jeudi 25 décembre 2025

Daehongsu de Byung-woo Kim (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour terminer (ou presque) cette année 2025, petit tour vers la Corée du Sud, une contrée que je n'avais cinématographiquement pas parcourue depuis quelques temps et qui depuis le 19 décembre dernier sur Netflix nous convie à une aventure plutôt intéressante qui à travers le dernier long-métrage du réalisateur, scénariste et monteur Byung-woo Kim intitulé Daehongsu mêle les genres avec un certain talent. Sorti à l'internationale sous le titre The Great Flood (ou, La grande inondation), le long-métrage est disponible chez nous sous celui de Submersion. Invitant le spectateur à assister à l'engloutissement d'un ensemble immobilier submergé par plusieurs vagues de tsunamis provoquées par la chute d'une météorite à la surface de notre planète, le pays est désormais partiellement englouti sous les flots. Les différentes calottes glacières se sont effondrées et ont causé une très importante montée des eaux. L'intrigue se déroule donc au sein d'un ensemble d'immeubles et lorsque l'intrigue démarre, l'eau a déjà atteint le second étage de celui où vivent Gu An-na (l'actrice Kim Da-mi) et son fils Shian Ja-in (Kwon Eun-seong). Les pieds dans l'eau, la jeune femme dont l'époux est décédé dans un tragique accident de voiture va alors tenter de survivre en remontant les différents étages de l'immeuble jusqu'à son sommet, accompagnée par un fils plutôt réfractaire à l'idée d'obéir à sa mère. Ce qui aura d'ailleurs souvent tendance à provoquer crispations et agacement chez certains spectateurs qui auront probablement de mauvaises pensées à l'idée que Gu An-na aurait mieux fait d'abandonner son gosse plutôt que de se coltiner ce véritable boulet jusqu'au sommet de l'immeuble. La jeune femme pourra lors de l'aventure compter sur l'agent de sécurité Son Hee-jo (Park Hae-soo) dont la priorité est d'aider la mère et son enfant à accéder au toit où les attend un hélicoptère censé les emmener jusqu'à un abri temporaire... Bref, l'on aura très vite compris que Daehongsu joue ici la carte du film catastrophe. Doté d'excellents effets-spéciaux montrant ponctuellement des vagues de tsunamis emporter des dizaines d'habitants, inondant des étages entiers de l'immeuble et causant par conséquent de nombreuses morts par noyade, le long-métrage de Byung-woo Kim risque tout d'abord de donner des frissons d'épouvante aux personnes atteintes d'ablutophobie. Celles-là même qui donc sont victimes de la peur irrationnelle de mourir par noyade !


Le film est partagé en deux parties. Et lorsque intervient la séquence située sur le toit de l'immeuble alors que le spectateur et les protagonistes viennent de vivre une importante somme de situations critiques (dont la tentative de sauver un enfant coincé dans un ascenseur qui se soldera malheureusement par un échec), tout ou presque semble être dit. Mais alors que l'on découvre que la moitié seulement du récit vient de se dérouler, le film prend une tournure tout à fait inédite... En effet, ce qui jusque là n'était qu'un film catastrophe et de survie se mue en un long-métrage faisant la part belle à la science-fiction. [ATTENTION SPOIL!!!]. En effet, le cinéaste sud-coréen semble rembobiner le récit depuis le tout début de l'aventure. Au moment où Shian (dont le réalisateur n'aurait pas pu trouver meilleur prénom tant il s'avère effectivement... CHIANT!) réveille sa mère. Ce qui offrira l'occasion au spectateur de découvrir que la suite du scénario recèle de nombreux renversements de situation. Alors que la seconde partie s'observera comme une boucle temporelle s'inscrivant dans une réécriture du récit n'ayant pourtant moins à voir avec un bouleversement du temps qu'avec une expérience menant à créer une nouvelle forme d'êtres humains (la survie de l'humanité étant devenue inenvisageable), l'on découvre un projet que l'on n'était jusque là pas en mesure de prévoir. En cela, Daehongsu est plutôt une bonne surprise. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le mélange des genres est plutôt bien réalisé et ne perd jamais vraiment le spectateur dans un gloubiboulga de références s'entrechoquant de manière floue et labyrinthique. Non dénué de défauts et bien que le cinéaste accumule les séquences à effets-spéciaux, l'intrigue se traîne parfois en longueur. Deux heures ou presque à voir les deux héros du récit monter les étages, pour retomber quelques niveaux plus bars concernant Gu An-na et pour la voir ensuite les remonter. L'exercice semble parfois être plus épuisant pour le spectateur qu'il ne l'est pour les protagonistes. Passons sur la séquence durant laquelle la jeune femme se noie mais est réanimée par Son Hee-jo alors qu'elle est encore sous l'eau. S'agissant d'une séquence se déroulant bien avant que l'expérience de la seconde partie n'ait débuté, son réveil alors qu'elle est censée être morte noyée frise le ridicule. Passons également sur les quelque ventres mous larmoyants qui ralentissent l'action et l'on tient là une production plutôt sympathique et originale...

 

dimanche 21 décembre 2025

Somnium de Racheal Cain (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Une expérience captivante est-elle pour autant forcément concluante ? C'est la question que pose Somnium, le tout premier long-métrage réalisé, écrit et produit par l'américaine Racheal Cain qui après avoir étudié au College of Motion Picture Arts de la Florida State University s'est installée à Austin, au Texas. Pour sa première expérience au format long, Rachael Cain crée un univers qui n'est pas loin de se rapprocher de celui de David Lynch qui de son propre aveu est l'une de ses principales sources d'inspiration. Pourtant contrainte à mettre en scène son héroïne avec de faibles moyens budgétaires ayant reposé sur une campagne de crowdfunding lancée en 2018, la cinéaste réussit le tour de force de produire une œuvre qui sort des sentiers battus et qui malgré quelques défauts parvient à captiver. Ayant débuté le tournage en regroupant toutes les séquences de flash-back en 2018, Rachael Cain patientera trois années supplémentaires avant de tourner celles situées dans le présent. Totalement indépendante et ayant donc la possibilité d'avoir un contrôle total sur le projet, seules ses influences semblent lui avoir permis de mettre en scène ce curieux exercice de style, entre science-fiction, épouvante et drame. Une mise en abyme du métier d'actrice principalement interprétée par Chloë Levine, choisie sur les conseils de la directrice de casting qui avant cela s'était notamment fait remarquer dans le très intriguant The Transfiguration de Michael O'Shea qui en 2017 traitait de manière fort originale de l'adolescence, de la violence et... du vampirisme ! Actrice originaire du New Jersey, Chloë Levine incarne ici le rôle de Gemma. Portrait d'une jeune américaine moyenne vouée à reprendre le restaurant familial mais dont les projets sont tout autres. En effet, se rêvant actrice et après s'être séparée de son petit ami Hunter dont elle était très amoureuse (l'acteur Peter Vack), Gemma prend un aller simple pour Los Angeles dans l'espoir de passer des castings et ainsi décrocher un rôle. Mais en attendant, la jeune femme doit tout d'abord s'assurer de ne pas se retrouver à la rue et loue un petit appartement dont elle va payer le loyer en travaillant de nuit dans une obscure entreprise du nom de Somnium. Une clinique spécialisée dans le rêve et permettant à ses clients d'améliorer leur vie. Transformant ainsi leurs projections mentales en réalité. Un protocole long de six semaines qui peut être en cas d'urgence réduit à neuf heures dans le cas du projet Cloud Nine !


L'on observe plusieurs choses. Somnium est traversé de nombreux flash-back introduisant le personnage de Hunter. Définissant ainsi certains choix, entre celui de rester bien à l'abri du cocon familial ou celui de tout mettre en œuvre pour vivre son rêve loin de chez soit. C'est donc à la suite d'une rupture sentimentale que l'héroïne quitte tout pour aller tenter sa chance à Los Angeles. Le rêve, ici, prend différentes formes. Allant du couple entre ambition et optimiste jusqu'au protocole Cloud Nine. Intervient alors un personnage secondaire dont la présence est théoriquement fondamentale si l'on veut comprendre le sens de certaines séquences : Noah (Will Peltz), ce concepteur informatique de génie à l'origine du programme Somnium. Mais là où les choses ne sont plus très claires et donc se compliquent c'est lorsque interviennent chez Gemma certaines ''visions'' cauchemardesques. Car si la frontière entre flash-back, temps présent, réalité et fiction sont dilués dans une mise en scène et un montage qui forcent parfois la concentration du spectateur, la plongée dans le monde des rêves n'est pas toujours facile à identifier. Contrairement à l'univers de Total Recall de Paul Verhoeven qui déjà près de quarante ans en arrière abordait de manière beaucoup plus ''sensationnelle'' le sujet central de Somnium, ici tout semble se mélanger, s'amalgamer afin de confondre la réalité et la fiction dans un désordre scénaristique généralisé. En effet, si l'on observe que Gemma n'est utilisée comme cobaye par Noah que vers la fin du récit, comment peuvent s'expliquer les différentes phases ''paranoïaques'' dont elle est rapidement là victime ? En outre, la jeune femme semble être la seule à prendre conscience durant cette expérience forcée de rêves intenses que rien n'est véritablement réel ! Si l'entreprise de la cinéaste est louable, des trous dans le récit viennent briser la colonne vertébrale du script. Comme l'idée pourtant alléchante d'un programme qui permettrait d'améliorer l'existence d'individus à travers des rêves mais qui logiquement, une fois retournés à leur vie quotidienne seraient contraints de faire face aux turpitudes de leur existence... Malgré des défauts qui pourraient paraître rédhibitoires, Somnium demeure une sympathique expérience, moins sensorielle qu'espéré mais incarnée par une Chloë Levine épatante, joviale, enjouée, souriante, si ce ne sont ces instants de terreur que Rachael Cain n'arrive pourtant malheureusement pas à concrétiser...

 

vendredi 5 décembre 2025

Replicator de Mark Andrew Hamer (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Retour du Body-Snatcher sur la scène de l'horreur et de l'épouvante en 2024 avec Replicator du producteur, réalisateur et scénariste Mark Andrew Hamer. Trois ans après avoir tourné le film de loup-garou The Hunting, le cinéaste américain revient avec un melting-pot entre science-fiction, épouvante, gore et comédie. Un long-métrage qui suit les traces de l'un des plus grands classiques de l'invasion extraterrestre réalisé à la toute fin des années soixante-dix par Philip Kaufman, L'invasion des profanateurs. Lui-même étant le remake de Invasion of the Body Snatchers que réalisa en 1959 Don Siegel, film qui fut à l'origine de plusieurs adaptations (dont l'une, Body Snatchers, fut signée en 1993 par le réalisateur underground Abel Ferrara) et de nombreuses autres œuvres fortement inspirées du séminal roman de Jack Finney, The Body Snatchers. Autant dire que l'on n'attend plus grand chose d'un sous-genre qui donna donc ses lettres de noblesse en 1978 et que le cinéaste mexicain Robert Rodriguez adapta en outre à sa sauce en 1998 à travers l'excellent The Faculty. Sans être le concept le plus adapté au cinéma, le Body-Snatcher est un sous-genre de la science-fiction dont on attend toujours la relève mais qui ne parvient jamais vraiment à reproduire l'intense sentiment de paranoïa qui pouvait se dégager de l’œuvre de Philip Kaufman. Ou bien même du géniallissime The Thing de John Carpenter que l'on peut ranger dans ce même registre puisque sa créature avait tendance à prendre la forme physique et le comportement de ses victimes. S'agissant de Replicator, il est clair que Mark Andrew Hamer ne joue pas vraiment dans la même catégorie. Sous-entendant ainsi bien entendu, que d'un point de vue technique et interprétatif le film se ramasse très souvent. Si certains spectateurs se trouveront en terrain conquis, parmi eux, une partie risque de faire la grimace. Pourtant plein de promesses, le film de Mark Andrew Hamer souffre de n'être qu'une petite production, modeste dans ses effets-spéciaux numériques et pratiques même si ces derniers bénéficient d'une conception quasiment à la hauteur des attentes que peut engendrer une œuvre dont on n'attendait finalement pas grand chose. Si l'époque à laquelle se déroule l'intrigue n'est pas vraiment définie et si l'on imagine qu'elle se produit de nos jours, la bande musicale de Will Musser s'inscrit dans une certaine nostalgie propre aux années quatre-vingt. Comme en témoignent les sonorités analogiques qui à profusion soulignent les moments de tension que tente de distiller le réalisateur...


Car il s'agit bien là d'une ''tentative'', qui souvent échoue à déclencher chez le spectateur cette sensation d'effroi tant recherchée ! On pourra également ranger le film dans un autre registre du cinéma d'horreur et fantastique en l'inscrivant dans la vague du Body Horror lorsque notamment, le père de l'héroïne interprété par Jim Azelvandre se meurt d'une blessure dans la salle de bain de sa fille lorsqu'il tentait de se raser la barbe. Ici, le rouge sang est remplacé par une hémoglobine gluante et violacée qui maintient la preuve selon laquelle certains des concitoyens de cette petite ville où se déroule l'action ne sont plus tout à fait les mêmes. Dans le rôle principal l'on retrouve l'actrice Brey Noelle. Laquelle incarne l'avocate Darby Vigliani qui après perdu son dernier procès retrouve chez elle son père atteint d'un cancer. Parmi les autres interprètes l'on évoquera la présence de KateLynn E. Newberry dans le rôle de la barmaid Neila et meilleure amie de Darby. Tandis que le scénario de Replicator fut écrit par Mark Andrew Hamer lui-même ainsi que par Russ Lindway (sur la base d'une histoire écrite par ce dernier), le long-métrage souffre d'interminables ventres mous aussi significatifs que le manque de vie du patelin où se déroule l'action. Si l'on n'a pas d'idée précise quant au nom de la ville, on sait en revanche que le film fut tourné à Ashland, dans l'Ohio. Le casting étant réduit au minimum, en dehors des deux actrices principales, de celui qui tient le rôle du père de Darby ou de Brian Spangler et Kayla Royko qui incarnent respectivement le shérif Ty Williams et Gina (la dernière conquête du père de notre avocate) et de quelques figurants, le cadre s'avère étonnamment vide. Au point que l'on a parfois l'impression que la ville a été entièrement vidée ou presque de ses habitants. Un élément qui pourtant n'est jamais évoqué. Cette absence de vie couplée à de nombreuses séquences nocturnes terminent de donner à Replicator une drôle d'allure. Comme une œuvre inachevée. L'équivalent d'un jeu vidéo dont tous les décors et les PNJ n'auraient pas encore été mis en place. Quant aux dialogues et aux diverses situations décrites durant le récit, on ne peut pas dire que le réalisateur et son scénariste se soient donnés la peine d'étayer en profondeur leur sujet. Au final, Replicator passe de la curiosité au film long, très long, trop long et vide, très vide, trop vide pour susciter l'intérêt des amateurs de science-fiction et d'horreur et plus encore celui des fans de Body-Snatchers...

 

lundi 1 décembre 2025

Altered de Timo Vuorensola (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les films de science-fiction dystopiques confrontant différentes couches de la société circonscrites dans des quartiers ou des zones d'habitat sont légion. Il en est même qui poussent le concept jusqu'à situer tout ou partie de leur action à bord de stations spatiales où seuls les plus riches peuvent venir s'installer et se prémunir de la pollution, des maladies ou de la famine comme ce fut le cas avec Elysium de Neill Blomkamp en 2013. C'est donc sans surprise que débarque Altered, dernier long-métrage du réalisateur finlandais Timo Vuorensola auquel on doit notamment Iron Sky 1 & 2 en 2012 et 2019 ou Jeepers Creepers : Reborn en 2022... Avec un tel pedigree, on sait déjà à quoi s'attendre et avouons qu'au bout d'une petite dizaine de minutes, l'envie de cesser la projection d'un film qui ne s'avère être apparemment rien d'autre qu'une énième purge est tentante ! Plus ou moins exigent mais prenant avant tout plaisir à jouer, l'acteur anglais Tom Felton, devenu célèbre grâce au rôle de Draco Malfoy dans la saga Harry Potter, a donc accepté de jouer en 2025 le rôle de Leon, jeune homme paraplégique et véritable génie de la mécanique qui veille sur Chloe (Liza Bugulova), une adolescente dont les parents sont morts. La société étant divisée en deux secteurs, les privilégiés, nommés ''Genetics'' vivent dans les beaux quartiers et bénéficient de privilèges auxquels les '' Specials'' n'ont pas droit. Et bien entendu, Chloe et Leon font partie de ces derniers. Tandis qu'un groupe de terroristes qui se fait appeler les ''Anti Genetics'' s'attaque à des représentants de la communauté des ''Augmentés'', nos héros découvrent bientôt que le groupe en question est en réalité mené par le Colonel Volkov, un exécutant du Régime Génétique incarné à l'écran par l'acteur russe originaire de Moscou, Igor Jijikine. Une manière de convaincre les derniers réfractaires de l'utilité de débarrasser une bonne fois pour toute la société de ceux qui certains appellent des ''Monstres''. Dans le cas de Altered et contrairement à la franchise X-Men, la ''valeur ajoutée'' s'agissant des capacités physiques augmentées de leur porteurs est une qualité et non plus une tare dont il faut masquer l'existence. Au contraire, ceux qu'en des temps propres à notre époque l'on considérerait encore comme des gens normaux sont ici considérés comme la lie de la société puisque ne bénéficiant d'aucune aide spécifique de la part de l'état...


Et c'est là qu'interviennent deux autres personnages. L'actrice britannique Aggy K. Adams incarne la très populaire chanteuse Mira tandis que l'acteur gallo-américain Richard Brake Interprète le rôle de Kessler, un ingénieur. Tous deux auront une importance considérable puisque l'un et l'autre prévoient d'imposer une loi permettant aux ''Genetics'' et aux ''Specials'' de vivre enfin ensemble... Mais bien entendu, le Colonel Volkov ne l'entend pas de cette oreille et s'en prend tout d'abord à Mira, sauvée in-extremis par Leon, lequel s'est fabriqué une armure lui permettant de se déplacer et de développer une force suffisante pour combattre l'ennemi... Pour être très clair, Altered est souvent d'une laideur visuelle repoussante. Il faut être capable de supporter la première séquence pour pouvoir ensuite suivre les aventures du trio principal Leon/Chloe/Mira sans être totalement écœuré par le si peu de soin apporté aux décors et aux effets-spéciaux. Témoignant sans doute d'un budget ne dépassant pas les dix ou quinze millions de dollars. Tout ou presque sonne faux. Probablement tourné en studio, le long-métrage de Timo Vuorensola est d'un point de vue artistique plutôt rachitique. Comme un jeu vidéo de science-fiction dont les décors auraient manqué de véracité et d'une faune de PNJ véritablement vivante... En contrepartie, le finlandais imprime au film une certaine énergie qui parfois parvient à remédier au manque de crédibilité des environnements. Le long-métrage a surtout la chance d'avoir comme acteur principal Tom Felton qui malgré la petitesse et le manque d'ambitions réelles du projet se donne à fond et s'avère tantôt drôle, tantôt émouvant. Surtout lors de son échange avec son père, dans la chambre d’hôpital où le jeune paraplégique est alité. De là à dire que le film vaut véritablement le coup d'être découvert serait exagéré. D'autant plus que, comme je l'ai déjà écrit au dessus, la première partie est vraiment catastrophique et ne donne pas envie de poursuivre l'aventure. Au final, Altered ressemble à un téléfilm de science-fiction dystopique, mélangeant les genres sans complexe. Entre comédie, drame, action et film de super-héros...

 

samedi 22 novembre 2025

Spaceship Earth de Matt Wolf (2020) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'est en parcourant l'excellente chaîne Youtube du français Sylart que je suis tombé tout à fait par hasard sur sa vidéo Enfermés 2 ans dans une bulle : l'expérience qui a viré au cauchemar consacrée à l'une des expériences humaines les plus incroyables. Celle de Biosphere 2, ce site expérimental qui dès 1987 et jusque en 1991 fut construit dans le désert de l'Arizona avec pour projet d'enfermer huit hommes et femmes à l'intérieur d'une gigantesque structure reproduisant tous les climats et les types d'environnements de la planètes durant deux années complètes. Une vidéo si fascinante qu'elle me poussa à investiguer un peu plus loin afin de voir si oui ou non une fiction avait été réalisée à partir de cette extraordinaire aventure. Mais non, rien à me mettre sous la dent de ce côté là. Par contre, en 2020 le cinéaste et documentariste américain Matt Wolf réalisa le très complet Spaceship Earth. Un documentaire revenant sur la genèse du projet Biosphere 2. A travers de nombreux témoignages et constitué d'une grande majorité d'images d'archives remontant jusqu'à la fin des années soixante où le mouvement hippie était alors en plein essor, Spaceship Earth remonte un quart de siècle en arrière, lorsqu'à l'âge de dix-sept ans, Kathelin Gray croise pour la toute première fois de son existence John Polk Allen, un homme d'une cinquantaine d'années, ancien ingénieur en métallurgie ayant développé des alliages dans une aciérie lorsque ce jour là, il demande à l'adolescente ce qu'elle fait. Kathelin lui tend alors l'ouvrage de l'écrivain français René Daumal Le Mont Analogue dont le contenu la fascine tant et si bien qu'elle rêve de reproduire le concept qui y est décrit pour sa propre existence. Le roman ainsi que la rencontre entre Kathelin et John seront les clés de voûte d'un projet qui ne verra le jour que vingt-cinq ans plus tard. Mais d'ici à ce que sorte de terre Biosphere 2, Spaceship Earth remonte le temps et évoque non seulement la rencontre entre John et kathelin mais également celle des futurs membres de l'expédition. Naît alors une troupe de théâtre qui arpentera le monde entier, à travers les quatre coins de la planète jusqu'en Antarctique, qui organisera des conférences avec des scientifiques, des ingénieurs, des hommes et des femmes qui comme eux sont préoccupés par l'avenir de la Terre. Une planète que d'aucun d'entre eux considère alors dans sa globalité comme une biosphère, ce qui explique que le projet porta le nom de Biosphere 2 et non pas de Biosphere 1 !


Véritable nid à autodidactes, l'équipe apprend par elle-même, parfois secourue par des spécialistes. En 1969, l'architecte américain Richard Buckminster Fuller conçoit un modèle de dôme géodésique (dôme constitué d'un réseau de fenêtres de forme triangulaire dont les charges sont réparties de manière harmonieuse) que John et la troupe construisent ensemble. Parmi les projets précédant l'ambitieux Biosphere 2, John et son équipe participent en 1975 à la conception d’un bateau océanographique nommé R/V Heraclitus dont le but est d'étudier les océans de la planète. Lorsque dans les années quatre-vingt est lancée l'idée de construire dans le désert de l'Arizona le site de Biosphere 2 dont les dimensions sont estimées à environ 1,30 hectares, John fait la rencontre du pétrolier texan Ed Bass qui lui propose de financer son projet à hauteur de cent-cinquante millions de dollars à travers la société Space Biospheres Ventures qu'is ont fondé tous les deux. La construction mettra quatre ans et le 26 septembre 1991, l'équipe constituée des huit bionautes Roy Walford, Jane Poynter, Taber McCullum, Mark Nelson, Sally Silverstone, Abigail Alling, Mark Van Thillo et Linda Leigh pénètre le site pour les deux années à venir. Sans possibilité théorique de pouvoir entrer en interaction avec le monde extérieur, les huit ''cobayes'' vont devoir subvenir à leurs propres besoins par les moyens mis à leur disposition en exploitant les ressources et sans jamais pouvoir compter sur la moindre aide extérieure... Si le projet semble extraordinaire et le concept particulièrement visionnaire, Spaceship Earth témoigne après un historique long d'une cinquantaine de minutes des problèmes que rencontrèrent les bionautes formés autour d'un médecin et de scientifiques spécialisés dans divers domaines. Un documentaire qui témoigne également de certaines dérives médiatiques qui eurent notamment une portée relativement importante sur le moral du groupe et sur celui de John qui lui est demeuré à l'extérieur de Biosphere 2. Pour quiconque s'intéresse au sujet, le documentaire de Matt Wolf est un puissant témoignage visuel et sonore sur une aventure humaine, écologique, ambitieuse et fondatrice aux frontières de ''l'extraterrestrialité'' si vous me permettez ce néologisme. À voir, donc, tout comme l'excellente vidéo de Sylart, d'ailleurs...

 

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