samedi 27 juin 2026

Explorers de Joe Dante (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Parmi les cinéastes qui dans les années quatre-vingt ont beaucoup compté dans le domaine de la comédie ou du fantastique familial, Joe Dante reste l'un des plus importants. Et ce n'est pas faire outrage à la concurrence que d'affirmer qu'il demeure peut-être sans doute celui dont la filmographie recèle le plus de pépites. Sans parler de ses premiers longs-métrages qui ne sont pas les plus remarquables ni même des deux classiques de l'épouvante que sont Piranhas en 1978 et Hurlements en 198, le cinéaste originaire de Morristown dans le New Jersey a signé coup sur coup l'un des segments de l'adaptation cinématographique de La quatrième dimension en 1983, Gremlins en 1984, Explorers en 1985, L'aventure intérieure en 1987, Cheeseburger Film Sandwich la même année, Les banlieusards en 1989 et Gremlins 2 : la nouvelle génération en 1990 ! Pour en revenir à Explorers, la compétition est rude en cette année 1985 puisque sort dans les salles de cinéma Retour vers le futur de Robert Zemeckis, autre cinéaste œuvrant dans les domaines de l'humour et du fantastique grands publics. Ron Howard sort son Cocoon, Wolfgang Petersen son Enemy Mine, Simon Wincer son D.A.R.Y.L. Et John Hughes son Weird Science. Sans parler du Lifeforce de Tobe Hooper et du Brazil de Terry Gilliam qui s'inscrivent davantage dans une science-fiction plus horrifique et plus sombre et donc plus adulte ou des quelques petites productions méconnues d'un public plus large comme Creature de William Malone ou My Science Project de Jonathan R. Betuel... Écrite par le scénariste Eric Luke dont la carrière se résume à une dizaines de scripts majoritairement conçus pour la télévision américaine, l'histoire de Explorers se concentre autour de trois jeunes héros habitant une petite bourgade américaine comme cela est généralement le cas à l'époque dans ce genre de long-métrage...


À la croisée des chemins entre certains romans de Stephen King et l'imaginaire débridé de cinéastes enclins à faire de jeunes adolescents les héros d'aventures extraordinaires, le film de Joe Dante met donc en scène Ethan Hawke, River Phoenix et Jason Presson alors tout jeunes dans les rôles de Ben Crandall, Wolfgang Müller et Darren Woods. Comme très souvent dans ce genre de production cinématographique américaine à la portée de toutes et tous, l'on a droit à une vision de l'Amérique presque idyllique si ce n'est que Ben, passionné de science-fiction et d'aventures spatiales, est harcelé par l'un de ses camarades d'école et que Darren, orphelin de mère, vit avec un père violent. Reste Wolfgang, l'un des nombreux enfants d'une famille dont les parents son excentriques. Petit génie de l'informatique, il parvient à créer un circuit imprimé directement issu des rêves de son ami Ben et réussit à produire un champ de force. Une sphère d'énergie électromagnétique débarrassée de toute inertie et permettant de se déplacer à des vitesses inouïes tout en protégeant ceux qui se trouvent à l'intérieur. Aidés par leur nouvel ami Darren qui plus tôt a aidé Ben à se sortir d'une impasse, les trois garçons construisent un vaisseau fait de bric et de broc afin de partir dans l'espace. Après quelques essais relativement concluants, les trois amis se lancent dans une aventure spatiale qui va leur permettre de rencontrer deux sympathiques extraterrestres... Si jusqu'au moment où Ben, Wolfgang et Darren rencontrent Wak (Robert Picardo) et Neek (Leslie Rockert) tout semble à peu près ''normal'' voire même ''crédible'', Explorers se transforme en Show totalement délirant, la science-fiction virant presque à la comédie musicale avec ses deux extraterrestres extravertis, nés de l'imagination fertile du maquilleur de génie Rob Bottin qui dans un cadre déjà nettement plus effrayant créa les différentes et monstrueuses formes que pris l'extraterrestre de The Thing de John Carpenter trois ans auparavant...


Notons que les effets visuels concernant les déplacements du vaisseau ou les vues de l'espace furent l’œuvre du studio d'effets visuels, d'animation et de technologies cinématographiques Industrial Light & Magic créé en 1975 par George Lucas. Pressé par la Paramount à réaliser le projet dans des délais relativement serrés, Joe Dante est contraint d'élaguer le récit et d'éluder certaines séquences qui à l'origine devaient être incluses au sein du récit. Si Explorers est une sympathique comédie de science-fiction familiale, les contraintes imposées par la production au réalisateur opèrent des changements aux conséquences importantes. Le résultat final n'est donc pas celui escompté par son auteur. Finie l'épopée spatiale tant rêvée par les amateurs de Space Opera. Car si même la rencontre entre nos trois jeunes héros et nos deux charmants extraterrestres est plutôt réjouissante, Explorers se conclut de manière fort étonnante alors même que l'aventure semblait devoir précipiter ses personnages au cœur de péripéties spatiales enchanteresses. Si Explorers semble parfois bâclé, surtout dans sa seconde partie, cela n'est dont pas du fait du réalisateur mais d'une production qui lui mis des bâtons dans les roues. On se prend alors à rêver de ce à quoi aurait ressemblé le long-métrage de Joe Dante si seulement la Paramount lui avait laissé le champ libre... Bien que Explorers ait connu l'insuccès en salle, ce petit film reste une assez bonne surprise tout en étant profondément ancré dans son époque...

 

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