Après deux premières
saisons principalement axée sur du Space Opera, la troisième
installe désormais les protagonistes à la surface de la planète
Trappist-1b où a été construite la Base-Mère numéro 1.
Bien qu'un nombre important de séquences se déroulent à nouveau
dans l'espace, la majeure partie des douze épisodes que constitue la
troisième saison de The Ark
se déroule donc à la surface de cette planète originellement
hostile mais dont on découvrira bientôt que son atmosphère y est
respirable grâce au procédé de terraformation. L'on retrouve les
personnages rencontrés lors des deux précédentes saisons
respectivement diffusées en 2023 et 2024. Il aura donc fallut deux
années supplémentaires pour découvrir à nouveau la
commandante-lieutenante de l'Arche numéro une Sharon Garnet
(Christie Burke) et son équipage au sein du quel apparaissent une
nouvelle fois le lieutenant Spencer Lane (Reece Ritchie), le
lieutenant James Brice (Richard Fleeschman), l'ingénieure
spécialiste en codage et en gestion des déchets Alicia Nevins
(Stacey Michelle Read), l'horticulteur Angus Medford (Ryan Adams), la
responsable de la maintenance en ingénierie Eva Markovic (Tiana
Upcheva), les docteurs Cat Brandice et Sanjivni Kabir (Christina
Wolfe et Shalini Peiris) et bien évidemment le toujours très loyal
chef des forces de sécurité Felix Strickland (Pavle Jerinić). Mais
cette saison est également l'occasion de croiser des personnages que
nous n'avions pas l'habitude de voir précédemment. À l'image de
Vesna Ilic (Tamara Aleksić), d'autres habitants de la Base-Mère
numéro 1, mais aussi d'individus déjà nettement plus étonnants
comme les habitants supposément originaires de la planète, vivant
dans une grotte et communiquant entre eux par la pensée ou à
travers une langue inconnue avec la jeune Kelly Fowler (Samantha
Glassner) dont les capacités ne semblent plus uniquement tourner
autour de sa force physique exceptionnelle...
Tandis
que les saisons 1 et 2 pouvaient être envisagées comme des ersatz
des séries Star Trek
ou The Orville
(dont on désespère de découvrir un jour la quatrième saison) ou
de toute autre projet de science-fiction télévisuel ou
cinématographique tournant autour de l'exploration spatiale et de la
colonisation éventuelle d'une planète lointaine, la troisième,
elle, abandonne l'idée d'atteindre l'exoplanète Proxima
Centauri b
puisque désormais, une colonie humaine s'est implantée sur
Trappist-1b.
Une planète plus ou moins hostile qui n'empêche pas les différents
conflits entre l'équipage de Garnet, celui de l'ancien vaisseau de
la Fédération de L'est commandé par Zed Avega (Daniel Fathers),
celui de l'Arche 15 qui à l'époque était quant à lui commandé
par Evelyn Maddox ou encore les survivants de l'exoplanète Ross
128.
Sans vouloir prétendre que la série devrait logiquement s'achever
avec le dernier épisode de cette troisième saison au vu de la
dernière séquence qui attendra les plus grands fans de cette série
qui malheureusement ici se délite, il est peut-être effectivement
temps que l'aventure de nos intrépides héros se terminent avec
l'ultime intrigue de ce récit qui peine à poursuivre la grande
aventure humaine en compilant tout et n'importe quoi au fil des douze
épisodes. En réalité, surtout lors de la seconde moitié puisque
la première laisse espérer une saison à la mesure des deux
précédentes. Une gourmandise de la part des scénaristes qui tels
des ogres assènent des concepts presque par dizaines en résolvant
chaque intrigue en l'espace de chaque épisode. Des sujets qui
s'imbriquent, se croisent et se multiplient parfois au sein d'un seul
et même épisode ! Bien que les cinq scénaristes qui se sont
partagés la tâche d'écrire les différentes histoires aient pu
travailler de manière indépendante en se partageant entre eux les
douze épisodes, l'on a souvent l'impression que chacun a voulu tirer
la couverture à lui en empiétant sur les travaux des autres. Si les
sujets du clonage humain et de l'augmentation des performances
physiques par voie génétique étaient déjà des récurrences,
cette saison, très riche il est vrai, va peut-être beaucoup trop
loin ou en tout cas ne prend pas assez de temps pour développer
chaque thématique. L'on a ainsi droit aux phénomènes de boucle
temporelle, aux pouvoirs psychiques telles que la télékinésie, aux
univers parallèles, à différentes anomalies de type
extraterrestre, tout ceci réuni dans un contexte politique et
militaire relativement tendu. Quelques exemples d'une tripotée de
concepts qui mis bout à bout finissent par devenir indigestes, pour
ne pas dire proprement ridicules. Après deux saisons que l'on était
en droit de considérer comme plus ou moins adultes, la troisième de
The Ark
semble avoir été construite dans l'idée d'attirer un public
beaucoup plus jeune... Une grosse déception...


