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lundi 26 octobre 2026

Planète Interdite (Forbidden Planet) de Fred McLeod Wilcox (1956) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Nous sommes en 2257 et le croiseur spatial C-57D commandé par le commandant John J. Adams (Leslie Nielsen) se dirige vers la planète Altaïr IV qu'avaient pour projet de coloniser le professeur Edward Morbius (Walter Piegeon) et les membres de l'équipage du Bellérophon qui depuis les dix-neuf dernières années n'ont plus donné signe de vie. À leur arrivée à la surface d'Altaïr IV, John J. Adams et son équipage sont accueillis par Robby le robot, une machine qui les conduit lui, le lieutenant Jerry Farman et le docteur Ostrow jusqu'à une immense installation où ils sont reçus par Edward Morbius qui leur apprend alors que la totalité des membres de l'équipage du Bellérophon furent tous tués par une puissance invisible. Avant la mort de cause naturelle de son épouse, celle-ci donna naissance à Altaïra (Anne Francis), une jeune femme séduisante qui ne connaît pas grand chose de la nature humaine et surtout pas des hommes en général. Lors de la visite des installations, le professeur apprend qu'à travers des archives produites par une très ancienne civilisation, il pu bâtir Robby le robot, son immense demeure ainsi qu'une machine capable de décupler les capacités intellectuelles. Tandis que le commandant et ses deux hommes explorent les lieux, la force invisible qui décima l'équipage du Bellérophon s'en prend à l'ingénieur en chef Quinn (Richard Anderson) chargé des transmissions. Lors de l'enquête sur sa mort est découverte une curieuse empreinte appartenant à une créature inconnue. Attaquant de nouveau les environs du croiseur spatial C-57D, celle-ci devient visible lorsque les membres de l'équipage dirigent vers elle les lasers de défense. Au même moment, le professeur Edward Morbius semble être plongé dans un profond sommeil, dérangé par un terrible cauchemar. Mais à son réveil, la créature qui à des kilomètres de là s'en prend aux hommes du commandant John J. Adams disparaît tout à coup...


Œuvre de science-fiction par excellence, Planète Interdite (Forbidden Planet) de Fred McLeod Wilcox est depuis 2013 conservé par le National Film Registry afin d'être préservé comme l'un des exemples de films américains ayant une authentique importance sur les plans culturel et historique. Dans ce récit qui s'inspire de la pièce de théâtre en cinq actes La tempête du dramaturge anglais William Shakespeare, le scénariste Cyril Hume (sur la base d'un sujet conçu par Irving Block et Allen Adler) et le réalisateur Fred McLeod Wilcox imaginent une civilisation vieille de plusieurs centaines de milliers d'années qui auraient atteint un niveau technologique dépassant de très loin celui des humains mais dont la disparition reste plus ou mois mystérieuse. Une technologie exploitée par un individu vivant seul avec sa fille et dont il parviendra à déchiffrer certaines fonctions. L'attitude du professeur Edward Morbius résumant ainsi à elle-seule les événements qui vont se produire plus tard lors du déroulement de l'intrigue. Pourquoi semble-t-il si empressé de voir le commandant John J. Adams et ses hommes repartir vers la Terre ? Et quelle est donc cette monstrueuse créature invisible qui a décimé les occupants du Bellérophon et semble être désormais sur le point d'en faire autant avec ceux du croiseur spatial C-57D ?


Née de la complexité entre l'immense Machine créée par la civilisation Krell et de l'esprit du professeur Edward Morbius, la créature invisible prend forme grâce au travail de l'animateur des studios Disney Joshua Meador qui aidé par d'autres dessinateurs conçoit une créature qui deviendra l'une des représentations les plus remarquables du cinéma de science-fiction. Pas d'images de synthèse mais une animation qui pour l'époque est impressionnante. L'une des particularités de cette créatures et d'être exclusivement constituées de traits marquant ses contours, le reste demeurant invisible. Lumineuse, elle est ensuite intégrée aux environnements constitués de décors fabriqués en studio, de trucages photographiques et de Matte painting qui s'y intègrent parfaitement. L'une des séquences parmi les plus impressionnantes reste cependant l'installation des Krell, faite de vertigineuses perspectives qui donnent une sensation de profondeur incroyable. Quant à Robby le robot, celui-ci fait ici sa toute première apparition sur grand écran. Il est depuis apparu dans de nombreux longs-métrages cinématographiques ainsi que dans diverses séries télévisées qui n'empruntent d'ailleurs pas toutes à la science-fiction puisqu'il apparaîtra notamment dans l'épisode de la série policière américaine Columbo intitulé Au-delà de la folie. Si le film ne nous épargne pas la sempiternelle histoire d'amour entre le commandant John J. Adams et la très charmante Altaïra, le film vaut surtout pour ses exceptionnels effets-spéciaux, pour son idée central qui est que le danger n'est pas tout à fait extérieur mais peut-être bien l'esprit humain et, ne l'oublions surtout pas, pour son incroyable bande musicale signée du couple Bebe et Louis Barron, deux véritables pionniers de la musique électronique qui composent ici à l'aide de leurs instruments et d'enregistrement sonores sur bande magnétique, la première véritable bande musicale entièrement électronique...

 

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