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lundi 5 octobre 2026

The Call (Kol) de Lee Chung-hyun (2020) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir quitté il y a bien longtemps la demeure qu'elle et ses parents partageaient vingt ans auparavant avec la famille de Yeong-sook (Jeon Jong-seo), Seo-yeon (Park Shin-hye) revient s'y installer afin de prendre soin de sa belle-mère atteinte d'une grave maladie. Lors de son installation, la jeune femme découvre un vieux téléphone fixe qui lorsque celui-ci sonne la connecte directement avec une adolescente, vingt ans en arrière... Une gamine qui n'est autre que Yeong-sook et qui l'appelle à l'aide, affirmant que sa propre mère Ja-ok (Lee El) a prochainement l'intention de la tuer. À vingt ans d'intervalle, Seo-yeon va alors tenter de lui venir en aide... Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le premier long-métrage du réalisateur et scénariste sud-coréen Lee Chung-hyun est d'une maîtrise totale. Mis à disposition des abonnés de la plateforme Netflix dès le 27 novembre 2020, The Call (Kol) mêle science-fiction, drame et thriller. Plutôt que de laisser le spectateur dans le brouillard et lui faire risquer d'abandonner l'aventure au bout de dix ou quinze minutes, mieux vaut que celui-ci apprenne que les deux jeunes héroïnes sont effectivement d'anciennes amies. Ce qui, de prime abord, ne semble pas évident à comprendre lorsque l'intrigue démarre et même si un peu plus tard Lee Chung-hyun nous éclaire à ce sujet. Bien qu'écrit par le cinéaste sud-coréen lui-même, The Call repose à l'origine sur le film porto-américain The Celler de Matthew Parkhill, sorti neuf ans auparavant. L'une des idées les plus fascinante est ici l'interaction entre les deux jeunes femmes qui chacune à son époque est capable d'intervenir sur le destin de l'autre. Ajoutant au thème la caractéristique du paradoxe temporel qui ici, joue un rôle primordial...


Après une première partie qui pose parfois question sur certaines incohérences laissées de côté comme le fait que dans le passé Yeong-sook puisse joindre apparemment Seo-yeon sur le même numéro de téléphone, The Call demeure parmi les œuvres les plus convaincantes sur le sujet du paradoxe temporel. Et ce, même si l'on peut s'interroger sur le fait que les différents changements subis dans le passé ne semblent pas avoir affecté la mémoire de Seo-yeon. [ATTENTION, SPOIL] Lorsque par exemple, Yeong-sook sauve la vie du père de Seo-yeon dans le passé en lui évitant de mourir dans l'incendie, cette dernière est surprise de le retrouver bien vivant. Les vingt dernières années ayant été modifiées, la mémoire de Seo-yeon aurait dû elle aussi être impactée. [FIN DU SPOIL] Pourtant, Lee Chung-hyun préfère concevoir le concept de paradoxe temporel et c'est sans doute mieux ainsi puisque la méthode employée facilite le développement de l'intrigue et le jeu pervers qui va s'opérer entre les deux jeunes femmes. Mais alors, pourquoi donc le film ne doit-il pas être juste considéré comme un simple film de science-fiction prenant pour cadre deux époques reliées par un vieux téléphone fixe mais également comme un thriller tendu entre une adolescente visiblement contrainte par sa mère chamane d'effectuer d'étrange rites pseudo-scientifiques en raison d'un mauvais Feng Shui et d'une jeune femme de retour chez elle vingt ans plus tard ?


Parce que là encore, Lee Chung-hyun réussit à nous surprendre en ajoutant quelques twists inattendus. [ATTENTION, SPOIL] Lorsque notamment la mère de Yeong-sook que l'on juge par défaut comme une folle à lier mettant en danger l'existence de sa propre fille n'est sans doute pas celle que l'on croit mais peut-être bien une femme avisée et qui sait le danger que représente sa progéniture ! Porté par deux jeunes interprètes formidables, Park Shin-hye interprète une Seo-yeon émouvante (les retrouvailles avec son père) face à Jeon Jong-seo qui elle, incarne une Yeong-sook parfois terrifiante. Une psychopathe en devenir dont sa mère avait donc repéré les troubles comportementaux ! [FIN DU SPOIL] Sans doute pas tout à fait au niveau de l'époustouflant Prédestination de Michael et Peter Spierig, The Call n'en est pas moins d'une maîtrise formelle souvent implacable. Cruel, pervers, diabolique, le récit offre en outre quelques effets visuels aussi étonnants que spectaculaires, conséquence des modifications qui ont lieu dans le passé. Et surtout, une séquence bouleversante se situant dans un tunnel qu'il est de bon ton de ne pas révéler pour mieux en apprécier la portée émotionnelle. Bref, une réussite presque totale, si ce n'est, donc, les quelques invraisemblances qui émaillent le récit (parmi lesquelles l'on citera l'attitude de la police qui en 1999 n'investit pas la demeure de Yeong-sook après la disparition du producteur de fraises) ou cette séquence post-générique parfaitement inutile...

 

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