jeudi 12 mars 2026

Interface d'Andy Anderson (1985) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Science-fiction, horreur et... comédie... Enfin, théoriquement concernant cette dernière puisque toute tentative d'exhumer d'entre les lèvres du spectateur avide de parodies, ce qui pourrait même s'apparenter à un succédané ou un substitut de rire est voué à l'échec ! En conséquence, l'on retiendra surtout ce qui tient de l'imaginaire, entre ce que d'aucun peut de nos jours juger de crédible et qui fait passer désormais cette science-fiction de pacotille pour un fait avéré et cette horreur jugée comme telle par on ne sait quel distributeur du film ou quel critique mal avisé alors même que le long-métrage d'Andy Anderson n'en contient pas même une molécule ! Situé en partie dans les locaux d'un établissement scolaire où enseigne le professeur d'informatique Rex Hobson, (l'acteur John Davies), Interface suit les aventures de ce héros auquel reste accrochée une certaine Amy Witherspoon (Lauren Lane) dont le mari Bobby (Michael Hendrix) est mort dans de curieuses circonstances. Alors que la jeune femme soupçonne d'emblée le professeur de son défunt époux d'être responsable de sa mort, Rex Hobson décide de l'aider à faire toute la lumière sur cette affaire qui avant le décès de Bobby Witherspoon a déjà fait une victime parmi les prostituées de la ville. L'enquête de John et d'Amy, en parallèle à celle menée officiellement par la police, met à jour un réseau d'étudiants en informatique œuvrant au travers d'un programme afin d'éradiquer toute criminalité... Voilà un sujet intéressant. Voire même passionnant, qui rejoint la longue liste des longs-métrages traitant d'informatique, de robotique ou de logiciels malveillants comme l'histoire du septième art ne cesse d'en voir apparaître au fil des décennies. Le film d'Andy Anderson sort d'ailleurs à une époque où le genre fait florès. On peut donc compter dans les rangs de la science-fiction traitant de l'évolution de l'informatique le Looker de Michael Crichton en 1981, WarGames de John Badham en 1983, Electric Dreams de Steve Barron en 1984 ou encore Weird Science de John Hughes l'année suivante. Chacun d'entre eux traitant du sujet à sa manière et souvent, sur un ton relativement léger...


Ce que prône le film d'Andy Anderson, justement. Loin d'argumenter de manière sérieuse sur le sujet, le scénario qu'il écrit alors aux côtés de John Williamson, agrémenté de dialogues souvent lourdingues dont la responsabilité en incombe à Anne Marie Biondo et Steven Jay Hoey, fait plus souvent appel à la fantaisie qu'au premier degré. Certains personnages secondaires en ajoutant dans la caricature burlesque comme l'un des responsables de l'établissement dans lequel travaille notre héros, sorte de Groucho Marx débilitant, ou comme ce groupe d'étudiants tous planqués derrière de grotesques masques constitués en partie d'éléments appartenant à l'univers informatique et dotés de voix robotiques absolument ridicules ! Difficile donc de prendre au sérieux cette histoire de meurtre et de complot futuristico-humoristique dont le niveau d'intelligibilité reste difficile à évaluer tant la mis en scène d'Andy Anderson et le scénario s'avèrent brouillons. Entre comédie, policier, science-fiction et thriller, le cinéaste s’emmêle les pinceaux et ne sait jamais sur quel pied faire danser ses protagonistes. Côté humour, on a droit au versant potache du concept. C'est lourd, très lourd, pas drôle et réservé à un public qui de nos jours ne jouissent que devant des comédies adolescentes américaines très portées sur l'humour le plus salace qui soit. Les autres n'auront même pas la chance de découvrir une perle rare tournée à une époque que jalousent ceux qui n'étaient pas nés ou qui n'étaient pas encore en âge de comprendre ce qu'ils avaient devant les yeux tant Interface est piteux dans tout ce qu'il représente à l'écran. Le mieux, pour se replonger en cette époque révolue étant sans doute de se lancer dans la projection des quelques œuvres citées plus haut que dans celle de ce film tout à fait anecdotique et dont l'étrange visage qui trône sur la jaquette pouvait pourtant à l'époque s'avérer aussi intrigante qu'alléchante.

 

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