Il y a six ans sortait
sur les écrans Greenland
de Ric Roman Waugh. Énième long-métrage qui après Meteor
en 1979, Asteroid
en 1997, Armageddon
en 1998 ou bien Deep Impact
la même année nous comptait en 2020 les aventures de John Garrity
(Gerard Butler), de son épouse Allison (Morena Baccarin) et de leur
fils Nathan (Roger Dale Floyd). À l'issue de leurs nombreuses
péripéties et tandis que la planète subissait une extinction
massive de la plupart des espèces vivant sur Terre, ils parvinrent à
atteindre un abri situé au Groenland où il se réfugièrent. Après
neuf mois, isolés dans leur bunker aux côtés d'autres survivants
qui eurent tout comme eux l'opportunité de se protéger de l'impact
de la comète géante ''Clarke''
et de nombreux débris, John Garrity et la autres purent en sortant,
découvrir une planète ravagée, un air devenu irrespirable et des
températures extrêmes... Les Garrity et tous ceux qui les ont
accompagné à l'intérieur du refuge vont durant plusieurs années
patienter jusqu'à ce que le climat se stabilise. Autant de temps qui
n'empêche pourtant pas le danger d'être toujours présent puisqu'au
départ de la séquelle Greenland :
Migration
l'on apprend de la bouche même de John Garrity que des milliers de
fragments de la comète tournent toujours autour de notre planète et
menacent de venir s'écraser à sa surface. Et ça tombe bien puisque
pile-poil six ans plus tard, voici que des dizaines d'entre eux vont
justement venir détruire l'abri, forçant ainsi les survivants à
fuir l'endroit à bord de canots de sauvetage. Pour John et sa petite
famille, dont Nathan est désormais interprété par Roman Griffin
Davis, il est temps de partir jusqu'en Europe, afin de rejoindre le
Cratère de Clarke situé dans le sud de la France. Témoin du peu
d'ambition du long-métrage, le film ne sera d'ailleurs pas tourné
sur place mais en Islande. Permettant malgré tout aux spectateurs de
profiter de quelques magnifiques décors. Mais avant que les Garrity
ne parviennent jusque là, ils vont devoir traverser diverses régions
relativement hostiles, au gré de rencontres plutôt sympathiques
pour un voyage qui dans un contexte de dystopie nous a habitué à
mieux et à beaucoup plus périlleux et qui pourrait apparaître
parfois comme une simple promenade bucolique. Autant dire que d'aller
dépenser nos deniers pour découvrir les secondes et dernières
aventures d'une sympathique famille d'américains moyens confrontée
aux énième retombées climatiques et comportementales d'une
catastrophe mondiale n'est peut-être pas la meilleure idée que nous
ayons eue...
Car
si Greenland
fut une expérience de cinéma plutôt divertissante et si cette
séquelle ne l'est pas moins, la promenade se révèle finalement
plutôt pépère pour nos trois personnages. Croisant la route de
personnages armés mais en réalité très coopératifs, les Garrity
nous donneront l'occasion d'être les témoins d'un nombre
incalculable d'invraisemblances à commencer par l'aventure en mer du
canot de sauvetage qui après avoir quitté les côtes du Groenland
se dirige vers l'Europe. Durée du voyage : une semaine. Autant
dire qu'il est difficile de concevoir que l'embarcation puisse
atteindre son objectif sans que son réservoir d'essence ne se vide
au bout d'une journée seulement. Et bien évidemment, c'est ce qui
arrive au bout d'un certain temps. Mais très optimistes, John et les
autres comptent sur le hasard et surtout sur les courants marins pour
atteindre leur premier but : l'Angleterre. Une fois
miraculeusement arrivés à destination, le canot bute contre le toit
d'un immeuble. John ouvre une porte latérale du canot et se saisit
d'une... rame ! Et ouais, les mecs, préférant laisser faire le
hasard que de guider à la rame l'embarcation, on peut dire que nos
héros ont vraiment de la chance ! Et en terme d'incohérence,
je suis certain que Ric Roman Waugh peut encore faire mieux. Et
c'est vrai, juste une poignée de secondes plus tard. Si le canot a
buté contre le sommet d'un immeuble, c'est parce que la ville a été
engloutie sous les eaux. Ce qui n'empêche pas les personnages de se
retrouver une poignée de secondes plus tard à errer normalement en
ville dans des rues, au sec. À moins que la région ne se soit vidée
comme un évier juste avant le passage de John et de sa famille, va
falloir justifier une telle invraisemblance. Bon, on ne va pas toutes
les lister et laisser les spectateurs s'amuser au jeu des
incohérences... Pour le reste, John et sa petite famille vont
retrouver une ancienne amie qui depuis le désastre continue de
soigner des malades atteints d'Alzheimer dans un hôpital avant de
prendre la route vers le cratère de Clarke. Tout ceci n'est
franchement pas terrible. Et même si l'on a l'opportunité
d'assister à une ou deux séquences plutôt bien fichues à l'image
de la traversée de deux ponts ''artisanaux'' fabriqués l'un avec
des cordes et le second avec des échelles, le voyage est décevant.
Monté à la truelle, causant parfois des ellipses très discutables,
Greenland : Migration
est un tout petit blockbuster pourtant doté d'un confortable budget
s'élevant à quatre-vingt dix millions de dollars et
d'effets-spéciaux convaincants. Bref, mieux vaut patienter jusqu'à
son passage à la télévision...
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