Depuis quelques années,
le cinéma japonais semble s'être pris d'une passion dévorante pour
le thème des boucles temporelles. Car en effet, si tout semble avoir
réellement débuté dans les années quatre-vingt avec le film
d'animation Urusei Yatsura 2 Byūtifuru Dorīmā de
Mamoru Oshii et le film live Toki o Kakeru Shōjo de
Nobuhiko Ōbayashi, les choses se sont accélérées dans le courant
du vingt et unième siècle. Si la nouvelle de Yasutaka Tsutsui Toki
o Kakeru Shōjo à l'origine du
long-métrage signé de Mamoru Oshii connaîtra d'autres adaptations
au cinéma ou à la télévision à travers les versions réalisées
par Haruki Kadokawa en 1997, Mamoru Hosoda en 2007 et Masaaki
Taniguchi trois ans plus tard, Katsuyuki Motohiro signera en 2005 le
film Samâ Taimu Mashin Burūsu tandis
que trois longs-métrages verront successivement le jour entre 2020
et 2023. Deux d'entre eux seront signés par Junta Yamaguchi. Tout
d'abord le génial Dorosute no Hate de Bokura,
puis Ribâ, Nagarenaide yo
qu'il me reste à découvrir. Et enfin le tout aussi surprenant
Mondays: Kono Taimu Rûpu, Jôshi ni Kizukasenai
to Owaranai
de Ryo Takebayashi qui chez nous est sorti sous le titre
Comme un lundi
et que j'ai choisi d'aborder dans cet article... Alors que le
formidable Un jour sans fin
de Harold Ramis est resté dans la mémoire de toutes celles et ceux
qui l'on découvert lors de sa sortie en salle ou sur le tard, le
Japon s'est donc emparé à plusieurs reprises et avec brio d'un
genre aux multiples ramifications. Car d'une certaine manière, les
boucles temporelles sont directement liées au concept de voyage dans
le temps et à celui des paradoxes temporels. S'agissant de Comme
un lundi,
l'histoire se déroule sur une échelle temporelle d'une semaine.
Débutant un lundi et se terminant le dimanche... jusqu'à ce que
l'histoire reprenne non pas logiquement le lundi suivant mais celui
qui s'est écoulé sept jours auparavant. Pressés par les
événements, Ryō Takebayashi et son scénariste Saeri Natsuo
débutent le récit alors même que deux employés d'une petite
agence semblent déjà s'être rendus compte que quelque chose
d'anormal se produisait au sein de l'entreprise dirigée par un
certain Shigeru Nagahisa (Makita Sports). Soupçonnant ce dernier de
porter un bracelet d'un genre très particulier exauçant tous les
vœux de celui qui le porte, Yudai Sakino (Ryô Ikeda) et Ken Murata
(Yûgo Mikawa) vont tout d'abord tenter de convaincre leur jeune et
ambitieuse collègue Akemi Yoshikawa (Wan Marui) de l'existence
réelle du phénomène. Forçant ainsi la jeune femme à conserver
des souvenirs de ce qui se sera déroulé durant la semaine afin de
la convaincre que la suivante n'est pas celle qui logiquement aurait
dû poursuivre l'existence des personnages mais bien la même...
Composé
d'une dizaine de personnages notamment complétés par Kotaro Tagi et
Haruko Takano, Comme un lundi
se déroule donc sur une semaine. Et si les quinze ou vingts
premières minutes paraissent relativement brouillonnes et risquent
donc de perdre en route une partie plus ou moins importante des
spectateurs (comme ce fut le cas de ma compagne et moi lorsque nous
découvrions pour la première fois le film à l'époque de sa
sortie), persévérer est la promesse d'une aventure aussi
extraordinaire dans son approche ''fantastique'' de la
science-fiction et de la comédie dramatique que passionnante dans
celle qui concerne la caractérisation ses personnages. Si
l'éventualité d'une malédiction liée à un bracelet porté par le
patron de la boite coinçant ses employés dans une boucle temporelle
peut prêter à sourire, les choses ne seront évidemment pas si
simples que cela. Ici, le principe est amené de manière plutôt
classique. À travers moult événements qui se reproduisent sans
arrêt. Comme un pigeon qui vient s'écraser sur la grande baie
vitrée du bureau. Ou cette femme qui tout en bas de la rue laisse
tomber son mouchoir avant qu'un inconnu ne le ramasse et ne lui
rende... Assez bordélique dans ses prémisses, le long-métrage Ryo
Takebayashi finit au fil du récit par s'ordonner autour de trois
employés qui en passant par la voie hiérarchique vont tenter de
remonter jusqu'au boss, qui est donc interprété par le génial
Makita Sports, porteur d'un bracelet que seul lui devra détruire
afin de mettre un terme au calvaire de ses employés. Mais comme rien
ne sera aussi simple et évident, la machinerie repartira en milieu
d'intrigue pour évoquer un drame et surtout, un projet qui sans
avoir été mené à bout est probablement la solution aux problèmes
rencontrés par Akemi et ses sympathiques collègues de travail.
Drôle, original et même parfois émouvant, Comme
un lundi
confirme une fois encore que le cinéma japonais est en matière de
boucles temporelles très à l'aise avec le concept. On ne s'ennuie
pas un instant dès lors que les choses deviennent plus lisibles à
l'écran. Bref, une excellente surprise...
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