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jeudi 5 février 2026

Vampire Zombies... From Space! de Michael Stasko (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Hommage manifeste au nanar le plus inconsidérément jugé comme le plus mauvais film de tous les temps, Vampire Zombies... From Space! de Michael Stasko évoque donc Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood sorti voilà soixante-sept ans. Jusqu'à pousser le concept en filmant son œuvre en noir et blanc alors même que le long-métrage n'a été produit et réalisé qu'il y a seulement deux ans. Incitant sans doute les aficionados de ce genre de production à aller chercher chaque détail qui pourrait effectivement faire référence au film culte du cinéaste américain. Avec un budget d'environ cent-mille dollars, soit quarante de plus que son vieil homologue outre-atlantique, le canadien Michael Stasko inscrit également son projet dans une sorte d'hommage beaucoup plus large renvoyant à tout un pan du cinéma d'horreur, d'épouvante, de science-fiction et de fantastique des années cinquante et soixante. À une époque où les genres firent florès dans les drive-in américains au dépend de qualités narratives, interprétatives et techniques relativement ahurissantes ! Mais là où Vampire Zombies... From Space! tombe juste par rapport à une féroce concurrence qui ne prête de nos jours au genre ''Nanar'' que peu d'estime en jouant davantage sur une certaine facilité, c'est qu'en dehors de ses éventuels défauts, pour le moins assumés, le long-métrage de Michael Stasko reste assurément une œuvre réfléchie, conçue en tant qu'hommage donc, d'une époque en réalité révolue... Un noir et blanc qui plonge non seulement les protagonistes mais aussi les spectateurs en un temps qui pourrait laisser croire que le film est une vieille bobine émergeant après avoir été égarée durant des décennies. En même temps, et cela n'est peut-être pas très visible au premier coup, Vampire Zombies... From Space! peut être parfois envisagé comme une énième production/distribution Troma, à travers le délire que charrient le script, la mise en scène et l'interprétation... Moins ''fin'' sans doute qu'une bonne partie des production de la moitié des années cinquante du siècle dernier, avec ses lignes de dialogue parfois grossières, ses effets gore dont l'impact est ''malheureusement'' diminué en raison du choix de filmer son film en noir et blanc, Vampire Zombies... From Space! est aussi et surtout une œuvre bien de son époque, faisant fi des attentes d'un public généralement nourri aux blockbusters budgétés de manière faramineuse...


Traité sur le ton de la parodie, il plonge les habitants de la petite ville de Marlow au cœur d'une invasion extraterrestre notamment orchestrée par... Dracula en personne (Craig Gloster). Accompagné d'une cohorte de vampires zombies, le projet du plus célèbre suceur de sang est donc d'assimiler les habitants de Marlow en les transformant eux-même en vampires zombies et accessoirement de se nourrir de certains d'entre eux. Sous ses allures de péloche fauchée, ce qu'est pourtant bien Vampire Zombies... From Space!, le film est malgré tout doté de très nombreux effets-spéciaux. Entre CGI, prosthétique et constructions miniatures, s'agissant du concept rétro-futuriste de son œuvre, le cinéaste choisit notamment de laisser apparaître à l'écran les ficelles qui tiennent en apesanteur le vaisseau spatial et autres navettes en action pour la conquête de notre planète alors même que les technologies actuelle permettent de les effacer par simple traitement informatique ! Preuve que Vampire Zombies... From Space! est jusqu'auboutiste. Dans son approche du cinéma d'antan, mais aussi dans ses excès. Ayant probablement digéré tout un pan de l'imaginaire cinématographique d'il y a plus d'un demi-siècle, Michael Stasko et son équipe technique poussent l’hérésie d'un concept que l'on pourrait tout à fait considérer d'anachronique en reproduisant à la virgule près la façon de cadrer chaque séquence d'action, de filmer la réaction des personnages et de jouer sur le contexte social de l'époque comme si nous y étions. D'autres que lui ont bien entendu tenté ce même type d'aventure mais sans doute avec moins de succès. Alors, bien entendu, le film ne plaira sans doute pas à tous les types de publics. Parfois très verbeux et même souvent bordélique, la lisibilité n'est pas toujours évidente. Surtout lors de l'attaque finale où l'on ne sait plus trop qui parmi la foule fait partie de notre humanité et qui est l'envahisseur... Cependant, nous louerons malgré tout le courage et l’enthousiasme du cinéaste, de son équipe et des interprètes de s'être lancés dans cette aventure ''vintage'' qui fait du bien à une époque où l'uniformisation est devenue la norme...

 

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