Hommage manifeste au
nanar le plus inconsidérément jugé comme le plus mauvais film de
tous les temps, Vampire Zombies... From Space! de
Michael Stasko évoque donc Plan 9 from Outer
Space
d'Ed Wood sorti voilà soixante-sept ans. Jusqu'à pousser le concept
en filmant son œuvre en noir et blanc alors même que le
long-métrage n'a été produit et réalisé qu'il y a seulement deux
ans. Incitant sans doute les aficionados de ce genre de production à
aller chercher chaque détail qui pourrait effectivement faire
référence au film culte du cinéaste américain. Avec un budget
d'environ cent-mille dollars, soit quarante de plus que son vieil
homologue outre-atlantique, le canadien Michael Stasko inscrit
également son projet dans une sorte d'hommage beaucoup plus large
renvoyant à tout un pan du cinéma d'horreur, d'épouvante, de
science-fiction et de fantastique des années cinquante et soixante.
À une époque où les genres firent florès dans les drive-in
américains au dépend de qualités narratives, interprétatives et
techniques relativement ahurissantes ! Mais là où Vampire
Zombies... From Space! tombe
juste par rapport à une féroce concurrence qui ne prête de nos
jours au genre ''Nanar'' que peu d'estime en jouant davantage sur une
certaine facilité, c'est qu'en dehors de ses éventuels défauts,
pour le moins assumés, le long-métrage de Michael Stasko reste
assurément une œuvre réfléchie, conçue en tant qu'hommage donc,
d'une époque en réalité révolue... Un noir et blanc qui plonge
non seulement les protagonistes mais aussi les spectateurs en un
temps qui pourrait laisser croire que le film est une vieille bobine
émergeant après avoir été égarée durant des décennies. En même
temps, et cela n'est peut-être pas très visible au premier coup,
Vampire Zombies... From Space!
peut être parfois envisagé comme une énième
production/distribution Troma,
à travers le délire que charrient le script, la mise en scène et
l'interprétation... Moins ''fin'' sans doute qu'une bonne partie des
production de la moitié des années cinquante du siècle dernier,
avec ses lignes de dialogue parfois grossières, ses effets gore
dont l'impact est ''malheureusement'' diminué en raison du choix de
filmer son film en noir et blanc, Vampire
Zombies... From Space!
est aussi et surtout une œuvre bien de son époque, faisant fi des
attentes d'un public généralement nourri aux blockbusters budgétés
de manière faramineuse...
Traité
sur le ton de la parodie, il plonge les habitants de la petite ville
de Marlow au cœur d'une invasion extraterrestre notamment orchestrée
par... Dracula en personne (Craig Gloster). Accompagné d'une cohorte
de vampires zombies, le projet du plus célèbre suceur de sang est
donc d'assimiler les habitants de Marlow en les transformant eux-même
en vampires zombies et accessoirement de se nourrir de certains
d'entre eux. Sous ses allures de péloche fauchée, ce qu'est
pourtant bien Vampire Zombies... From Space!,
le film est malgré tout doté de très nombreux effets-spéciaux.
Entre CGI,
prosthétique et constructions miniatures, s'agissant du concept
rétro-futuriste de son œuvre, le cinéaste choisit notamment de
laisser apparaître à l'écran les ficelles qui tiennent en
apesanteur le vaisseau spatial et autres navettes en action pour la
conquête de notre planète alors même que les technologies actuelle
permettent de les effacer par simple traitement informatique !
Preuve que Vampire Zombies... From Space!
est jusqu'auboutiste. Dans son approche du cinéma d'antan, mais
aussi dans ses excès. Ayant probablement digéré tout un pan de
l'imaginaire cinématographique d'il y a plus d'un demi-siècle,
Michael Stasko et son équipe technique poussent l’hérésie d'un
concept que l'on pourrait tout à fait considérer d'anachronique en
reproduisant à la virgule près la façon de cadrer chaque séquence
d'action, de filmer la réaction des personnages et de jouer sur le
contexte social de l'époque comme si nous y étions. D'autres que
lui ont bien entendu tenté ce même type d'aventure mais sans doute
avec moins de succès. Alors, bien entendu, le film ne plaira sans
doute pas à tous les types de publics. Parfois très verbeux et même
souvent bordélique, la lisibilité n'est pas toujours évidente.
Surtout lors de l'attaque finale où l'on ne sait plus trop qui parmi
la foule fait partie de notre humanité et qui est l'envahisseur...
Cependant, nous louerons malgré tout le courage et l’enthousiasme
du cinéaste, de son équipe et des interprètes de s'être lancés
dans cette aventure ''vintage'' qui fait du bien à une époque où
l'uniformisation est devenue la norme...
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