Nous
sommes en 2257 et le croiseur spatial C-57D
commandé
par le commandant
John J. Adams
(Leslie Nielsen) se dirige vers la planète Altaïr IV qu'avaient
pour projet de coloniser le professeur Edward Morbius (Walter
Piegeon) et les membres de l'équipage du Bellérophon
qui
depuis les dix-neuf dernières années n'ont plus donné signe de
vie. À leur arrivée à la surface d'Altaïr IV, John J. Adams et
son équipage sont accueillis par Robby le robot, une machine qui les
conduit lui, le lieutenant Jerry Farman et le docteur Ostrow jusqu'à
une immense installation où ils sont reçus par Edward Morbius qui
leur apprend alors que la totalité des membres de l'équipage du
Bellérophon
furent tous tués par une puissance invisible. Avant la mort de cause
naturelle de son épouse, celle-ci donna naissance à Altaïra (Anne
Francis), une jeune femme séduisante qui ne connaît pas grand chose
de la nature humaine et surtout pas des hommes en général. Lors de
la visite des installations, le professeur apprend qu'à travers des
archives produites par une très ancienne civilisation, il pu bâtir
Robby le robot, son immense demeure ainsi qu'une machine capable de
décupler les capacités intellectuelles. Tandis que le commandant et
ses deux hommes explorent les lieux, la force invisible qui décima
l'équipage du Bellérophon
s'en prend à l'ingénieur en chef Quinn (Richard Anderson) chargé
des transmissions. Lors de l'enquête sur sa mort est découverte une
curieuse empreinte appartenant à une créature inconnue. Attaquant
de nouveau les environs du croiseur spatial C-57D,
celle-ci devient visible lorsque les membres de l'équipage dirigent
vers elle les lasers de défense. Au même moment, le professeur
Edward Morbius semble être plongé dans un profond sommeil, dérangé
par un terrible cauchemar. Mais à son réveil, la créature qui à
des kilomètres de là s'en prend aux hommes du commandant John
J. Adams disparaît tout à coup...
Œuvre de science-fiction par excellence, Planète
Interdite
(Forbidden Planet)
de Fred McLeod Wilcox est depuis 2013 conservé par le National
Film Registry afin
d'être préservé comme l'un des exemples de films américains ayant
une authentique importance sur les plans culturel et historique. Dans
ce récit qui s'inspire de la pièce de théâtre en cinq actes La
tempête
du dramaturge anglais William Shakespeare, le scénariste Cyril Hume
(sur la base d'un sujet conçu par Irving Block et Allen Adler) et le
réalisateur Fred McLeod Wilcox imaginent une civilisation vieille de
plusieurs centaines de milliers d'années qui auraient atteint un
niveau technologique dépassant de très loin celui des humains mais
dont la disparition reste plus ou mois mystérieuse. Une technologie
exploitée par un individu vivant seul avec sa fille et dont il
parviendra à déchiffrer certaines fonctions. L'attitude du
professeur Edward Morbius résumant ainsi à elle-seule les
événements qui vont se produire plus tard lors du déroulement de
l'intrigue. Pourquoi semble-t-il si empressé de voir le commandant
John J. Adams et ses hommes repartir vers la Terre ? Et quelle
est donc cette monstrueuse créature invisible qui a décimé les
occupants du Bellérophon
et
semble être désormais sur le point d'en faire autant avec ceux du
croiseur spatial C-57D ?
Née
de la complexité entre l'immense Machine créée par la civilisation
Krell et de l'esprit du professeur Edward Morbius, la créature
invisible prend forme grâce au travail de l'animateur des studios
Disney
Joshua Meador qui aidé par d'autres dessinateurs conçoit une
créature qui deviendra l'une des représentations les plus
remarquables du cinéma de science-fiction. Pas d'images de synthèse
mais une animation qui pour l'époque est impressionnante. L'une des
particularités de cette créatures et d'être exclusivement
constituées de traits marquant ses contours, le reste demeurant
invisible. Lumineuse, elle est ensuite intégrée aux environnements
constitués de décors fabriqués en studio, de trucages
photographiques et de Matte painting qui s'y intègrent
parfaitement. L'une des séquences parmi les plus
impressionnantes reste cependant l'installation des Krell, faite de
vertigineuses perspectives qui donnent une sensation de profondeur
incroyable. Quant à Robby
le robot, celui-ci fait ici sa toute première apparition sur grand
écran. Il est depuis apparu dans de nombreux longs-métrages
cinématographiques ainsi que dans diverses séries télévisées qui
n'empruntent d'ailleurs pas toutes à la science-fiction puisqu'il
apparaîtra notamment dans l'épisode de la série policière
américaine Columbo
intitulé Au-delà de
la folie.
Si le film ne nous épargne pas la sempiternelle histoire d'amour
entre le commandant John J. Adams et la très charmante Altaïra, le
film vaut surtout pour ses exceptionnels effets-spéciaux, pour son
idée central qui est que le danger n'est pas tout à fait extérieur
mais peut-être bien l'esprit humain et, ne l'oublions surtout pas,
pour son incroyable bande musicale signée du couple Bebe et Louis
Barron, deux véritables pionniers de la musique électronique qui
composent ici à l'aide de leurs instruments et d'enregistrement
sonores sur bande magnétique, la première véritable bande musicale
entièrement électronique...

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