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jeudi 2 avril 2026

The Curious Female de Paul Rapp (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2427 et tandis que l'humanité est désormais régie par un superordinateur, les mœurs ont depuis longtemps été radicalement transformées et sont maintenant conduites par cet alter ego du Big Brother de George Orwell. Resté longtemps assistant de direction et réalisateur de seconde équipe, Paul Rapp (lequel n'a bien évidemment aucun lien de parenté avec le regretté Bernard Rapp aujourd'hui disparu depuis presque vingt ans) n'aura signé que deux longs-métrages sous son seul nom. Celui que l'on va donc évoquer ici et qui à vu le jours à la toute fin des années soixante ainsi que le documentaire sportif Go for it qui sortira sept ans plus tard... Derrière le très énigmatique titre The Curious Female, le cinéaste américain se retranche derrière son propre script qui parfois semble avoir été écrit sous l'influence d'opiacées tant le film se joue de la libération sexuelle et son fameux slogan ''Faites l'amour, pas la guerre'' né dans le contexte de la guerre du Vietnam et notamment associé aux mouvements pacifistes... Dans un monde où l'hygiène sexuelle a ses codes et ses réserves, un couple a choisi de braver les interdits en projetant de vieilles bobines de films censurés qui à notre époque relataient la sexualité dans sa forme la plus débridée. En réalité, rien de comparable avec les orgies auxquelles s'adonnent dans ce futur dystopique les spectateurs venus découvrir comment leurs plus vieux ancêtres envisageaient leur sexualité. Hommes et femmes s’entrelacent dans un bain de chairs qui rappellent peu ou prou le mythe des orgies romaines sans toutefois repousser les limites de l'indécence que connu la version hard du classique du péplum érotico-pornographique réalisé en 1979 par le cinéaste italien Tinto Brass, Caligula. En effet, dix ans avant ce véritable choc cinématographique alliant les scènes de sexe les plus crues à de spectaculaires mises en scène de la souffrance, The Curious Female paraît désormais bien timide même si la nudité y demeure l'un des sujets essentiels de cette œuvre que l'on évoquera sous le terme de comédie de science-fiction érotico-psychédélique... Au-delà de son évidente légèreté, son auteur aime se jouer du caractère parfois ambigu de certaines relations et d'attitudes vis à vis de son prochain du sexe opposé qui aujourd'hui ne devrait logiquement plus avoir court. Tout en ayant à contrario le culot de juger certains actes en les glorifiant à travers cette recherche de l'interdit traduit par un monde qui réprouve toute forme d'excès...


Bref, on se touche, s'embrasse et se fait l'amour sans complexes et à l'abri du regard du superordinateur temporairement déconnecté pour ressentir des sensations appartenant au passé et qui pour Susan (interprétée par la délicieuse Angélique Pettyjohn qui la même année joua dans Le Médecin dément de l'île de sang de Gerardo de Leon) restaient jusque là insoupçonnables. Dans des décors kitschissimes propres aux années soixante et aux productions à petit budget, The Curious Female démarre donc comme un long-métrage de science-fiction mêlant mobilier futuriste et costumes de la Rome Antique avant de faire un bond à travers le passé lors de la projection d'un vieux long-métrage mettant en scène trois jeunes femmes vierges (la virginité étant au centre du débat). Alors qu'en 2427, les adolescentes âgées de 13 ans seulement sont systématiquement envoyées se faire dépuceler par des hommes beaucoup plus âgés qu'elles, interdisant ainsi à ces dernières de concevoir ce qu'est réellement le concept de virginité, le film qui leur est projeté montre qu'à une certaine époque, celles-ci avaient le pouvoir de maîtriser leur corps. Un concept qui là encore semble avoir disparu dans le futur... Si The Curious Female traite effectivement de la virginité, il s'essaie également au sujet du viol (parfois incestueux), de la prostitution (les trois jeunes femmes en question étant ''reliées'' à une entreprise qui octroie à de libidineux personnages masculins le droit de cuissage moyennant finances), de ''l'interracialité'' ou de l'homosexualité. Ces deux derniers connaissant une évolution en fin de décennie alors qu'ils étaient jusque là stigmatisés et moralement considérés comme tabous ! Sur un sujet qui donc s'avère particulièrement fort, The Curious Female n'en est pas moins un long-métrage relativement décevant. Du moins, de nos jours puisque prises avec légèreté, la plupart des séquences n'impactent que très peu la conscience du spectateur qui voit davantage en cet Objet Filmique Non Identifié, une blague de potache sexy (sexiste?) où la Femme n'est que l'objet de l'obsession de l'Homme. Une œuvre qui s'inscrit donc bien dans la comédie et moins dans le drame social...

 

samedi 21 mars 2026

The Infinite Husk d'Aaron Silverstein (2026) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pour son premier long-métrage, le réalisateur et scénariste américain originaire de Los Angeles Aaron Silverstein signe une œuvre de science-fiction ambitieuse. Un film que l'on pourrait d'emblée croire aussi riche que l'extraordinaire The Man from Earth que réalisa Richard Schenkman en 2007 mais qui peut s'envisager davantage comme le croisement entre The Hidden (1987) de Jack Sholder et Under the Skin de Jonathan Glazer (2013). Pourtant, si l'on se penche sur la réalisation, l'écriture des dialogues ou l'interprétation, The Infinite Husk n'est qu'une pâle copie de ces trois brillants exemples s'inscrivant dans divers courants atypiques de la science-fiction. S'inspirant du dix-neuvième épisode de la troisième saison de la série originale Star Trek, Requiem for Methuselah dans lequel le Capitaine James T. Kirk ainsi que Spock et le Docteur McCoy rencontraient un homme affirmant avoir rencontré de grandes personnalités, The Man from Earth fut d'une portée philosophique telle que ceux qui découvrirent cet authentique chef-d’œuvre de la science-fiction ne s'en sont pas encore remis. Concernant The Hidden, ce classique indémodable qui fait sans doute partie du top vingt ou trente des meilleures productions du genre à avoir vu le jour dans les années quatre-vingt, l'on est par contre face à une œuvre d'un tout autre genre. Mélange de science-fiction et de cinéma d'action, son Grand Prix obtenu lors du Festival international du film fantastique d'Avoriaz ayant eu lieu en 1988 n'est sans doute pas dû au hasard puisque le film allie les deux genres avec un certain brio tout en ayant une approche particulièrement sensible du récit à travers un duo d'interprètes/personnages qui se révéleront au final très attachants. Quant à Under the Skin, même si prétendre qu'il entretient un rapport avec The Infinite Husk alors même que les deux longs-métrages n'ont scénaristiquement rien de comparable, l'étrangeté de l'un et de l'autre ainsi que le rapport ténu qu'ils entretiennent avec le sous-genre de la science-fiction connu sous le nom de ''Body-Snatching'' (auquel appartient d'ailleurs The Hidden ainsi que bon nombre d'autres longs-métrages) font que l'incarnation ici de l'actrice nigériane Peace Ikediuba ne souffre d'aucune comparaison avec celle de l'américano-danoise Scarlett Johansson !


L'on pourrait bien entendu arguer que Under the Skin est assez ''flemmard'' d'un point de vue de l'écriture mais l'envoûtement qui succède aux pérégrinations de Laura lorsque celle-ci attire notamment des inconnus dans une sorte de fluide très opaque reste très marquant... Tandis que le long-métrage d'Aaron Silverstein a officiellement vu le jour sur grand écran aux États-Unis le 6 février dernier, un mois auparavant a débuté dès le 15 janvier sur la plateforme Paramount+ la première saison de la série Star Trek : Starfleet Academy dans laquelle l'on pouvait faire la connaissance d'un certain nombre de nouveaux personnages de cette immense franchise fêtant cette année ses soixante-ans. Et parmi eux, la''Photonic'' SAM (pour Série Acclimatation Mil), une forme de vie consciente mais non corporelle établie à partir de particules de lumière et d'énergie. Si la comparaison entre cette dernière et Vel, l'humaine dont a pris possession l'entité extraterrestre incarnée à l'écran par Peace Ikediuba, est relativement délicate à produire, étonnamment, l'un et l'autre des personnages entretiennent là encore une curieuse relation. SAM comme Vel sont contraintes de rendre des comptes à des ''êtres bien plus grands qu'elles'' en accomplissant des missions très proches les unes des autres... Arrivée sur notre planète en prenant possession d'un corps fraîchement décédé, Ev a été envoyée afin de récolter des informations concernant l'un de ses semblables. Étudiant l'Humanité, la jeune femme découvre rapidement (et notamment) les traits de caractère qui séparent son espèce de celle qu'elle et un certain Mauro (Circus-Szalewski) ont investi... et blablabla... et blablabla... Beaucoup de paroles ici, pour pas grand chose. Transformant ce qui devait être à l'origine une œuvre de science-fiction ambitieuse en un charabia indigeste à peine audible, mou comme un flanc fraîchement sorti du four, piteusement écrit et au final, très ennuyeux...

 

jeudi 12 mars 2026

Interface d'Andy Anderson (1985) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Science-fiction, horreur et... comédie... Enfin, théoriquement concernant cette dernière puisque toute tentative d'exhumer d'entre les lèvres du spectateur avide de parodies, ce qui pourrait même s'apparenter à un succédané ou un substitut de rire est voué à l'échec ! En conséquence, l'on retiendra surtout ce qui tient de l'imaginaire, entre ce que d'aucun peut de nos jours juger de crédible et qui fait passer désormais cette science-fiction de pacotille pour un fait avéré et cette horreur jugée comme telle par on ne sait quel distributeur du film ou quel critique mal avisé alors même que le long-métrage d'Andy Anderson n'en contient pas même une molécule ! Situé en partie dans les locaux d'un établissement scolaire où enseigne le professeur d'informatique Rex Hobson, (l'acteur John Davies), Interface suit les aventures de ce héros auquel reste accrochée une certaine Amy Witherspoon (Lauren Lane) dont le mari Bobby (Michael Hendrix) est mort dans de curieuses circonstances. Alors que la jeune femme soupçonne d'emblée le professeur de son défunt époux d'être responsable de sa mort, Rex Hobson décide de l'aider à faire toute la lumière sur cette affaire qui avant le décès de Bobby Witherspoon a déjà fait une victime parmi les prostituées de la ville. L'enquête de John et d'Amy, en parallèle à celle menée officiellement par la police, met à jour un réseau d'étudiants en informatique œuvrant au travers d'un programme afin d'éradiquer toute criminalité... Voilà un sujet intéressant. Voire même passionnant, qui rejoint la longue liste des longs-métrages traitant d'informatique, de robotique ou de logiciels malveillants comme l'histoire du septième art ne cesse d'en voir apparaître au fil des décennies. Le film d'Andy Anderson sort d'ailleurs à une époque où le genre fait florès. On peut donc compter dans les rangs de la science-fiction traitant de l'évolution de l'informatique le Looker de Michael Crichton en 1981, WarGames de John Badham en 1983, Electric Dreams de Steve Barron en 1984 ou encore Weird Science de John Hughes l'année suivante. Chacun d'entre eux traitant du sujet à sa manière et souvent, sur un ton relativement léger...


Ce que prône le film d'Andy Anderson, justement. Loin d'argumenter de manière sérieuse sur le sujet, le scénario qu'il écrit alors aux côtés de John Williamson, agrémenté de dialogues souvent lourdingues dont la responsabilité en incombe à Anne Marie Biondo et Steven Jay Hoey, fait plus souvent appel à la fantaisie qu'au premier degré. Certains personnages secondaires en ajoutant dans la caricature burlesque comme l'un des responsables de l'établissement dans lequel travaille notre héros, sorte de Groucho Marx débilitant, ou comme ce groupe d'étudiants tous planqués derrière de grotesques masques constitués en partie d'éléments appartenant à l'univers informatique et dotés de voix robotiques absolument ridicules ! Difficile donc de prendre au sérieux cette histoire de meurtre et de complot futuristico-humoristique dont le niveau d'intelligibilité reste difficile à évaluer tant la mis en scène d'Andy Anderson et le scénario s'avèrent brouillons. Entre comédie, policier, science-fiction et thriller, le cinéaste s’emmêle les pinceaux et ne sait jamais sur quel pied faire danser ses protagonistes. Côté humour, on a droit au versant potache du concept. C'est lourd, très lourd, pas drôle et réservé à un public qui de nos jours ne jouissent que devant des comédies adolescentes américaines très portées sur l'humour le plus salace qui soit. Les autres n'auront même pas la chance de découvrir une perle rare tournée à une époque que jalousent ceux qui n'étaient pas nés ou qui n'étaient pas encore en âge de comprendre ce qu'ils avaient devant les yeux tant Interface est piteux dans tout ce qu'il représente à l'écran. Le mieux, pour se replonger en cette époque révolue étant sans doute de se lancer dans la projection des quelques œuvres citées plus haut que dans celle de ce film tout à fait anecdotique et dont l'étrange visage qui trône sur la jaquette pouvait pourtant à l'époque s'avérer aussi intrigante qu'alléchante.

 

lundi 9 mars 2026

Stridulum de Giulio Paradisi (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Petit film méconnu réalisé par Giulio Paradisi et écrit en collaboration avec Robert Mundi et Ovidio G. Assonitis (Le démon aux tripes, Tentacules), Stridulum est aussi et surtout une œuvre hybride, étrange, louvoyant du côté de certains classiques du fantastique pour obtenir un résultat mi-figue, mi-raisin. Un mélange très curieux, parfois indigeste, mais suffisamment original pour allécher les amateurs de genres aussi divers que l'épouvante, l'horreur, le fantastique et la science-fiction. Interprété par des acteurs de renommée internationale, le long-métrage du réalisateur ET acteur italien qui signe ici son œuvre sous le pseudonyme de Michael J. Paradise met en scène une grande majorité d'interprètes d'origine américaine. C'est ainsi que l'on découvre dans le rôle de Barbara Collins, l'actrice Joanne Nail. Mère d'une jeune adolescente prénommée Katy (Paige Conner, dont la légère ressemblance avec la Linda Blair de L'exorciste signé de William Friedkin six ans auparavant n'est sans doute pas anodine), Barbara vit avec son petit ami Raymond Armstead (Lance Henriksen). Tandis que le comportement de Katy inquiète son entourage, un complot visant à manipuler sa compagne afin qu'elle donne naissance à un enfant qui aux côtés de la gamine devrait permettre de renforcer les forces du mal est en action. Le personnage incarné par Lance Henriksen, acteur notamment devenu célèbre pour avoir joué dans Aliens, le retour et Terminator de James Cameron ou pour avoir été la vedette de la série Millennium, le crossover de X-Files, n'est pas sans rappeler celui que tenait John Cassavetes en 1968 dans le classique de Roman Polanski, Rosemary's Baby. L'intrusion dans un ménage d'un ''suppôt'' de Satan proche de l'héroïne entretenant des rapports troubles avec un groupe de voisins (ici remplacés par une organisation menée par l'acteur Mel Ferrer dans le rôle d'un certain Docteur Walker) et visant à mettre en péril l'existence même de l'humanité. Une fois encore, l'analogie entre Stridulum et Rosemary's Baby est appuyée à travers la nécessité d'enfanter la mère de famille à des fins démoniaques et donc mortifères. En outre, Raymond Armstead intervient en tant qu'intermédiaire entre le groupe dirigé par le Docteur Walker et une espèce extraterrestre dont les projets sont étroitement liés. Face à ce qui semble donc être la représentation du Mal, l'on trouve fort heureusement du côté du Bien, l'acteur et réalisateur américain John Huston dans le rôle de Jerzy Colsowicz...


Un vieil homme bénéficiant d'une sérenité mais aussi d'une très grande détermination qui vont l'aider à soutenir Barbara dans son combat lorsque seront révélées les véritables intentions de celui qui partage son existence. Derrière son visage poupin cachant une ''créature'' pourtant maléfique, froide et manipulatrice, Katy révèle donc rapidement sa personnalité. Celle d'une enfant qui fut enfantée par un être démoniaque qui avant sa mort eut le temps d'inséminer un certain nombre de femmes sur Terre. La comparaison entre Stridulum et L'exorciste s'arrêtant aux portes des vulgarités que l'adolescente dissémine ça et là et à celle des événements paranormaux qui lui incombent, ce personnage faussement angélique rappelle surtout et avant tout, Damien Thorn, ce gamin diabolique découvert pour la première fois dans le classique de Richard Donner, La malédiction en 1976. Stridulum s'ouvre sur une séquence mystique située sur une planète lointaine. À grand renforts d'effets visuels ultra-cheap mais ayant pour conséquence d'argumenter sur le sens profondément spiritualiste de certaines séquences à venir, le long-métrage de Giulio Paradisi est effectivement un drôle d'objet Filmique Non Identifié, ou Non Identifiable de part son mélange très curieux des genres. Notons qu'au beau milieu d'un récit parfois confus à force d'intégrer des personnages et sous-intrigues multiples, le réalisateur et ses scénaristes évoquent l'idée d'une enquête policière menée par un certain détective Jake Durham (Glenn Ford) avant que sa mort lors d'un grave accident de voiture dont les prémisses rappellent tout un tas d'événements survenus dans autant de classiques du genre n'y mette un terme définitif. D'un côté l'on a donc le Mal, manipulateur, maléfique, complotiste, et de l'autre, le Bien, protecteur, soutien d'une mère de famille en fauteuil roulant. Entre fantastique, science-fiction et épouvante, Stridulum s'inscrit dans une logique religieuse intense. Entre occultisme, invasion extraterrestre, symbolisme religieux et psychédélisme renforcé par la bande musicale du compositeur italien Franco Micalizzi, Stridulum est une sacrée curiosité. Notons enfin pour ''compléter'' le casting, les présences de Shelley Winters dans le rôle de la dame à tout faire Jane Phillips, celle du cinéaste Sam Peckinpah dans celui du Docteur Sam Collins ou encore celle de Franco Nero dans le rôle du... Christ...!...

 

mardi 3 février 2026

Last Night on Earth de Marcos Efron (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Pour son second long-métrage quinze ans après And Soon the Darkness, Marcos Efron met en scène Leven Rambin et Jake McLaughlin dans les rôles de Holly et Ryan. Un couple très amoureux qui à l'approche de la fin du monde se réfugie dans les montagnes du Tennessee afin de vivre seul ses derniers instants. Situant l'action loin de la civilisation où la situation dégénère, ils attendent le moment fatidique où un gigantesque astéroïde doit s'écraser sur Terre. L'annonce de la catastrophe remonte à plusieurs mois, lorsqu'une amie les invita à une réception. L'occasion pour elle de leur présenter son nouveau compagnon. Aujourd'hui, alors que certains ont choisi de se donner la mort plutôt que d'assister à la fin de toute vie sur notre planète, Holly et Ryan ont préparé à leur manière l'événement à venir... Si le sujet tourne autour d'un événement que le septième art à développé à de nombreuses reprises, le réalisateur et scénariste Marcos Efron l'aborde avec une sensibilité toute particulière. L'une des forces de Last Night on Earth étant l'attachement profond que l'on peut ressentir vis à vis de ce couple formidablement interprété par Leven Rambin et Jake McLaughlin. Pour autant, le film ne s'attarde pas uniquement sur leur relation mais évoque également l'effondrement de la société. Celle-là même dont ils choisissent de s'éloigner afin de vivre leurs derniers instants dans la sérénité. Cependant, et comme dans tout bon film relatant l'apocalypse sous un angle sociologique, le cinéaste aborde à son tour le comportement malfaisant de certains individus. À l'image de Gaby (Sohvi Rodriguez) et de Gene (Shane West), autre couple d'apparence fort sympathique mais dont le comportement sensiblement invasif laisse planer le doute quant à leurs véritables intentions. Ces dernières allant à l'encontre du projet terminal prévu par Holly et Ryan, Gaby et Gene figurent les deux antagonistes du récit qui sous des allures de couple lui aussi en attente de la fin du monde ont un projet beaucoup plus sombre en tête. Mais Last Night on Earth est également l'occasion d'observer l'attitude d'un groupe d'adultes et d'enfants ''remarquablement'' ancrés dans la religion...


Et alors que les personnages de Holly et Ryan visent à exploiter la sensibilité de l'une et la rationalité et le rôle de protecteur de l'autre, et que de leur côté Gene et Gaby personnifient la perte de moralité, la violence et l'instabilité, l'actrice Dee Wallace, célèbre pour être notamment été l'une des égéries du fantastique et de l'horreur avec notamment Hurlements de Joe Dante, Cujo de Lewis Teague ou encore Critters de Stephen Herek incarne quant à elle le rôle de Carla, ''cheffe'' d'une petite communauté religieuse réunie non loin de là où se sont installés les premiers. Vouant un culte à leur Dieu mais demeurant tout à fait bienveillants, elle ainsi que ses membres s'apprêtent à accepter leur mort pour rejoindre le Paradis... Last Night on Earth mêle différents genres. À travers la relation de Holly et Ryan, le film nous plonge en plein drame. Celui d'un couple dont la femme a notamment déjà tenté de se suicider et dont Ryan fait office d'époux, d'amant et bien entendu, de protecteur. Une relation intense magnifiée par l'incarnation de l'un et de l'autre et sublimée par la mise en scène romantisée du cinéaste. Pour autant, le film n'en est pas moins relativement tendu. Marcos Efron parvenant ainsi à créer un véritable climat d'angoisse à l'approche de l'astéroïde mais également du couple formé par Gaby et Gene. Le long-métrage prenant ainsi parfois des allures de thriller, voire de film d'horreur même si cette dernière n'est visible que de manière sous-jacente. Bien entendu, le réalisateur n'abandonne pas les amateurs de science-fiction sur le bas côté avec un final aussi bouleversant qu'intellectuellement impressionnant... Découle alors de ce récit touchant et malgré les apparences, jamais ennuyeux, une œuvre profonde sur la fin de la vie ici traitée à l'échelle mondiale. Faisant ainsi de Last Night on Earth l'une des meilleures surprises en la matière. Sans chichis, sans superflu, sans effets-spéciaux ''Blockbusterèsques''. Tout ici entre dans le cadre de l'intime et abandonne le spectateur dans un état proche du malaise. Témoin d'un drame inéluctable...


 

vendredi 16 janvier 2026

Greenland : Migration de Ric Roman Waugh (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y a six ans sortait sur les écrans Greenland de Ric Roman Waugh. Énième long-métrage qui après Meteor en 1979, Asteroid en 1997, Armageddon en 1998 ou bien Deep Impact la même année nous comptait en 2020 les aventures de John Garrity (Gerard Butler), de son épouse Allison (Morena Baccarin) et de leur fils Nathan (Roger Dale Floyd). À l'issue de leurs nombreuses péripéties et tandis que la planète subissait une extinction massive de la plupart des espèces vivant sur Terre, ils parvinrent à atteindre un abri situé au Groenland où il se réfugièrent. Après neuf mois, isolés dans leur bunker aux côtés d'autres survivants qui eurent tout comme eux l'opportunité de se protéger de l'impact de la comète géante ''Clarke'' et de nombreux débris, John Garrity et la autres purent en sortant, découvrir une planète ravagée, un air devenu irrespirable et des températures extrêmes... Les Garrity et tous ceux qui les ont accompagné à l'intérieur du refuge vont durant plusieurs années patienter jusqu'à ce que le climat se stabilise. Autant de temps qui n'empêche pourtant pas le danger d'être toujours présent puisqu'au départ de la séquelle Greenland : Migration l'on apprend de la bouche même de John Garrity que des milliers de fragments de la comète tournent toujours autour de notre planète et menacent de venir s'écraser à sa surface. Et ça tombe bien puisque pile-poil six ans plus tard, voici que des dizaines d'entre eux vont justement venir détruire l'abri, forçant ainsi les survivants à fuir l'endroit à bord de canots de sauvetage. Pour John et sa petite famille, dont Nathan est désormais interprété par Roman Griffin Davis, il est temps de partir jusqu'en Europe, afin de rejoindre le Cratère de Clarke situé dans le sud de la France. Témoin du peu d'ambition du long-métrage, le film ne sera d'ailleurs pas tourné sur place mais en Islande. Permettant malgré tout aux spectateurs de profiter de quelques magnifiques décors. Mais avant que les Garrity ne parviennent jusque là, ils vont devoir traverser diverses régions relativement hostiles, au gré de rencontres plutôt sympathiques pour un voyage qui dans un contexte de dystopie nous a habitué à mieux et à beaucoup plus périlleux et qui pourrait apparaître parfois comme une simple promenade bucolique. Autant dire que d'aller dépenser nos deniers pour découvrir les secondes et dernières aventures d'une sympathique famille d'américains moyens confrontée aux énième retombées climatiques et comportementales d'une catastrophe mondiale n'est peut-être pas la meilleure idée que nous ayons eue...


Car si Greenland fut une expérience de cinéma plutôt divertissante et si cette séquelle ne l'est pas moins, la promenade se révèle finalement plutôt pépère pour nos trois personnages. Croisant la route de personnages armés mais en réalité très coopératifs, les Garrity nous donneront l'occasion d'être les témoins d'un nombre incalculable d'invraisemblances à commencer par l'aventure en mer du canot de sauvetage qui après avoir quitté les côtes du Groenland se dirige vers l'Europe. Durée du voyage : une semaine. Autant dire qu'il est difficile de concevoir que l'embarcation puisse atteindre son objectif sans que son réservoir d'essence ne se vide au bout d'une journée seulement. Et bien évidemment, c'est ce qui arrive au bout d'un certain temps. Mais très optimistes, John et les autres comptent sur le hasard et surtout sur les courants marins pour atteindre leur premier but : l'Angleterre. Une fois miraculeusement arrivés à destination, le canot bute contre le toit d'un immeuble. John ouvre une porte latérale du canot et se saisit d'une... rame ! Et ouais, les mecs, préférant laisser faire le hasard que de guider à la rame l'embarcation, on peut dire que nos héros ont vraiment de la chance ! Et en terme d'incohérence, je suis certain que Ric Roman Waugh peut encore faire mieux. Et c'est vrai, juste une poignée de secondes plus tard. Si le canot a buté contre le sommet d'un immeuble, c'est parce que la ville a été engloutie sous les eaux. Ce qui n'empêche pas les personnages de se retrouver une poignée de secondes plus tard à errer normalement en ville dans des rues, au sec. À moins que la région ne se soit vidée comme un évier juste avant le passage de John et de sa famille, va falloir justifier une telle invraisemblance. Bon, on ne va pas toutes les lister et laisser les spectateurs s'amuser au jeu des incohérences... Pour le reste, John et sa petite famille vont retrouver une ancienne amie qui depuis le désastre continue de soigner des malades atteints d'Alzheimer dans un hôpital avant de prendre la route vers le cratère de Clarke. Tout ceci n'est franchement pas terrible. Et même si l'on a l'opportunité d'assister à une ou deux séquences plutôt bien fichues à l'image de la traversée de deux ponts ''artisanaux'' fabriqués l'un avec des cordes et le second avec des échelles, le voyage est décevant. Monté à la truelle, causant parfois des ellipses très discutables, Greenland : Migration est un tout petit blockbuster pourtant doté d'un confortable budget s'élevant à quatre-vingt dix millions de dollars et d'effets-spéciaux convaincants. Bref, mieux vaut patienter jusqu'à son passage à la télévision...

 

dimanche 21 décembre 2025

Somnium de Racheal Cain (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Une expérience captivante est-elle pour autant forcément concluante ? C'est la question que pose Somnium, le tout premier long-métrage réalisé, écrit et produit par l'américaine Racheal Cain qui après avoir étudié au College of Motion Picture Arts de la Florida State University s'est installée à Austin, au Texas. Pour sa première expérience au format long, Rachael Cain crée un univers qui n'est pas loin de se rapprocher de celui de David Lynch qui de son propre aveu est l'une de ses principales sources d'inspiration. Pourtant contrainte à mettre en scène son héroïne avec de faibles moyens budgétaires ayant reposé sur une campagne de crowdfunding lancée en 2018, la cinéaste réussit le tour de force de produire une œuvre qui sort des sentiers battus et qui malgré quelques défauts parvient à captiver. Ayant débuté le tournage en regroupant toutes les séquences de flash-back en 2018, Rachael Cain patientera trois années supplémentaires avant de tourner celles situées dans le présent. Totalement indépendante et ayant donc la possibilité d'avoir un contrôle total sur le projet, seules ses influences semblent lui avoir permis de mettre en scène ce curieux exercice de style, entre science-fiction, épouvante et drame. Une mise en abyme du métier d'actrice principalement interprétée par Chloë Levine, choisie sur les conseils de la directrice de casting qui avant cela s'était notamment fait remarquer dans le très intriguant The Transfiguration de Michael O'Shea qui en 2017 traitait de manière fort originale de l'adolescence, de la violence et... du vampirisme ! Actrice originaire du New Jersey, Chloë Levine incarne ici le rôle de Gemma. Portrait d'une jeune américaine moyenne vouée à reprendre le restaurant familial mais dont les projets sont tout autres. En effet, se rêvant actrice et après s'être séparée de son petit ami Hunter dont elle était très amoureuse (l'acteur Peter Vack), Gemma prend un aller simple pour Los Angeles dans l'espoir de passer des castings et ainsi décrocher un rôle. Mais en attendant, la jeune femme doit tout d'abord s'assurer de ne pas se retrouver à la rue et loue un petit appartement dont elle va payer le loyer en travaillant de nuit dans une obscure entreprise du nom de Somnium. Une clinique spécialisée dans le rêve et permettant à ses clients d'améliorer leur vie. Transformant ainsi leurs projections mentales en réalité. Un protocole long de six semaines qui peut être en cas d'urgence réduit à neuf heures dans le cas du projet Cloud Nine !


L'on observe plusieurs choses. Somnium est traversé de nombreux flash-back introduisant le personnage de Hunter. Définissant ainsi certains choix, entre celui de rester bien à l'abri du cocon familial ou celui de tout mettre en œuvre pour vivre son rêve loin de chez soit. C'est donc à la suite d'une rupture sentimentale que l'héroïne quitte tout pour aller tenter sa chance à Los Angeles. Le rêve, ici, prend différentes formes. Allant du couple entre ambition et optimiste jusqu'au protocole Cloud Nine. Intervient alors un personnage secondaire dont la présence est théoriquement fondamentale si l'on veut comprendre le sens de certaines séquences : Noah (Will Peltz), ce concepteur informatique de génie à l'origine du programme Somnium. Mais là où les choses ne sont plus très claires et donc se compliquent c'est lorsque interviennent chez Gemma certaines ''visions'' cauchemardesques. Car si la frontière entre flash-back, temps présent, réalité et fiction sont dilués dans une mise en scène et un montage qui forcent parfois la concentration du spectateur, la plongée dans le monde des rêves n'est pas toujours facile à identifier. Contrairement à l'univers de Total Recall de Paul Verhoeven qui déjà près de quarante ans en arrière abordait de manière beaucoup plus ''sensationnelle'' le sujet central de Somnium, ici tout semble se mélanger, s'amalgamer afin de confondre la réalité et la fiction dans un désordre scénaristique généralisé. En effet, si l'on observe que Gemma n'est utilisée comme cobaye par Noah que vers la fin du récit, comment peuvent s'expliquer les différentes phases ''paranoïaques'' dont elle est rapidement là victime ? En outre, la jeune femme semble être la seule à prendre conscience durant cette expérience forcée de rêves intenses que rien n'est véritablement réel ! Si l'entreprise de la cinéaste est louable, des trous dans le récit viennent briser la colonne vertébrale du script. Comme l'idée pourtant alléchante d'un programme qui permettrait d'améliorer l'existence d'individus à travers des rêves mais qui logiquement, une fois retournés à leur vie quotidienne seraient contraints de faire face aux turpitudes de leur existence... Malgré des défauts qui pourraient paraître rédhibitoires, Somnium demeure une sympathique expérience, moins sensorielle qu'espéré mais incarnée par une Chloë Levine épatante, joviale, enjouée, souriante, si ce ne sont ces instants de terreur que Rachael Cain n'arrive pourtant malheureusement pas à concrétiser...

 

vendredi 5 décembre 2025

Replicator de Mark Andrew Hamer (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Retour du Body-Snatcher sur la scène de l'horreur et de l'épouvante en 2024 avec Replicator du producteur, réalisateur et scénariste Mark Andrew Hamer. Trois ans après avoir tourné le film de loup-garou The Hunting, le cinéaste américain revient avec un melting-pot entre science-fiction, épouvante, gore et comédie. Un long-métrage qui suit les traces de l'un des plus grands classiques de l'invasion extraterrestre réalisé à la toute fin des années soixante-dix par Philip Kaufman, L'invasion des profanateurs. Lui-même étant le remake de Invasion of the Body Snatchers que réalisa en 1959 Don Siegel, film qui fut à l'origine de plusieurs adaptations (dont l'une, Body Snatchers, fut signée en 1993 par le réalisateur underground Abel Ferrara) et de nombreuses autres œuvres fortement inspirées du séminal roman de Jack Finney, The Body Snatchers. Autant dire que l'on n'attend plus grand chose d'un sous-genre qui donna donc ses lettres de noblesse en 1978 et que le cinéaste mexicain Robert Rodriguez adapta en outre à sa sauce en 1998 à travers l'excellent The Faculty. Sans être le concept le plus adapté au cinéma, le Body-Snatcher est un sous-genre de la science-fiction dont on attend toujours la relève mais qui ne parvient jamais vraiment à reproduire l'intense sentiment de paranoïa qui pouvait se dégager de l’œuvre de Philip Kaufman. Ou bien même du géniallissime The Thing de John Carpenter que l'on peut ranger dans ce même registre puisque sa créature avait tendance à prendre la forme physique et le comportement de ses victimes. S'agissant de Replicator, il est clair que Mark Andrew Hamer ne joue pas vraiment dans la même catégorie. Sous-entendant ainsi bien entendu, que d'un point de vue technique et interprétatif le film se ramasse très souvent. Si certains spectateurs se trouveront en terrain conquis, parmi eux, une partie risque de faire la grimace. Pourtant plein de promesses, le film de Mark Andrew Hamer souffre de n'être qu'une petite production, modeste dans ses effets-spéciaux numériques et pratiques même si ces derniers bénéficient d'une conception quasiment à la hauteur des attentes que peut engendrer une œuvre dont on n'attendait finalement pas grand chose. Si l'époque à laquelle se déroule l'intrigue n'est pas vraiment définie et si l'on imagine qu'elle se produit de nos jours, la bande musicale de Will Musser s'inscrit dans une certaine nostalgie propre aux années quatre-vingt. Comme en témoignent les sonorités analogiques qui à profusion soulignent les moments de tension que tente de distiller le réalisateur...


Car il s'agit bien là d'une ''tentative'', qui souvent échoue à déclencher chez le spectateur cette sensation d'effroi tant recherchée ! On pourra également ranger le film dans un autre registre du cinéma d'horreur et fantastique en l'inscrivant dans la vague du Body Horror lorsque notamment, le père de l'héroïne interprété par Jim Azelvandre se meurt d'une blessure dans la salle de bain de sa fille lorsqu'il tentait de se raser la barbe. Ici, le rouge sang est remplacé par une hémoglobine gluante et violacée qui maintient la preuve selon laquelle certains des concitoyens de cette petite ville où se déroule l'action ne sont plus tout à fait les mêmes. Dans le rôle principal l'on retrouve l'actrice Brey Noelle. Laquelle incarne l'avocate Darby Vigliani qui après perdu son dernier procès retrouve chez elle son père atteint d'un cancer. Parmi les autres interprètes l'on évoquera la présence de KateLynn E. Newberry dans le rôle de la barmaid Neila et meilleure amie de Darby. Tandis que le scénario de Replicator fut écrit par Mark Andrew Hamer lui-même ainsi que par Russ Lindway (sur la base d'une histoire écrite par ce dernier), le long-métrage souffre d'interminables ventres mous aussi significatifs que le manque de vie du patelin où se déroule l'action. Si l'on n'a pas d'idée précise quant au nom de la ville, on sait en revanche que le film fut tourné à Ashland, dans l'Ohio. Le casting étant réduit au minimum, en dehors des deux actrices principales, de celui qui tient le rôle du père de Darby ou de Brian Spangler et Kayla Royko qui incarnent respectivement le shérif Ty Williams et Gina (la dernière conquête du père de notre avocate) et de quelques figurants, le cadre s'avère étonnamment vide. Au point que l'on a parfois l'impression que la ville a été entièrement vidée ou presque de ses habitants. Un élément qui pourtant n'est jamais évoqué. Cette absence de vie couplée à de nombreuses séquences nocturnes terminent de donner à Replicator une drôle d'allure. Comme une œuvre inachevée. L'équivalent d'un jeu vidéo dont tous les décors et les PNJ n'auraient pas encore été mis en place. Quant aux dialogues et aux diverses situations décrites durant le récit, on ne peut pas dire que le réalisateur et son scénariste se soient donnés la peine d'étayer en profondeur leur sujet. Au final, Replicator passe de la curiosité au film long, très long, trop long et vide, très vide, trop vide pour susciter l'intérêt des amateurs de science-fiction et d'horreur et plus encore celui des fans de Body-Snatchers...

 

samedi 22 novembre 2025

Spaceship Earth de Matt Wolf (2020) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'est en parcourant l'excellente chaîne Youtube du français Sylart que je suis tombé tout à fait par hasard sur sa vidéo Enfermés 2 ans dans une bulle : l'expérience qui a viré au cauchemar consacrée à l'une des expériences humaines les plus incroyables. Celle de Biosphere 2, ce site expérimental qui dès 1987 et jusque en 1991 fut construit dans le désert de l'Arizona avec pour projet d'enfermer huit hommes et femmes à l'intérieur d'une gigantesque structure reproduisant tous les climats et les types d'environnements de la planètes durant deux années complètes. Une vidéo si fascinante qu'elle me poussa à investiguer un peu plus loin afin de voir si oui ou non une fiction avait été réalisée à partir de cette extraordinaire aventure. Mais non, rien à me mettre sous la dent de ce côté là. Par contre, en 2020 le cinéaste et documentariste américain Matt Wolf réalisa le très complet Spaceship Earth. Un documentaire revenant sur la genèse du projet Biosphere 2. A travers de nombreux témoignages et constitué d'une grande majorité d'images d'archives remontant jusqu'à la fin des années soixante où le mouvement hippie était alors en plein essor, Spaceship Earth remonte un quart de siècle en arrière, lorsqu'à l'âge de dix-sept ans, Kathelin Gray croise pour la toute première fois de son existence John Polk Allen, un homme d'une cinquantaine d'années, ancien ingénieur en métallurgie ayant développé des alliages dans une aciérie lorsque ce jour là, il demande à l'adolescente ce qu'elle fait. Kathelin lui tend alors l'ouvrage de l'écrivain français René Daumal Le Mont Analogue dont le contenu la fascine tant et si bien qu'elle rêve de reproduire le concept qui y est décrit pour sa propre existence. Le roman ainsi que la rencontre entre Kathelin et John seront les clés de voûte d'un projet qui ne verra le jour que vingt-cinq ans plus tard. Mais d'ici à ce que sorte de terre Biosphere 2, Spaceship Earth remonte le temps et évoque non seulement la rencontre entre John et kathelin mais également celle des futurs membres de l'expédition. Naît alors une troupe de théâtre qui arpentera le monde entier, à travers les quatre coins de la planète jusqu'en Antarctique, qui organisera des conférences avec des scientifiques, des ingénieurs, des hommes et des femmes qui comme eux sont préoccupés par l'avenir de la Terre. Une planète que d'aucun d'entre eux considère alors dans sa globalité comme une biosphère, ce qui explique que le projet porta le nom de Biosphere 2 et non pas de Biosphere 1 !


Véritable nid à autodidactes, l'équipe apprend par elle-même, parfois secourue par des spécialistes. En 1969, l'architecte américain Richard Buckminster Fuller conçoit un modèle de dôme géodésique (dôme constitué d'un réseau de fenêtres de forme triangulaire dont les charges sont réparties de manière harmonieuse) que John et la troupe construisent ensemble. Parmi les projets précédant l'ambitieux Biosphere 2, John et son équipe participent en 1975 à la conception d’un bateau océanographique nommé R/V Heraclitus dont le but est d'étudier les océans de la planète. Lorsque dans les années quatre-vingt est lancée l'idée de construire dans le désert de l'Arizona le site de Biosphere 2 dont les dimensions sont estimées à environ 1,30 hectares, John fait la rencontre du pétrolier texan Ed Bass qui lui propose de financer son projet à hauteur de cent-cinquante millions de dollars à travers la société Space Biospheres Ventures qu'is ont fondé tous les deux. La construction mettra quatre ans et le 26 septembre 1991, l'équipe constituée des huit bionautes Roy Walford, Jane Poynter, Taber McCullum, Mark Nelson, Sally Silverstone, Abigail Alling, Mark Van Thillo et Linda Leigh pénètre le site pour les deux années à venir. Sans possibilité théorique de pouvoir entrer en interaction avec le monde extérieur, les huit ''cobayes'' vont devoir subvenir à leurs propres besoins par les moyens mis à leur disposition en exploitant les ressources et sans jamais pouvoir compter sur la moindre aide extérieure... Si le projet semble extraordinaire et le concept particulièrement visionnaire, Spaceship Earth témoigne après un historique long d'une cinquantaine de minutes des problèmes que rencontrèrent les bionautes formés autour d'un médecin et de scientifiques spécialisés dans divers domaines. Un documentaire qui témoigne également de certaines dérives médiatiques qui eurent notamment une portée relativement importante sur le moral du groupe et sur celui de John qui lui est demeuré à l'extérieur de Biosphere 2. Pour quiconque s'intéresse au sujet, le documentaire de Matt Wolf est un puissant témoignage visuel et sonore sur une aventure humaine, écologique, ambitieuse et fondatrice aux frontières de ''l'extraterrestrialité'' si vous me permettez ce néologisme. À voir, donc, tout comme l'excellente vidéo de Sylart, d'ailleurs...

 

jeudi 20 novembre 2025

The Running Man d'Edgar Wright (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Chasse à l'homme contre chasse à l'homme. D'un côté, le blockbuster américain d'Edgar Wright The Running Man et de l'autre, le franco-belge Les tourmentés de Lucas Belvaux. Commençons dans ce premier article avec le film du cinéaste britannique. Si à priori les cinq millions de budget du second n'ont aucune chance face aux cent-dix du premier, n'allons tout de même pas trop vite en besogne... En préambule, je me dois d'être tout à fait honnête en reconnaissant que la première adaptation du roman de Stephen King sous le pseudonyme de Richard Bachman datant de 1987 ne m'a jamais fait ni chaud, ni froid. Pour un budget qui à l'époque était au demeurant fort conséquent (27 millions de billets verts), le Running Man de Paul Michael ''Starsky'' Glaser avait tout du bon gros nanar financièrement survitaminé. Et c'est un ancien fan de l'écrivain qui vous le dit... Engagé à l'époque pour tenir le rôle principal de Ben Richards, l'acteur Arnold Schwarzenegger était le candidat idéal pour incarner le héros quasi-inexpressif d'une œuvre de science-fiction et d'anticipation bourrée d'énergie mais manquant foncièrement de profondeur sociologique ! Près de quarante ans plus tard, l'auteur du génial Shaun of the Dead, de Hot Fuzz, du Dernier pub avant la fin du monde ou du surévalué Baby Driver revient au cinéma avec SA vision du roman de l'écrivain américain. Une expérience de plus de cent-vingt minutes qui ne réconciliera certainement pas les amateurs de pétarades visuelles et sonores et les spectateurs dont les exigences ne s'arrêtent pas au simple afflux ininterrompu d'effets-spéciaux numériques. Après une bande-annonce qui autrement que de m'avoir alléché les babines les avaient rendues totalement exsangues, j'étais certain de passer un moment long, pénible et assourdissant en me rendant dans la première salle de cinéma projetant le film. Et pourtant, toujours ivre de découvrir LA dernière adaptation de mon idole d'adolescence malgré de nombreuses déconvenues (Maximum Overdrive, qui fut réalisé par ses soins en 1986, les mini-séries Le fléau de Mick Garris en 1994 et Shining en 1997, le catastrophique La tour sombre de Nikolaj Arcel ou encore Doctor Sleep de Mike Flanagan), j'ai donc fait l'effort de me rendre au cinéma pour en ressortir deux heures plus tard en passant par la petite porte de secours. M'assurant que personne ne m'avait vu me faufiler ce jour-ci dans la salle projetant ce The Running Man qui pour moi demeurera de triste mémoire...


Tout comme Baby Driver voilà huit ans, le dernier long-métrage d'Edgar Wright n'est rien de plus, rien de moins qu'un énorme coup d'esbroufe. Jouant la carte de la surenchère, avec sa bande musicale aussi tonitruante qu'insupportable et dont les effets contraires au plus efficace des antiémétiques sont incroyablement redoutables, The Running Man est tout ce que je déteste. Éludant dans les grandes largeurs le message socio-politique s'agissant du fossé qui sépare le monde en deux, entre l'élite et ceux qui vivent dans la pauvreté, ainsi que le concept vu et revu des dizaines de fois consistant à transformer notre univers en une arène télévisée où pour survivre, l'homme accepte de s'exposer dans des jeux de mort afin d'assurer son avenir et celui des siens sont réduits à peau de chagrin. Glen Powell reprend donc ainsi le rôle tenu par Arnold Schwarzenegger. Cette fois-ci, au moins, le personnage est enfin capable d'émotions. Ce que tend par contre à lourdement démontrer Edgar Wright en surexploitant le caractère volubile et agressif de son principal protagoniste. Si dans les grandes lignes le film d'origine et son remake reposent effectivement sur un même concept, la version 2025 cache les limites de l'adaptation d'Edgar Wright et du scénariste Michael Bacall derrière un spectacle certes permanent mais aussi et surtout très superficiel. Tandis qu'en 1987 l'acteur Richard Dawson était parvenu à rendre véritablement concret l'ordure qu'était le personnage de l'animateur du show Damon Kilian, l'afro-américanisation du personnage cette fois-ci remplacé par l'acteur Colman Domingo n'est pas un service rendu à ce dernier tant son incarnation est transparente face à celle de Josh Brolin, lequel interprète le rôle de l'infâme créateur du jeu, Dan Killian. En réduisant l'unité de temps à quelques heures, Paul Michael Glaser et le scénariste Steven E. de Souza produisirent la meilleure idée du long-métrage d'origine tandis que le récit de la version 2025 se perd dans des ellipses temporelles qui fonctionnent atrocement mal. Si le schéma général de l'histoire originelle est ici reproduit plus fidèlement qu'en 1987, Edgar Wright tente d'élargir le spectre du sujet en ajoutant d'innombrables instants de bravoure aussi futiles qu'adolescents. Bref, beaucoup de bruit pour pas grand chose et une énième adaptation pâlichonne de Stephen King, un mois et demi après la sortie du très moyen Marche ou crève de Francis Lawrence...

 

mercredi 29 octobre 2025

The Vindicator de Jean-Claude Lord (1986) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

The Vindicator ou Frankenstein '88 (à ne pas confondre avec la truculente comédie fantastique Frankenstein 90 de Jean Jessua avec Eddy Mitchell, Jean Rochefort et Fiona Gélin) est le dixième long-métrage du réalisateur et scénariste canadien Jean-Claude Lord. Un cinéaste qui fut notamment l'auteur en 1982 du sympathique Terreur à l'hôpital central dans lequel Michael Ironside traquait et terrorisait Lee Grant un an avant de devenir l'un des valeureux résistants de la géniale série télévisée de science-fiction V. Bien que The Vindicator semble effectivement tout d'abord être inspiré par le mythe de Frankenstein mais aussi par le premier volet de la franchise Terminator que James Cameron réalisa en 1984, le plus curieux avec ce nanar de science-fiction est qu'il semble développer certaines thématiques qui le rapprochent d'un autre classique de la science-fiction dystopique qui pourtant ne verra le jour qu'en 1987 : Robocop. Et ce, dans des proportions telles que l'on se demande si les scénaristes Michael Miner et Edward Neumeier ne seraient pas quelque peu inspirés du script conçu par Edith Rey et David Preston pour le long-métrage de Paul Verhoeven. Car s'il est entendu que le scientifique Carl Lehman employé par la société ARC n'est pas un flic, la première partie de The Vindicator ressemble presque point par point à celle qui sera développée lors du premier acte de Robocop. Ici, le personnage central incarné David McIlwraith est victime d'un ''accident'' alors qu'il tente d'éviter une catastrophe dans le laboratoire de recherche où il travaille. On le sait très rapidement, l'homme derrière la mort de Carl est Whyte (l'acteur Richard Cox), collaborateur et chef de projet ambitieux qui face aux menaces du scientifique de tout révéler sur certains de ses agissements a trouvé un moyen d'éliminer cet empêcheur de tourner en rond... Laissant ainsi seule une veuve prénommée Lauren, laquelle porte leur futur enfant (l'actrice Teri Austin que l'on a pu notamment découvrir dans la série Côte Ouest ou dans L'esprit de Caïn de Brian De Palma). Après son enterrement, le corps de Carl va être cependant récupéré afin de subir une expérience qui le ramènera à la vie (d'où le titre alternatif de Frankenstein '88 qui le rapproche du mythe créé par Mary Shelley dans son ouvrage Frankenstein ou le Prométhée moderne)...


Désormais transformé en un cyborg doté d'une force incroyable, Carl est bien décidé à se venger de ceux qui l'ont assassiné tout en cherchant à protéger la vie de Lauren. Laquelle peut apparemment et malgré tout compter sur le soutien de son ami Burt (Maury Chaykin). Tandis que Carl est devenu hors de contrôle et qu'il a échappé à Whyte, ce dernier lance à sa recherche Hunter (l'ancienne égérie de la Blaxploitation Pam Grier), jeune ''panthère noire'' armée jusqu'aux dents et spécialisée dans la traque et l'élimination d'individus qu'elle est payée pour tuer ! Mais malheureusement pour elle ainsi que pour son employeur, Carl va se montrer difficile à faire disparaître. En cause : l'armure métallique qui le recouvre presque intégralement et qui s'avère résistante aux impacts de balles ! The Vindcator est donc plus proche de Robocop que de Terminator alors que l'on s'attendait à un avatar pompant scrupuleusement le classique de James Cameron. Outre les séquences d'action, Jean-Claude Lord tente d'injecter à son œuvre une petite touche de psychologie à travers la personnalité de Carl dont le revêtement électro-métallique ne l'empêche pas d'avoir conservé des sentiments humains. Surtout envers son épouse Lauren qu'il tente de protéger quels que soient les moyens. Si le film commence de manière plutôt encourageante même si l'on sait très bien que l'on met les pieds dans une production plus proche du nanar que du chef-d’œuvre de la science-fiction, la suite n'est malheureusement pas du même acabit. The Vindicator est lent, ponctué d'interminables et répétitifs ventres mous. Vanté à l'époque pour leur qualité par certains critiques, les effets-spéciaux sont en réalité d'une grande médiocrité. Pourtant conçus par l'un des maîtres en matière d'effets-spéciaux animatroniques Stan Winston auquel on doit notamment tout ou partie de ceux de Terminator 2 : le jour du jugement et Aliens : le retour de James Cameron, The Thing de John Carpenter ou encore Jurassic Park de Steven Spielberg, celui qui pourtant travailla deux ans plus tôt sur ceux du deuxième chapitre de la franchise Vendredi 13 signe ici des Fxs déplorables. Un cyborg qui a plus l'air de porter comme armure une couverture de survie dorée qu'une combinaison à l'épreuve des balles. Bref, un bon gros nanar...

 

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