque l'étrange aventure que vont connaître les membres d'une famille constituée du père Jason (Wagner Moura), de la mère Riley (Greta Lee), du fils Graham (incarné par Noah Alexander Sosnowski et Gabriel Barbosa) et de la fille Ruth (interprétée quant à elle par Riley Chung puis par Emma Ho). Dans le cas du Dernier Refuge, il est question d'une famille qui du jour au lendemain se retrouve retranchée dans sa demeure sans possibilité d'en sortir. La question se pose alors de savoir s'il s'agit d'un piège qui pourrait éventuellement donner l'impression d'être une confortable prison dorée ou si les lieux finiront par devenir la future tombe de ses quatre occupants. Se pose ensuite la question qui restera elle aussi peu ou prou sans réponse de savoir qui ou quoi les condamne à rester cloîtrés chez eux. Le Gouvernement ? Ou bien ces créatures qui régulièrement viennent rôder dans les parages à la recherche d'hypothétiques victimes ? Le film de Louis Leterrier est en fait surtout l'occasion pour le cinéaste de développer une intrigue autour de la cellule familiale, de son évolution à travers les jours, les semaines, les mois et même les années. Des protagonistes coupés du monde extérieur puisque Internet ne fonctionne plus mais surtout, confrontés à des ressources alimentaires qui s'épuisent. La mère tente bien de faire pousser des légumes mais l'eau devenant une denrée rare, le fruit de son labeur se traduit tout d'abord par la culture de tomates grosses comme la première phalange de l'auriculaire ! Le script de Matthew Robinson traduit alors l'inquiétude et la terreur de ses habitants à travers des changements de comportement. Fort heureusement, le père, en véritable Mac Gyver 2.0 est capable de fabriquer des pièges à partir d'objets démontés puis remontés trouvés dans le garage familial. Nous noterons en outre la présence d'une voiture construite par ses soins, symbole de tout un tas d'incohérences qui vont venir gripper le récit pour quiconque est attaché à un certain nombre de détails.


Tout commence lorsque Ruth ''visite'' le conduit d'évacuation d'une cheminée qui servira en outre à faire passer vers l'extérieur de petits pièges censés chasser des animaux s'approchant d'un peu trop près de la maison. Comment donc la famille est-elle parvenue à faire passer une corde de l'intérieur de la demeure vers l'extérieur ? Une question que le spectateur se posera invariablement chaque fois que Jason enverra le piège qui, de plus, tombera à chaque fois miraculeusement du bon côté de la maison. Soit, du côté de la grande baie vitrée. Pour en revenir à la voiture parquée dans le garage depuis maintenant plus de cinq années, l'on sera surpris de constater que la batterie fonctionne parfaitement alors que du propre aveu du père de famille, il n'y a plus d'électricité dans la maison. Et il ne faut pas être un expert en mécanique pour savoir qu'au fil du temps, une batterie finit par se décharger naturellement. Ensuite, comment expliquer que les pneus, complètement à plat aient retrouvé leur forme d'origine lorsque enfin Jason daigne au bout de cinq ans, tenter de défoncer la porte du garage à l'aide de son bolide ? On pourrait ainsi lister tout ce qui ne va pas en terme de scénario. De la jeune Ruth qui semble vouloir au bout de cinq ans exclure toute nourriture provenant d'un animal sans que son esprit n'ait jamais été perverti par le moindre message pro-végan ou antispéciste (rappelons que la famille est entièrement coupée du monde). Quant à la personnalité changeante de Graham, celle-ci tenterait à prouver que l'interaction d'un individu avec la société n'a en réalité aucune collusion dans le fait qu'il puisse développer son propre caractère... La lenteur du récit et la pauvreté des dialogues qui démontrent s'il le fallait que l'on est très loin de la force évocatrice de certains ouvrages de Stephen King ne sont pas les seuls éléments à mettre en cause lorsqu'il s'agit d'expliquer que Le dernier refuge est une déception.


Les créatures surgissent bien trop rapidement même si certains reprochent au contraire au film d'être tout d'abord trop lent. Leur apparence est en outre plutôt ridicule et renvoie directement aux Craignos Monsters chères au regretté Jean-Pierre Putters. Après une très longue période consacrée à la survie des quatre membres de la famille, l'action s'intensifie et dote le long-métrage de quelques sympathiques séquences qui malheureusement souffrent de la comparaison avec d'autres œuvres qui exploraient avant lui le concept de structures enfouies sous les eaux. Car aussi intéressant visuellement le film de Louis Leterrier puisse-t-il être lorsque de manière incompréhensible la baraque est submergée par les flots, Le dernier refuge prend des allures de redite en s'installant confortablement dans l'usage d'un concept largement exploité avant lui par Alexandre Bustillo et Julien Maury cinq ans en arrière avec leur décevant The Deep House. Il n'est d'ailleurs pas interdit de penser que le cinéaste français s'est largement inspiré d'un plan tourné par un autre compatriote près de trente ans plus tôt puisque résonne à l'esprit des amateurs de science-fiction et de la saga Alien la fameuse séquence des cuisines immergées du sous-estimé Alien, la résurrection que réalisa Jean-Pierre Jeunet en 1997. Ceux qui ne connaissent ni l'un ni l'autre pourront éventuellement se laisser séduire par une dernière partie techniquement très réussie tandis que les autres seront peut-être fort déçus devant une idée de départ séduisante mais qui au final est assez mal exploitée. Bref, encore un film d'horreur et de ''science-fiction'' que l'on oubliera très rapidement...

 

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