samedi 3 janvier 2026

Ty Kosmos de Pavlo Ostrikov (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 


 

Afin de bien débuter l'année et pour ne pas mourir idiots si jamais certains d'entre nous ont prévu de décéder dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, commençons par un petit cours de cosmologie : Découverte par Galilée en 1610, Callisto est l'une des quatre-vingt dix-sept Lune de Jupiter. Sa composition étant essentiellement faite de glace et de roche, elle est étudiée dans l'hypothèse de servir un jour de base humaine... Une information intéressante, n'est-ce pas, mais que semble transgresser l'un des procédés mis en place par une grande compagnie de transport de déchets nucléaires dont le but est d'acheminer ces derniers vers Callisto. Ty Kosmos se déroulant dans un futur proche indéterminé mais probable puisque la technologie spatiale permet les voyages interplanétaires, l'hypothèse d'une installation sur la Lune de Jupiter n'est apparemment plus à l'ordre du jour ! Passé ce que d'aucun des astronomes amateurs pourrait considérer d'absurde, l'intrigue met en scène le cosmonaute Andriy Melnyk (l'acteur ukrainien Volodymyr Kravchuk), un ''camionneur de l'espace'' chargé de transporter des déchets nucléaires afin de les larguer ensuite à la surface de Callisto. Seul membre du cargo spatial Obriy, il est appuyé par la présence du robot Maxim (dont la voix-off est assurée par l'acteur Leonid Popadko lui aussi d'origine ukrainienne), lequel est chargé d'assurer sa sécurité. Doté d'une intelligence Artificielle particulièrement avancée, Maxim veille au bon fonctionnement du cargo et de la santé d'Andriy. Alors que l'Obriy est de retour vers la Terre, à son approche, le cosmonaute découvre qu'une multitude de bombes nucléaires ont explosé à sa surface. Non seulement, toute vie sur la planète est condamnée mais en outre, celle-ci finit par exploser. Il devient donc très urgent pour Andriy de s'en éloigner le plus rapidement possible car des débris filant à plus de dix-mille kilomètres par secondes risquent d'entrer en contact avec le cargo et ainsi de l'endommager plus ou moins sérieusement. Le cosmonaute a alors une idée : se réfugier le plus rapidement possible du côté de la face cachée de Callisto avant que l'Obriy ne soit pas atteint par les débris en question ! Si le cargo se retrouve effectivement à l'abri, il n'aura malheureusement pas su éviter certains débris qui auront en outre touché les réserves de vivres ainsi que le système de refroidissement du réacteur nucléaire. Désormais persuadé d'être l'unique survivant de la Terre, Andriy va cependant recevoir un message en provenance d'une station-spatiale située en orbite autour de Saturne, à des centaines de millions de kilomètres de distance de Callisto...


Sorti à l'internationale sous le titre U are the Universe et de passage au festival du cinéma Hallucinations Collectives en 2025 où il remporta le Prix du Jury et le Grand Prix, Ty Kosmos du réalisateur et scénariste Pavlo Ostrikov est le premier long-métrage du cinéaste ukrainien qui jusque là n'avait tourné que des courts-métrages ainsi que quelques épisodes de série télévisée. Une œuvre de science-fiction réaliste qui n'est certes pas la première à héberger l'idée d'un voyage dans l'espace dont l'équipage ne serait constitué que d'un seul passager. Dans le genre, l'on peut notamment citer Silent Running de Douglas Trumbull, I Am Mother de Grant Sputore, Love de William Eubank ainsi que dans un ordre d'idée similaire, Moon de Duncan Jones ou Seul sur Mars de Ridley Scott dont les protagonistes, isolés, vivent sur une base spatiale (lunaire pour l'un, martienne pour le second). Dans le cas de Ty Kosmos, le ton est rapidement donné. Avec son robot très bavards, collant et capable de raconter des histoires drôles, le film mêle science-fiction et comédie. Ainsi qu'une romance très particulière entre notre cosmonaute et une astronaute d'origine belge incarnée à l'écran par l'actrice Alexia Depicker. Une bonne partie de l'intrigue reposant sur le principe de communication à distance aidée par l'utilisation de traducteurs universels, Pavlo Ostrikov compose donc entre les dangers de l'espace, le contact entre le passager d'un cargo charriant des déchets nucléaires et un robot il est vrai, assez lourd, complété ensuite par l'arrivée d'une autre survivante dont la station risque de quitter l'orbite saturnienne pour venir s'écraser à la surface de la planète. Entre solitude, dés(espoir), extinction de l'humanité, tentative de sauvetage mais mort inéluctable, Ty Kosmos fait sourire, inquiète, charme et peut même parfois émouvoir. D'autant plus que la société Magic Media VFX & Cinematics chargée de réaliser les effets-spéciaux n'a pas pris sa mission à la légère en permettant au spectateur de s'immerger à l'intérieur du cargo ainsi que dans l'espace... Bref, une très bonne surprise...

 

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