Les Visiteurs d'un Autre Monde de John Hough (1978)



Le savant Victor Gannon vient d'inventer un appareil qui, branché derrière l'oreille d'un individu, lui permet d'en prendre le contrôle. Aidé financièrement par la riche Letha Wedge et assisté par Sickle, neveu de cette dernière, il tente une expérience dans les rues de Los Angeles afin d'éprouver son invention. Une fois branché l'appareil sur lui, Sickle accepte de monter l'escalier de secours d'un immeuble de plusieurs étages afin de démontrer l'efficacité du procédé annihilant ainsi sa peur du vide. Mais le boitier tombant des mains de Victor Gannon, la machine déraille et Sickle tombe du toit de l'immeuble.
Heureusement pour lui passent par là Tia et Tony, deux jeunes enfants venus d'une autre galaxie et possédant d'étonnants pouvoirs de télékinésie et de télépathie. Alors que leur oncle Ben les a confiés au chauffeur d'un taxi, Tia et Tony qui ont débarqué d'une soucoupe volante, ont prévu de passer quelques jours de vacances sur Terre. Passant à proximité de l'endroit où a lieu l''expérience menée par Victor, Tony ressent qu'un accident va bientôt avoir lieu. Se précipitant dans la rue où Sickle s'apprête à s'écraser, Tony parvient à stopper sa chute, l'homme lévitant alors à moins d'un mêtre au dessus du sol. Victor comprend que le jeune garçon y est pour beaucoup et décide de l'enlever afin de l'utiliser pour parvenir à ses fins : diriger le monde...

Produit par les Studios de Walt Disney, Les Visiteurs d'un Autre Monde fait directement suite à La Montagne Ensorcelée, lui-même déjà réalisé par le cinéaste John Hough. Sorti en 1978, le film raconte les pérégrinations d'un frère et d'une sœur venus sur Terre pour profiter de quelques jours de vacances. La jeune Tia (Kim Richards), aidée de plusieurs gamins d'un quartier pauvre de Los Angeles vont tout faire pour arracher son frère Ike Eisenmann) des griffes d'un savant fou ivre de pouvoir. Ce dernier est interprété par l'acteur originaire de Londres Christopher Lee, mort l'année dernière et surtout connu pour avoir interprété le célèbre vampire Dracula à maintes reprises au cinéma. A ses côtés, l'une des plus célèbres actrices de l'âge d'or du cinéma américain qui joua dans plus d'une centaine de films répartis sur soixante ans et qui campe ici le rôle de Letha Wedge, Bette Davis. Celui de Sickle a été confié à l'acteur Anthony James, connu pour avoir joué de nombreux personnages de mauvais garçon à la télévision et dans une vingtaine de longs-métrages dont l'excellent Burnt Offerings de Dan Curtis ou L'Homme des Hautes Plaines de et avec Clint Eastwood.

Les Visiteurs d'un Autre Monde est une œuvre familiale plutôt à l'attention des enfants qu'à leurs parents même si eux-même passeront un moment sympathique devant ce scénario pas vraiment sérieux estampillé Walt Disney. Bette Davis et Christopher Lee prennent donc la relève assurée précédemment par Eddie Albert, Ray Milland et Donald Pleasance dans ce qui demeurera un petit film de science-fiction humoristique dont le titre français trahit quelque peu le propos puisque à part durant l'intro et la conclusion durant lesquels on découvre la soucoupe volante (à travers, il faut le dire, de navrants effets-spéciaux), et à part les pouvoirs dont sont investit nos deux jeunes héros, le film n'a vraiment rien à voir avec la science-fiction de papa. Pas d'invasion aliens donc, ni de présence à la manière d'un E.T perdu sur notre planète. Juste un petit film agréable à regarder mais que l'on oubliera très vite...


Forbidden World de Allan Holzman (1982)



Cryogénisé, le commandant Mike Colby est réveillé par son unique compagnon de bord, le robot SAM. Prévenus d'une alerte située sur la planète Xarbia, il se rende sur la base spatiale où une équipe de chercheurs tentent des expériences visant à éradiquer la faim dans le monde. Un savant un peu fou manipule des organismes et les croise avec des bactéries afin de créer une protéine capable de se régénérer tout seule. Malheureusement l'expérience tourne au cauchemar et ce qui devait être une solution pour sauver l'humanité va faire éclore une créature qui n'aura de cesse que nuire à l'équipage tout entier, faisant ainsi de ses membres, on garde-manger.
Mais Mike Colby et les autres vont tenter l'impossible : Éliminer celui qu'ils nomment Proto-B, un métamorph particulièrement virulent et dangereux...

Vendu comme une suite au nanar La Galaxie De La Terreur, Forbidden World n'a en réalité rien à voir si ce n'est que les deux films ont tout deux été produits par Roger Corman. Les deux œuvres démarrent bien sûr sur des postulats identiques (des événement tragiques situés sur des planètes amènent à l'élaboration d'une équipe de secours) mis le contenu de ce qui suit alors est bien différent. Osons affirmer que La Galaxie De La Terreur a inspiré le Prometheus de Ridley Scott quand l'Alien de ce dernier a lui-même été source d'inspiration pour ce Forbidden World signé Allan Holzman.
Le film est visiblement plus fauché encore que ne l'était celui réalisé par Bruce D. Clark une année auparavant. Le robot SAM ressemble à s'y méprendre à stormtrooper, soldat de l'empire de la saga Star Wars, bricolé avec de bouts de ficelle et d'un blanc crème d'un autre âge. Alors que La Galaxie... permettait de croiser quelques figures connues de films et séries B, Forbidden World est essentiellement interprété par de parfaits inconnus si ce n'est la présence d'un visage qui se fera connaître quelques plus tard sous les traits de Lydia, le lézard envahisseur de l'excellente série V.

Au titre de l'interprétation, on pourra noter le curieux comportement de certains membres de l'équipage comme celui des deux seules femmes qui ne semblent pas plus troublées que cela de la présence d'une créature monstrueuse à bord de la station spatiale. Elles se dénudent avec une facilité déconcertante, se vautrant dans une certaine luxure que les choix d'éclairage viennent appuyer. Érotisme donc mais aussi gore. Car si les effets-spéciaux ne sont pas des plus réussis, ils sont particulièrement sanglants et assez... écœurants. Masses spongieuses et gluantes, cadavres en putréfactions, intervention chirurgicales opérée sans anesthésie, les effets-spéciaux s'en donnent à cœur joie mais l'amateur reste malgré tout sur sa faim.
Et que dire de cette improbable créature, noire, arachnéiforme et surtout... grotesque qui ressemble davantage à un pantin articulé (ce qu'elle devait être d'ailleurs) qu'à une bestiole digne de celle dont elle est censée s'inspirer ? 
Forbidden World est donc un petit film, à petit budget et à l'ambition minimaliste. Comme l'est le scénario ainsi que les décors qui, si l'on regarde bien, se cantonnent à quelques pièces seulement et que le cinéaste tente maladroitement de démultiplier. Mais le spectateur ne se prendra au jeu que s'il accepte le principe...

Alien Uprising de Dominic Burns (2013)







Dana, Vincent, Robin et Michael passent une agréable soirée en boite de nuit lorsque ce dernier est pris à parti par deux videurs. Alors que Robin vient de faire sa demande de mariage à Dana sur le capot d'une voiture, la scène dégénère. Les deux amis se battent contre les deux gros bras et parviennent à prendre le dessus. De retour chez eux, il passent la nuit chacun de leur côté et en agréable compagnie. Robin aux bras de Dana et Michael auprès de Carrie, une jolie jeune femme rencontrée dans la boite de nuit. Vincent, lui, reste seul, avec sa trouille légendaire.
Au petit matin, le groupe découvre qu'il n'y a plus d’électricité. Ni chez eux, ni dans le quartier, ni même jusqu'à Leeds qui est pourtant à deux heures de là. Pire, un immense vaisseau voile désormais le ciel. Un clochard avertit Michael et ses amis de la menace imminente mais personne ne semble vouloir l'écouter. Dehors, c'est l'anarchie. Alors que la population tente de se procurer des vivres dans les magasins, le petit groupe d'amis tente lui de survivre à la menace grandissante que semblent représenter les envahisseurs.

Jean-Claude Van Damme dans un film d'invasion extraterrestres ? Et pourquoi pas. Par contre, il ne va sans doute pas falloir s'attendre à quelque chose de très subtil. Ce que semble confirmer le premier quart d'heure situé dans la boite de nuit. Un passage obligé pas très mature visant à rameuter un public jeune. On a presque envie d'arrêter là le supplice lorsque tout prend une tournure différente dès le retour de nos héros dans leur demeure. Alien Uprising ne va cependant pas chambouler les amateurs du genre car il faut reconnaître au film de Dominic Burns la capacité à aller flirter avec tout et n'importe quoi. C'est un peu le désordre en effet, mais le film n'est cependant pas l'immense navet auquel on pouvait légitimement s'attendre.
Bon, il est vrai qu'en terme d'effets-spéciaux, Alien Uprising mériterait de revoir sa copie. Le vaisseau-mère est ce qui a été vu de plus laid, quant aux « chasseurs » qui s'en extraient afin de traquer les éventuels survivants de notre espèce au sol, ils sont assez... comment dire... navrants !

Le film peut tout de même compter sur un atout majeur (je vois déjà les fans de JCVD lever la main) : son rythme. En effet, quiconque vous affirmera que Alien Uprising est lent, mou, amorphe ou tout autre expression signifiant l'ennui pourra être considéré comme un fieffé menteur. Car si le film de Dominic Burns fleure bon le nanar, on ne s'y ennuie pas une seconde... ou presque. Il faut surtout être armé d'un courage bien trempé pour passer le cap de la scène d'ouverture qui est tout sauf plaisante à regarder.
Concernant Jean-Claude Van Damme, si sa présence au générique est reléguée en arrière-plan du casting principal, ça n'est pas pour rien. En effet, la star belge des arts martiaux n'y apparaît que ponctuellement, dans des scènes muettes et sans le moindre intérêt. Tout juste adressera-t-il la parole à Michael et ses amis vers la dernière demi-heure et ce, pour une très courte durée. On le verra combattre oui, mais pas lord d'un combat à la mesure de son talent de karatéka. En fait, le seul combat voué à marquer les esprits des amateurs sera celui engagé entre Michael et un étrange agent de surveillance.

Alien Uprising est donc un tout petit film de science-fiction qui ne changera pas le court de l'histoire d'un genre qui a suffisamment de références pour ne pas faire regretter aux fans du genre l'existence de cette petite production sans grande envergure. De quoi passer un agréable moment de détente, tous neurones évacués dès le départ bien évidemment...

Chopping Mall de Jim Wynorski (1986)



Afin de sécuriser l'ensemble des enseignes d'un centre commercial, une entreprise a mis au point et proposé un système de sécurité ultra-moderne consistant en un ensemble de robots autonomes capables d'identifier et d'éliminer toute menace éventuelle. C'est ainsi que trois d'entre eux sont commandés et installés, chacun étant programmé pour surveiller l'un des trois étages que constitue le centre commercial. Le soir même de leur installation, Suzie Lynn et ses sept amis et collègues de travail décident de se laisser enfermer à l'intérieur et d'y faire la fête. Malheureusement pour le groupe de fêtards, rien ne va se dérouler comme ils l'avaient envisagé. Un violent orage provoque en effet un dysfonctionnement des robots de surveillance et ces derniers deviennent alors incontrôlables. Incapable de faire la moindre distinction entre les employés et la présence eventuelle d'un cambrioleur, elles se mettent à tuer tous ceux qu'elles ont le malheur de croiser. Pire : elles finissent par se retrouver au même étage afin d'améliorer leurs recherches. Suzie et ses amis vont alors passer la pire nuit de leur existence en tombant chacun à leur tour nez à nez avec les robots-tueurs...

Un an avant Robocop et deux ans après Terminator, Chopping Mall sort sur les écrans mais ne rencontre pas le succès escompté. La cause ? Une affiche et un titre (à l'origine, le film devait s'appeler Killbots) qui font penser à l'époque aux spectateurs que le film n'est peut-être qu'un ersatz du film Transformers (en fait, un dessin animé) sorti la même année, et à destination des enfants. Comme dans les œuvres signées par Paul Verhoeven et James Cameron, il est question ici d'une technologie avancée rencontrant des défaillances techniques dont les conséquences vont se révéler catastrophiques (dans Robocop, le héros rencontre une nouvelle « race » de machines, censées être plus perfectionnées, mais qui vont très vite montrer des signes de faiblesse). Un peu à la mesure même d'un Ascenseur signé Dick Maas trois ans plus tôt dont l'origine du déclenchement des hostilités est elle aussi en rapport avec un orage. Doués d'une intelligence exceptionnelle pour l'époque (il ne s'agissait encore que d'un fantasme),

Chopping Mall (jeu de mot entre shopping mall qui signifie centre commercial et chopping qui signifie couper en morceaux) se situe dans un décor rappelant vaguement le grand ensemble de magasins du classique de l'épouvante Zombie de George Romero, les morts-vivants étant désormais remplacés par trois robots seulement, mais lourdement armés. Le cinéaste Jim Wynorski dote ses machines de lasers, de bras articulés capables de trancher n'importe quelle gorge et surtout, d'un taser de nos jours très à la mode parmi la population de « cow-boys » censés nous protéger des agressions.

Si le décor et l'agresseur sont différents, Chopping Mall ne ressemble parfois à rien d'autre qu'un petit slasher. Un groupe de jeunes adultes, insouciants, très portés sur le sexe, s'en va prendre du bon temps dans un magasin de literie avant de tomber un à un entre les griffes métalliques des robots. Au beau milieu de ce casting où se côtoient de belles jeunes femmes et des mâles au brushing impeccable, on distinguera le joli minois d'une actrice que l'on connaît déjà bien puisque Barbara Crampton aura déjà montré sa poitrine l'année précédente en 1985 dans le gore et jouissif Re-Animator de Stuart Gordon après avoir également joué dans le troublant Body Double de Brian de palma en 1984. Chopping Mall est typique de la vague de films de science-fiction qui a déferlé dans les années quatre-vingt. Une bande-son pop, des coiffures très... « fauves », un look général pour l'époque, très "sophistiqué", et une vision de la technologie en avance sur son temps. Un bon petit film donc, sans plus...

2014 - "Debug" de David Hewlett



Dans l'immensité de l'espace, un vaisseau vidé de ses occupants dérive. Six pirates informatiques y sont envoyés afin de réinitialiser le réseau. Dirigée par Capra, l'équipe formée de James, Mel, diondra, Samson et Lara tombent sur Kaida, jeune femme accusée d'avoir tué l'un  de ses anciens camarades. Tous les sept, ils vont devoir reprogrammer le système afin d'en
supprimer tous les virus et programmes défaillant. mais contre toute attente, ils s'aperçoivent qu'ils sont épiés. En effet, le système lui-même a pris le contrôle du vaisseau et, bien décidé à le conserver et à prendre forme humaine, il décime un à un l'équipe d'informaticiens.

Non, ceci n'est pas un poisson d'Avril. Ceci est un vrai film de science-fiction comme il en existe des centaines, voire des milliers. Sur le papier, Debug (ou Spaceship) avait de quoi faire espérer le meilleur mais très vite on déchante. Dès les premiers instants, on sent que l'on va passer un moment difficile. Rien que le look de Jason Momoa (dans le rôle de Iam) fait peur. Trop théâtrale, et puis cette coiffure, mon dieu, cette mèche blanche et ce brushing post-eighties décrédibilise à elle seul tout l'ensemble du film. Ensuite, on aurait aimé que le vaisseau ait un peu plus de "bouteille".  Pour un cargo qui dérive dans l'espace, il reste encore un peu trop "propre". Trop blanc, et même les quelques discrètes teintes de bleu et de rouge lui donnent une esthétique parfois séduisante, on aurait sans doute préféré qu'il ressemble aux quelques coursives anxiogènes entrevues durant certaines scènes.

L'histoire en elle-même est cousue de fil blanc et invraisemblable. Chaque personnage ayant une tâche bien définie à exécuter (qui se contente d'être finalement la même pour tous), on se demande si cette équipe envoyée à des millions de kilomètres de la Terre sait vraiment ce qu'elle a à faire où si elle a assez de sérieux pour la mener à bien. Entre Diondra (Jadyn Wong) qui plonge littéralement dans la merde en visitant de son propre chef les conduits d'évacuation de déchets organiques, Lara qui plonge elle dans un bassin censé lui procurer des visions fantasmagoriques et James qui tente de communiquer à distance avec son frère handicapé mental, les résultats risquent de se faire attendre. Tout ceci n'étant pas très sérieux, allons faire un tour du côté des effets-spéciaux. Ceux-ci sont vraiment décevants. Si quelques salles valent le détour, d'autres arborent un décor minimaliste pas toujours affriolant. De plus, pire que le rendu fadasse de simples maquettes, ce qui jure le plus en la matière, c'est lorsque les effets-spéciaux sont numériques et que cela se voit.

Debug est donc tout sauf un bon film de science-fiction. A éviter sous peine de passer une déprimante soirée...

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