Un film de super-héros...
marocain ! Et pourquoi pas, tiens. Ça change des productions
américaines du genre (que je déteste) ou des quelques tentatives
françaises (pour le moins, parfois originales) ! Bon ben, ça
commence mal. En ouverture, l'on a droit à L'enfant du vent
de Soprano. Derrière ce titre poétique se cache l'une de ces
horreurs très à la mode usant de l'abominable plugin connu sous le
nom d'Auto-Tune. Arrêt sur image et recherche immédiate de la
bande-originale complète du long-métrage avant toute poursuite de
l'aventure. Parce que s'il s'agit de se manger durant un peu moins
d'une heure-trente une playlist d'aussi mauvais goût, pas question
que je perde davantage de temps devant l’œuvre en question. Confié
à un artiste du nom de DJ
Van dont j'ignorais
l'existence jusqu'à maintenant, le soundtrack
est donc majoritairement composé de titres divers, allant de la
''pop'', en passant par le rap, le R'n'B et la World Music. On ne va
pas reprocher cette hétéroclite sélection s'agissant d'un film
d'origine maghrébine. Ce serait comme d'imaginer pouvoir imposer à
un film américain une bande musicale uniquement constituée de
chants russes ! Passé ce petit désagrément placé en
ouverture du long-métrage du réalisateur et scénariste Anouar
Moatassim, je relance la lecture de ce projet de film de
science-fiction et d'aventures directement échoué sur la plateforme
Amazon Prime Video. Si
la présence de Samy Naceri fera vibrer voire mouiller de plaisir le
caleçon ou la petite culotte des fans et des groupies de la première
heure, je ne suis pas de ceux qui regrettèrent sa période de
descente aux enfers ou sa disparition temporaire des grands écrans.
Hé, oh ! On parle là d'un type dont le ''plus grand fait
d'arme'' est pour beaucoup son interprétation du personnage de
Daniel Morales dans les quatre premiers opus de la franchise Taxi !
Une référence pour qui voudra, mais certainement pas pour moi. Pour
en revenir au film qui nous intéresse ici, le rôle-titre est confié
au rappeur franco-marocain Lartiste.
Si j'osais faire preuve d'un brin de cynisme, je dirais que l'on peu
favorablement souffler qu'il n'eut pas à participer à l'écriture
tant ce nom de scène appartenant à Youssef Akdim manque
singulièrement d'originalité... Ma dose journalière de cruauté
gratuite ayant été atteinte, voici ce que je pense objectivement de
Atoman
(titre que l'on peut très facilement identifier comme la contraction
entre Atome ou Atomique et man,
traduction anglaise du terme ''homme''). L'entreprise est assez
touchante en cela qu'elle convoque le folklore berbère ainsi que des
paysages magnifiques provenant notamment de Ouarzazate, de Skhirat
mais plus encore de Tafraout située dans l'Anti-Atlas...
Tiens,
justement, Atlas. Sa légende et le combat qu'il mena contre son
frère Ménétios pour l'obtention de l'astrolabe, un très puissant
artefact capable de détruire notre planète et que le second
chercha à détenir afin de dominer le monde. De nos jours, Hakim
(Lartiste), l'un de plus grands hackers de sa génération est engagé
par la ''je ne
sais plus trop quelle organisation''
afin d'éviter qu'un virus de sa conception qui lui a été dérobé
ne serve aux agissements de cybercriminels. Tandis qu'il opère aux
côtés de Sanaa Benkirane (l'actrice Sarah Perles), un certain David
Lockam cherche à mettre la main sur l'Astrolabe. Lequel doit lui
procurer des pouvoirs censés lui permettre de tout contrôler. Mais
alors que ce dernier parvient à mettre la main sur l'artefact grâce
à l'aide de son collaborateur Chinoui (Doudou Masta), Hakim découvre
qu'il est détenteur de pouvoirs spéciaux. En outre, sa mère lui
révèle qu'il est le dernier atlante de la fameuse cité d'Atlantis.
Le jeune homme part alors se former auprès de grands Maîtres
installés dans une région située dans l'Anti-Atlas afin de lui
permettre d'acquérir des connaissances et ainsi affronter David
Lockam... Un antagoniste qui fait bien de se cacher derrière un
apparat d'images de synthèse tant son interprète, Samy Naceri, a
physiquement morflé ! Avant que son personnage ne soit doté du
fameux objet, le spectateur le découvre dans le costume-cravate d'un
directeur de banque dénué de toute prestance et de tout charisme.
Le dos voûté, claudiquant et une bouche qui témoigne de la bagarre
qui l'opposa un dimanche matin, rue de Berri, à Paris, dents
cassées, et certainement aussi de l'abus d'alcool dont l'acteur a
toujours été dépendant ! Et même avec cette bouche d'ancien
édenté dont le râtelier a depuis été refaçonné, Samy Naceri
n'est pas le plus mauvais des interprètes du long-métrage. Car à
côté de sa prestation, d'autres s'en sortent encore moins bien. Si
Lartiste et Sarah Perles assurent le minimum syndical, Doudou Masta
s'avère NUL-LIS-SI-ME !!! Avec son budget d'un peu moins de
deux millions d'euros, on regrette que tout ou partie de l'argent qui
fut confié aux responsables des innombrables étrons qui sont sortis
sur notre territoire ne fut pas offert aux producteurs de Atoman
tant le film de Anouar Moatassim méritait sans doute d'obtenir
beaucoup plus de moyens techniques et financiers. On louera alors
l'effort en prenant bien soin de ne surtout pas pouffer de rire
devant le nombre incalculable de séquences si mal jouées, si naïves
et devant des effets-spéciaux parfois ultra-cheap que Atoman
risque bien de devenir un jour l'un de ces classiques du nanar de
science-fiction que l'on prend du plaisir à regarder un samedi soir
entre potes. Dommage...
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