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mardi 3 février 2026

Last Night on Earth de Marcos Efron (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Pour son second long-métrage quinze ans après And Soon the Darkness, Marcos Efron met en scène Leven Rambin et Jake McLaughlin dans les rôles de Holly et Ryan. Un couple très amoureux qui à l'approche de la fin du monde se réfugie dans les montagnes du Tennessee afin de vivre seul ses derniers instants. Situant l'action loin de la civilisation où la situation dégénère, ils attendent le moment fatidique où un gigantesque astéroïde doit s'écraser sur Terre. L'annonce de la catastrophe remonte à plusieurs mois, lorsqu'une amie les invita à une réception. L'occasion pour elle de leur présenter son nouveau compagnon. Aujourd'hui, alors que certains ont choisi de se donner la mort plutôt que d'assister à la fin de toute vie sur notre planète, Holly et Ryan ont préparé à leur manière l'événement à venir... Si le sujet tourne autour d'un événement que le septième art à développé à de nombreuses reprises, le réalisateur et scénariste Marcos Efron l'aborde avec une sensibilité toute particulière. L'une des forces de Last Night on Earth étant l'attachement profond que l'on peut ressentir vis à vis de ce couple formidablement interprété par Leven Rambin et Jake McLaughlin. Pour autant, le film ne s'attarde pas uniquement sur leur relation mais évoque également l'effondrement de la société. Celle-là même dont ils choisissent de s'éloigner afin de vivre leurs derniers instants dans la sérénité. Cependant, et comme dans tout bon film relatant l'apocalypse sous un angle sociologique, le cinéaste aborde à son tour le comportement malfaisant de certains individus. À l'image de Gaby (Sohvi Rodriguez) et de Gene (Shane West), autre couple d'apparence fort sympathique mais dont le comportement sensiblement invasif laisse planer le doute quant à leurs véritables intentions. Ces dernières allant à l'encontre du projet terminal prévu par Holly et Ryan, Gaby et Gene figurent les deux antagonistes du récit qui sous des allures de couple lui aussi en attente de la fin du monde ont un projet beaucoup plus sombre en tête. Mais Last Night on Earth est également l'occasion d'observer l'attitude d'un groupe d'adultes et d'enfants ''remarquablement'' ancrés dans la religion...


Et alors que les personnages de Holly et Ryan visent à exploiter la sensibilité de l'une et la rationalité et le rôle de protecteur de l'autre, et que de leur côté Gene et Gaby personnifient la perte de moralité, la violence et l'instabilité, l'actrice Dee Wallace, célèbre pour être notamment été l'une des égéries du fantastique et de l'horreur avec notamment Hurlements de Joe Dante, Cujo de Lewis Teague ou encore Critters de Stephen Herek incarne quant à elle le rôle de Carla, ''cheffe'' d'une petite communauté religieuse réunie non loin de là où se sont installés les premiers. Vouant un culte à leur Dieu mais demeurant tout à fait bienveillants, elle ainsi que ses membres s'apprêtent à accepter leur mort pour rejoindre le Paradis... Last Night on Earth mêle différents genres. À travers la relation de Holly et Ryan, le film nous plonge en plein drame. Celui d'un couple dont la femme a notamment déjà tenté de se suicider et dont Ryan fait office d'époux, d'amant et bien entendu, de protecteur. Une relation intense magnifiée par l'incarnation de l'un et de l'autre et sublimée par la mise en scène romantisée du cinéaste. Pour autant, le film n'en est pas moins relativement tendu. Marcos Efron parvenant ainsi à créer un véritable climat d'angoisse à l'approche de l'astéroïde mais également du couple formé par Gaby et Gene. Le long-métrage prenant ainsi parfois des allures de thriller, voire de film d'horreur même si cette dernière n'est visible que de manière sous-jacente. Bien entendu, le réalisateur n'abandonne pas les amateurs de science-fiction sur le bas côté avec un final aussi bouleversant qu'intellectuellement impressionnant... Découle alors de ce récit touchant et malgré les apparences, jamais ennuyeux, une œuvre profonde sur la fin de la vie ici traitée à l'échelle mondiale. Faisant ainsi de Last Night on Earth l'une des meilleures surprises en la matière. Sans chichis, sans superflu, sans effets-spéciaux ''Blockbusterèsques''. Tout ici entre dans le cadre de l'intime et abandonne le spectateur dans un état proche du malaise. Témoin d'un drame inéluctable...


 

samedi 27 février 2021

Beyond the Sky de Fulvio Sestito (2017) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 



Beyond the Sky est un régal... Non pas pour d'éventuelles qualités dont ce long-métrage aurait pu être doté mais dont l'absence résonne comme l'écho d'une immense pièce vide. Non, plutôt pour cette douce voix qui murmure à l'oreille du chroniqueur qui sent dès les premières minutes de projection qu'il prendra son pied à écrire quelques mots au sujet de cette purge signée de Fulvio Sestito. Cela n'a sans doute rien à voir, je le reconnais, mais en découvrant ce long-métrage de science-fiction américain (le réalisateur étant quant à lui d'origine italienne), j'ai après coup pensé à ces hordes de dégénérés féministes ou végans qui parfois font plus de tort aux causes qu'ils défendent qu'ils ne leurs apportent de l'aide. Et bien, à peu de chose près l’œuvre (!?!) de Fulvio Sestito se positionne dans cette même catégorie d'événements qui nuisent à ''l'entité'' à laquelle ils semble vouloir rendre hommage. Pourtant, et c'est une habitude qui généralement pousse les amateurs de science-fiction ou de tout autre type de long-métrage à se lancer dans ce genre d'aventure qu'est la projection d'une œuvre cinématographique, le synopsis est relativement alléchant. J'avoue même avoir eu l'espoir un très court instant de vivre ce même type d'expérience qui fit de The Man from Earth de Richard Schenkman (et surtout pas son indigeste séquelle), l'un de mes films de chevet. Que nenni, Beyond the Sky souffle un vent de médiocrité (entendons-nous bien, je parle bien de pet et non pas d'une brise ou du mistral) dont le seul ''mérite'' est de demeurer de la première à la dernière minute, d'une régularité assez déconcertante...


Je me souviens m'être surpris à penser à haute voix : ''pourvu qu'il s'agisse d'un rêve et non pas de la vision qu'a choisi le réalisateur de faire de ses hommes venus d'ailleurs''. Ah oui, je précise que le film s'ouvre sur une séquence opposant le héros de cette histoire à des aliens qui déjà, laissent présager du pire. Mais ensuite, retour en arrière et direction le Nouveau-Mexique où a lieu une convention sur le phénomène ovni. C'est là que se rend Chris Norton, qu'interprète l'insupportable Ryan Carnes. Le réalisateur en a fait un personnage arrogant, orgueilleux, culotté... bref, le genre de type que l'on ne compte généralement pas parmi ses amis. À moins d'être une blonde écervelée prénommée Emily (l'actrice Jordan Hinson), victime répétée d'abductions tous les sept ans, et qui après avoir été ''surprise'' (oui, je préfère rester poli) par l'attitude de ce jeune homme narquois venu chercher une réponse à la disparition de sa mère il y a longtemps, accepte finalement de l'accompagner dans son enquête. Ces deux là sont suivis par le cameraman Brent (le canadien Claude Duhamel), lequel filme en permanence son acolyte. Insupportable disais-je... Oui, bizarrement, celui qui porte le costume du ''héros'' de ce récit ressemble davantage à un antagoniste. Une approche originale bien qu'assez énervante ! Mais là où la logique n'a plus de raison d'être, le réalisateur italien choisi de mettre en scène ses interprètes dans des situations qui se révèlent alors hautement improbables.

L'idylle à venir se pressent aussi fort qu'un bouton de fièvre naissant à la surface de la lèvre. La relation qu'entretiennent Chris et Emily est branlante et ne tient sur aucune fondation stable. Vu le caractère du journaliste, on a beaucoup de mal à l'imaginer aimer quiconque d'autre que son propre reflet dans un miroir. L'attitude de la jeune femme reste parmi les plus improbables de tout le casting. Si l'on peut comprendre qu'elle soit aux abois vus les événements qui s'apprêtent à surgir, on ne croit à aucun moment à cette nouvelle amitié qui lie nos deux personnages principaux. Le réalisateur nous convie ensuite à un ''voyage'' en compagnie d'un chaman dont on se demande, à part remplir les trous abyssaux du scénario, quelle peut être l'utilité de cette séquence. L'aventure de Beyond the Sky n'est sans doute pas une expérience si éprouvante qu'elle semble être mais elle constitue ce que peut représenter de pire une œuvre de science-fiction (ou autre d'ailleurs) lorsque son auteur et ses interprètes ne semblent avoir ni le talent, ni les motivations suffisantes pour faire du projet, une structure capable au moins de tenir un minimum ses engagements. Le plus tragique dans toute cette histoire, outre le fait qu'un million et demi de dollars aient été dépensés pour la chose, demeure sans doute dans la présence de deux grands interprètes. En effet, on y retrouve Dee Wallace que l'on pu notamment voir à la fin des années soixante-dix dans La Colline a des Yeux de Wes Craven et la décennie suivante dans l'excellent Hurlements Joe Dante, ainsi que Peter Stormare qui interpréta, au hasard, Gaear Grimsrud dans le chef-d’œuvre des Frères Coen Fargo. Donc, ne pensez même pas perdre une heure vingt devant le film de Fulvio Sestito, et passez rapidement votre chemin...


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