Pour son second
long-métrage quinze ans après And Soon the Darkness,
Marcos Efron met en scène Leven Rambin et Jake McLaughlin dans les
rôles de Holly et Ryan. Un couple très amoureux qui à l'approche
de la fin du monde se réfugie dans les montagnes du Tennessee afin
de vivre seul ses derniers instants. Situant l'action loin de la
civilisation où la situation dégénère, ils attendent le moment
fatidique où un gigantesque astéroïde doit s'écraser sur Terre.
L'annonce de la catastrophe remonte à plusieurs mois, lorsqu'une
amie les invita à une réception. L'occasion pour elle de leur
présenter son nouveau compagnon. Aujourd'hui, alors que certains ont
choisi de se donner la mort plutôt que d'assister à la fin de toute
vie sur notre planète, Holly et Ryan ont préparé à leur manière
l'événement à venir... Si le sujet tourne autour d'un événement
que le septième art à développé à de nombreuses reprises, le
réalisateur et scénariste Marcos Efron l'aborde avec une
sensibilité toute particulière. L'une des forces de Last
Night on Earth
étant l'attachement profond que l'on peut ressentir vis à vis de ce
couple formidablement interprété par Leven Rambin et Jake
McLaughlin. Pour autant, le film ne s'attarde pas uniquement sur leur
relation mais évoque également l'effondrement de la société.
Celle-là même dont ils choisissent de s'éloigner afin de vivre
leurs derniers instants dans la sérénité. Cependant, et comme dans
tout bon film relatant l'apocalypse sous un angle sociologique, le
cinéaste aborde à son tour le comportement malfaisant de certains
individus. À l'image de Gaby (Sohvi Rodriguez) et de Gene (Shane
West), autre couple d'apparence fort sympathique mais dont le
comportement sensiblement invasif laisse planer le doute quant à
leurs véritables intentions. Ces dernières allant à l'encontre du
projet terminal prévu par Holly et Ryan, Gaby et Gene figurent les
deux antagonistes du récit qui sous des allures de couple lui aussi
en attente de la fin du monde ont un projet beaucoup plus sombre en
tête. Mais Last Night on Earth
est également l'occasion d'observer l'attitude d'un groupe d'adultes
et d'enfants ''remarquablement'' ancrés dans la religion...
Et
alors que les personnages de Holly et Ryan visent à exploiter la
sensibilité de l'une et la rationalité et le rôle de protecteur de
l'autre, et que de leur côté Gene et Gaby personnifient la perte de
moralité, la violence et l'instabilité, l'actrice Dee Wallace,
célèbre pour être notamment été l'une des égéries du
fantastique et de l'horreur avec notamment Hurlements
de
Joe Dante, Cujo
de Lewis Teague ou encore Critters de
Stephen Herek incarne quant à elle le rôle de Carla, ''cheffe''
d'une petite communauté religieuse réunie non loin de là où se
sont installés les premiers. Vouant un culte à leur Dieu mais
demeurant tout à fait bienveillants, elle ainsi que ses membres
s'apprêtent à accepter leur mort pour rejoindre le Paradis... Last
Night on Earth
mêle différents genres. À travers la relation de Holly et Ryan, le
film nous plonge en plein drame. Celui d'un couple dont la femme a
notamment déjà tenté de se suicider et dont Ryan fait office
d'époux, d'amant et bien entendu, de protecteur. Une relation
intense magnifiée par l'incarnation de l'un et de l'autre et
sublimée par la mise en scène romantisée du cinéaste. Pour
autant, le film n'en est pas moins relativement tendu. Marcos Efron
parvenant ainsi à créer un véritable climat d'angoisse à
l'approche de l'astéroïde mais également du couple formé par Gaby
et Gene. Le long-métrage prenant ainsi parfois des allures de
thriller, voire de film d'horreur même si cette dernière n'est
visible que de manière sous-jacente. Bien entendu, le réalisateur
n'abandonne pas les amateurs de science-fiction sur le bas côté
avec un final aussi bouleversant qu'intellectuellement
impressionnant... Découle alors de ce récit touchant et malgré les
apparences, jamais ennuyeux, une œuvre profonde sur la fin de la vie
ici traitée à l'échelle mondiale. Faisant ainsi de Last
Night on Earth l'une
des meilleures surprises en la matière. Sans chichis, sans superflu,
sans effets-spéciaux ''Blockbusterèsques''.
Tout ici entre dans le cadre de l'intime et abandonne le spectateur
dans un état proche du malaise. Témoin d'un drame inéluctable...
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