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lundi 9 mars 2026

Stridulum de Giulio Paradisi (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Petit film méconnu réalisé par Giulio Paradisi et écrit en collaboration avec Robert Mundi et Ovidio G. Assonitis (Le démon aux tripes, Tentacules), Stridulum est aussi et surtout une œuvre hybride, étrange, louvoyant du côté de certains classiques du fantastique pour obtenir un résultat mi-figue, mi-raisin. Un mélange très curieux, parfois indigeste, mais suffisamment original pour allécher les amateurs de genres aussi divers que l'épouvante, l'horreur, le fantastique et la science-fiction. Interprété par des acteurs de renommée internationale, le long-métrage du réalisateur ET acteur italien qui signe ici son œuvre sous le pseudonyme de Michael J. Paradise met en scène une grande majorité d'interprètes d'origine américaine. C'est ainsi que l'on découvre dans le rôle de Barbara Collins, l'actrice Joanne Nail. Mère d'une jeune adolescente prénommée Katy (Paige Conner, dont la légère ressemblance avec la Linda Blair de L'exorciste signé de William Friedkin six ans auparavant n'est sans doute pas anodine), Barbara vit avec son petit ami Raymond Armstead (Lance Henriksen). Tandis que le comportement de Katy inquiète son entourage, un complot visant à manipuler sa compagne afin qu'elle donne naissance à un enfant qui aux côtés de la gamine devrait permettre de renforcer les forces du mal est en action. Le personnage incarné par Lance Henriksen, acteur notamment devenu célèbre pour avoir joué dans Aliens, le retour et Terminator de James Cameron ou pour avoir été la vedette de la série Millennium, le crossover de X-Files, n'est pas sans rappeler celui que tenait John Cassavetes en 1968 dans le classique de Roman Polanski, Rosemary's Baby. L'intrusion dans un ménage d'un ''suppôt'' de Satan proche de l'héroïne entretenant des rapports troubles avec un groupe de voisins (ici remplacés par une organisation menée par l'acteur Mel Ferrer dans le rôle d'un certain Docteur Walker) et visant à mettre en péril l'existence même de l'humanité. Une fois encore, l'analogie entre Stridulum et Rosemary's Baby est appuyée à travers la nécessité d'enfanter la mère de famille à des fins démoniaques et donc mortifères. En outre, Raymond Armstead intervient en tant qu'intermédiaire entre le groupe dirigé par le Docteur Walker et une espèce extraterrestre dont les projets sont étroitement liés. Face à ce qui semble donc être la représentation du Mal, l'on trouve fort heureusement du côté du Bien, l'acteur et réalisateur américain John Huston dans le rôle de Jerzy Colsowicz...


Un vieil homme bénéficiant d'une sérenité mais aussi d'une très grande détermination qui vont l'aider à soutenir Barbara dans son combat lorsque seront révélées les véritables intentions de celui qui partage son existence. Derrière son visage poupin cachant une ''créature'' pourtant maléfique, froide et manipulatrice, Katy révèle donc rapidement sa personnalité. Celle d'une enfant qui fut enfantée par un être démoniaque qui avant sa mort eut le temps d'inséminer un certain nombre de femmes sur Terre. La comparaison entre Stridulum et L'exorciste s'arrêtant aux portes des vulgarités que l'adolescente dissémine ça et là et à celle des événements paranormaux qui lui incombent, ce personnage faussement angélique rappelle surtout et avant tout, Damien Thorn, ce gamin diabolique découvert pour la première fois dans le classique de Richard Donner, La malédiction en 1976. Stridulum s'ouvre sur une séquence mystique située sur une planète lointaine. À grand renforts d'effets visuels ultra-cheap mais ayant pour conséquence d'argumenter sur le sens profondément spiritualiste de certaines séquences à venir, le long-métrage de Giulio Paradisi est effectivement un drôle d'objet Filmique Non Identifié, ou Non Identifiable de part son mélange très curieux des genres. Notons qu'au beau milieu d'un récit parfois confus à force d'intégrer des personnages et sous-intrigues multiples, le réalisateur et ses scénaristes évoquent l'idée d'une enquête policière menée par un certain détective Jake Durham (Glenn Ford) avant que sa mort lors d'un grave accident de voiture dont les prémisses rappellent tout un tas d'événements survenus dans autant de classiques du genre n'y mette un terme définitif. D'un côté l'on a donc le Mal, manipulateur, maléfique, complotiste, et de l'autre, le Bien, protecteur, soutien d'une mère de famille en fauteuil roulant. Entre fantastique, science-fiction et épouvante, Stridulum s'inscrit dans une logique religieuse intense. Entre occultisme, invasion extraterrestre, symbolisme religieux et psychédélisme renforcé par la bande musicale du compositeur italien Franco Micalizzi, Stridulum est une sacrée curiosité. Notons enfin pour ''compléter'' le casting, les présences de Shelley Winters dans le rôle de la dame à tout faire Jane Phillips, celle du cinéaste Sam Peckinpah dans celui du Docteur Sam Collins ou encore celle de Franco Nero dans le rôle du... Christ...!...

 

dimanche 17 novembre 2024

The Artifice Girl de Franklin Ritch (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'intelligence artificielle est un vaste sujet. Si vaste qu'il est possible de l'aborder de diverses manières. À commencer par la plus brute, comme dans Terminator de James Cameron qui en 1984 avait un point de vue radical dans lequel l'humanité était engagée dans une guerre sanglante et totale contre une armée de machines qu'elle avait pourtant elle-même créée. Le long-métrage théorisait alors sur la possibilité d'un voyage dans le passé afin de sauver celui qui allait dans le futur permettre aux hommes de tenir tête à des androïdes qui en comparaison d'autres exemples de créations humaines liées à l'intelligence artificielle allaient se révéler intellectuellement rudimentaires. Le chemin qui pava la route d'un concept qui pour certains est depuis devenu dangereusement concret rencontra quelques surprises intéressantes. Une liste trop longue pour les relever toutes mais dont on peut notamment évoquer l'excellent EX_MACHINA d'Alex Garland dans lequel le jeune programmeur Caleb (Damhnall Gleeson) ignorait sans doute que sa création prénommée AVA allait, au delà du fait que se posa la question de savoir si elle était dotée d'une conscience ou non, s'arracher de sa ''prison'' pour rejoindre la civilisation. Huit ans plus tard et après des dizaines d'autres tentatives, le réalisateur et scénariste Franklin Ritch réadapte le concept et le repousse dans ses derniers retranchements en évoquant à son tour la question de la conscience mais aussi celle tournant autour des émotions. Tourné sous forme de huis-clos relativement oppressant lors duquel l'on comprend rapidement que celui que l'on soupçonne tout d'abord être un prédateur sexuel évoluant sur les réseaux sociaux n'est en fait que l'un de ceux qui les traquent, The Artifice Girl met en place un stratagème évoluant sur une période de cinquante ans découpée en trois actes. Des soubresauts qui dénotent déjà d'une forte avancée dans le domaine de l'intelligence artificielle jusqu'à l'instant très précis où Cherry, la dite intelligence artificielle dont l'âge et l'apparence physique posent des question d'ordre moral, sera libérée de ses entraves une fois que les objectifs d'origines auront atteint un but inespéré. Notons en particulier l'interprétation de l'actrice américaine Tatum Matthews qui contrairement aux apparences n'a pas l'âge avancé dans le film mais vingt-quatre ans. Incarnant l'intelligence artificielle Cherry, la jeune femme donne la pleine mesure de son talent et révèle ainsi les possibilités infinies d'un tel concept.


Face à un écran immaculé devant lequel l'actrice est projetée en mode DEV (un type de paramètres permettant d'avoir un accès direct aux ressources informatiques d'un programme afin de pouvoir en changer certaines fonctions), trois personnages de chair et de sang. À commencer par Gareth (interprété par Franklin Ritch lui-même), l'homme au cœur du projet initial de traque des pédophiles, véritable génie en informatique dont les compétences ont pour origines un drame terrible dont lui et treize autres enfants furent les victimes il y a un certain nombre d'années. Ensuite, les agents du Gouvernement Deena (Sinda Nichols) et Amos (David Girard) qui après avoir questionné Gareth sur ses fonctions au sein des réseaux sociaux vont travailler à ses côtés durant de nombreuses années. Il est à noter que ce dernier sera beaucoup plus tard incarné par l'acteur Lance Henriksen que les cinéphiles auront eu notamment l'occasion de découvrir justement dans le Terminator de James Cameron en 1984, dans Aliens, le retour lui aussi réalisé par James Cameron deux ans plus tard ou au beau milieu des années quatre-vingt dix dans la série Spin-Off d'X-Files intitulée MillenniuM de Chris Carter. Si The Artifice Girl n'est à proprement parler pas une œuvre portée par une grande ambition visuelle, elle l'est par contre en ce qui concerne son sujet. Et quand bien même le film n'aborde pas le même sujet, l'on rapprochera l’œuvre de Franklin Ritch de celle de Richard Schenkman intitulée quant à elle, The Man from Earth. Deux visions philosophiques bien différentes mais qui se rejoignent dans leur propension à étudier leur thématique en profondeur. En ces termes, The Artifice Girl est parfois relativement complexe à comprendre et certaines terminaisons employées demandent tout d'abord à être décodées afin de livrer avec aisance le message du réalisateur et de son scénariste. D'autant plus que le film n'est pas avare en paroles et que les dialogues s'entrecroisent si rapidement qu'il est parfois difficile de comprendre le cheminement du récit. Le film reste néanmoins l'une des plus intéressantes propositions sur l'intelligence artificielle. Et si aucune date de sortie officielle n'a été annoncée sur grand écran, espérons qu'il sera visible un jour prochain dans les salles obscures...

 

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