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samedi 26 septembre 2026

The Dog Stars de Ridley Scott (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Âgé de quatre-vingt huit ans, Ridley Scott ne lâche décidément pas l'affaire et continue de tourner, encore et encore. Tandis que huit longs-métrages sont en préproduction et qu'il a signalé vouloir mettre un terme à la saga Alien en réalisant le dernier opus, suite et fin de Prometheus et Alien Covenant, il a réalisé cette année The Dog Stars d'après le roman La Constellation du chien de l'écrivain américain Peter Heller. Si la légitimité du cinéaste n'est plus à faire malgré les remous qui tournent autour de sa personne vis à vis de certains de ses propos concernant plusieurs volets de la franchises Alien ou concernant certains de ses choix artistiques, apprendre son retour sur grand écran est toujours (ou presque) une bonne nouvelle. Alors, lorsqu'il décide d'adapter le roman d'anticipation de Peter Heller dont le récit semble pour celui qui ne l'a pas lu se résumer à une énième histoire de pandémie et d'effondrement de la société, on peut se demander quel est l'intérêt de mettre en scène des personnages plongés dans un univers déshumanisé, où les ressources se font rares et ou se battre pour survivre est devenu essentiel... Pourtant, à la différence de certaines œuvres reposant sur le même concept, Ridley Scott s'attache à nous décrire le personnage de Hig (Jacob Elordi), veuf de sa défunte épouse morte de la maladie voilà plusieurs années qui contrairement à son seul ami Bangley (Josh Brolin) croit en l'humanité ou en tout cas en ce qu'il en reste puisque la quasi totalité de la population américaine a été décimée par une pandémie de grippe particulièrement virulente. Vivant dans une zone dégagée dont les limites sont surveillées de très près par Bangley, Hig est en outre accompagné de son chien Jasper qui l'accompagne en avion partout où il se rend. Et notamment une petite communauté mennonite conduite par son chef Aaron (Benedict Wong) ou encore dans une zone commerciale déserte où il a caché des vivres et des médicaments en cas de besoin. Car bien entendu, comme dans tout univers post-apocalyptico-dystopique, le monde The Dog Stars n'est pas à l'abri d'éventuels assauts menés par des bandes meurtrières plus ou moins organisées. Mais le véritable rêve de Hig est de se rendre en avion jusqu'à la petite ville de Grand Junction depuis qu'il a capté grâce à son poste de radio un message provenant de cette cité où il pense trouver d'autres humains auprès desquels reconstruire l'humanité. Bien décidé à s'y rendre après la mort de Jasper lors d'une attaque menée par un groupe de personnes extrêmement agressives, il rencontrera en chemin Cima (Margaret Qualley) et son père Pops (Guy Pearce) qui vivent seuls et isolés en pleine campagne...


The Dog Stars, mieux vaut se le mettre en tête, est le genre de long-métrage qui demande un peu de patience et de persévérance. Notamment durant les trente ou quarante premières minutes, plutôt lentes et servant de préambule à la suite des événements. Une manière de faire surtout connaissance avec Hig et Bangley dont les points de vue sont totalement opposés, de comprendre le contexte de l'histoire, ses dangers et les motivations qui animent les deux hommes. Le film décolle, est c'est un euphémisme, lorsque Hig monte à bord de son petit avion de tourisme et se retrouve dans la campagne, contraint d’atterrir dans une région déserte où ne vivent que Cima et son père. L'occasion de découvrir deux nouveaux personnages dont la présence sera fondamentale pour la suite des événements. L'un des plus grands attraits du nouveau film de Ridley Scott n'est pas tant l'univers décrit qui, par rapport à d'autres œuvres, ne déploie pas d'artifices spécialement grandioses en terme d'univers post-apocalyptique que la caractérisation des divers personnages principaux. Qu'il s'agisse de Hig, de Bengley ou du couple père/fille, l'écriture et la description de chacun d'entre eux les rend formidablement attachants. On conseillera d'ailleurs à celles et ceux qui viennent de découvrir le ''film-jumeau'' Heart of the Beast de David Ayer qui auraient apprécié l'aventure de Brad Pitt et du chien Uber de filer tout droit dans une salle projetant The Dog Stars. Ridley Scott a beau approcher les quatre-vingt dix printemps, le cinéaste n'a pas perdu de sa superbe en matière de réalisation et propose une œuvre profondément humaine même si nos héros seront parfois confrontés à des bandes de dégénérés tout droit sortis de Mad Max 2 : le défi du réalisateur et scénariste australien George Miller. Deux ou trois scènes particulièrement violentes et typiques de ce genre de contexte où la survie passe pour certains par le meurtre et le pillage. Une œuvre pourtant naturaliste qui s'écarte volontairement des blockbusters américains habituels, ne propose ni zombies, ni infectés mais une réflexion sur la solitude, sur la mort sur l'homme et sur l'espoir. Bref, une très bonne surprise...

 

samedi 12 septembre 2026

Le gardien du temps de Brian Hannant (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 4039 et le monde va mal. En Australie, les survivants d'une guerre nucléaire vivent retranchés dans une cité sous cloche qui les abrite des radiations mais aussi de leur principaux ennemis, les Jen-Diki. Des machines produites dans le passé par l'homme mais qui depuis se sont rebellées et n'ont désormais qu'un objectif : éliminer toute trace de vie humaine sur la surface de la Terre. Lorsque le dirigeant de la cité (interprété par Dean Stockwell) comprend que ses habitants sont en danger, il décide de déployer l'extraordinaire faculté de l'immense structure qui lui permet de voyager dans le temps. Afin d'échapper aux Jen-Diki, il choisit donc de faire effectuer à la cité et à ses habitants un bond dans le passé jusqu'en 1988. C'est à cette époque très précise que vit la géologue Annie Lassiter (Nikki Coghill) qui lancée sur les routes australiennes afin d'étudier les roches environnantes va rencontrer les voyageurs du temps Ballard et Petra. Le premier, incarné par Tom Burlinson est un valeureux soldat tandis que la seconde, Petra, interprétée par Carrie Fisher que l'on connait surtout pour son rôle de la Princesse Leia Organa dans la saga de science-fiction Star Wars est une spécialiste du vingtième siècle. Tout deux sont envoyés sur la Terre de 1988 afin de préparer l'arrivée prochaine de la cité. Car oui, dans ce cas très précis de science-fiction basé en partie sur le voyage dans le temps, celui-ci s'avère relativement notable par rapport à la concurrence puisque remonter les 2051 années qui séparent le futur du présent ne se fera pas instantanément ! Reposant sur un budget relativement honorable de huit millions de dollars australiens qui correspondent environ à cinq millions et sept-cent mille dollars américains, Le gardien du temps joue énormément sur les contrastes qui existent entre le présent et le futur. Tandis que le long-métrage du réalisateur et scénariste australien Brian Hannant se dote d'effet-spéciaux et visuels ainsi que de décors plutôt cheap centrés sur la cité, les costumes et les attaques des Jen-Diki, l'année 1988 est présentée sous l'angle d'une petite bourgade australienne parfois comparable aux plus obscures patelins de l'Amérique profonde où d'improbables serial killers cannibales kidnappent et assassinent tout voyageur et touriste de passage. Des rednecks ou ''culs-terreux'' dont un shérif agressif sur lequel l'habitant du coin ne semble pas pouvoir compter. C'est donc dans ce cadre poussiéreux parfois étrangement magnifié par la photographie de Geoff Burton que vont évoluer nos principaux personnages qui vont devoir affronter une fois encore mais cette fois-ci avec l'aide d'Annie, leurs plus vindicatifs ennemis...


D'une qualité relativement raisonnable si on le compare à ces tonnes de plagiats d'anticipation qui virent le jour sur les cendres des classiques que sont notamment New-York 1997 de John Carpenter ou Mad Max de George Miller, l'une des spécificités du long-métrage de Brian Hannant est cette improbable interconnexion qui le relie au Terminator de James Cameron. Avant de rentrer dans le cœur du sujet, il est tout d'abord amusant de noter que la société de production Hemdale Film Corporation fut productrice sur les deux films ! Écrit par Brian Hannant et John Baxter, Le Gardien du temps est parfois à ce point similaire à Terminator que l'on est en droit de penser qu'il est lui-même un plagiat éhonté de ce grand classique de la science-fiction d'anticipation. En effet, comment ne pas remarquer le nombre impressionnant de ressemblances qui existent entre l'une et l'autre de ces deux œuvres ? À commencer par ces séquences situées dans le futur. Même propension à décrire un univers futuriste sombre où s'opposent résistance humaine et cyborgs. Où les machines ont pris le pouvoir sur une bonne partie de la planète et sont déterminées à exterminer notre espèce. Deux longs-métrages qui en outre plongent certains protagonistes dans le passé. Ici, Annie et Ballard font donc figure d'ersatz de Sarah Connor et Kyle Reese tandis que les Jen-Diki semblent être ''les petits cousins australiens'' de l'effrayant Terminator ! La comparaison pourrait s'arrêter là si le cinéaste ne poussait pas le bouchon encore un peu plus loin en évoquant bien évidemment la rencontre entre un homme du futur et une femme du présent. Deux individus qui en outre et là encore comme dans Terminator finissent par éprouver des sentiments l'un pour l'autre. On pourrait encore apporter matière à comparer les deux œuvres mais ce qui saute ensuite aux yeux est la différence de prestige qui existe entre l'une et l'autre puisque Le gardien du temps ne fait absolument pas le poids face à Terminator. Et pourtant, l'ambition est bien là, comme en témoignent notamment les huit millions de budget qui à l'époque était une somme importante pour ce genre de projet australien. Notons également l'emploi presque ''résiduel'' de l'actrice Carrie Fisher qui malgré le prestige d'avoir incarné l'une des icones de la saga Star Wars est ici sous-employée. Bref, Le gardien du temps se regardera surtout davantage comme une curiosité dont on s'amusera donc à relever tous les détails qui le rapprochent du classique de James Cameron...

 

mercredi 3 juin 2026

Iron Lung de Mark Fischbach (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il semblerait qu'il faille désormais compter sur la participation de certains youtubeurs ambitionnant de passer de la célèbre plateforme de vidéo en ligne au cinéma. On pense bien évidemment aux frères australiens Danny et Michael Philippou qui sont parmi les premiers à être passés de l'autre côté du miroir en 2022 avec leur premier long-métrage Talk to Me. N'oublions cependant pas que c'est bien en France que les hostilités ont été lancées un an auparavant à travers une œuvre réalisée par un collectif de vingt-six vidéastes issus de la plateforme Youtube. Une majorité de critiques amateurs qui tous ont mis en scène l'une des lettres de l'alphabet dans un court-métrage d'horreur…. Rien qu'en cette première moitié d'année 2026 l'on a eu droit à trois projets cinématographiques réalisés par des youtubeurs. L'un des plus attendus sur notre territoire est le Backrooms de Kane Parsons dont la sortie est prévue pour le 14 juin prochain. Le second, Obsession de Curry Barker, a rencontré un accueil positif plutôt mérité depuis sa sortie en mars dernier aux États-Unis puis en mai en France. Quant à Iron Lung de Mark Fischbach, celui-ci est sorti chez nous en février. Et contre toute attente, ce film au budget apparemment minimaliste de trois millions de dollars mais dont la somme s'avère finalement conséquente lorsque l'on prend connaissance que le film a entièrement été auto produit. Une œuvre très particulière. Adaptation du jeu vidéo éponyme développé par David Szymanski pour Windows et pour la Nintendo Switch en 2022, le long-métrage est donc mis en scène par un youtubeur qui à l'époque fit l'éloge du jeu en question. Tourné à Austin au Texas et auto financé, écrit et réalisé par Mark Fischbach, le film met en scène tout comme sa version vidéoludique un criminel. Celui-ci est envoyé dans les profondeurs de la lune AT-5, laquelle est entièrement recouverte d'une vaste mer de sang. Alors qu'un événement d'ampleur cataclysmique connu sous le nom de The Quiet Rapt a provoqué la disparition de toute étoile et toute planète dans l'univers, le seul espoir de survie d'une poignée d'être humains est d'envoyer dans les profondeurs de la lune AT-5, Simon, un individu accusé d'avoir causé la mort d'innombrables hommes et de femmes lors d'une explosion qui causa la perte d'une station spatiale connue sous le nom de Filament Station et de ses passagers... Simon, qu'incarne lui-même Mark Fischbach est donc contraint d'accepter cette périlleuse mission qu'il doit accomplir à bord de l'Iron Lung...


Une ''capsule'' hermétiquement fermée par soudure afin d'éviter toute fuite en raison de la densité de la mer de sang. Plongé dans ses eaux rouges, l'homme cartographie les lieux à la recherche de ressources vitales qui pourraient permettre la survie de l'espèce humaine lorsqu'il découvre ce qui s'apparente au squelette d'une créature inconnue... D'une durée dépassant légèrement les deux heures, Iron Lung mêle épouvante et science-fiction dans un cadre on ne peut plus restreint puisque la totalité du récit se déroule à l'intérieur d'un ''poumon d'acier'' qui ne doit pas dépasser trois mètres de large et vingt de longueur. Un véritable cercueil ambulant, rouillé, archaïque, plongé dans une mer opaque, dense et visqueuse, qui parfois s'insinue de part et d'autre de l'engin lorsque le Iron Lung s'enfonce un peu trop loin dans la mer et que la pression augmente dangereusement. Collaborent au projet un certain nombre d'interprètes dont la plupart n'apparaissent à l'écran que sous la forme de voix. Et lorsque Ava (Caroline Kaplan) ou David (Troy Baker) se présentent à l'image, ça n'est que pour un très court instant et derrière l'épais hublot de la capsule ! Critiqué en grande majorité pour ses nombreux ventres mous, Iron Lung n'en est pas moins une expérience relativement stupéfiante. Car aussi longue que puisse être la durée de ce film dont le scénario repose sur quelques bribes d'idées, Mark Fischbach réussit le pari de rendre passionnante une histoire réduite à un lieu et à une tentative d'exploration à laquelle il est impossible de s'identifier puisque effectuée au sein même d'une mer de sang qui empêche toute visibilité. Il faut s'accrocher, surtout durant une bonne grosse moitié du récit car les ventres mous évoqués plus haut sont concentrés durant cette première partie qui aurait mérité d'être purgée de séquences inutiles ou redondantes. De plus, l'univers extrêmement sombre (au sens propre comme au figuré) n'aide pas à l'empathie pour un film plus ou moins amateur et doté d'effets-spéciaux parfois rudimentaires. Mais passés ces quelques caps, Iron Lung nous plonge ensuite dans un délire visuel parfois très impresionnant. Une récompense pour tout spectateur ayant eu le courage de demeurer optimiste devant un spectacle, au contraire, très pessimiste. Bref, une étonnante expérience cinématographique...

 

jeudi 2 avril 2026

The Curious Female de Paul Rapp (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2427 et tandis que l'humanité est désormais régie par un superordinateur, les mœurs ont depuis longtemps été radicalement transformées et sont maintenant conduites par cet alter ego du Big Brother de George Orwell. Resté longtemps assistant de direction et réalisateur de seconde équipe, Paul Rapp (lequel n'a bien évidemment aucun lien de parenté avec le regretté Bernard Rapp aujourd'hui disparu depuis presque vingt ans) n'aura signé que deux longs-métrages sous son seul nom. Celui que l'on va donc évoquer ici et qui à vu le jours à la toute fin des années soixante ainsi que le documentaire sportif Go for it qui sortira sept ans plus tard... Derrière le très énigmatique titre The Curious Female, le cinéaste américain se retranche derrière son propre script qui parfois semble avoir été écrit sous l'influence d'opiacées tant le film se joue de la libération sexuelle et son fameux slogan ''Faites l'amour, pas la guerre'' né dans le contexte de la guerre du Vietnam et notamment associé aux mouvements pacifistes... Dans un monde où l'hygiène sexuelle a ses codes et ses réserves, un couple a choisi de braver les interdits en projetant de vieilles bobines de films censurés qui à notre époque relataient la sexualité dans sa forme la plus débridée. En réalité, rien de comparable avec les orgies auxquelles s'adonnent dans ce futur dystopique les spectateurs venus découvrir comment leurs plus vieux ancêtres envisageaient leur sexualité. Hommes et femmes s’entrelacent dans un bain de chairs qui rappellent peu ou prou le mythe des orgies romaines sans toutefois repousser les limites de l'indécence que connu la version hard du classique du péplum érotico-pornographique réalisé en 1979 par le cinéaste italien Tinto Brass, Caligula. En effet, dix ans avant ce véritable choc cinématographique alliant les scènes de sexe les plus crues à de spectaculaires mises en scène de la souffrance, The Curious Female paraît désormais bien timide même si la nudité y demeure l'un des sujets essentiels de cette œuvre que l'on évoquera sous le terme de comédie de science-fiction érotico-psychédélique... Au-delà de son évidente légèreté, son auteur aime se jouer du caractère parfois ambigu de certaines relations et d'attitudes vis à vis de son prochain du sexe opposé qui aujourd'hui ne devrait logiquement plus avoir court. Tout en ayant à contrario le culot de juger certains actes en les glorifiant à travers cette recherche de l'interdit traduit par un monde qui réprouve toute forme d'excès...


Bref, on se touche, s'embrasse et se fait l'amour sans complexes et à l'abri du regard du superordinateur temporairement déconnecté pour ressentir des sensations appartenant au passé et qui pour Susan (interprétée par la délicieuse Angélique Pettyjohn qui la même année joua dans Le Médecin dément de l'île de sang de Gerardo de Leon) restaient jusque là insoupçonnables. Dans des décors kitschissimes propres aux années soixante et aux productions à petit budget, The Curious Female démarre donc comme un long-métrage de science-fiction mêlant mobilier futuriste et costumes de la Rome Antique avant de faire un bond à travers le passé lors de la projection d'un vieux long-métrage mettant en scène trois jeunes femmes vierges (la virginité étant au centre du débat). Alors qu'en 2427, les adolescentes âgées de 13 ans seulement sont systématiquement envoyées se faire dépuceler par des hommes beaucoup plus âgés qu'elles, interdisant ainsi à ces dernières de concevoir ce qu'est réellement le concept de virginité, le film qui leur est projeté montre qu'à une certaine époque, celles-ci avaient le pouvoir de maîtriser leur corps. Un concept qui là encore semble avoir disparu dans le futur... Si The Curious Female traite effectivement de la virginité, il s'essaie également au sujet du viol (parfois incestueux), de la prostitution (les trois jeunes femmes en question étant ''reliées'' à une entreprise qui octroie à de libidineux personnages masculins le droit de cuissage moyennant finances), de ''l'interracialité'' ou de l'homosexualité. Ces deux derniers connaissant une évolution en fin de décennie alors qu'ils étaient jusque là stigmatisés et moralement considérés comme tabous ! Sur un sujet qui donc s'avère particulièrement fort, The Curious Female n'en est pas moins un long-métrage relativement décevant. Du moins, de nos jours puisque prises avec légèreté, la plupart des séquences n'impactent que très peu la conscience du spectateur qui voit davantage en cet Objet Filmique Non Identifié, une blague de potache sexy (sexiste?) où la Femme n'est que l'objet de l'obsession de l'Homme. Une œuvre qui s'inscrit donc bien dans la comédie et moins dans le drame social...

 

lundi 23 mars 2026

The Well de Hubert Davis (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ça se bouscule du côté de la science-fiction dystopico-post-apocalyptique. Un peu comme lors du Black Friday, à l'entrée des magasins, lorsque les gens se piétinent, qui pour un téléviseur, qui pour un aspirateur dernier cri, qui pour une machine à laver ! De beaux exemples d'une humanité qui oublie dans ces cas là, tout discernement... Maintenant, s'agissant du thème qui nous intéresse ici, l'on est face à un objet filmique facilement identifiable et qui prend tout son temps. Non pas sur une durée étirant le récit sur deux ou trois heures mais juste sur ce qu'il faut de temps pour le réalisateur Hubert Davis et les scénaristes Michael Capellupo et Kathleen Hepburn de développer un script qui, s'il ne révolutionne pas le genre, profite malgré tout du sens inné de ses auteurs lorsqu'il s'agit pour eux de décrire un monde dans lequel l'humanité tente de survivre après un drame écologique d'ordre mondial. Dans le genre, l'on aura eu droit à tout. À commencer par diverses invasions. Celles d'infectés et de zombies mais aussi celles de tout un tas de créatures. Puis interviennent des éléments naturels contre lesquels l'Homme ne peut rien faire. Chute de météorites, tremblements de terre, éruptions volcaniques, Tsunamis, notre Terre Mère est parfois bien revancharde lorsqu'il s'agit de nous faire payer nos excès. Et puis, demeure l'une des sources de vie primordiales : l'eau ! Cet élément essentiel sans lequel aucune vie ne serait possible sur notre planète et qui dans le cas de The Well (en français, Le puits) est contaminée en dehors de quelques rares exceptions... Le long-métrage de Hubert Davis met tout d'abord en scène les personnages d'Elisha Devine (Joanne Boland), son époux Paul (Arnold Pinnock) ainsi que leur fille Sarah (Shailyn Pierre-Dixon). Une famille isolée du monde extérieur et qui jusqu'à maintenant a réussi à survivre grâce à un puits dont l'eau est demeurée potable. Malheureusement, le purificateur permettant de la filtrer est désormais endommagé et les réserves de la famille commencent à s'épuiser. C'est alors qu'arrive dans les parages, Jamie (Idrissa Sanogo), lequel prétend être le neveu de Paul. Relativement soupçonneuse, Elisha accueille la nouvelle avec prudence. Isolé dans une ''cage'' le temps de s'assurer qu'il n'est pas atteint de la maladie liée à l'eau contaminée qui à jusqu'à maintenant décimé une importante partie de l'humanité, le jeune garçon est finalement accepté au sein de la famille. Prétextant pouvoir remplacer le filtre du purificateur dans le camp où il était précédemment installé, Jamie s'en empare et décide de prendre la route sans en référer à son oncle mais en étant suivi par sa cousine Sarah...


Armée d'un fusil, l'adolescente arrive en compagnie de Jamie dans un minuscule camp régenté par une certaine Gabriel (Sheila McCarthy que l'on a pu notamment découvrir dans 58 minutes pour vivre de Renny Harlin en 1990 ou Le jour d'après de Roland Emmerich en 2004)... Rien que de très banal en apparence pour ce long-métrage qui réunit tous les éléments du film de science-fiction post-apocalytique. Jusqu'à même mettre en scène un antagoniste à la forte personnalité et justement incarné par cette femme d'âge mûr sans doute beaucoup trop souriante et bienveillante pour n'être que la vieille femme que tout le monde rêve de côtoyer dans ce genre de récit. Sans avoir le profil du gourou derrière lequel se cache une poignée de survivants qui comptent tous sur elle pour se maintenir en vie, Gabriel porte pourtant sur elle tous les stigmates de celui ou celle que l'on craint de rencontrer... The Well distille son comptant de séquences fortes, abordées sur un rythme lent, qui laisse une place importante à la caractérisation des personnages. Permettant ainsi au spectateur de se reconnaître dans l'un ou l'autre des personnages parmi lesquels nous ajouterons notamment la jeune Milly (Noah Lamanna, notamment découverte dans les séries Star Trek: Strange New Worlds et The Last of Us) ou bien Wanda (Natasha Mumba), cette jeune mère d'un bébé qui éprouve de grandes difficultés à le nourrir par le sein tant le manque d'eau se fait pesant... Ici, la lenteur du récit n'est pas directement liée à l'ennui. Bien au contraire, plutôt que d'abreuver les spectateurs de séquences chocs même si à une ou deux occasions le réalisateur ne se gêne pas pour en produire, The Well est doté d'une ambiance lourde, anxiogène, le script de Michael Capellupo et Kathleen Hepburn intégrant merveilleusement bien le contexte familial des Devine qui outre leur tentative de survivre dans un monde parfois hostile a vécu un drame dont ils ne se sont jamais vraiment remis. Mise en scène et interprétation sobres. Tout comme les décors et l'absence d'effets-spéciaux déterminent un futur proche réaliste. S'il y a peu de chance que The Well fasse des vagues en comparaison des blockbusters américains, cette production canadienne que l'on devine dotée d'un budget restreint est en fait une excellente surprise. Et si le sujet n'est évidemment pas novateur, l'on peut compter sur un traitement soignée de l'œuvre pour passer un très bon moment...

 

vendredi 16 janvier 2026

Greenland : Migration de Ric Roman Waugh (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y a six ans sortait sur les écrans Greenland de Ric Roman Waugh. Énième long-métrage qui après Meteor en 1979, Asteroid en 1997, Armageddon en 1998 ou bien Deep Impact la même année nous comptait en 2020 les aventures de John Garrity (Gerard Butler), de son épouse Allison (Morena Baccarin) et de leur fils Nathan (Roger Dale Floyd). À l'issue de leurs nombreuses péripéties et tandis que la planète subissait une extinction massive de la plupart des espèces vivant sur Terre, ils parvinrent à atteindre un abri situé au Groenland où il se réfugièrent. Après neuf mois, isolés dans leur bunker aux côtés d'autres survivants qui eurent tout comme eux l'opportunité de se protéger de l'impact de la comète géante ''Clarke'' et de nombreux débris, John Garrity et la autres purent en sortant, découvrir une planète ravagée, un air devenu irrespirable et des températures extrêmes... Les Garrity et tous ceux qui les ont accompagné à l'intérieur du refuge vont durant plusieurs années patienter jusqu'à ce que le climat se stabilise. Autant de temps qui n'empêche pourtant pas le danger d'être toujours présent puisqu'au départ de la séquelle Greenland : Migration l'on apprend de la bouche même de John Garrity que des milliers de fragments de la comète tournent toujours autour de notre planète et menacent de venir s'écraser à sa surface. Et ça tombe bien puisque pile-poil six ans plus tard, voici que des dizaines d'entre eux vont justement venir détruire l'abri, forçant ainsi les survivants à fuir l'endroit à bord de canots de sauvetage. Pour John et sa petite famille, dont Nathan est désormais interprété par Roman Griffin Davis, il est temps de partir jusqu'en Europe, afin de rejoindre le Cratère de Clarke situé dans le sud de la France. Témoin du peu d'ambition du long-métrage, le film ne sera d'ailleurs pas tourné sur place mais en Islande. Permettant malgré tout aux spectateurs de profiter de quelques magnifiques décors. Mais avant que les Garrity ne parviennent jusque là, ils vont devoir traverser diverses régions relativement hostiles, au gré de rencontres plutôt sympathiques pour un voyage qui dans un contexte de dystopie nous a habitué à mieux et à beaucoup plus périlleux et qui pourrait apparaître parfois comme une simple promenade bucolique. Autant dire que d'aller dépenser nos deniers pour découvrir les secondes et dernières aventures d'une sympathique famille d'américains moyens confrontée aux énième retombées climatiques et comportementales d'une catastrophe mondiale n'est peut-être pas la meilleure idée que nous ayons eue...


Car si Greenland fut une expérience de cinéma plutôt divertissante et si cette séquelle ne l'est pas moins, la promenade se révèle finalement plutôt pépère pour nos trois personnages. Croisant la route de personnages armés mais en réalité très coopératifs, les Garrity nous donneront l'occasion d'être les témoins d'un nombre incalculable d'invraisemblances à commencer par l'aventure en mer du canot de sauvetage qui après avoir quitté les côtes du Groenland se dirige vers l'Europe. Durée du voyage : une semaine. Autant dire qu'il est difficile de concevoir que l'embarcation puisse atteindre son objectif sans que son réservoir d'essence ne se vide au bout d'une journée seulement. Et bien évidemment, c'est ce qui arrive au bout d'un certain temps. Mais très optimistes, John et les autres comptent sur le hasard et surtout sur les courants marins pour atteindre leur premier but : l'Angleterre. Une fois miraculeusement arrivés à destination, le canot bute contre le toit d'un immeuble. John ouvre une porte latérale du canot et se saisit d'une... rame ! Et ouais, les mecs, préférant laisser faire le hasard que de guider à la rame l'embarcation, on peut dire que nos héros ont vraiment de la chance ! Et en terme d'incohérence, je suis certain que Ric Roman Waugh peut encore faire mieux. Et c'est vrai, juste une poignée de secondes plus tard. Si le canot a buté contre le sommet d'un immeuble, c'est parce que la ville a été engloutie sous les eaux. Ce qui n'empêche pas les personnages de se retrouver une poignée de secondes plus tard à errer normalement en ville dans des rues, au sec. À moins que la région ne se soit vidée comme un évier juste avant le passage de John et de sa famille, va falloir justifier une telle invraisemblance. Bon, on ne va pas toutes les lister et laisser les spectateurs s'amuser au jeu des incohérences... Pour le reste, John et sa petite famille vont retrouver une ancienne amie qui depuis le désastre continue de soigner des malades atteints d'Alzheimer dans un hôpital avant de prendre la route vers le cratère de Clarke. Tout ceci n'est franchement pas terrible. Et même si l'on a l'opportunité d'assister à une ou deux séquences plutôt bien fichues à l'image de la traversée de deux ponts ''artisanaux'' fabriqués l'un avec des cordes et le second avec des échelles, le voyage est décevant. Monté à la truelle, causant parfois des ellipses très discutables, Greenland : Migration est un tout petit blockbuster pourtant doté d'un confortable budget s'élevant à quatre-vingt dix millions de dollars et d'effets-spéciaux convaincants. Bref, mieux vaut patienter jusqu'à son passage à la télévision...

 

jeudi 15 janvier 2026

Else de Thibault Emin (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Bouh, ce que j'ai pu prendre comme retard, moua! Allez, on remet les pendules à l'heure avant de véritablement entamer cette année 2026 qui est déjà vieille de quinze jours. Pour commencer, on va parler de Else de Thibault Emin, auteur de trois courts-métrages entre 2006 et 2008 et puis, PAF ! Silence radio côté mise en scène et écriture, pour changer de poste et être mis en avant par Lewis Eizykman en 2014 avec La momie, Etienne Fu-Le Saulnier en 2016 avec Little Party Queen et Dan Cohen en 2019 avec Oléastre... De retour derrière la caméra en 2025, Thibault Emin sort donc son tout premier long-métrage en salle le 28 mai et là, comment dire... Alors que l'on ne cesse de vanter abusivement le cinéma de Julia Ducournau, c'est peut-être pourtant du côté de cet ''inconnu'' qu'il fallait voilà huit mois en arrière, détourner le regard. Objet de fantasme personnel réunissant différentes formes d'inspiration reconnues ou non par son auteur, Else semblera sans doute pour certains s'être pourtant perdu dans un dédale de prétentions. Chose que paraît cependant nier la légèreté avec laquelle Thibault Emin introduit les personnages. Reprenant le concept de pandémie sous un jour nouveau, le film tourne autour de Anx (Matthieu Sampeur) et de Cassandre (Edith Proust). Un couple étonnant, formé par un homme réservé et introverti face à une jeune femme, au contraire, plutôt extravertie. Un jeu du chat et de la souris s'installe entre les deux personnages tandis qu'autour d'eux, le monde bascule, s'effondre vers un chaos inédit. En effet, un curieux virus ne transforme non pas les victimes en enragés basculant dans une violence outrée mais provoque de très étranges mutations physiologiques. En cela, Else s'éloigne des contingences habituelles pour osciller vers une forme de Body Horror dont l'une des formes les plus saisissantes fut visible voilà plus de trente-cinq ans dans Tetsuo du réalisateur japonais Shin'ya Tsukamoto. Œuvre magistrale et jusqu’au-boutiste incorportant les modifications corporelles dont était la victime le personnage principal. Sur un ton abandonnant la configuration cyberpunk et industrielle de ce véritable film culte, Thibault Emin prépare la ''chair'' à accueillir en son sein, tous types de matériaux. Le virus contraignant ainsi nos deux jeunes et fougueux personnages à éviter tout contact avec leur environnement...


Installés dans un appartement fourmillant de détails visuels propres à pousser Anx et Cassandre à commettre l'erreur qui pourrait les faire rejoindre le lot des victimes, l'un et l'autre jouent à un jeu passionnel guidé par la jeune femme, beaucoup plus libérée que son compagnon. Par petites touches, cette idylle dont la posture ''post-adolescente'' amuse parfois est grippée par de menus détails qui témoignent pourtant du drame qui insidieusement va s'installer entre les quatre murs de l'appartement. Bruits étranges et contacts physiques avec certains objets laissant de curieuses blessures. D'un univers enjoué bien qu'étant pourtant claustrophobe, Thibault Emin adresse au public un message de prévention autour d'une maladie physiquement dégénérative dont les conséquences sont plus ou moins inédites. Bruits étouffés, échanges verbaux avec une voisine à travers un conduit, ce qui n'est pas sans rappeler l'univers étrange mais remarquable d'un certain Delicatessen signé de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet en 1991, Else installe un inconfort qui culmine lorsque l'appartement est investi par de drôles de ''créatures'' dotées d'un point sensible : l'œil ! L'étonnement laisse alors la place à une certaine forme d'incompréhension sublimée par des plans ravissant le regard du spectateur. L'un des atouts majeurs du film, car il en existe bien, est sans doute cet ''échange de bon procédé'' consistant à figer les victimes du virus dans une posture ''minérale'' alors même que tout objet inanimé s'en trouve par définition mue d'une vie propre et ''absorbant'' la vigueur de leur hôte ! Entre science-fiction, dystopie, comédie romantique, huis-clos, Body Horror et voire même horreur cosmique, Else éprouve la sensibilité des spectateurs en jouant sur différents tableaux. Si la magie opère parfois, le concept ampoule malheureusement aussi l'intrigue en ne sachant pas toujours sur quel pied danser. Plus que la prétention dont Else semble être gavé, nous évoquerons davantage une ambition, une générosité et la propension du cinéaste à injecter tout ce qui lui passe par la tête. En résulte une œuvre qui peut soit perdre les spectateurs, soit les épuiser, soit finalement les séduire. À chacun donc de se faire sa propre opinion sur ce premier long-métrages d'un artise très prometteur...

 

lundi 1 décembre 2025

Altered de Timo Vuorensola (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les films de science-fiction dystopiques confrontant différentes couches de la société circonscrites dans des quartiers ou des zones d'habitat sont légion. Il en est même qui poussent le concept jusqu'à situer tout ou partie de leur action à bord de stations spatiales où seuls les plus riches peuvent venir s'installer et se prémunir de la pollution, des maladies ou de la famine comme ce fut le cas avec Elysium de Neill Blomkamp en 2013. C'est donc sans surprise que débarque Altered, dernier long-métrage du réalisateur finlandais Timo Vuorensola auquel on doit notamment Iron Sky 1 & 2 en 2012 et 2019 ou Jeepers Creepers : Reborn en 2022... Avec un tel pedigree, on sait déjà à quoi s'attendre et avouons qu'au bout d'une petite dizaine de minutes, l'envie de cesser la projection d'un film qui ne s'avère être apparemment rien d'autre qu'une énième purge est tentante ! Plus ou moins exigent mais prenant avant tout plaisir à jouer, l'acteur anglais Tom Felton, devenu célèbre grâce au rôle de Draco Malfoy dans la saga Harry Potter, a donc accepté de jouer en 2025 le rôle de Leon, jeune homme paraplégique et véritable génie de la mécanique qui veille sur Chloe (Liza Bugulova), une adolescente dont les parents sont morts. La société étant divisée en deux secteurs, les privilégiés, nommés ''Genetics'' vivent dans les beaux quartiers et bénéficient de privilèges auxquels les '' Specials'' n'ont pas droit. Et bien entendu, Chloe et Leon font partie de ces derniers. Tandis qu'un groupe de terroristes qui se fait appeler les ''Anti Genetics'' s'attaque à des représentants de la communauté des ''Augmentés'', nos héros découvrent bientôt que le groupe en question est en réalité mené par le Colonel Volkov, un exécutant du Régime Génétique incarné à l'écran par l'acteur russe originaire de Moscou, Igor Jijikine. Une manière de convaincre les derniers réfractaires de l'utilité de débarrasser une bonne fois pour toute la société de ceux qui certains appellent des ''Monstres''. Dans le cas de Altered et contrairement à la franchise X-Men, la ''valeur ajoutée'' s'agissant des capacités physiques augmentées de leur porteurs est une qualité et non plus une tare dont il faut masquer l'existence. Au contraire, ceux qu'en des temps propres à notre époque l'on considérerait encore comme des gens normaux sont ici considérés comme la lie de la société puisque ne bénéficiant d'aucune aide spécifique de la part de l'état...


Et c'est là qu'interviennent deux autres personnages. L'actrice britannique Aggy K. Adams incarne la très populaire chanteuse Mira tandis que l'acteur gallo-américain Richard Brake Interprète le rôle de Kessler, un ingénieur. Tous deux auront une importance considérable puisque l'un et l'autre prévoient d'imposer une loi permettant aux ''Genetics'' et aux ''Specials'' de vivre enfin ensemble... Mais bien entendu, le Colonel Volkov ne l'entend pas de cette oreille et s'en prend tout d'abord à Mira, sauvée in-extremis par Leon, lequel s'est fabriqué une armure lui permettant de se déplacer et de développer une force suffisante pour combattre l'ennemi... Pour être très clair, Altered est souvent d'une laideur visuelle repoussante. Il faut être capable de supporter la première séquence pour pouvoir ensuite suivre les aventures du trio principal Leon/Chloe/Mira sans être totalement écœuré par le si peu de soin apporté aux décors et aux effets-spéciaux. Témoignant sans doute d'un budget ne dépassant pas les dix ou quinze millions de dollars. Tout ou presque sonne faux. Probablement tourné en studio, le long-métrage de Timo Vuorensola est d'un point de vue artistique plutôt rachitique. Comme un jeu vidéo de science-fiction dont les décors auraient manqué de véracité et d'une faune de PNJ véritablement vivante... En contrepartie, le finlandais imprime au film une certaine énergie qui parfois parvient à remédier au manque de crédibilité des environnements. Le long-métrage a surtout la chance d'avoir comme acteur principal Tom Felton qui malgré la petitesse et le manque d'ambitions réelles du projet se donne à fond et s'avère tantôt drôle, tantôt émouvant. Surtout lors de son échange avec son père, dans la chambre d’hôpital où le jeune paraplégique est alité. De là à dire que le film vaut véritablement le coup d'être découvert serait exagéré. D'autant plus que, comme je l'ai déjà écrit au dessus, la première partie est vraiment catastrophique et ne donne pas envie de poursuivre l'aventure. Au final, Altered ressemble à un téléfilm de science-fiction dystopique, mélangeant les genres sans complexe. Entre comédie, drame, action et film de super-héros...

 

lundi 3 novembre 2025

Chien 51 de Cédric Jimenez (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Bac Nord ? Ouais, sympa, sans plus. Novembre ? Pas vu ! Apparemment tiré du roman Chien 51 auréolé du prix 2022 des Écrivains du Sud, le projet portant sur la version cinématographique a été confié à Cédric Jimenez qui plutôt que de se conformer strictement au récit d'origine a choisi de concentrer l'action autour de ses deux principaux personnages incarnés à l'écran par Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos. Mais le cinéaste se veut tout d'abord rassurant. S'il n'évoque pas directement le genre ''science-fiction'' auquel il préfère celui, très proche, de la ''dystopie'' sans doute pour créer un lien avec ses précédents longs-métrages, Chien 51 permettra assurément aux amateurs de l'un et de l'autre de ces deux genres intimement liés de découvrir sa vision d'un monde ou plutôt d'une France, totalitaire et ségrégationniste. Ici, pas question de séparer le français de souche de l'homme venu d'un autre continent. La ségrégation est ici sociale, balisée à travers trois zones qui contraignent à montrer patte blanche si l'on veut pouvoir passer des unes aux autres. Le film de Cédric Jimenez se déroulant dans un futur proche où les technologies les plus récentes servent les forces de l'ordre dans leur action quotidienne, celui-ci met en scène Gilles Lellouche dans le rôle de Zem Brecht, un flic issu de la Zone 3, ainsi qu'Adèle Exarchopoulos dans celui de Salia Malberg, une inspectrice de la Zone 2. Contraints de collaborer ensemble après l'assassinat de l'inventeur de l''intelligence artificielle Alma Georges Kessel, le principal suspect est Jon Mafram (Louis Garrel), le chef d'un groupe anarchiste connu sous le nom de BreakWalls ! Malgré leurs différences, Zem et Salia vont s'unir afin de retrouver le coupable, démasquant par là-même une conspiration de très grande ampleur... Bon, ben, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que j'aurais bien aimé pouvoir sortir de la salle avant la fin de la séance ? C'est un fait, mais la méticulosité avec laquelle je me borne à respecter le concept du ''Un film vu en entier = Une critique'' ne peut évidemment pas souffrir de l'idée que je m'installe devant mon clavier après avoir quitté une salle bien avant la fin d'une projection !


Bref, sans être de ces supplices qui me pousseraient presque à ruer dans les brancards pour me faire rembourser tel le cupide et avare personnage qui compte ses sous jusqu'au dernier centime, je dois avouer que Chien 51 m'a laissé du plus beau marbre, celui que l'on peut ressentir devant une œuvre d'où ne se dégage pas la moindre émotion. S'agissant d'un long-métrage hexagonal tourné dans notre beau pays et pourtant sur des terres dont les brochures de voyages ne vantent jamais les hypothétiques mérites (le film a été tourné dans les quartiers nord de Marseille), je me demande dans quelles dispositions psychologiques il faut au préalable se positionner pour que le spectateur accepte de se vautrer devant un spectacle qui régurgite (pour ne pas dire, vomit) tout ce que la science-fiction dite dystopique a engendré depuis bien longtemps. L'originalité n'étant absolument pas au rendez-vous, malgré un budget tournant autour des cinquante millions d'euros et la présence de stars françaises aidant supposément à l'adhésion des spectateurs, Chien 51 n'est qu'une vague réminiscence de tout ce que l'on connaît sur le sujet des ''Terres Parallèles'' recourant à l'autoritarisme. Avec son bagage cinéphilique, le spectateur aura donc tout loisir de se faire sa propre opinion, armé d'une base plus ou moins solide. Chez moi comme chez beaucoup de fans de science-fiction comme je le suppose, il est presque inévitable de passer outre le souvenir du Blade Runner de Ridley Scott. L'imagerie asiatique, avec ces immenses panneaux publicitaires, cette Street-Food vendue par des réfugiés du Pays du Soleil Levant ou encore Gilles Lellouche, peroxydé, comme en son temps l'immense Rutger Hauer ! Quant au contexte social, chacun y verra matière à comparer le film de Cédric Jimenez avec ses propres ''classiques''. Quant à moi, c'est bien le Land of the Dead de George Romero qui s'imposa ! Visuellement, je n'ai eu de cesse que d'essayer d'effacer de ma mémoire le souvenir de Banlieue 13 et de sa séquelle auxquels l'esthétisme de Chien 51 se raccroche, me semble-t-il, furieusement. Un visuel enrobé de surcroît d'effets-spéciaux parfois dignes d'une cinématique de jeu vidéo du type GTA lors des séquences de courses-poursuites en voiture. Le film est sorti voilà tout juste deux semaines qu'il paraît avoir déjà pris un sérieux coup de vieux. Dommage ? À vrai dire, non ! J'irais même jusqu'à affirmer que l'on s'en fiche un peu s'agissant d'un matériau de base qui selon le réalisateur lui-même n'a de toute manière n'a pas été traité dans son ensemble... Un film creux, crâneur et se réduisant intellectuellement au niveau des pires blockbusters d'action américains ! Bref, remboursez !

 

jeudi 25 septembre 2025

Future Force de David A.Prior (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Réalisateur et scénariste de nombreuses séries B depuis plus de quarante ans, David A.Prior a notamment réalisé entre 1989 et 1990 un diptyque constitué de deux longs-métrages principalement interprétés par l'acteur David Carradine : Future Force et Future Zone. Avant de parler du second, évoquons le premier, dont l'intrigue se déroule dans le courant des années quatre-vingt dix et dans une Amérique qui connaît une très inquiétante recrudescence de la violence. L'autorité n'y est plus représentée par la police d'état ou locale mais par une sorte d'organisation parallèle dont les méthodes outrepassent généralement celle régies par des lois. Ici, suspects et coupables ont le choix. Au moment de leur arrestation, et comme le précise Tucker qu'incarne donc à l'image David Carradine, Chacun a le droit de mourir. Et en renonçant à ce droit, tout criminel sera arrêté puis emprisonné ! Drôle d'alternative qui veut que l'on propose tout d'abord à l'incriminé de faire le choix de mourir avant celui d'accepter d'être mis aux arrêts ! La police n'étant plus représentée à l'image, celle-ci est désormais remplacée par des chasseurs de prime regroupés autour d'une organisation connue sous le nom de COPS (pour (Civilian Operated Police Systems). Dirigés par un certain Adams (l'acteur William Zipp), lequel est épaulé par son bras droit Becker (Robert Tessier), le patron des COPS est un homme corrompu qui n'hésite pas à se débarrasser de ceux qui refusent de se plier à ses exigences. Lorsque la journaliste Marion Sims (Anna Rapagna) met la main sur une vidéo qui prouve la corruption au sein de l'organisation, Adams met une importante prime sur sa tête et les membres des COPS se lancent alors à sa poursuite afin de décrocher la somme de cent-mille dollars. Mais c'était sans compter sur la présence de Tucker qui plutôt que de se ranger du côté de son employeur décide d'aider la jeune femme à faire la lumière sur toute cette affaire... En 1987 sortaient sur les écrans Robocop de Paul Verhoeven et The Running Man de Paul Michael Glaser. Dans le premier, l'Omni Cartel des Produits (ou OCP) de Détroit plaçait au sein de la police un robot-policier du nom de Robocop afin de combattre la criminalité qui gangrenait la ville. Le second, lui, décrivait un pays transformé en état policier totalitaire dans lequel était offerte aux criminels condamnés à mort une chance de rester en vie en participant à un jeu télévisé lors duquel ils devaient échapper à des tueurs chargés de les éliminer...


Deux ans plus tard, le script de David A. Prior basé sur le récit de Thomas Baldwin est une sorte de mix entre ces deux ''classiques'' du cinéma d'action et de science-fiction dystopique qui mêle donc la vision pessimiste d'un pays aux mains d'un état totalitaire perverti par la criminalité et l'affrontement entre un homme et une femme tentant de faire le jour sur une vérité que certains préféreraient garder cachée et des chasseurs de primes ! Contrairement à Robocop ou à The Running Man, Future Force n'aura pas la chance de voir le jour sur grand écran aux États-Unis. Directement diffusé au format vidéo par la compagnie de distribution et de production américaine Action International Pictures plus connue chez nous sous l'acronyme AIP, le film est une série B mêlant action, policier et science-fiction. Et à travers cette dernière, une technologie qui certes face à celle qui fut mise en place deux ans plus tôt dans Robocop ne fait pas le poids mais dont l'efficacité s'avère relativement notable afin que les criminels la craignent. En effet, Tucker peut compter sur Billy (DC Douglas), un petit génie en informatique qui a conçu un bras cybernétique qui une fois porté par le chasseur de prime permet à ce dernier d'utiliser un laser surpuissant, le dotant en outre d'une force impressionnante... Nonchalant, à la manière du ''Petit Scarabée'' qu'il incarna dans la série Kung-fu, David Carradine s'apparente ici à un cow-boy du futur, nanti d'une morale (contrairement à la plupart de ses collègues) qui le poussera davantage à faire le bien en protégeant la journaliste plutôt qu'à se soucier de la prime de cent-mille dollars qu'il pourrait remporter avec l'arrestation de la jeune femme. En comparaison des deux longs-métrages cités plus haut, Future Force est évidemment doté d'un budget des plus faibles et cela se voit à l'écran. Le film de David A.Prior satisfera en priorité les amateurs de petites séries B pas trop regardantes sur les moyens mis en œuvre. Quelques séquences d'action, entre courses-poursuites et fusillades et un peu de science-fiction à proprement parler s'agissant de l'usage du fameux bras cybernétique... Notons tout de même avec un certain amusement que le réalisateur a choisi de plonger ses personnages dans un univers de science-fiction dystopique pas très éloigné de l'année de production du long-métrage puisque seules deux années séparent sa réalisation du contexte dans lequel il plonge ses protagonistes...

 

samedi 10 mai 2025

The Assessment de Fleur Fortuné (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir consacré les quinze dernières années à mettre en scène des courts-métrages et des clips vidéos, la réalisatrice et scénariste française Fleur Fortuné a mis en boite son premier long format en 2024. Intitulé The Assessment sur le plan international et L'évaluation dans nos contrées, le film met en scène un couple désirant concevoir un enfant par grossesse extra-utérine (seule technique autorisée par l'état). À une époque où les ressources mondiales se sont épuisées et où vivre en dehors d'immenses dômes protecteurs est devenu périlleux, Mia et Aaryan acceptent de suivre un test psychologique consistant à accueillir chez eux et durant sept jours une évaluatrice qui va devoir confronter le couple à différents types de situations. Dans un cadre ultra-moderne et pourtant relativement peu ''connecté'', la cinéaste française met en scène ses interprètes dans un contexte qui semble avoir été mille fois traité sur grand écran. En ce sens, l'arrivée de l'évaluatrice Virginia ne paraît pas vraiment diverger de ces situations qui à de nombreuses fois sur grand écran ont confronté des couples à des individus hostiles, fait de chair et de sang ou conçus pour améliorer les conditions de leurs propriétaires. Mais très rapidement, The Assessment s'impose comme une valeur sûre dans les domaines de la science-fiction dystopique, le drame et même, l'épouvante comme les spectateurs pourront le découvrir tout au long du récit. Le couple est formé à l'écran par l'américaine Elizabeth Olsen et le britannique Himesh Patel. Quant à la jeune femme qui bientôt va scrupuleusement étudier leur comportement, elle est incarnée par l'actrice suédoise Alicia Vikander. Si ses partenaires sont excellents, l'intérêt du long-métrage repose en grande partie sur l'interprétation de cette dernière, absolument saisissante dans le rôle de cette évaluatrice rigide et qui cache visiblement certains troubles du comportement. The Assessment évoque donc nombre de films portant sur divers sujets tous réunis autour de ce trio et du décor quasiment exclusif bâtit autour d'une luxueuse demeure et d'une plage de sable noir. Si les intérieurs ont été tournés à Cologne en Allemagne, les extérieurs ont quant à eux été filmés dans la partie nord de Tenerife, une île espagnole qui doit la couleur noire de son sable à son origine volcanique. Quel prix est-on près à payer pour obtenir le droit de concevoir un enfant ?


C'est en partie la question à laquelle tente de répondre Fleur Fortuné qui sur la base d'un scénario écrit par Nell Garfath Cox, Dave Thomas et John Donnelly développe un récit qui fait froid dans le dos et fait appel à l'intrusion d'une tierce personne. Véritable jeu de massacre psychologique pourtant bien plus profond qu'il n'y paraît, The Assessment dérange en ce sens où le spectateur peut très bien imaginer qu'une telle situation puisse survenir un jour prochain. La réalisatrice renforce le script de quelques éléments secondaires qui peuvent paraître à l'origine comme des ajouts subalternes mais qui au fil du temps prennent en réalité tout leur sens. Si Eizabeth Olsen et Himesh Patel interprètent parfaitement leur rôle d'éventuels futurs parents soumis aux desiderata de leur ''invitée'', c'est donc bien Alicia Vikander qui retient toute l'attention du spectateur. Tantôt froide, austère, inflexible et tantôt immature, têtue et destructrice (l'actrice se mettant ainsi dans la peau d'une jeune enfant turbulente afin de tester la résistance du couple), la suédoise marque forcément les esprits. Tout comme le scénario, pervers, limpide, astucieux, ambitieux et mature. En reprenant certains codes du film de science-fiction post-apocalyptique tout en les survolant d'un point de vue strictement superficiel lors du final (le film aurait effectivement mérité de se terminer dans l'antre d'Aaryan ou même quelques minutes auparavant lors la séquence découlant du bouleversant climax entre Mia et Virginia), la réalisatrice empêche son œuvre d'atteindre la perfection. L'une des principales qualités est par contre ici la sobriété avec laquelle la réalisatrice française nous conte ce véritable cauchemar psychologique. Sans jamais se laisser aller à la facilité de l'effet choc tant redouté, The Assissment ne tombe jamais dans les débordements graphiques, ceux-là même qui auraient pu condamner son œuvre à n'être qu'un film d'horreur de plus sous couvert de traiter en premier lieu un sujet fort et ambitieux. Bref, si vous avez pour habitude de détourner le regard lorsque sont accolés ensemble les termes ''Science-fiction'' et ''Prime Video'', faite une exception et plongez-vous sans craintes au cœur de cette redoutable histoire. Une chose est en tout cas certaine : c'est avec une très grande attention que l'on scrutera les prochains travaux de la réalisatrice française Fleur Fortuné...

 

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