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vendredi 5 août 2016

Les Guerriers du Bronx de Enzo G. Castellari (1982)



Chef d'un gang de motards, Trash (le type que vous découvrirez marcher raide droit, un balai apparemment enfoncé entre les fesses) sauve de justesse la vie d'Ann, jeune femme d'à peine dix-sept ans et qui lors de sa majorité devrait assumer seule la responsabilité et la direction de la douteuse société Manhattan Corporation créée par son père. Fuyant ses responsabilités, elle s'est donc retrouvée à New-York, dans le quartier du Bronx où sévissent des bandes organisées sans foi ni loi. C'est ainsi, donc, qu'elle croise la route de Trash alors même qu'elle est aux prises avec un gang de « rollers » ( le cinéaste Enzo G. Castellari ayant eu le culot de pomper, dans l'esprit, la tenue d'Alex et de ses « drougs » du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, Orange Mécanique, allant même jusqu'à plagier, toujours dans le même esprit, la fameuse scène du tunnel).

Les Guerriers du Bronx (qui aurait tout autant pu s'appeler Bronx : Champ de Bataille ou bien Les Guerriers du Jour (en référence au classique Guerriers de la nuit de Walter Hill, dont il est la plus évidente source d'inspiration) est ce que l'on a communément l'habitude d'appeler un nanar. Il figure d'ailleurs dans la longue liste de ces derniers parmi les plus célèbres.
Certainement pas pour ses qualités artistiques, sa mise en scène ou son interprétation mais bien parce que tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un film d'anticipation lui fait défaut. Tourné en décors naturels dans le quartier du Bronx lui-même, les contingences de la réglementation italienne imposèrent le tournage d'une moitié des Guerriers du Bronx en Italie.
C'est ainsi qu'une partie des scènes filmées en intérieurs ont été tournées dans le pays d'origine du cinéaste.

Les amateurs du genre reconnaîtront certainement quelques-uns des interprètes, et notamment l'acteur Georges Eastman qui se fit surtout connaître pour son rôle de cannibale dans le nullissime (et en tout cas) beaucoup trop surestimé Anthropophagous, Christopher Conelly, que l'on a pu voir dans Les Prédateurs du Futur de Ruggero Deodato, ou bien encore l'acteur Fred Williamson, ancien joueur de football américain, mais aussi et surtout acteur de la Blaxploitation dans les années soixante-dix. Le rôle principal a été quant à lui confié à l'acteur Marco Di Gregorio dont l'inexpressivité rappelle les résultats obtenus chez certaines femmes auxquelles a été injectée de la toxine botulique. Le type raide, courbé comme une guenon attendant patiemment que son mal l'honore, c'est lui également.

Les scènes d'action, pourtant nombreuses, sont assez décevantes si l'on prend en compte qu'elles demeurent l'essentiel de ce que l'on peut attendre d'un projet de film qui ne peut compter que sur celles-ci. Heureusement, l'humour (involontaire) vient contrecarrer l'effet de somnolence. Le film regorge de scènes hilarantes forcément cultes pour les fans du genre : groupes rivaux maquillés à outrance (les ancêtres des drag-queen peut-être?), bande musicale alliant rock fm, variété, musique de cabaret, et opéra grandiloquent n'ayant ici, pas tout à fait sa place.

Mais l'un des sommets des Guerriers du Bronx demeure la scène durant laquelle (n'allez surtout pas croire que je veuille m'acharner sur ce pauvre Marco Di Gregorio) l'un des hommes de Trash meure dans ses bras. Notre héros est si convaincant, si bouleversant, si désespéré, qu'on a vraiment l'impression qu'il va déposer un baiser sur les lèvres de son compagnon. Alors même qu'à la toute fin du film, lorsque celle qu'il aime meurt elle aussi, son émoi ne semble pas aussi visible. Trash, premier héros en blouson noir homosexuel du septième art ? Les Guerriers du Bronx est un très mauvais film. Sans doute, même, un très mauvais nanar (ce qui peut vouloir dire au contraire qu'il s'agit d'un classique du genre), ce qui au demeurant, est plus inquiétant encore. Vite vu et vite oublié...

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