Petit film méconnu
réalisé par Giulio Paradisi et écrit en collaboration avec Robert
Mundi et Ovidio G. Assonitis (Le démon aux tripes,
Tentacules),
Stridulum est
aussi et surtout une œuvre hybride, étrange, louvoyant du côté de
certains classiques du fantastique pour obtenir un résultat
mi-figue, mi-raisin. Un mélange très curieux, parfois indigeste,
mais suffisamment original pour allécher les amateurs de genres
aussi divers que l'épouvante, l'horreur, le fantastique et la
science-fiction. Interprété par des acteurs de renommée
internationale, le long-métrage du réalisateur ET acteur italien
qui signe ici son œuvre sous le pseudonyme de Michael J. Paradise
met en scène une grande majorité d'interprètes d'origine
américaine. C'est ainsi que l'on découvre dans le rôle de Barbara
Collins, l'actrice Joanne Nail. Mère d'une jeune adolescente
prénommée Katy (Paige Conner, dont la légère ressemblance avec la
Linda Blair de L'exorciste
signé de William Friedkin six ans auparavant n'est sans doute pas
anodine), Barbara vit avec son petit ami Raymond Armstead (Lance
Henriksen). Tandis que le comportement de Katy inquiète son
entourage, un complot visant à manipuler sa compagne afin qu'elle
donne naissance à un enfant qui aux côtés de la gamine devrait
permettre de renforcer les forces du mal est en action. Le personnage
incarné par Lance Henriksen, acteur notamment devenu célèbre pour
avoir joué dans Aliens, le retour
et Terminator
de James Cameron ou pour avoir été la vedette de la série
Millennium,
le crossover de X-Files,
n'est pas sans rappeler celui que tenait John Cassavetes en 1968 dans
le classique de Roman Polanski, Rosemary's Baby.
L'intrusion dans un ménage d'un ''suppôt'' de Satan proche de
l'héroïne entretenant des rapports troubles avec un groupe de
voisins (ici remplacés par une organisation menée par l'acteur Mel
Ferrer dans le rôle d'un certain Docteur Walker) et visant à mettre
en péril l'existence même de l'humanité. Une fois encore,
l'analogie entre Stridulum
et Rosemary's Baby
est appuyée à travers la nécessité d'enfanter la mère de famille
à des fins démoniaques et donc mortifères. En outre, Raymond
Armstead intervient en tant qu'intermédiaire entre le groupe dirigé
par le Docteur Walker et une espèce extraterrestre dont les projets
sont étroitement liés. Face à ce qui semble donc être la
représentation du Mal, l'on trouve fort heureusement du côté du
Bien, l'acteur et réalisateur américain John Huston dans le rôle
de Jerzy Colsowicz...
Un
vieil homme bénéficiant d'une sérenité mais aussi d'une très
grande détermination qui vont l'aider à soutenir Barbara dans son
combat lorsque seront révélées les véritables intentions de celui
qui partage son existence. Derrière son visage poupin cachant une
''créature'' pourtant maléfique, froide et manipulatrice, Katy
révèle donc rapidement sa personnalité. Celle d'une enfant qui fut
enfantée par un être démoniaque qui avant sa mort eut le temps
d'inséminer un certain nombre de femmes sur Terre. La comparaison
entre Stridulum et
L'exorciste
s'arrêtant aux portes des vulgarités que l'adolescente dissémine
ça et là et à celle des événements paranormaux qui lui
incombent, ce personnage faussement angélique rappelle surtout et
avant tout, Damien Thorn, ce gamin diabolique découvert pour la
première fois dans le classique de Richard Donner, La
malédiction
en 1976. Stridulum s'ouvre sur une séquence mystique située sur une
planète lointaine. À grand renforts d'effets visuels ultra-cheap
mais ayant pour conséquence d'argumenter sur le sens profondément
spiritualiste de certaines séquences à venir, le long-métrage de
Giulio Paradisi est effectivement un drôle d'objet Filmique Non
Identifié, ou Non Identifiable de part son mélange très curieux
des genres. Notons qu'au beau milieu d'un récit parfois confus à
force d'intégrer des personnages et sous-intrigues multiples, le
réalisateur et ses scénaristes évoquent l'idée d'une enquête
policière menée par un certain détective Jake Durham (Glenn Ford)
avant que sa mort lors d'un grave accident de voiture dont les
prémisses rappellent tout un tas d'événements survenus dans autant
de classiques du genre n'y mette un terme définitif. D'un côté
l'on a donc le Mal, manipulateur, maléfique, complotiste, et de
l'autre, le Bien, protecteur, soutien d'une mère de famille en
fauteuil roulant. Entre fantastique, science-fiction et épouvante,
Stridulum
s'inscrit
dans une logique religieuse intense. Entre occultisme, invasion
extraterrestre, symbolisme religieux et psychédélisme renforcé par
la bande musicale du compositeur italien Franco Micalizzi, Stridulum
est une sacrée curiosité. Notons enfin pour ''compléter'' le
casting, les présences de Shelley Winters dans le rôle de la dame à
tout faire Jane Phillips, celle du cinéaste Sam Peckinpah dans
celui du Docteur Sam Collins ou encore celle de Franco Nero dans le rôle du... Christ...!...
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