En 1956 sortait dans les librairies américaines le roman The
Shrinking Man de
l'écrivain Richard Matheson. La version française devra attendre un
an avant de sortir sous la traduction de L'homme
qui rétrécit.
C'est également en 1957 que l'ouvrage original sera adapté sur
grand écran par Jack Arnold. Cinéaste américain notamment
spécialisé dans le fantastique et la science-fiction, on lui doit
L'étrange créature du lac noir
en 1954, Tarantula en
1955, Le monstre des abîmes en
1958 ou encore The Space Children
la même année. Mais de tous les longs-métrages abordant leur récit
dans un contexte plus ou moins fantaisiste, L'homme
qui rétrécit
demeure sans doute son meilleur film..... Après une absence de cinq
années, le réalisateur français Jan Kounen revenait l'année
dernière avec une nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson.
Ouvrant l'intrigue sur une citation issue de l’œuvre originale,
l'on peut déjà noter quelques différences entre les deux
longs-métrages. Tout d'abord plus ou moins fidèle au roman et à sa
première adaptation sur grand écran, le héros désormais incarné
par Jean Dujardin ne se retrouve plus comme dans le cas de Scott
Carey (Grant Williams) au beau milieu d'un étrange nuage radioactif
mais face à un curieux événement qui semble être d'ordre
météorologique. Pris dans un tourbillon alors qu'il nage en pleine
mer, Paul ressent comme un engourdissement au niveau des mains mais
n'y prête pas trop d'attention. Cependant, trois jours après, un
curieux phénomène physiologique commence à se développer chez ce
père de famille marié à Elise (Marie-Josée Croze) avec laquelle
ils ont eu leur fille Mia (Daphné Richard). En effet, Paul commence
à rapetisser. Après avoir notamment fait des examens auprès d'une
endocrinologue (Stéphanie Van Vyve) et après avoir subit une
batterie de tests, les résultats confirment qu'il est en excellente
santé. Simplement, Paul rétrécit, inexorablement. Mettant sa vie
de famille en péril mais aussi la sienne en danger. Enfermé chez
lui, et c'est là que cette version diffère drastiquement de celle
de Jack Arnold, Paul est désormais confronté à un environnement de
plus en plus hostile. À commencer par le chat de la famille qu’Élise
est contrainte de laisser à l'extérieur de leur demeure. Le
personnage de Mia est un élément plus ou moins secondaire mais qui
reste peu ou prou fidèle au roman alors que dans la version de 1957
le cinéaste américain avait préféré se dispenser de son
existence. Jan Kounen et le scénariste Christophe Deslandes
développent une relation très importante entre le père et sa
fille. Rendant ainsi certains enjeux des plus dramatique. Tout comme
celle qu'entretiennent le héros et son épouse. Le premier étant
réduit au statut d'impuissance due à sa petite taille et la seconde
étant ''contrainte'' de faire chambre à part...
L'une
des différences fondamentales qui sépare les deux films est aussi
le choix de Jan Kounen d'écarter le personnage de Paul de tout
contact avec le monde extérieur. Tandis que dans la version de 1957
Scott Carey choisissait durant un temps de continuer à vivre
''normalement'', sortant de chez lui, évoquant son cas auprès des
médias ou allant plus simplement discuter avec une personne de
petite taille afin de se donner la consistance suffisante pour se
croire encore ''normal'', dans celle de 2025, Paul s'isole rapidement
du monde extérieur, assis dans un fauteuil témoignant de
l'inéluctabilité de sa condition d'homme qui rétrécit pour n'être
plus qu'une poupée mise entre les mains de sa propre fille. Puis
vient ce moment crucial où Paul ne peut même plus compter sur les
siens, convaincus, du moins s'agissant d’Élise, qu'il a finit
entre les crocs de leur chat. Tombé dans un panier rempli de
vieilleries installé dans la cave, Paul va devoir lutter pour sa
survie. Si dans le fond, cette dernière et assez longue partie du
long-métrage n'apprendra pas grand chose de neuf à celles et ceux
qui connaissent l’œuvre en noir et blanc de Jack Arnold, il se
peut que L'homme qui rétrécit
version 2025 contente très largement les autres amateurs de
''merveilleux'' et son univers devenu presque impalpable à l'échelle
d'un homme réduit à la taille d'une fourmi, d'un moustique ou, plus
inquiétant, d'une araignée... Chargés à l'époque de concevoir
les effets optiques et les différents truquages, Clifford Stine
ainsi que Roswell A. Hoffman et Everett H. Broussard avaient réalisé
des prouesses qui encore aujourd'hui impressionnent. Malgré tout,
l'apport des images de synthèses et autres CGI
permettent aujourd'hui de repousser les limites de l'imagination, ce
qui permet à Jan Kounen de laisser libre à la sienne et ainsi
d'intégrer Jean Dujardin dans un milieu conçu sur ordinateur,
mêlant ainsi VFX,
immenses
maquettes et fonds bleus pour un résultat très satisfaisant.
Parcouru de lignes de dialogue en voix-off, entre
pensées philosophiques et phrases toutes faites du genre ''On
regrette le temps d'avant, celui-là qu'on voulait changer''
ou ''Ce sera ça
ma vie, un combat perdu d'avance'',
cette version 2025 n'a pas à rougir face à celle de Jack Arnold...
Un retour qui aurait dû être gagnant pour le cinéaste et pour ses
interprètes mais qui malheureusement s'est soldé par un échec. En
France, L'homme qui rétrécit
n'a en effet attiré qu'un peu plus de deux-cent soixante mille
spectateurs. Pour un budget de vingt et un millions d'euros, le film
n'en a rapporté qu'un dixième environ...
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