Soirée épouvantable...
Cinématographiquement parlant, s'entend ! Théorisé comme
pathologie par le psychiatre germano-autrichien Richard von
Krafft-Ebing dans le courant du dix-neuvième siècle et depuis mis
en pratique par des individus en mal de souffrances physiques
couplées au plaisir, le masochisme n'est ici pas tant à prendre
pour le tribu qu'il apporte en matière de déviance sexuelle que
pour cette nécessité qu'on certains cinéphages à vouloir
perpétuellement s'infliger le spectacle d'œuvres dont les
répercussions n'ont en général rien de positif dans la recherche
dite ''normale'' du divertissement... Terminée la diatribe !
Vous pouvez dorénavant reprendre votre respiration... Après deux
premiers épisodes plus mi-figue que mi-raisin en raison d'un contenu
qui avait tendance à faire sauter les fans de la première heure au
plafond, voilà que je me suis volontairement infligé le troisième
et quatrième, tout deux respectivement intitulés Metamorphosis
et Observation.
Chose que je m'étais promise de ne surtout pas accomplir, trop
content, finalement, de n'avoir pas directement accès à la série
Alien : Earth
dans son intégralité ! Vraiment ? Épouvantable, la
soirée ? Peut-être finalement pas tant que cela. Bien entendu,
tout démarra sous les pires augures avec le premier d'entre eux.
Metamorphosis.
Englué dans une mise en scène confiée à Dana Gonzales, déjà
coupable du précédent, creusant assurément la tombe d'une
franchise qui ne s'en remettrait sans doute jamais, ce troisième
épisode aussi vide que la coquille d'un œuf à la coque que l'on
vient tout juste de consommer accumule tant et si bien les tares que
l'on n'est objectivement plus proche des récents produits justement
estampillés Disney
que
de la célébration d'un mythe façonné il y a près d'un
demi-siècle par Ridley Scott et Dan O'Bannon ! Passons sur le
visuel, effectivement très attrayant mais pour lesquels les
concepteurs ont cru bon de ne pas adopter le même principe sur le
célèbre xénomorphe. Celui de la série continue à n'être qu'une
pâle copie mal dégrossie et esthétiquement si vulgaire que l'on
regrette plus que jamais la créature prosthétique des origines.
S'il y a autant de ventre mous dans Metamorphosis
que
de morceaux de guimauve dans un paquet de Chamallows, il est fort à
propos de penser que les scénaristes dormaient sur leur lieu de
travail. Comment envisager un tel ennui devant un conglomérat de
concepts ''novateurs'' pour au final se retrouver devant un épisode
où il ne se passe rien d'autres que quelques soubresauts
involontairement drôles comme l'indique notamment cette séquence
qui oppose notre xénomorphe de synthèse face à Wandy et son frère
Joseph...
Lorsque
l'on se remémore le calvaire des huit passagers du Nostromo,
tous adultes et dont seule Ripley parvint à survivre et
qu'antérieurement de deux années, une gamine certes ''modifiée''
(l'on emploie en réalité l'horrible terme de transition) parvient à
terrasser une créature parmi les plus belliqueuses, hostiles et
agressives que le cinéma de science-fiction ait jamais imaginé,
dans le meilleur des cas l'on pouffe. Dans le pire, l'on est
affligé ! Est-il utile d'évoquer l'action du sang acide de la
créature agissant différemment selon la surface ou le métal avec
lesquels il entre en contact ? Bref, j'ai bien failli mettre un
terme définitif à cette pathétique tentative de récupération
télévisuelle mais ait tout de même choisi de persévérer en
regardant l'épisode suivant, Observation.
Un titre qui sert surtout de catalyseur pour le spectateur qui le
prendra à son propre compte pour ''observer'' justement que Alien :
Earth n'est
peut-être pas qu'une adaptation télévisée mais plutôt un
spin-off. Ou bien même une série totalement indépendante dans
laquelle serait venu se glisser l'une des plus célèbres créatures
extraterrestres du septième art. Demeure toujours cet épouvantable
énergumène qu'incarne Samuel Blenkin, caricature absolument
grotesque et détestable de qui vous savez ! Évitons la
polémique pour reconnaître que ce quatrième épisode sauve un peu
les meubles. Notamment grâce à la présence de l'acteur Baboy
Ceesay dans le rôle de l'androïde Morrow. Lequel interagit avec
Slightly (l'acteur indien Adarsh Gourav) pour des raisons que seul ce
dernier ne semble pas avoir encore saisies. Cette fois-ci confiée à
Ugla Hauksdóttir, la réalisation ménage un suspens que nous
n'attendions plus depuis un moment. En fait, depuis le début,
lorsque le xénomorphe fut très lourdement introduit dans le récit.
Notre fameux alien semble devoir désormais compter sur la présence
de créatures aussi dangereuses que lui. Comme cette drôle de
bestiole qui ressemble à un œil sur tentacules et qui pourrait
peut-être figurer la version encore peu développée de l'énorme
créature vue à la fin du Prometheus
de Ridley Scott, hum ? Digéré l'amas de personnages, on
commence enfin à cerner le discours. Et c'est donc sans pour autant
attendre fébrilement les épisodes suivants que je leur donnerai
peut-être une chance de me convaincre que de persévérer jusqu'au
bout aura été le bon choix !
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