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jeudi 21 mai 2026

Time Enough at Last de John Brahm (1959) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Dans ce huitième épisode de la première saison de The Twilight Zone (La quatrième dimension) réalisé cette fois-ci par John Brahm et écrit par Rod Serling et Lyn Venable, le récit met en scène Henry Bemis, un petit employé de banque qui a tendance à énerver son entourage. Qu'il s'agisse des clients de l'établissement où il travaille en tant que guichetier, en passant par le directeur (Vaughn Taylor dans le rôle de Carsville) qui le menace de le renvoyer s'il ne se concentre pas davantage sur sa tâche, et jusqu'à son épouse Helen (l'actrice Jacqueline deWit) qui refuse catégoriquement de le laisser s'affaler sur le canapé lorsque de retour chez eux, Henry choisit de vivre sa passion, la littérature. En effet, féru de lecture et capable de passer du roman à la presse papier en passant par les vignettes des bouteilles de lait, l'homme ne peut pas s'empêcher de lire, quitte à s'attirer les foudres de tous ceux qui l'entourent et qui se demandent s'il n'est pas un peu fou. Totalement myope et ayant besoin de calme pour laisser libre cours à sa fascination pour les grands écrivains, c'est muni d'une épaisse paire de lunettes sans laquelle il ne voit absolument rien que le vieil homme se réfugie à chaque pause déjeuner dans le coffre-fort de la banque. Tombant sur un article qui décrit les conséquences désastreuses que pourrait avoir une bombe atomique si celle-ci devait s'écraser sur Terre, Henry en fait immédiatement l'expérience. Tandis qu'un bruit terrifiant se fait entendre à l'extérieur et que les murs de la banque tremblent, l'homme s'évanouit... À son réveil, celui-ci découvre que dehors le monde a radicalement changé. Un décor apocalyptique où tout est détruit. Pas un seul batiment, pas une seule maison ni aucun arbre ne tient encore debout. Pire, en dehors du banquier, il n'y a aucun survivant. Se déplaçant à travers les décombres, Henry Bemis se demande alors ce qu'il va bien pouvoir faire de tout ce temps qu'il lui reste à vivre maintenant qu'il est seul au monde... Time Enough at Last est là pour répondre à cette épineuse question où le temps semble s'être figé, où le ciel est couvert d'une chape de poussière qui en retombant recouvre tout ce qui se trouve à la surface de la Terre...


Le plus dur dans cette situation décrite dans le script de Rod Serling et Lyn Venable est d'évaluer le taux d'intérêt qui peut résider pour un homme qui tout sa vie à cherché le moyen de pouvoir s'isoler afin de vivre pleinement sa passion pour la littérature. Déprimé et sans doute effrayé à l'idée de vivre désormais seul, notre homme met la main sur un pistolet puis, après s'être excusé auprès du Seigneur pour ce qu'il s'apprête à commettre, tombe du coin de l'oeil sur un véritable trésor: la bibliothèque publique. Un établissement soufflé par l'explosion de la bombe atomique prophétisée plus tôt lors du récit et qui a libéré des quantités d'oeuvres littéraires. On comprend alors l'intérêt et le sens de cet épisode qui contre toute attente et malgré la catastrophe d'ampleur internationale qui s'est produite va lui offrir une revanche. Après avoir vécu toute sa vie moqué, brimé, méprisé par son entourage, Henry Bemis n'a plus de compte à rendre à personne. Rideau...... Enfin, presque. Car dans ce décor désolé (on louera d'ailleurs l'exploit des artisans qui eurent la charge de retransmettre à l'écran les conséquences de l'explosion d'une bombe atomique), où aucune âme ne vit en dehors de notre petit guichetier, où pas un seul son ne se fait entendre à des lieues à la ronde, nos deux scénaristes ainsi que le réalisateur nous ont concocté une conclusion dont la perversité n'a d'égal que les crispations que pouvait au départ générer l'attitude du héros. Brillamment incarné par l'acteur américain Burgess Meredith, Time Enough at Last est sa première des quatre apparitions qu'il fera tout au long de cette série de science-fiction qui s'étalera entre 1959 et 1964. Interprète de très nombreux longs-métrages cinématographiques et de séries télévisées, dans le domaine de l'horreur, il apparu dans la première partie du film culte de Dan Curtis Burnt Offerings en 1976, dans The Sentinel de Michael Winner en 1977, dans The Manitou de William Girdler en 1978 ou encore dans Magic de Richard Attenborough la même année. L'acteur aura tout joué mais sera surtout resté célèbre pour son rôle de Mickey dans la saga Rocky. Quant à Time Enough at Last, il demeure l'un des plus célèbres épisodes de La quatrième dimension...


jeudi 16 décembre 2021

The Cosmic Man de Herbert S. Greene (1959) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

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Depuis que la science-fiction de type invasion extraterrestres et ovnis existe, les confins de l'espace ont charrié d'innombrables créatures à l'apparence plus ou moins humanoïde. Souvent celles-ci auront-elles été identifiées comme étant hostiles envers notre planète et ses habitants tandis que certains spécimens se seront montrés comme un espoir pour l'avenir de l'humanité. En 1951, l'un de ses plus fiers représentants en la personne de Klaatu allait annoncer son intention de venir en aide aux terriens dans le mythique The Day the Earth Stood Still du réalisateur américain Robert Wise. Un concept que reprendre notamment à son compte l'assistant-réalisateur Herbert S. Greene pour le second des deux seuls longs-métrages qu'on lui connaît en tant que réalisateur. Huit ans après le classique de Robert Wise sortait sur les écrans américains The Cosmic Man. Autre œuvre de science-fiction mettant en scène un extraterrestre venu faire le bien sur Terre à travers un message on ne peut moins équivoque. Venu sur notre planète afin d'étudier l'armement militaire et ainsi le désactiver, le message que laisse derrière lui le film de Herbert S. Greene est toujours le même. Le combat permanent qui oppose scientifiques et militaires. Seul le sujet permet de comparer le long-métrage de l'auteur de La maison du Diable en 1963 ou de Star Trek, le film en 1979 avec celui de Herbert S. Greene qui signe là, une très mauvaise et non-officielle réinterprétation de The Day the Earth Stood Still. Une fois de plus l'armée américaine en prend pour son grade avec ses militaires préférant d'abord tirer avant de discuter ensuite... une fois, bien sûr, qu'il est déjà trop tard...


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The Cosmic Man sent le film fauché et arbore un visuel qui le range d'emblée du côté des nanars de science-fiction qui se comptaient déjà par dizaine dans les années cinquante. Malgré ses bonnes intentions, le réalisateur américain ne parvient à aucun moment à faire de son histoire le sujet passionnant d'une œuvre tournant autour d'un conflit scientifico-militaire ni ne parvient à être vraiment clair au sujet de son extraterrestre. Seul point positif : l'originalité de ce dernier, lequel apparaît sous forme de silhouette projetée. Une ombre insaisissable dont la présence de John Carradine à l'écran sous les traits de l'entité ne cache absolument pas ses origines extraterrestres. N'excédant que de très peu les soixante-dix minutes, The Cosmic Man est pesant. Le récit est inintéressant au possible, les effets-spéciaux se résument à peu de chose (une sphère en perpétuelle apesanteur est découverte dans un canyon), la caractérisation des personnages réduite au minimum et la mise en scène d'une mollesse incroyable. Le long-métrage de Herbert S. Greene se confond aisément avec ces pléiades de films de science-fiction de très mauvais goût qui virent le jours à l'époque sous couvert pour certains cinéastes et producteurs de s'octroyer une part du gâteau tout en négligeant certains des aspects essentiels à ce type de longs-métrages.


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On ne s'étonnera pas de retrouver parmi les personnages, le scientifique de service en la personne du docteur Karl Sorenson (ici incarné par l'acteur Bruce Bennett), des représentants de l'armée américaine (Paul Langton dans le rôle du colonel Matthews) ainsi que l'éternelle touche féminine forcément séduite par le héros qu'apporte l'actrice Angela Greene dans le rôle de Kathy Grant, mère d'un adolescent paraplégique et veuve d'un ancien officier de l'armée américaine. Des protagonistes dont la personnalité est parfois si mal définie que l'on se fiche de ce qui pourrait éventuellement leur arriver durant le déroulement du récit. Aucun effort ne fut fait au niveau des décors. Qu'il s'agisse des séquences situées dans le canyon où se situe l'étrange sphère ou dans les divers locaux qui circonscrivent le reste de l'action, rien, absolument rien ne donne envie de poursuivre l'aventure jusqu'à son terme. Pas même la photographie de John F. Warren qui n’embellit à aucun moment le moindre environnement. Pour un film de science-fiction qui tente de tenir un propos sérieux teinté d'optimisme (le message d'espoir tenu par l'homme cosmique du titre) mais aussi parfois de pessimisme (l'action de l'armée envers cet forme de vie venue d'ailleurs), à elle seule l'évocation de la vitesse de la lumière (selon l'un des scientifiques du film, celle-ci atteindrait les trois-cent mille mètres seconde !!!) termine de nous convaincre que The Cosmic Man est une grossière erreur dans le vaste monde de la science-fiction au cinéma...

 

 

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