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jeudi 2 avril 2026

The Curious Female de Paul Rapp (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2427 et tandis que l'humanité est désormais régie par un superordinateur, les mœurs ont depuis longtemps été radicalement transformées et sont maintenant conduites par cet alter ego du Big Brother de George Orwell. Resté longtemps assistant de direction et réalisateur de seconde équipe, Paul Rapp (lequel n'a bien évidemment aucun lien de parenté avec le regretté Bernard Rapp aujourd'hui disparu depuis presque vingt ans) n'aura signé que deux longs-métrages sous son seul nom. Celui que l'on va donc évoquer ici et qui à vu le jours à la toute fin des années soixante ainsi que le documentaire sportif Go for it qui sortira sept ans plus tard... Derrière le très énigmatique titre The Curious Female, le cinéaste américain se retranche derrière son propre script qui parfois semble avoir été écrit sous l'influence d'opiacées tant le film se joue de la libération sexuelle et son fameux slogan ''Faites l'amour, pas la guerre'' né dans le contexte de la guerre du Vietnam et notamment associé aux mouvements pacifistes... Dans un monde où l'hygiène sexuelle a ses codes et ses réserves, un couple a choisi de braver les interdits en projetant de vieilles bobines de films censurés qui à notre époque relataient la sexualité dans sa forme la plus débridée. En réalité, rien de comparable avec les orgies auxquelles s'adonnent dans ce futur dystopique les spectateurs venus découvrir comment leurs plus vieux ancêtres envisageaient leur sexualité. Hommes et femmes s’entrelacent dans un bain de chairs qui rappellent peu ou prou le mythe des orgies romaines sans toutefois repousser les limites de l'indécence que connu la version hard du classique du péplum érotico-pornographique réalisé en 1979 par le cinéaste italien Tinto Brass, Caligula. En effet, dix ans avant ce véritable choc cinématographique alliant les scènes de sexe les plus crues à de spectaculaires mises en scène de la souffrance, The Curious Female paraît désormais bien timide même si la nudité y demeure l'un des sujets essentiels de cette œuvre que l'on évoquera sous le terme de comédie de science-fiction érotico-psychédélique... Au-delà de son évidente légèreté, son auteur aime se jouer du caractère parfois ambigu de certaines relations et d'attitudes vis à vis de son prochain du sexe opposé qui aujourd'hui ne devrait logiquement plus avoir court. Tout en ayant à contrario le culot de juger certains actes en les glorifiant à travers cette recherche de l'interdit traduit par un monde qui réprouve toute forme d'excès...


Bref, on se touche, s'embrasse et se fait l'amour sans complexes et à l'abri du regard du superordinateur temporairement déconnecté pour ressentir des sensations appartenant au passé et qui pour Susan (interprétée par la délicieuse Angélique Pettyjohn qui la même année joua dans Le Médecin dément de l'île de sang de Gerardo de Leon) restaient jusque là insoupçonnables. Dans des décors kitschissimes propres aux années soixante et aux productions à petit budget, The Curious Female démarre donc comme un long-métrage de science-fiction mêlant mobilier futuriste et costumes de la Rome Antique avant de faire un bond à travers le passé lors de la projection d'un vieux long-métrage mettant en scène trois jeunes femmes vierges (la virginité étant au centre du débat). Alors qu'en 2427, les adolescentes âgées de 13 ans seulement sont systématiquement envoyées se faire dépuceler par des hommes beaucoup plus âgés qu'elles, interdisant ainsi à ces dernières de concevoir ce qu'est réellement le concept de virginité, le film qui leur est projeté montre qu'à une certaine époque, celles-ci avaient le pouvoir de maîtriser leur corps. Un concept qui là encore semble avoir disparu dans le futur... Si The Curious Female traite effectivement de la virginité, il s'essaie également au sujet du viol (parfois incestueux), de la prostitution (les trois jeunes femmes en question étant ''reliées'' à une entreprise qui octroie à de libidineux personnages masculins le droit de cuissage moyennant finances), de ''l'interracialité'' ou de l'homosexualité. Ces deux derniers connaissant une évolution en fin de décennie alors qu'ils étaient jusque là stigmatisés et moralement considérés comme tabous ! Sur un sujet qui donc s'avère particulièrement fort, The Curious Female n'en est pas moins un long-métrage relativement décevant. Du moins, de nos jours puisque prises avec légèreté, la plupart des séquences n'impactent que très peu la conscience du spectateur qui voit davantage en cet Objet Filmique Non Identifié, une blague de potache sexy (sexiste?) où la Femme n'est que l'objet de l'obsession de l'Homme. Une œuvre qui s'inscrit donc bien dans la comédie et moins dans le drame social...

 

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