Dans un futur indéterminé et à bord d'un vaisseau-prison (un cadre
que le réalisateur avait déjà utilisé en 1986 avec Prison
Ship),
le révolutionnaire Kol (Ross Hagen) s'apprête à être exécuté
sur les ordres du commandant incarné à l'écran par Jan-Michael
Vincent dont le plus célèbre fait d'arme fut son interprétation de
Springfellow Hawke dans la série américaine Supercopter
entre
1984 et 1986. Quatre ans après la diffusion du dernier épisode sur
CBS,
le voici donc embrigadé dans l'une des très nombreuses séries Z
réalisées par le réalisateur, scénariste et producteur Fred Olen
Ray. Sans être le personnage principal, Jan-Michael Vincent se voit
malgré tout offrir l'opportunité d'interpréter un protagoniste en
tous points détestable. Un type immonde qui n'a semble-t-il que peu
de valeur pour la vie d'autrui. C'est donc sous ses ordres qu'est
mené à la chaise électrique Kol qui durant l'exécution de l'un de
ses compagnons parvient à déjouer la surveillance des gardes et
ainsi s'enfuir à bord d'un vaisseau qui finit par venir s'écraser à
la surface de notre planète. Furieux, le directeur de la prison
envoie immédiatement à la poursuite du fugitif, l'Alienator. Une
créature de sexe féminin tout droit sortie des pires plagiats
post-apocalyptiques italiens des années quatre-vingt ! Une fois
échoué sur Terre, Kol manque d'être écrasé par un camping-car
conduit par un jeune touriste accompagné de ses trois amis.
Intervient alors le shérif Ward Armstrong (John Philip Law) qui
jusqu'à maintenant se contentait généralement de traquer les
braconniers et qui désormais va devoir se lier aux jeunes gens afin
de combattre l'Alienator qui plus que de se contenter d'éliminer le
fugitif assassine toutes celles et ceux qui ont le malheur de croiser
son chemin. Quatre jeunes gens au tempérament différent puisque
d'un côté nous avons Rick (Richard Wiley), celui-là même qui
conduisait le camping-car et qui depuis se montre relativement
désagréable, surtout vis à vis de la gente féminine devant
laquelle il se comporte en véritable macho. Sa petite amie Caroline
(Dawn Wildsmith) reste parmi cette petite bande d'amis sans doute la
protagoniste la plus insignifiante. Le scénariste Paul Garson lui
prête une attitude de jeune femme écervelée sans presque aucun
dialogue et qui hurle au moindre événement !
Face
à ce couple où le masculin l'emporte sur le féminin, le récit
peut heureusement compter sur un second duo nettement plus
intéressant d'un point de vue moral. Benny (Jesse Dabson) est
l'intellectuel du groupe. Et aux côtés de Tara (P.J.Soles) il met
un point d'honneur à venir en aide à Kol qui depuis l'atterrissage
du vaisseau et le choc reçu au contact du camping-car s'avère mal
en point. Outre quelques personnages secondaires qui ne feront pas
long-feu face à l'implacable détermination de l'Alienator et la
puissance de feu de son fusil à laser désintégrant tout ce qu'il
touche et parmi lesquels l'on trouve un médecin et deux braconniers,
Alienator
se concentre sur notre petit groupe désormais agrandi par la
présence de Kol, du shérif Armstrong et plus tard du colonel Coburn
(Leo Gordon que l'on pu notamment découvrir dans l'épisode Le
roi est mort
de la série culte La
petite maison dans la prairie
en 1980). Notons la présence dans le tout petit rôle d'un
technicien de la prison de l'acteur Joseph Pilato que les fans du
réalisateur George Romero connaissent bien pour l'avoir découvert
en 1985 dans Le jour
des morts-vivants
dans lequel il incarnait l'infâme capitaine Rhodes ! S'agissant
de Alienator,
contrairement à ce que pourrait laisser croire l'évidente
contraction entre le Alien
de Ridley Scott et le Terminator
de James Cameron, le film de Fred Olen Ray s'inspire en fait
davantage du Predator
de John McTiernan. Toute proportions gardées, bien évidemment. Le
résultat s'avère décevant, même pour du Fred Olen Ray. Le script
de Paul Garson tourne à vide et cause une quantité de séquences
dont la répétitivité finit d'achever la patience du spectateur.
Reste alors une bonne petite série Z pour inconditionnels de nanars.
Des effets-spéciaux à la ramasse mais typiques de ce genre de
production et une interprétation plus que moyenne même si dans le
genre on a vu bien pire. Ah, j'allais oublier. L'Alienator est
incarné par la culturiste et écrivaine (!?!) Teagan Clive que l'on
a pu notamment voir un an plus tôt dans Interzone
de Deran Sarafian. Autre grand moment de nanardise...
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