samedi 30 août 2025

Atoman d'Anouar Moatassim (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Un film de super-héros... marocain ! Et pourquoi pas, tiens. Ça change des productions américaines du genre (que je déteste) ou des quelques tentatives françaises (pour le moins, parfois originales) ! Bon ben, ça commence mal. En ouverture, l'on a droit à L'enfant du vent de Soprano. Derrière ce titre poétique se cache l'une de ces horreurs très à la mode usant de l'abominable plugin connu sous le nom d'Auto-Tune. Arrêt sur image et recherche immédiate de la bande-originale complète du long-métrage avant toute poursuite de l'aventure. Parce que s'il s'agit de se manger durant un peu moins d'une heure-trente une playlist d'aussi mauvais goût, pas question que je perde davantage de temps devant l’œuvre en question. Confié à un artiste du nom de DJ Van dont j'ignorais l'existence jusqu'à maintenant, le soundtrack est donc majoritairement composé de titres divers, allant de la ''pop'', en passant par le rap, le R'n'B et la World Music. On ne va pas reprocher cette hétéroclite sélection s'agissant d'un film d'origine maghrébine. Ce serait comme d'imaginer pouvoir imposer à un film américain une bande musicale uniquement constituée de chants russes ! Passé ce petit désagrément placé en ouverture du long-métrage du réalisateur et scénariste Anouar Moatassim, je relance la lecture de ce projet de film de science-fiction et d'aventures directement échoué sur la plateforme Amazon Prime Video. Si la présence de Samy Naceri fera vibrer voire mouiller de plaisir le caleçon ou la petite culotte des fans et des groupies de la première heure, je ne suis pas de ceux qui regrettèrent sa période de descente aux enfers ou sa disparition temporaire des grands écrans. Hé, oh ! On parle là d'un type dont le ''plus grand fait d'arme'' est pour beaucoup son interprétation du personnage de Daniel Morales dans les quatre premiers opus de la franchise Taxi ! Une référence pour qui voudra, mais certainement pas pour moi. Pour en revenir au film qui nous intéresse ici, le rôle-titre est confié au rappeur franco-marocain Lartiste. Si j'osais faire preuve d'un brin de cynisme, je dirais que l'on peu favorablement souffler qu'il n'eut pas à participer à l'écriture tant ce nom de scène appartenant à Youssef Akdim manque singulièrement d'originalité... Ma dose journalière de cruauté gratuite ayant été atteinte, voici ce que je pense objectivement de Atoman (titre que l'on peut très facilement identifier comme la contraction entre Atome ou Atomique et man, traduction anglaise du terme ''homme''). L'entreprise est assez touchante en cela qu'elle convoque le folklore berbère ainsi que des paysages magnifiques provenant notamment de Ouarzazate, de Skhirat mais plus encore de Tafraout située dans l'Anti-Atlas...


Tiens, justement, Atlas. Sa légende et le combat qu'il mena contre son frère Ménétios pour l'obtention de l'astrolabe, un très puissant artefact capable de détruire notre planète et que le second chercha à détenir afin de dominer le monde. De nos jours, Hakim (Lartiste), l'un de plus grands hackers de sa génération est engagé par la ''je ne sais plus trop quelle organisation'' afin d'éviter qu'un virus de sa conception qui lui a été dérobé ne serve aux agissements de cybercriminels. Tandis qu'il opère aux côtés de Sanaa Benkirane (l'actrice Sarah Perles), un certain David Lockam cherche à mettre la main sur l'Astrolabe. Lequel doit lui procurer des pouvoirs censés lui permettre de tout contrôler. Mais alors que ce dernier parvient à mettre la main sur l'artefact grâce à l'aide de son collaborateur Chinoui (Doudou Masta), Hakim découvre qu'il est détenteur de pouvoirs spéciaux. En outre, sa mère lui révèle qu'il est le dernier atlante de la fameuse cité d'Atlantis. Le jeune homme part alors se former auprès de grands Maîtres installés dans une région située dans l'Anti-Atlas afin de lui permettre d'acquérir des connaissances et ainsi affronter David Lockam... Un antagoniste qui fait bien de se cacher derrière un apparat d'images de synthèse tant son interprète, Samy Naceri, a physiquement morflé ! Avant que son personnage ne soit doté du fameux objet, le spectateur le découvre dans le costume-cravate d'un directeur de banque dénué de toute prestance et de tout charisme. Le dos voûté, claudiquant et une bouche qui témoigne de la bagarre qui l'opposa un dimanche matin, rue de Berri, à Paris, dents cassées, et certainement aussi de l'abus d'alcool dont l'acteur a toujours été dépendant ! Et même avec cette bouche d'ancien édenté dont le râtelier a depuis été refaçonné, Samy Naceri n'est pas le plus mauvais des interprètes du long-métrage. Car à côté de sa prestation, d'autres s'en sortent encore moins bien. Si Lartiste et Sarah Perles assurent le minimum syndical, Doudou Masta s'avère NUL-LIS-SI-ME !!! Avec son budget d'un peu moins de deux millions d'euros, on regrette que tout ou partie de l'argent qui fut confié aux responsables des innombrables étrons qui sont sortis sur notre territoire ne fut pas offert aux producteurs de Atoman tant le film de Anouar Moatassim méritait sans doute d'obtenir beaucoup plus de moyens techniques et financiers. On louera alors l'effort en prenant bien soin de ne surtout pas pouffer de rire devant le nombre incalculable de séquences si mal jouées, si naïves et devant des effets-spéciaux parfois ultra-cheap que Atoman risque bien de devenir un jour l'un de ces classiques du nanar de science-fiction que l'on prend du plaisir à regarder un samedi soir entre potes. Dommage...

 

vendredi 29 août 2025

Alien : Earth de Noah Hawley : Episodes 3 & 4 (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Soirée épouvantable... Cinématographiquement parlant, s'entend ! Théorisé comme pathologie par le psychiatre germano-autrichien Richard von Krafft-Ebing dans le courant du dix-neuvième siècle et depuis mis en pratique par des individus en mal de souffrances physiques couplées au plaisir, le masochisme n'est ici pas tant à prendre pour le tribu qu'il apporte en matière de déviance sexuelle que pour cette nécessité qu'on certains cinéphages à vouloir perpétuellement s'infliger le spectacle d'œuvres dont les répercussions n'ont en général rien de positif dans la recherche dite ''normale'' du divertissement... Terminée la diatribe ! Vous pouvez dorénavant reprendre votre respiration... Après deux premiers épisodes plus mi-figue que mi-raisin en raison d'un contenu qui avait tendance à faire sauter les fans de la première heure au plafond, voilà que je me suis volontairement infligé le troisième et quatrième, tout deux respectivement intitulés Metamorphosis et Observation. Chose que je m'étais promise de ne surtout pas accomplir, trop content, finalement, de n'avoir pas directement accès à la série Alien : Earth dans son intégralité ! Vraiment ? Épouvantable, la soirée ? Peut-être finalement pas tant que cela. Bien entendu, tout démarra sous les pires augures avec le premier d'entre eux. Metamorphosis. Englué dans une mise en scène confiée à Dana Gonzales, déjà coupable du précédent, creusant assurément la tombe d'une franchise qui ne s'en remettrait sans doute jamais, ce troisième épisode aussi vide que la coquille d'un œuf à la coque que l'on vient tout juste de consommer accumule tant et si bien les tares que l'on n'est objectivement plus proche des récents produits justement estampillés Disney que de la célébration d'un mythe façonné il y a près d'un demi-siècle par Ridley Scott et Dan O'Bannon ! Passons sur le visuel, effectivement très attrayant mais pour lesquels les concepteurs ont cru bon de ne pas adopter le même principe sur le célèbre xénomorphe. Celui de la série continue à n'être qu'une pâle copie mal dégrossie et esthétiquement si vulgaire que l'on regrette plus que jamais la créature prosthétique des origines. S'il y a autant de ventre mous dans Metamorphosis que de morceaux de guimauve dans un paquet de Chamallows, il est fort à propos de penser que les scénaristes dormaient sur leur lieu de travail. Comment envisager un tel ennui devant un conglomérat de concepts ''novateurs'' pour au final se retrouver devant un épisode où il ne se passe rien d'autres que quelques soubresauts involontairement drôles comme l'indique notamment cette séquence qui oppose notre xénomorphe de synthèse face à Wandy et son frère Joseph...


Lorsque l'on se remémore le calvaire des huit passagers du Nostromo, tous adultes et dont seule Ripley parvint à survivre et qu'antérieurement de deux années, une gamine certes ''modifiée'' (l'on emploie en réalité l'horrible terme de transition) parvient à terrasser une créature parmi les plus belliqueuses, hostiles et agressives que le cinéma de science-fiction ait jamais imaginé, dans le meilleur des cas l'on pouffe. Dans le pire, l'on est affligé ! Est-il utile d'évoquer l'action du sang acide de la créature agissant différemment selon la surface ou le métal avec lesquels il entre en contact ? Bref, j'ai bien failli mettre un terme définitif à cette pathétique tentative de récupération télévisuelle mais ait tout de même choisi de persévérer en regardant l'épisode suivant, Observation. Un titre qui sert surtout de catalyseur pour le spectateur qui le prendra à son propre compte pour ''observer'' justement que Alien : Earth n'est peut-être pas qu'une adaptation télévisée mais plutôt un spin-off. Ou bien même une série totalement indépendante dans laquelle serait venu se glisser l'une des plus célèbres créatures extraterrestres du septième art. Demeure toujours cet épouvantable énergumène qu'incarne Samuel Blenkin, caricature absolument grotesque et détestable de qui vous savez ! Évitons la polémique pour reconnaître que ce quatrième épisode sauve un peu les meubles. Notamment grâce à la présence de l'acteur Baboy Ceesay dans le rôle de l'androïde Morrow. Lequel interagit avec Slightly (l'acteur indien Adarsh Gourav) pour des raisons que seul ce dernier ne semble pas avoir encore saisies. Cette fois-ci confiée à Ugla Hauksdóttir, la réalisation ménage un suspens que nous n'attendions plus depuis un moment. En fait, depuis le début, lorsque le xénomorphe fut très lourdement introduit dans le récit. Notre fameux alien semble devoir désormais compter sur la présence de créatures aussi dangereuses que lui. Comme cette drôle de bestiole qui ressemble à un œil sur tentacules et qui pourrait peut-être figurer la version encore peu développée de l'énorme créature vue à la fin du Prometheus de Ridley Scott, hum ? Digéré l'amas de personnages, on commence enfin à cerner le discours. Et c'est donc sans pour autant attendre fébrilement les épisodes suivants que je leur donnerai peut-être une chance de me convaincre que de persévérer jusqu'au bout aura été le bon choix !

 

mercredi 27 août 2025

Space Raiders de Howard R. Cohen (1983) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

2013. Gavin Hood adapte sur grand écran le roman La Stratégie Ender de l'écrivain de science-fiction et de fantasy américain Orson Scott Card. Œuvre incarnée par Harrison Ford et par le tout jeune Asa Butterfield qui du haut de ses seize ans devenait par l'entremise de son personnage, le sauveur de la planète. Le principe du jeunisme au cinéma prenant ainsi des proportions invraisemblables telles que votre serviteur décida de faire l'impasse, préférant ainsi se consacrer à la revoyure du très remarquable Under the Skin de Jonathan Glazer. Maintenant, remontons jusqu'en 1983. Trente ans plus tôt. Bien que n'ayant rien à voir avec le film de Gavin Hood, Space Raiders entretient à minima ce même rapport consistant à transformer un jeune protagoniste en héros. Capable de ''dissoudre'' dans l'espace des vaisseaux hostiles envoyés par le représentant d'une espèce extraterrestre qui mériterait amplement le titre de ''L'une des créatures venues d'un autre monde parmi les plus affreusement ratées de l'histoire de la science-fiction ''. Techniquement très en deçà des tous premiers volets de la franchise Star Wars d'un point de vue des effets-spéciaux (le premier opus connu chez nous sous le titre La guerre des étoiles le précédant de six années) et beaucoup moins inspiré philosophiquement que la saga Star Trek, le second long-métrage du cinéaste américain Howard R. Cohen, encarté entre les deux opus parodiques de la franchise Vendredi 13 ( Saturday the 14th et Saturday the 14th Strikes Back) est donc une œuvre de science-fiction. Titré Space Raiders et traduisible dans nos contrées sous le titre ''Les pillards de l'espace'', l'intitulé est ainsi relativement fidèle à l'intrigue dont le script a lui-même été écrit par Howard R. Cohen. Tout démarre par l'intrusion de pirates de l'espace dans un entrepôt situé sur une planète lointaine visant à dérober un cargo théoriquement chargé de matériel qu'ils pourront revendre. Cependant, le capitaine Hawk (l'acteur Vince Edwards) et son équipages n'ont d'autre choix que d'accepter le fait que le cargo en question est vide... ou presque puisque après l'assaut du dit entrepôt et le vol de l'engin, l'un des pirates du nom de Flightplan (un extraterrestre incarné par Thom Christopher) ressent la présence à bord du jeune Peter (interprété par le jeune et angélique David Mendenhall que l'on retrouvera quatre ans plus tard dans Over the Top : le bras de fer de Menahem Golan et aux côtés de Sylvester Stallone)...


Quoi, ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?

Un adolescent monté à bord et qui donc va accompagner les pirates durant toute l'aventure. D'abord réticent à la présence du gamin à bord du cargo, Hawk finit par s'y attacher et lui promet de le ramener sur sa planète, Procyon III... Mais avant que Space Raiders ne se termine de manière heureuse pour Peter, les pirates et lui vont vivre toute une série de péripéties. Passage dans une station dirigée par l'antipathique extraterrestre Zariatin (interprété par un Ray Stewart nanti d'un maquillage et d'un déguisement absolument dégueulasses !), affrontements divers et bataille spatiale contre un immense vaisseau-robot, Space Raiders est donc d'abord et avant tout un Space-Opra plutôt grand public. La présence du jeune David Mendenhall évitant ainsi tout débordement sanguinolent. Concernant les effets-spéciaux, même s'ils n'égalent effectivement pas ceux de la franchise Star Wars, on ne va tout de même pas bouder notre plaisir. Les maquettes des vaisseaux sont en général plutôt réussies et certains décors de fond en Matte Painting le sont tout autant. L'action, omniprésente et le caractère foncièrement bon des divers membres constituant l'équipage des pirates donne au long-métrage des allures de production en mode ''Live'' façon Walt Disney typique de l'époque (Le trou noir de Gary Nelson en 1980) mais Space Raiders demeure pourtant produit par la New World Pictures qu'avait récemment vendu son fondateur, Roger Corman à peu près à la même date en cette année 1983. Bref, Space Raiders est une sympathique petite production de science-fiction. Bien moins subtile que Star Trek (ici, les créateurs se fichent éperdument des origines des différentes espèces extraterrestres qu'ils enrôlent comme n'importe quel être humain), le film s'adresse d'abord aux amateurs purs et durs de Space Opéra et ensuite à un public de tous âges. D'autant plus que le long-métrage de Howard R. Cohen est assez peu connu et qu'il mérite au moins que l'on y jette un œil. Les personnages sont majoritairement sympathiques et même si le scénario n'est pas d'une grande profondeur, on ne s'ennuie jamais...

 

dimanche 24 août 2025

Alien : Earth de Noah Hawley (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Bon ben, après avoir découvert seulement deux épisodes, j'ai eu très rapidement envie de laisser tomber la série Alien : Earth de Noah Hawley. Écrit par l'auteur de l'adaptation télévisuelle du génial Fargo des frères Ethan et Joel Coen, la promesse d'éprouver en 2025 le même ressenti que ceux qui avaient découvert Alien, le huitième passager de Ridley Scott à l'époque de sa première diffusion sur grand écran en 1979 demeure bien évidemment inenvisageable. Mais de là à nous balancer du xénomorphe façon ''sodo non consentie'', c'est non. Bien entendu, l'on rejoindra toutes celles et ceux qui prêchent la qualité de l'environnement visuel. Il faudrait être particulièrement difficile pour ne pas reconnaître que les effets-spéciaux sont de qualité. Pour autant, cela ne constitue pas l'essentiel d'un univers dont les jalons ont été déposés voilà déjà plus d'un demi-siècle. Le sujet ayant été maintes fois remanié à travers les visions personnelles de James Cameron (Aliens, le retour), de David Fincher (ALIEN³) et du français Jean-Pierre Jeunet (Alien, la résurrection) avant que Ridley Scott ne reprenne lui-même la main en réalisant Prometheus en 2012 et Alien : Covenant en 2017, on pouvait espérer que Noah Hawley envisage la série par un retour aux sources. Ce qu'est théoriquement et chronologiquement Alien : Earth puisque la série s'inscrit dans une temporalité qui précède de deux ans le premier long-métrage. Tout en cherchant à happer l'attention d'un public pratiquement en culotte courte à travers un casting en partie constitué d'interprètes eux-mêmes relativement jeunes. Mais en réalité, si l'on veut vraiment découvrir le mythe dans l'ordre chronologique, il faut savoir que la première rencontre entre l'homme et le fameux xénomorphe ne remonte ni en 2122 (Alien, le huitième passager) ni deux ans auparavant (Alien : Earth) ''mais pour l'instant'' (on ne sait jamais avec les scénaristes) en 2093 avec Prometheus... Et à dire vrai, c'est un peu de ce côté là que les choses coincent... Si la franchise s'est dispersée à travers diverses considérations historiques ou chronologiques en raison de l'implication de scénaristes et de réalisateurs qui n'étaient pas impliqués dans le projet d'origine (lequel s'est finalement étendu au delà du premier long-métrage), considérer cette première série ancrée dans l'univers d'Alien du point de vue du fan de la première heure sera bien différent de l'observation qu'en fera le novice.


Déjà troublés voire agacés par le nouvel angle que proposa Ridley Scott à la saga qu'il créa lui-même à travers son Prometheus, les anciens trouveront sans doute à redire, du moins concernant les deux premiers épisodes en question, lesquels rebattent les cartes assez lourdement. Intégrant en outre une société régentée par diverses corporations revendiquant notamment les richesses naturelles de notre planète. L'intelligence Artificielle n'étant désormais jamais très loin de tout ce que propose la science-fiction, le sujet des xénomorphes n'est plus le seul ''attrait'' de Alien : Earth et devient même parfois secondaire. La série faisant ainsi intervenir d'autres ''modèles humains'', tels les Cyborgs, les Synthétiques ainsi que la toute dernière technologie consistant à intégrer chez ces derniers la conscience d'individus de chair et de sang. Et ici, à proprement parler, celle d'enfants malades qui par conséquent vont pouvoir survivre et se voir en outre dotés de facultés hors normes. Justifiant ainsi le futur affrontement entre des êtres qui ne tiendraient normalement pas plus d'une poignée de secondes face à des créatures extraterrestres particulièrement belliqueuses... Ensuite, concernant également les deux premiers épisodes, à tour de rôle l'un et l'autre tentent de convaincre les fans de la première heure et les nouveaux venus. Concernant les premiers, rien ne vient davantage appuyer ce sentiment que la présence du cargo marchand USCSS Maginot et ses passagers qui l'un et les autres ne peuvent qu'engendrer une certaine ''empathie'' puisque l'hommage au cargo interstellaire Nostromo et à son équipage formé autour de Dallas, Monroe, Lambert, l'androïde Ash ou bien évidemment Ripley s'avère remarquable. Pour les plus jeunes d'entre nous, rien de plus simple : ''Impliquer'' les nouveaux adeptes passe par un rajeunissement partiel du casting et par une horreur beaucoup plus frontale et donc nettement moins ''raffinée'' que pour l'original. Une approche qui désole et fait acte de repoussoir pour les nostalgiques qui, confrontés à un cruel manque de suggestivité, regretteront sans doute de retrouver si rapidement et si frontalement l'une de leurs créatures préférées... Au point même que certains, comme moi, remettront en question d'intérêt de poursuivre l'aventure Alien : Earth jusqu'à son terme...

 



samedi 16 août 2025

The War of the Worlds de Rich Lee (2025) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

S'attaquer à La guerre des mondes, c'est s'en prendre à un monument de la littérature anglo-saxonne. À l'origine, le roman de l'écrivain britannique H.G.Wells The War of the Worlds fut publié pour la toute première fois en 1898. Adapté en 1953 par le réalisateur Byron Haskin, le film est depuis devenu un classique de la science-fiction. En 1981, le cinéaste polonais Piotr Szulkin signa Wojna Swiatów - Nastepne Stulecie, une adaptation libre et méconnue du grand public de l’œuvre de H.G.Wells. D'autres poursuivront l'entreprise au cinéma en signant des longs-métrages plus ou moins notables comme Steven Spielberg en 2005, sa vision scindant ainsi le public en trois catégories. Ceux qui adoubèrent d'emblée sa version, ceux qui détestent et ceux qui changèrent d'avis à son sujet au fil des années. La télévision n'étant pas en reste, plusieurs séries virent le jour. Et notamment en 2019 où surgirent non pas une mais deux adaptations. La piteuse The War of the Worlds de Craig Viveiros et la convaincante Guerre des Mondes de Howard Overman. Des adaptations qui à travers le temps, on le voit, n'ont pas toutes réussi à sublimer le matériau de base. C'est donc avec espoir que l'on attendait avec plus ou moins d'impatience l'arrivée sur la plateforme Prime Video de la toute nouvelle itération signée de Rich Lee même si le cinéaste n'a jusque là consacré sa carrière qu'à tourner des clips vidéo ! Mise à disposition des abonnés depuis le 30 juillet dernier, sa vision du récit est tout d'abord prometteuse. En effet, plutôt que montrer l'invasion d'une espèce extraterrestre particulièrement hostile de manière directe et frontale, Rich Lee préfère mettre en scène ses protagonistes à travers l'emploi des réseaux sociaux et de caméras de surveillance. Travaillant d'arrache-pied pour le département de la Sécurité intérieure américain, Will Radford (Ice Cube) s'implique totalement dans la vie de ses deux enfants qu'il s'est juré de protéger depuis le décès de son épouse.


Les vingt premières minutes se concentrent d'ailleurs autour de ses activités professionnelles dont il use pour notamment s'assurer que sa fille Faith (Iman Benson) se nourrit convenablement !!! Un exemple parmi tant d'autres d'objets d'usage courant connectés. Montres, voitures, caméras, téléphones et même... réfrigérateurs ! Cela peut faire sourire mais montre bien que le Gouvernement américain contrôle absolument tout des faits et gestes de la population. Durant cette première partie, notre héros tente également de mettre la main sur un pirate informatique insaisissable qui se fait connaître sous le nom de Disruptor ! Alors que d'étranges phénomènes météorologiques se manifestent un peu partout sur Terre, une vague de météorites s'écrase un peu partout dans le monde. D'énormes roches provenant de l'espace mais qui en réalité cachent en leur cœur d'énormes machines, des tripodes, venues apparemment détruire les plus importantes infrastructures de notre planète... Aïe ! Si le film n'excède pas les quatre-vingt dix minutes, ramenant ainsi l'invasion extraterrestre à une durée d'une heure environ, le spectateur se retrouve devant ce qui demeure à ce jour comme l'une des pires propositions en matière de science-fiction tous genres et sous-genres confondus. Dès le départ, la réactivité insensée de Will Radford dont les préoccupations familiales semblent en outre parfois plus importantes que la défense de son propre pays est d'une invraisemblance qui frise le ridicule. Car à moins qu'il soit atteint du Syndrome d'Asperger ou que son crâne renferme non pas UN cerveau mais deux ou trois, sa gestion des divers événements est tout simplement improbable.


Heureusement pour lui, il va pouvoir compter sur le soutien de sa fille Faith, une chercheuse extrêmement talentueuse dans le domaine de la bio-médecine ainsi que sur celle de son fils Dave (Henry Hunter Hall), grand amateur de jeux vidéos mais aussi et surtout, pirate informatique. Car, oui, les amis, Disruptor, c'est lui ! Ouais, je balance l'info, mais on s'en fout, hein ? De toute manière, c'est tellement mauvais que vous ne vous donnerez pas la peine de regarder cette purge. Et même, si la tentation de perdre une heure trente de votre existence devient irrésistible, le spectacle auquel vous allez assister est tel que ce spoil ne deviendra plus qu'un petit détail noyé au sein d'un fleuve d'invraisemblances et de situations plus ridicules les unes que les autres. Reposant sur un concept similaire à Searching - Portée disparue d'Aneesh Chaganty qui en 2018 était autrement plus convaincant, The War of the Worlds prend vraiment les spectateurs pour des abrutis, glorifiant en outre le cercle familial en réunissant deux génies en informatiques (le père et le fils) ainsi que l'avenir de la médecine moderne (la fille). Trois héros d'une même famille qui à eux seuls vont carrément sauver le monde. Passons le montage parfois ultra-cut qui invisibilise la plupart des actions, des tripodes qui rappellent non pas les grandes heures de la science-fiction sur grand écran mais davantage l'univers vidéoludique (mon dieu, ces lasers... nous sommes en 1990 ou quoi?), ces retournements de situations (les intentions réelles des envahisseurs) qui mettent un énorme coup de pied aux précédentes éventualités ou la fille et le fils que l'on croit morts à tour de rôle mais qui par miracle (ou par un subterfuge scénaristique dépassant l'entendement) ont survécu. Sans parler de cette course contre la montre finale d'un pathétisme qui mériterait d'être étudié dans les écoles de cinéma. Mais la cerise sur la gâteau, dont tout le monde a sans doute déjà entendu parler et qui loin d'être conspiratrice est bien réelle, est cette propension à transformer l’œuvre magnifique de H.G.Wells en véritable plateforme promotionnelle dont les éventuels ''bénéfices'' reviennent à... Amazon. Que vous achetiez ou pas des produits vendus par l'enseigne, ici, vous allez en bouffer du début à la fin. À travers le personnage de Mark Goodman (Devon Bostick), petit ami de Faith et chauffeur-livreur chez... devinez qui... Amazon bien sûr. La marque, le réalisateur la placarde chaque fois qu'il en a l'occasion. Mais pas de chance pour son fondateur Jeff Bezos : le film est une telle purge que l'on parlera ici d'anti-pub. Bien fait pour sa gueule. À contrario, et à bien y repenser, The War of the Worlds pourrait dans un avenir pas si lointain que ça, passer du statut de bousin à celui de nanar culte... !

 

samedi 9 août 2025

Objectif septième planète (Journey to the Seventh Planet) de Sidney W. Pink (1962) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2001, période de notre histoire qui coïncide avec le troisième des quatre actes que constitue le chef-d’œuvre de la science-fiction signée de Stanley Kubrick, 2001, l'odyssée de l'espace. Six années seulement séparent celui-ci d'Objectif septième planète (Journey to the Seventh Planet) de Sidney W. Pink et pourtant, l'on a l'impression que techniquement, un siècle a passé entre les deux longs-métrages tant la maîtrise du maître américain semble avoir déserté le plateau de tournage de cette petite production américaine qui pourtant démarre sous les meilleures augures. En effet, comment ne pas vouloir croire au potentiel d'une œuvre qui à travers quelques Stock-shots de la NASA laissent espérer un récit réaliste se déroulant dans l'espace, là où l'homme n'a encore jamais mis les pieds. Plus ambitieux que de se contenter d'aller faire explorer à ses cinq astronautes la Lune ou Mars, Sidney W. Pink et le scénariste Ib Melchior imaginent la prospection d'Uranus, avant-dernière planète de notre système solaire se trouvant à une distance de plus de deux milliards et deux-cent millions de kilomètres de la Terre. Science-fiction oblige, la fusée pourtant tout ce qui semble être de plus classique de nos protagonistes est suffisamment puissante pour les mener à bon port aussi rapidement qu'il ne faut pour le dire (une arrivée à bon port précédée par le passage aux abords de la Lune de quelques instants seulement !). Bien loin d'atteindre le degré de réalisme que nous administrera Stanley Kubrick avec 2001, l'odyssée de l'espace, Sidney W. Pink nous assène une histoire certes originale mais qui dans un tel contexte visuel ne peut désormais que faire sourire les amateurs chevronnés de science-fiction. Techniquement et artistiquement dépassé et donc démodé, Objectif septième planète et ses soixante-quinze mille dollars de budget n'avaient de toute manière aucune chance d'accéder au panthéon du genre. Et ce, malgré l'histoire relativement intrigante d'une entité extraterrestre prenant en sa possession l'esprit de nos cinq voyageurs de l'espace, transformant ainsi la surface d'Uranus en une réplique quasiment exacte de la Terre qu'ils connaissent...


C'est donc avec une certaine économie de moyens que le film explore la surface de la septième planète de notre système solaire. Quelques bonnes idées viennent heureusement émailler le longs-métrage. Comme cette flore qui pousse par on ne sait quel miracle puisque les plantes ne possèdent aucune racine (une idée, en réalité, absolument géniale s'agissant de ce que l'esprit humain retransmet à l'entité extraterrestre de ce qu'il voit extérieurement de la faune terrestre). Ou comme lorsque le capitaine de l'équipage évoque cette maison où il vécut, les arbres qui l'entourèrent, tandis qu'en arrière-plan l'on voit prendre visuellement forme les éléments du récit qu'il est en train de conter à ses coéquipiers... Malheureusement, Objectif septième planète est gâté par des effets-spéciaux beaucoup trop cheap pour nous convaincre. C'est d'autant plus vrai que les astronautes finissent par se rendre compte que la flore qui les entoure n'est qu'un leurre et que derrière une ''barrière'' se trouve la planète Uranus telle qu'elle existe réellement. Ammoniac à perte de vue et très fort taux de radiations... Et là, mon dieu, le spectacle pique littéralement les yeux. En outre, le capitaine et ses hommes vont être attaqués par diverses créatures lors de séquences redondantes. Un rongeur géant (!!!) doté d'un œil de cyclope, une araignée, etc... Pour un résultat une fois de plus assez ridicule. Les nouveaux décors qu'explorent alors nos cinq astronautes demeurant à l'aune de cette faune agressive. Quant à l'entité elle-même, on ne lui reprochera pas d'apparaître sous le prisme d'une lumière aux formes et à la luminosité changeantes qui inspireront sans doute les scénaristes et les concepteurs en effets-spéciaux de la future et cultissime série de science-fiction américaine, Cosmos 1999... Bref, l'on conseillera exclusivement Objectif septième planète à celles et ceux qui veulent absolument tout découvrir de la science-fiction, depuis ses origines au cinéma, quel que soit le territoire ou la qualité de la conception ou du récit...

 

samedi 28 juin 2025

La fin du monde d'Abel Gance (1931) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

S'il n'a pas été le tout premier film parlant, La fin du monde d'Abel Gance n'est sorti que deux ans après Le chanteur de Jazz d'Alan Crosland. Première œuvre à faire entendre le son d'une voix, ce sont moins les personnages qui s'y exprimèrent clairement que celle ouïe durant les intertitres. Long-métrage de science-fiction mêlant romance, drame et catastrophe, La fin du monde est plus à proprement parler une œuvre d'anticipation. Abel Gance traite de son sujet à travers le portraits de personnages liés pour partie à la même femme. Geneviève de Murcie (Colette Darfeuil) est profondément attachée à Jean Novalic qu'incarne lui-même le réalisateur. Un homme fort amoureux de la belle mais qui selon sa condition sociale choisit de libérer sa place dans le cœur de la jeune femme au profit de son frère Martial (Victor Francen). Un astronome qui en consultant la nuit étoilée à travers un télescope géant situé dans un observatoire découvre qu'une comète se dirige tout droit vers notre planète. Selon ses calcules, le bolide s'écrasera sur Terre dans plusieurs mois. Tenue secrète jusqu'à maintenant, Martial se décide finalement à révéler sa découverte. Et ce, en partie pour nuire à un certain Schomburg. Homme de peu de morale, agrippé à l'idée de mettre Geneviève ''à son menu'', l'homme la viole lors d'un rendez-vous. Réfugiée chez son oncle, celui-ci lui conseille d'épouser Schomburg afin d'éviter tout scandale. Pendant ce temps, Jean intervient lors d'une dispute entre un père et sa fille. Gravement blessé et étendu sur le sol, Jean est aidé par un médecin (l'acteur Major Heitner) qui va le soigner. Pourtant, si physiquement le jeune homme parvient à se remettre de ses blessures, le docteur ne donne pas cher de son état mental... La fin du monde s'ouvrant sur la crucifixion du Christ, opère un astucieux travelling arrière qui fait état non pas d'une scène se déroulant en temps réel au moment ou Jésus fut crucifié mais bien d'une reconstitution de l'événement se situant sur les planches d'un théâtre ! Revenu de cette scène un peu longuette, Abel Gance plonge son personnage et tous ceux qui orbitent autour de lui dans un contexte où tout ou partie de la vie sur Terre doit s'éteindre.


Mais loin de justifier la thématique à travers le regard exclusif de ses protagonistes, le réalisateur développe la crise existentielle qui les enrobera bientôt, eux et le reste des habitants de notre planète. Créant ainsi l'idée d'une République Universelle formée autour de lois nouvelles auxquelles vont adhérer l'ensemble des nations. D'ici là, l'on assiste à la lente agonie de Jean, perdant peu à peu la tête tandis que Geneviève cherche désespérément le moyen de s'en rapprocher. Le personnage de Schomburg est foncièrement tyrannique, méprisant, au dessus des lois. L'apparat du riche homme d'affaires à qui rien ne résiste. L'entrée en bourse de Martial devenant ainsi le moyen le plus évident de défaire l'homme de son piédestal ! Œuvre éminemment ambitieuse dont on a pourtant du mal à envisager la portée qu'elle aurait pu ou dû avoir sur les spectateurs sachant qu'elle fut terriblement amputée (le film devait à l'origine durer plus de trois heures), La fin du monde explore avant les autres l'étude du comportementalisme chez l'homme et la femme face à une catastrophe d'ampleur mondiale à laquelle ils ont malheureusement peu de chance de survivre. Poétique et théâtrale, le romantisme chez Abel Gance est ici déployé sous une forme qui de nos jours paraît tout à fait surannée. La langue française prenant ainsi sa plus belle forme, entre déclarations d'amour enflammées et tragédie épicurienne dont les pires travers de la nature humaine s'exprimeront à intervalles réguliers. Lors de cette séquence de rue où Jean subit la foule alors même qu'il devrait être élevé au rang de héros. Une scène qui fait curieusement, mais dans une moindre mesure, écho au chemin de croix du Christ. Puis intervient ce dernier quart d'heure, témoignant justement de l'ambition d'Abel Gance. Cette profusion d'images provenant de diverses régions de la planète, jusqu'à la capitale française où les nantis se laissent aller à la luxure et la dépravation, entre débauche sexuelle et orgies de nourriture, tandis que dans les rues la panique s'empare des gens de petite condition. On rêve alors d'une version intégrale, sans doute perdue à jamais, et qui aurait probablement évité au long-métrage d'être accueilli si froidement à l'époque de sa sortie...

 

jeudi 29 mai 2025

The Silent Sea de Choi Hang-yong (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'intrigue de la série sud-coréenne The Silent Sea (Goyo-ui Bada dans sa version originale) déplace ses personnages dans un futur plus ou moins lointain prenant pour cadre une station lunaire alors que sur Terre, l'eau a presque totalement disparue et se trouve désormais rationnée. Quelques rares images de notre planète sont exposées à l'écran tandis que la très grandes majorité des séquences se situent donc à bord de la station située aux abords de la Mer de la Tranquillité et où une première équipe de scientifiques fut envoyée cinq ans auparavant afin d'y effectuer des recherches. Un nouveau groupe d'astronautes est envoyé sur place et après avoir connu une grave avarie qui a condamné leur navette à disparaître au fond d'un gouffre, le chef de mission Han Yoon-jae (Gong Yoo) et les autres membres de l'expédition se rendent à la station. Remplissant in-extremis leurs réserves d'oxygène, ils découvrent tout d'abord que l'équipe de la précédente mission est passée de vie à trépas pour des raisons qui demeurent encore inconnues... Parmi les membres du nouvel équipage, l'on retrouve notamment l'astrobiologiste Song Ji-an (Bae Doona), le pilote de la navette Kim Sun (Lee Sung-Wook) ou encore le docteur Hong Ga-yeong (Kim Sun-young)... Créée par le réalisateur, scénariste et acteur sud-coréen Choi Hang-yong, la série est constituée de huit épisodes particulièrement inspirés par certains classiques de la science-fiction mêlant le genre à l'horreur et l'épouvante. Et deux longs-métrages en particulier puisque Alien de Ridley Scott et sa première séquelle Aliens réalisée quant à elle par James Cameron semblent avoir très fortement influencé le scénariste Park Eun-kyo. Dans la mesure où le spectateur est fan du premier, The Silent Sea va lui permettre de retrouver le climat anxiogène du chef-d’œuvre du cinéaste britannique en ce sens où le cadre et l'ambiance générale de la série retranscrivent plutôt fidèlement ceux du premier volet de la franchise mettant en scène le célèbre xénomorphe. En dehors de quelques espaces où les éclairages sont demeurés intacts, la plupart des coursives que vont explorer les membres de l'équipage seront plongés dans une obscurité à peine troublée par la présence de lampes-torches. En ce sens, Choi Hang-yong rempli parfaitement le contrat s'agissant d'instaurer une certaine angoisse tout au long d'une série qui cependant, aurait sans doute mérité d'être concentrée non pas en huit épisodes mais en seulement cinq ou six.


En effet, bien que les personnages, tous parfaitement campés, nourrissent chacun à leur manière le récit et bien que le principe d'exploration d'une base lunaire plongée dans le noir et d'une enquête menant à la résolution d'un phénomène aux conséquences désastreuses cultivent un réel intérêt pour l'intrigue, la redondance n'est pas loin. Malgré tout, The Silent Sea diffuse au compte-goutte quelques couches supplémentaires de sous-intrigues qui lui permettent de tenir la route ''PRESQUE'' jusqu'à sa conclusion. Recherche de la sœur disparue lors de la première mission (celle de Song Ji-an, Song Won-kyeong, incarnée à deux âges différents par les actrices Kang Mal-geum et Gong Jin-seo). Enqueête scientifique. Double-jeu... The Silent Sea évoque donc les recherches menées cinq ans en arrière par la précédente équipe de chercheurs, lesquels mirent à jour une eau dont les propriétés pourraient permettre de redonner espoir à l'espèce humaine. Une substance pourtant non dénuée d'effets secondaires dévastateurs comme purent le découvrir les téléspectateurs dès la mise en ligne de la série sur Netflix en décembre 2021. Jouant tout d'abord énormément sur le climat oppressant des installations lunaires, la série vire ensuite à l'horreur à travers une présence visiblement hostile et très attachée au seul élément liquide présent sur la station. D'où le rapport avec Aliens de James Cameron puisque la venue du personnage de Luna 073 (l'actrice Kim Si-a) semble cette fois-ci directement se référer à la gamine prénommée Newt (incarnée alors en 1986 par la jeune Carrie Henn dont il s'agira d'ailleurs de la seule présence sur grand écran avant de ''donner de la voix'' pour le film d'animation de L. Ruhland Thunder Island en 2020). Comment, en effet, ne pas ressentir le rapport entre la Luna 73 (en fait, l'un des nombreux clones ayant servi de cobayes cinq ans plus tôt) et l'astrobiologiste Song Ji-an comme une nouvelle itération de la relation qu'entretint Newt avec l'héroïne de la saga Alien incarnée alors par l'actrice américaine Sigourney Weaver, le lieutenant Ellen L. Ripley ? Bref, The Silent Sea est bourré de qualités. Mais est parfois engoncé dans une certaine répétitivité et dans une accumulation d'invraisemblances que l'on ne pourra cependant pas lui reprocher. À part sans doute cette fin un peu niaise et pour le coup, terriblement improbable. N'ayant pas connu le même succès que les grosses franchises notamment à l'effigie de l'excellent Squid Game, il semble peu probable que les fans (et il y en a) voient débarquer un jour une seconde saison pourtant très attendue...

 

samedi 10 mai 2025

The Assessment de Fleur Fortuné (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir consacré les quinze dernières années à mettre en scène des courts-métrages et des clips vidéos, la réalisatrice et scénariste française Fleur Fortuné a mis en boite son premier long format en 2024. Intitulé The Assessment sur le plan international et L'évaluation dans nos contrées, le film met en scène un couple désirant concevoir un enfant par grossesse extra-utérine (seule technique autorisée par l'état). À une époque où les ressources mondiales se sont épuisées et où vivre en dehors d'immenses dômes protecteurs est devenu périlleux, Mia et Aaryan acceptent de suivre un test psychologique consistant à accueillir chez eux et durant sept jours une évaluatrice qui va devoir confronter le couple à différents types de situations. Dans un cadre ultra-moderne et pourtant relativement peu ''connecté'', la cinéaste française met en scène ses interprètes dans un contexte qui semble avoir été mille fois traité sur grand écran. En ce sens, l'arrivée de l'évaluatrice Virginia ne paraît pas vraiment diverger de ces situations qui à de nombreuses fois sur grand écran ont confronté des couples à des individus hostiles, fait de chair et de sang ou conçus pour améliorer les conditions de leurs propriétaires. Mais très rapidement, The Assessment s'impose comme une valeur sûre dans les domaines de la science-fiction dystopique, le drame et même, l'épouvante comme les spectateurs pourront le découvrir tout au long du récit. Le couple est formé à l'écran par l'américaine Elizabeth Olsen et le britannique Himesh Patel. Quant à la jeune femme qui bientôt va scrupuleusement étudier leur comportement, elle est incarnée par l'actrice suédoise Alicia Vikander. Si ses partenaires sont excellents, l'intérêt du long-métrage repose en grande partie sur l'interprétation de cette dernière, absolument saisissante dans le rôle de cette évaluatrice rigide et qui cache visiblement certains troubles du comportement. The Assessment évoque donc nombre de films portant sur divers sujets tous réunis autour de ce trio et du décor quasiment exclusif bâtit autour d'une luxueuse demeure et d'une plage de sable noir. Si les intérieurs ont été tournés à Cologne en Allemagne, les extérieurs ont quant à eux été filmés dans la partie nord de Tenerife, une île espagnole qui doit la couleur noire de son sable à son origine volcanique. Quel prix est-on près à payer pour obtenir le droit de concevoir un enfant ?


C'est en partie la question à laquelle tente de répondre Fleur Fortuné qui sur la base d'un scénario écrit par Nell Garfath Cox, Dave Thomas et John Donnelly développe un récit qui fait froid dans le dos et fait appel à l'intrusion d'une tierce personne. Véritable jeu de massacre psychologique pourtant bien plus profond qu'il n'y paraît, The Assessment dérange en ce sens où le spectateur peut très bien imaginer qu'une telle situation puisse survenir un jour prochain. La réalisatrice renforce le script de quelques éléments secondaires qui peuvent paraître à l'origine comme des ajouts subalternes mais qui au fil du temps prennent en réalité tout leur sens. Si Eizabeth Olsen et Himesh Patel interprètent parfaitement leur rôle d'éventuels futurs parents soumis aux desiderata de leur ''invitée'', c'est donc bien Alicia Vikander qui retient toute l'attention du spectateur. Tantôt froide, austère, inflexible et tantôt immature, têtue et destructrice (l'actrice se mettant ainsi dans la peau d'une jeune enfant turbulente afin de tester la résistance du couple), la suédoise marque forcément les esprits. Tout comme le scénario, pervers, limpide, astucieux, ambitieux et mature. En reprenant certains codes du film de science-fiction post-apocalyptique tout en les survolant d'un point de vue strictement superficiel lors du final (le film aurait effectivement mérité de se terminer dans l'antre d'Aaryan ou même quelques minutes auparavant lors la séquence découlant du bouleversant climax entre Mia et Virginia), la réalisatrice empêche son œuvre d'atteindre la perfection. L'une des principales qualités est par contre ici la sobriété avec laquelle la réalisatrice française nous conte ce véritable cauchemar psychologique. Sans jamais se laisser aller à la facilité de l'effet choc tant redouté, The Assissment ne tombe jamais dans les débordements graphiques, ceux-là même qui auraient pu condamner son œuvre à n'être qu'un film d'horreur de plus sous couvert de traiter en premier lieu un sujet fort et ambitieux. Bref, si vous avez pour habitude de détourner le regard lorsque sont accolés ensemble les termes ''Science-fiction'' et ''Prime Video'', faite une exception et plongez-vous sans craintes au cœur de cette redoutable histoire. Une chose est en tout cas certaine : c'est avec une très grande attention que l'on scrutera les prochains travaux de la réalisatrice française Fleur Fortuné...

 

lundi 5 mai 2025

El Eternauta de Bruno Stagnaro (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque débarque une nouvelle série de science-fiction se pose en général tout un tas d'épineuses questions. Mini-série ou première d'une foule de saisons étendues sur plusieurs années ? Les spectateurs qui découvriront El Eternauta de Bruno Stagnaro auront très rapidement la réponse à cette question puisque l'invasion extraterrestre promise par cette nouvelle incartade dans la science-fiction va tarder à se présenter devant notre écran. Débutant sur une idée savamment orchestrée à l'origine par le scénariste de bande dessinée argentin Héctor Oesterheld et par son compatriote et dessinateur Francisco Solano López dans le courant des années cinquante, El Eternauta s'ouvre sur un étrange phénomène. Alors que l'action se situe en plein été, la neige se met à tomber et recouvre d'un blanc manteau le quartier de Buenos Aires où va être principalement développé le récit. C'est là que nous découvrons Juan Salvo (Ricardo Darín), un ancien vétéran qui en compagnie de trois amis et d'un quatrième larron dont la présence n'était pas attendue par la plupart d'entre eux s'apprêtent à jouer aux cartes. Les cinq hommes vont alors être les témoins de ce curieux phénomène qui de prime abord semble être accompagné d'un Mal invisible puisque quiconque entre en contact avec le moindre flocon de neige meurt instantanément ! Il devient donc urgent pour Juan, son meilleur ami Alfredo Favalli (César Troncoso), leurs compagnes respectives (Carla Peterson et Andrea Pietra dans les rôles d'Elena et Ana) et leur amis de se protéger de la tempête de neige incessante qui tombe sur la ville. Il faut bien comprendre tout d'abord que seuls le contact avec la neige est mortelle. Contrairement à l'atmosphère qui elle semble n'avoir pas d'impact sur la survie de la population. Une fois le concept adopté, l'on comprend mieux pourquoi certains se promènent à l'air libre protégés tandis qu'à quelques mètres de distances, d'autres paraissent n'avoir pas besoin de porter des masques à oxygène. Autre question que l'on se pose en général dans ce genre de situation : quelle apparence vont arborer les envahisseurs ? Va-t-on avoir une nouvelle fois le droit à des créatures insectoïdes ? Rendant ainsi caduque toute crédibilité lorsqu'il s'agit de les concevoir comme étant des intelligences extraterrestres dotées de capacités intellectuelles et physiques hors norme ? Si les trois premiers des six épisodes que constitue cette première saison se concentrent sur l'aspect survivaliste d'un tel événement, à l'issue du troisième l'on devine la silhouette d'un envahisseur que l'on serait tenté de rapprocher du fameux xénomorphe de la franchise Alien.


Une impression rapidement balayée puisque dès le quatrième, Bruno Stagnaro ne fait plus aucun mystère de leur apparence en nous les livrant en plein jour. Et là... comment dire..... Impossible de rester de marbre et de ne pas pouffer de rire devant la grotesque apparence des dits envahisseurs. Arborant la même silhouette que le fameux bousier, ce coléoptère coprophage connu pour former des boules d’excréments qu'il fait rouler à l'aide de ses pattes arrières, on se demande automatiquement comment de telles créatures, si physiquement sommaires, pourraient concevoir des vaisseaux ou même plus simplement comment ils pourraient les piloter. Fort heureusement, la réponse vient de la bouche d'Alfredo, lequel suppose que les véritables envahisseurs ne sont probablement pas ces bestioles ridicules prenant la forme de gigantesques insectes mais des entités qui pour l'instant comptent sûrement sur la toxicité de la neige et ce que l'on pourrait donc comparer à des ''chiens de chasse'' venus d'ailleurs pour contrôler l'humanité jusqu'à ce qu'ils se décident enfin à venir nous faire un belliqueux petit coucou. Au vu de l'évolution du récit, de la lenteur avec laquelle le créateur de la série prend son temps pour développer des personnages qu'il ne cesse d'ajouter les uns après les autres au fil des épisodes, bien avant que le sixième épisode ne vienne clôturer la saison, on devine que la plupart des questions que l'on se pose ne trouveront pas encore de réponses. Il faut s'accrocher. Car la première moitié des épisodes évolue sur un rythme quasi lymphatique. Heureusement, El Eternauta peut compter sur une très convaincante incarnation de ses personnages ainsi que des décors enneigés et post-apocalyptiques très convaincants. Bien qu'étant antérieur à cette vague de séries reposant sur des invasions extraterrestres ou sur différents cas de survivalisme en terre hostile puisque la série de bandes-dessinées qui est à l'origine de cette série remonte à près de soixante-dix ans, El Eternaute reprend les grandes lignes des plus célèbres d'entre elles. Notons enfin que le sixième épisode offre l'espoir d'une évolution de la série allant dans le bon sens. Avec son approche rappelant quelque peu le mythique L'invasion des profanateurs de Philip Kaufman et le visuel très succinct de ce à quoi pourraient réellement ressembler les envahisseurs, on peut d'ors et déjà compter sur une seconde saison pleine de promesses...

 

dimanche 27 avril 2025

Night of the Skinwalkers de Michael Szymczyk (2024) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dans le flop 10 des films de science-fiction mettant en scène une invasion extraterrestre, Night of the Skinwalkers est l'un des plus sérieux concurrents. On pourrait même envisager de le mettre dans un flop 5, voire 3 tant l'expérience s'avère pénible. Mais pour être tout à fait honnête, le long-métrage de Michael Szymczyk n'entre pas vraiment dans cette catégorie de films. En effet, comme l'apprendront à leurs dépends certains des protagonistes du récit et par là-même les spectateurs, tout ou partie de ce qui va se produire lors du déroulement de l'intrigue ne s'avérera être qu'une supercherie. ''Oh ! Le salaud ! Il vient de nous balancer le seul et unique twist qui aurait pu relancer l'intérêt de cette authentique purge !'' auriez-vous le droit de penser. Mais rassurez-vous. Night of the Skinwalkers est tellement mauvais qu'il est plus que probable que vous mettiez un terme à sa projection bien avant que vous n'ayez l'occasion de découvrir que l'affiche et le synopsis n'ont fait que vous tromper au même titre que la plupart des personnages qui évoluent au sein de l'histoire ! Sachez tout d'abord que le film n'a rien à voir avec le concept de The Secret of Skinwalker Ranch, cette série de télé-réalité qui met en scène depuis maintenant cinq ans un certain nombre de personnes enquêtant sur d'étranges événements s'étant produits dans le Ranch Skinwalker situé dans l'Utah et connu pour avoir été le théâtre de nombreux événements paranormaux et celui de rencontres extraterrestres. Pourtant, après avoir subit une première partie excessivement chargée en dialogues ineptes, les spectateurs de Night of the Skinwalkers découvriront plus tard qu'un lien aussi ténu soit-il relie le long-métrage à l'émission de télé-réalité ! Pour commencer, il faut savoir que le terme de Skinwalker provient de la culture indienne prétendant qu'un chaman hostile prendrait l'apparence de différents animaux en leur volant leur peau. Une légende qui dans le cas des extraterrestres leur permettrait donc de prendre l'apparence d'un humain afin de se fondre au sein de la population. Ceci dit, le titre du long-métrage s'avère tout d'abord en accord avec son contenu tant que Michael Szymczyk cherche à nous faire croire que les quatre couples que forment les interprètes à l'écran vont effectivement être les témoins d'événements pour le moins très inhabituels.


Durant trois bons quarts-d'heure l'on assiste à une succession de palabres d'une affligeante platitude évoquant tantôt l'économie mondiale, les relations de couples et autres discussions formant un Gloubiboulga faisant acte de remplissage. Un ramassis de dialogues récités par des acteurs si médiocres que toute tentative d'instaurer un climat de tension est vouée à l'échec. Ici, rien ne va. Du montage en passant donc par l'interprétation et jusqu'à la mise en scène et les qualités visuelles du long-métrage, rien ne laisse espérer que l'on va vivre une expérience hors du commun. Pourtant, l'idée de départ n'est pas foncièrement mauvaise. Quatre couples réunis dans un chalet et dont l'un est formé par un ménage au comportement singulier. Une jeune femme relativement nerveuse accompagnée d'un petit ami ridiculement vêtu d'un costume de tyrolien dont on apprendra par la suite qu'il est victime de troubles schizophréniques. À la suite d'une panne de véhicule, ils seront chaleureusement hébergés par les six autres personnages et invités à partager quelques collations ainsi qu'un dîner lors duquel, le schizo en question se comportera comme un sagouin en mangeant avec les doigts. Une attitude qui n'inquiétera pourtant pas grand monde. Renvoyés à bord de leur véhicule après avoir été endormis à l'aide de somnifères introduits dans un dessert, une lueur verte signifiera l'enlèvement de la jeune femme, disparue au petit matin. Durant la nuit, les trois autres couples auront été à leur tour les témoins d'étranges faits. Apparition d'un extraterrestre, objets disséminés aux environs de la cuisine. Bref, il semblerait bien que nos protagonistes soient au cœur d'un film de science-fiction comme il en existe tant. Survient alors le fameux twist qui révèle que tout n'était qu'une mise en scène au profit d'une équipe de tournage planquée dans la cave et filmant les événements afin de produire une émission de télé-réalité ! Si l'idée était séduisante, le résultat à l'écran est un désastre. C'est laid, mal joué, chiant au possible et très mal construit. En outre, le réalisateur semble n'avoir pas écrit la fin de son scénario puisque Night of the Skinwalkers se conclut en eau de boudin. Le long-métrage de Michael Szymczyk ressemble à ces légions de films fauchés et amateurs produits à la chaîne sur le territoire américain. Aucun intérêt !

 

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