Pour son premier long-métrage, le réalisateur et scénariste
américain originaire de Los Angeles Aaron Silverstein signe une
œuvre de science-fiction ambitieuse. Un film que l'on pourrait
d'emblée croire aussi riche que l'extraordinaire The Man from
Earth que
réalisa Richard Schenkman en 2007 mais qui peut s'envisager
davantage comme le croisement entre The Hidden
(1987) de Jack Sholder et Under the Skin de
Jonathan Glazer (2013). Pourtant, si l'on se penche sur la
réalisation, l'écriture des dialogues ou l'interprétation, The
Infinite Husk
n'est qu'une pâle copie de ces trois brillants exemples s'inscrivant
dans divers courants atypiques de la science-fiction. S'inspirant du
dix-neuvième épisode de la troisième saison de la série originale
Star Trek,
Requiem for Methuselah dans
lequel le Capitaine James T. Kirk ainsi que Spock et le Docteur McCoy
rencontraient un homme affirmant avoir rencontré de grandes
personnalités, The Man from Earth
fut d'une portée philosophique telle que ceux qui découvrirent cet
authentique chef-d’œuvre de la science-fiction ne s'en sont pas
encore remis. Concernant The Hidden,
ce classique indémodable qui fait sans doute partie du top vingt ou
trente des meilleures productions du genre à avoir vu le jour dans
les années quatre-vingt, l'on est par contre face à une œuvre d'un
tout autre genre. Mélange de science-fiction et de cinéma d'action,
son Grand Prix obtenu lors du Festival international du film
fantastique d'Avoriaz ayant eu lieu en 1988 n'est sans doute pas dû
au hasard puisque le film allie les deux genres avec un certain brio
tout en ayant une approche particulièrement sensible du récit à
travers un duo d'interprètes/personnages qui se révéleront au
final très attachants. Quant à Under the Skin,
même si prétendre qu'il entretient un rapport avec The
Infinite Husk
alors même que les deux longs-métrages n'ont scénaristiquement
rien de comparable, l'étrangeté de l'un et de l'autre ainsi que le
rapport ténu qu'ils entretiennent avec le sous-genre de la
science-fiction connu sous le nom de ''Body-Snatching''
(auquel appartient d'ailleurs The Hidden
ainsi que bon nombre d'autres longs-métrages) font que l'incarnation
ici de l'actrice nigériane Peace Ikediuba ne souffre d'aucune
comparaison avec celle de l'américano-danoise Scarlett Johansson !
L'on
pourrait bien entendu arguer que Under the Skin
est assez ''flemmard'' d'un point de vue de l'écriture mais
l'envoûtement qui succède aux pérégrinations de Laura lorsque
celle-ci attire notamment des inconnus dans une sorte de fluide très
opaque reste très marquant... Tandis que le long-métrage d'Aaron
Silverstein a officiellement vu le jour sur grand écran aux
États-Unis le 6 février dernier, un mois auparavant a débuté dès
le 15 janvier sur la plateforme Paramount+
la première saison de la série Star Trek :
Starfleet Academy
dans laquelle l'on pouvait faire la connaissance d'un certain nombre
de nouveaux personnages de cette immense franchise fêtant cette
année ses soixante-ans. Et parmi eux, la''Photonic''
SAM (pour Série
Acclimatation
Mil),
une forme de vie consciente mais non corporelle établie à partir de
particules de lumière et d'énergie. Si la comparaison entre cette
dernière et Vel, l'humaine dont a pris possession l'entité
extraterrestre incarnée à l'écran par Peace Ikediuba, est
relativement délicate à produire, étonnamment, l'un et l'autre des
personnages entretiennent là encore une curieuse relation. SAM comme
Vel sont contraintes de rendre des comptes à des ''êtres bien plus
grands qu'elles'' en accomplissant des missions très proches les
unes des autres... Arrivée sur notre planète en prenant possession
d'un corps fraîchement décédé, Ev a été envoyée afin de
récolter des informations concernant l'un de ses semblables.
Étudiant l'Humanité, la jeune femme découvre rapidement (et
notamment) les traits de caractère qui séparent son espèce de
celle qu'elle et un certain Mauro (Circus-Szalewski) ont investi...
et blablabla... et blablabla... Beaucoup de paroles ici, pour pas
grand chose. Transformant ce qui devait être à l'origine une œuvre
de science-fiction ambitieuse en un charabia indigeste à peine
audible, mou comme un flanc fraîchement sorti du four, piteusement
écrit et au final, très ennuyeux...
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